ONG/649-PI/1849

PREMIÈRE TABLE RONDE DE LA CONFÉRENCE DPI/ONG, SUR LE THÈME « DÉFENDRE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME »

03/09/2008
Communiqué de presseONG/649
PI/1849
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

61ème Conférence annuelle DPI/ONG

Après-midi


Première table ronde de la Conférence DPI/ONG, sur le thème « défendre la Déclaration universelle des droits de l’homme »


L’accent est mis sur l’indivisibilité des droits de l’homme et les complémentarités qui existent entre les différents mécanismes de droits de l’homme


(Publié tel que reçu)


PARIS, 3 septembre -- « Défendre la Déclaration universelle des droits de l’homme »: tel était le thème de la première table ronde qui s’est tenue cet après-midi, dans le cadre des travaux de la soixante et unième Conférence annuelle du Département de l’information (DPI) pour les organisations non gouvernementales (ONG), ouverte ce matin au Siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), à Paris.


Animée par le Représentant permanent du Mexique auprès des Nations Unies à Genève, Luis Alfonso de Alba, cette table ronde s’est attachée à réaffirmer le principe d’indivisibilité de tous les droits de l’homme et à rechercher les moyens de mieux tirer profit des synergies et complémentarités pouvant exister entre les différents mécanismes et institutions œuvrant à la promotion et à la protection de ces droits.


M. LUIS ALFONSO DE ALBA a rappelé qu’en tant que premier Président du Conseil des droits de l’homme, l’une des premières tâches dont il avait dû s’acquitter avait été de créer des partenariats entre le Conseil et la société civile.  Aujourd’hui, a-t-il souligné, les ONG peuvent s’exprimer à toutes les sessions du Conseil et communiquer avec les rapporteurs spéciaux.  Il a en outre rappelé que le Conseil a mis en place une procédure nouvelle: l’examen périodique universel, auquel, tous les quatre ans, tous les pays membres des Nations Unies doivent se soumettre. 


S’efforçant de présenter les complémentarités possibles entre les mécanismes de l’UNESCO et ceux des autres institutions et organes des Nations Unies s’intéressant aux droits de l’homme, Günter Overfeld, Président du Comité sur les conventions et les recommandations du Conseil exécutif de l’UNESCO et Ambassadeur et Délégué permanent de l’Allemagne à l’UNESCO, a d’emblée rappelé qu’il existe un mandat constitutionnel très clair de l’UNESCO qui confie à cette Organisation la promotion de l’éducation, la science et la culture dans le but de faire avancer le respect universel des droits de l’homme.  Il a fait part de l’existence, à l’UNESCO, d’une procédure d’examen de plaintes à huis clos.  Souvent, les plaintes sont transmises par des ONG, a-t-il précisé.  Le Comité sur les conventions et les recommandations du Conseil exécutif de l’UNESCO, composé d’une trentaine de membres, est donc une sorte de comité des droits de l’homme de l’UNESCO, a indiqué Günter Overfeld.  Des résultats peuvent être obtenus sans que le pays concerné ne perde la face, a-t-il souligné.


M. LEE SWEPSTON, ancien conseiller principal aux droits de l’homme à l’Organisation internationale du travail (OIT), a rappelé que l’OIT, fondée en 1919, est une organisation tripartite.  Il a dit avoir pu constater que les ONG n’exploitent pas suffisamment le formidable instrument que constituent l’OIT et les normes y afférentes, notamment celles relatives à la lutte contre le travail des enfants.  Il convient donc pour chacun d’aborder ensemble les droits de l’homme, de manière plus ouverte et complémentaire, a souligné Lee Swepston. 


Mme NASSERA DUTOUR, porte-parole du Collectif des familles des disparus en Algérie et Présidente de la Fédération euro-méditerranéenne sur les disparitions forcées, a fait part de son expérience en tant que mère de personne disparue dont le fils a été arrêté à la fin des années 1990 par les services secrets algériens, en soulignant que c’est seulement lorsqu’elle a saisi le Haut Commissariat aux droits de l’homme de ce dossier que sa démarche a été prise en considération, alors qu’elle s’était d’abord tournée en vain vers les institutions algériennes.  Elle a précisé souhaiter ainsi, par son témoignage, mettre en exergue l’importance des mécanismes internationaux de droits de l’homme, encore trop souvent méconnus.  Au début de la décennie 2000, les autorités algériennes ont finalement reconnu avoir été saisies de plus de 4800 cas de personnes disparues présentés devant les bureaux d’accueil chargés des disparitions qui avaient été créés dans tous les départements du pays, conformément à la recommandation du Comité des droits de l’homme de l’ONU, avant d’être ensuite fermés.


M. KAREL VASAK, rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme et ancien conseiller juridique de l’UNESCO, a souligné que l’indivisibilité des droits de l’homme est l’un des grands acquis de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme tenue à Vienne en 1993.  À cet égard, il a rappelé qu’en son temps, l’Afrique du Sud avait soutenu l’idée que les droits économiques, sociaux et culturels n’étaient pas des droits de l’homme – cette position étant encore aujourd’hui défendue par certains qui, à l’instar des États-Unis, considèrent les droits économiques, sociaux et culturels comme des principes et non pas comme des droits de l’homme.  Depuis 1948, de nouveaux droits de l’homme ont été élaborés, a par ailleurs souligné Karel Vasak.  Le moment ne serait-il pas venu pour les Nations Unies d’adopter un document déclarant que l’indivisibilité des droits de l’homme inclut non seulement les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme mais aussi ceux élaborés depuis 1948, a-t-il demandé?  Après avoir rappelé qu’à un moment donné –à tort bien entendu– les mécanismes régionaux de droits de l’homme étaient considérés par certains, y compris par des organisations de la société civile, comme portant atteinte à l’universalité des droits de l’homme, Karel Vasak s’est demandé s’il ne conviendrait pas que les ONG se mettent d’accord, face à une violation des droits de l’homme, pour saisir non pas une seule procédure de droits de l’homme, mais toutes à la fois.  La Déclaration universelle des droits de l’homme ne dit pas grand-chose au sujet des devoirs de l’individu, a par ailleurs relevé Karel Vasak, évoquant notamment les devoirs que chaque individu a envers lui-même, envers les autres, envers la communauté nationale, envers la communauté internationale voire envers Dieu.


Au cours du bref dialogue interactif qui a suivi ces interventions, un participant de la société civile a attiré l’attention sur les incohérences qui peuvent exister entre les accords signés avec l’OIT et certains accords signés avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Un autre orateur de la société civile a évoqué la nécessité pour les ONG et les divers acteurs œuvrant à la promotion et à la protection des droits de l’homme de se relier entre eux, par le biais de sites web, pour faire circuler et partager leurs informations.  évoquant notamment les victimes du Biafra de 1968 et la tentative d’enlèvement de 103 enfants au Tchad, un autre participant s’est interrogé sur ce qui est fait pour venir en aide à l’Afrique.  La notion de prévention, afin d’éviter que des crises ne dégénèrent comme cela a été le cas au Darfour, revêt dans ce contexte une importance capitale, a-t-il été souligné.


Demain, deux autres tables rondes se tiendront dans le cadre des travaux de la présente Conférence annuelle DPI/ONG: la première, à compter de 10 heures, aura pour thème « Vaincre la discrimination pour réaliser les droits de l’homme et la dignité pour tous »; la seconde, à compter de 15 heures, se penchera sur « les droits de l’homme et la sécurité humaine ».


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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