CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE « RAPPORT SUR LA SITUATION DES VILLES DANS LE MONDE 2008-2009 : VILLES HARMONIEUSES »

Conférence de presse
27 octobre 2008

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE « RAPPORT SUR LA SITUATION DES VILLES DANS LE MONDE 2008-2009 : VILLES HARMONIEUSES »

27/10/2008
Communiqué de presse
Conférence de presse
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CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE « RAPPORT SUR LA SITUATION DES VILLES DANS LE MONDE 2008-2009: VILLES HARMONIEUSES »


La Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), Mme Anna Tibaijuka, a déclaré, aujourd’hui, lors d’une présentation de l’édition 2008-2009 du Rapport sur l’état des villes du monde, que l’« urbanisation durable » était la clef du développement durable.  Avec 51% de la population mondiale vivant dans des zones urbaines, l’homme est aujourd’hui une « espèce urbaine », a-t-elle expliqué, soulignant que la planète faisait actuellement face à une crise du logement liée à la crise financière.


« L’accès au logement est un défi pour tous les pays, qu’ils soient développés ou en développement », a affirmé Mme Tibaijuka, au cours d’une conférence de presse commune au Siège des Nations Unies, à New York, évoquant une « contagion mondiale aux conséquences incommensurables » de la crise des « subprimes » aux États-Unis.


« Si nous ne mettons pas en place nos systèmes environnementaux, sociaux, politiques, économiques et culturels, nous ne pourrons pas vivre en paix dans les villes », a estimé la Directrice exécutive d’ONU-Habitat, qui a insisté sur l’importance des inégalités et des changements climatiques dans les grandes zones urbanisées.  « Si l’on veut vraiment parvenir à la paix et la prospérité –l’objectif des Nations Unies- alors il faut faire face au défi de l’inégalité », a-t-elle affirmé, estimant que « le spectre des changements climatiques complique les choses ».


La première présentation du rapport biennal de l’ONU-Habitat sur la situation des villes dans le monde, intitulé « Villes harmonieuses », a eu lieu à Londres, le 22 octobre dernier.


Pour le Directeur du Service d’évaluation urbaine de l’ONU-Habitat, M. Eduardo López Moreno, « les inégalités de revenus et d’accès à un logement satisfaisant ne sont socialement et économiquement pas viables » et peuvent notamment conduire à des « troubles sociaux » ainsi qu’à « une diminution de l’efficacité économique ». 


Reprenant les conclusions du rapport, il a indiqué qu’un citadin sur trois vivait dans un bidonville.  Les villes où les inégalités sont les plus fortes se situent, de manière générale, en Afrique et en Amérique latine, a-t-il précisé, citant les exemples de Johannesburg en Afrique du Sud, de Brasilia au Brésil, ou de Bogota en Colombie.


Face aux effets des changements climatiques, 384 millions de personnes, la plupart vivant dans des pays en développement, voient leur habitat en danger, a également souligné M. Moreno.  Le rapport d’ONU-Habitat précise en effet que 3 351 villes sont construites dans des zones côtières de basse altitude.  En Asie, région la plus menacée, les risques les plus importants sont à Dhaka au Bangladesh, ou à Calcutta en Inde, a observé le Directeur du Service d’évaluation urbaine, relevant toutefois que l’Afrique était sans doute « la région la moins préparée aux inondations et aux problèmes liés à des conditions météorologiques extrêmes ».


M. Moreno a par ailleurs expliqué, s’appuyant sur l’importance du rôle joué par les modes de consommation, que le niveau d’émissions de dioxyde de carbone n’était pas toujours lié à la taille des villes.  Ainsi, la ville californienne de San Diego « est 10 fois plus petite que Sao Paulo (Brésil) en termes de population, mais produit 10 fois plus d’émissions ».


M. Moreno a, en outre, indiqué qu’avec 5 millions de personnes supplémentaires migrant vers les villes, les pays en développement enregistraient actuellement la croissance urbaine la plus forte.  D’ici à 2050, la moitié de la population d’Afrique vivra en zone urbaine et 63% des populations urbaines mondiales se trouveront en Asie, a-t-il dit, ajoutant que les populations des pays en développement migraient vers les villes principalement pour des raisons économiques.  Sur ce point, Mme Tibaijuka a précisé qu’en Afrique, les conflits tels que ceux du Darfour ou de la Somalie étaient également des facteurs de migration urbaine.


Enfin, le Directeur du Service d’évaluation urbaine de l’ONU-Habitat a rappelé les recommandations du « Rapport sur la situation des villes dans le monde 2008-2009: Villes harmonieuses  » pour parvenir à un développement durable des villes.  Il a ainsi insisté sur la nécessité pour les collectivités de s’engager en faveur des habitants les plus pauvres, d’investir dans les infrastructures et les services publics et de préserver la culture et l’histoire des centres urbains, deux éléments qui, selon lui, constituent l’« âme de la ville ».


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