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AG/10588
17 avril 2007

PLUS DE COHÉRENCE ET DE SYNERGIES POUR « UNE SEULE ONU » PERMETTRAIT AUX PAYS DE MIEUX S’EN APPROPRIER LES ACTIVITÉS DE DÉVELOPPEMENT

17/04/2007
Assemblée générale
AG/10588
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante et unième session                                 

95e séance plénière – matin


PLUS DE COHÉRENCE ET DE SYNERGIES POUR « UNE SEULE ONU » PERMETTRAIT AUX PAYS DE MIEUX S’EN APPROPRIER LES ACTIVITÉS DE DÉVELOPPEMENT


À l’Assemblée générale, les États Membres débattent des recommandations du Groupe de haut niveau sur la cohérence du système de l’ONU dans le domaine du développement


L’unification du système de l’ONU en vue de mener des opérations en faveur du développement a été, ce matin, au centre des déclarations des États Membres réunis en plénière de l’Assemblée générale pour examiner les recommandations contenues dans le rapport « Unis dans l’action »* publié par le Groupe de haut niveau sur la cohérence de l’action du système des Nations Unies dans le domaine du développement, de l’aide humanitaire et de la protection de l’environnement.  Dans ce document que Kofi Annan, le prédécesseur de Ban Ki-moon, l’actuel Secrétaire général de l’ONU, avait commandé à 15 experts en février 2006, figure, entre autres, la proposition de créer une entité unifiée au niveau des pays qui serait dirigée par un responsable et qui aurait un programme, un budget et le cas échéant, un bureau.  En vue de gérer des « programmes de pays unifiés », le Groupe de Haut niveau a, dans ce rapport, recommandé la mise en œuvre de programmes pilotes pour tester l’approche dite « Une ONU » sur le terrain, ceci dans le but de renforcer les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies dans les domaines économique et social.


Le représentant de la Suisse a jugé, ce matin, que le principe essentiel de l’appropriation des programmes par les pays concernés eux-mêmes était une condition incontournable de la réussite de ces programmes.  Il a ajouté que la participation effective des institutions spécialisées à cette démarche dépendrait de la capacité des pays donateurs à assurer une meilleure cohérence, au niveau gouvernemental, des politiques qu’ils adoptent envers ces entités et leur financement.  Pour sa part, la délégation des Pays-Bas a estimé que l’avantage du concept « une seule ONU » était qu’il renforce cette notion d’appropriation au niveau national.  « Une ONU » doit se concevoir avec le gouvernement, le parlement, la société civile et le secteur privé du pays concerné », a ainsi plaidé M. Koenders, Ministre de la Coopération pour le développement des Pays-Bas.  Le Ministre néerlandais a ajouté que le processus de réforme dans lequel se lançaient les Nations Unies ne devait en aucun cas introduire de nouvelles conditionnalités dans l’assistance au développement à apporter aux États.  « Ce processus ne doit, d’autre part, pas devenir un exercice de coupes budgétaires », a-t-il souligné, en ajoutant que toute économie réalisée grâce à une coopération améliorée devrait bénéficier au programme-pays mis en œuvre au profit d’un Etat Membre. 


Des délégations, comme celle du Bénin, ont exprimé un certain nombre de préoccupations face au risque d’érosion des mandats onusiens qui pourrait se produire si l’implantation de superstructures centralisées à l’échelle des pays venait à saper la portée de programmes et initiatives de développement qui y sont mis en œuvre depuis plusieurs années.  « Le renforcement de la cohérence du système de l’ONU doit se faire au seul profit d’une aide accrue aux États, afin que ceux-ci aient les moyens de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et, en ce qui concerne les PMA, qu’ils puissent atteindre les objectifs qui ont été fixés dans le Programme d’action de Bruxelles pour la décennie 2001-2010 », a ainsi rappelé avec insistance M. Ehouzou. 


D’autres délégations ont mis l’accent sur les conditions dans lesquelles devra s’effectuer l’examen intergouvernemental détaillé des recommandations du Groupe de haut niveau.  Mme Claudia Blum, représentante de la Colombie, a ainsi déclaré que cet examen devrait tenir compte des processus de réforme du système des Nations Unies existants, en particulier l’examen triennal des activités opérationnelles de développement.  La représentante de la Colombie a également plaidé en faveur de la tenue d’un dialogue informel au cours duquel les observations du Groupe de haut niveau et du Secrétaire général seraient étudiées à la faveur de ce qu’elle a qualifié de « première étape de l’examen intergouvernemental du Rapport ».


Dans ses remarques de clôture, la Présidente de l’Assemblée générale, Sheika Haya Rashed Al Khalifa,  a indiqué que, dans le cadre du processus de consultations entre États Membres, elle s’appuierait sur les propositions faites concernant la meilleure manière de considérer les recommandations du Groupe de haut niveau et celles du Secrétaire général.  Elle a souhaité que ce processus soit mené dans un esprit pragmatique, souple et axé sur la recherche de résultats concrets.


Outre celles déjà citées, les délégations des pays suivants ont pris la parole: Îles Salomon; Norvège; Islande; Bélarusse; Uruguay; Viet Nam; Mexique; République de Corée; Papouasie Nouvelle Guinée (au nom Forum des îles du Pacifique); Éthiopie; Chine et Chili.  L’Observateur du Saint-Siège s’est également exprimé.


* Le rapport « Unis dans l’action » a été publié sous la cote A/61/583; les États Membres étaient, ce matin, saisis du document A/61/836, qui contient les recommandations du Groupe de niveau sur la cohérence de l’action du système de l’ONU dans le domaine du développement, de l’aide humanitaire et de la protection de l’environnement


SUITE À DONNER AUX TEXTES USSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE: RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL (A/61/836)


M. COLLIN BECK (Î les Salomon) a souhaité qu’en matière de programmes pilotes lancés dans le cadre de l’approche « Une ONU », on tienne beaucoup plus compte des pays dans lesquels l’Organisation n’est pas présente.  Pour le représentant, le concept de régionalisme a été utilisé à mauvais escient, au point que celui d’appropriation des programmes par les pays reste difficile à appréhender dans la réalité.  Il a souhaité que ce point fasse l’objet de discussions approfondies au cours de l’examen intergouvernemental du rapport du Groupe de haut niveau.  Par ailleurs, M. Beck a souscrit à la recommandation du Groupe ayant trait à la nécessité de créer un organe dédié à la supervision des programmes des Nations Unies en faveur du développement durable et de mettre en place un système d’évaluation des besoins en la matière pays par pays.  Il a également souscrit à la proposition d’établissement d’un fonds pour appuyer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, afin de venir en aide en premier lieu aux pays les plus défavorisés en facilitant l’accès de ceux-ci aux activités de l’Organisation.


M. JOHAN L. LØVALD (Norvège) a plaidé pour un accroissement des ressources versées aux Nations Unies en vue de mettre en œuvre les recommandations les plus ambitieuses avancées par le Groupe de haut niveau.  Toutes les économies faites sur les ressources administratives devraient être reversées à cet effort, a-t-il dit, soulignant que la Norvège allait verser 25 millions de dollars afin de financer le huitième projet pilote lancé dans le cadre de l’approche « Une ONU ». Pour le représentant norvégien, l’ONU devrait être en mesure de définir au plus prés les priorités locales et les besoins spécifiques pays par pays, les réformes devant s’adapter aux réalités nationales afin d’être le plus efficace possible.  En matière d’égalité entre les sexes, M. Løvald a souscrit à la recommandation du Groupe d’établir une entité spécialisée cumulant des fonctions à la fois opérationnelles et normatives.  La direction de cette entité devrait être confiée à une personnalité ayant le rang de Sous-Secrétaire général et la Norvège estime que son budget de départ devrait être d’un montant minimum de 200 millions de dollars.  En ce qui concerne le renforcement de la cohérence au niveau régional, le représentant a estimé que les organismes œuvrant à ce niveau, en particulier les équipes de pays, devaient être reconfigurés à cette fin.  


M. PETER MAURER (Suisse) a indiqué que le système des Nations Unies était un réservoir riche en compétences dans la plupart des domaines touchant au développement social et économique.  S’agissant du rapport « Unis dans l’action », du Groupe de haut niveau, le représentant a souhaité que les acteurs onusiens du développement fassent passer leur identité onusienne avant leurs intérêts particuliers.  Ils doivent parler d’une seule voix et coordonner les réponses qu’ils apportent aux besoins nationaux, a-t-il ajouté, en soulignant la nécessité de privilégier une approche à pistes multiples afin de renforcer les mécanismes de prises de décisions intergouvernementaux ou interagences existants.  Au sujet de cette approche, M. Maurer a précisé que les questions opérationnelles devaient être traitées de façon optimale dans le contexte des négociations sur l’examen triennal des activités de ce type, ce processus devant également être, selon lui, le cadre d’analyse des résultats et les expériences réalisées par les programmes pilotes « Une ONU ». 


S’agissant des recommandations relatives à l’environnement, le représentant  a jugé qu’elles devaient être traitées dans le cadre du processus consultatif informel de l’Assemblée générale sur la gouvernance internationale environnementale, ceci, en tenant compte des délibérations d’autres instances, notamment le Forum ministériel mondial pour l’environnement et le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour l’environnement.  Pour ce qui a trait aux questions de gouvernance, le représentant a estimé qu’une analyse technique réalisée par une équipe spéciale indépendante, telle qu’elle est proposée par le rapport du Groupe de haut niveau, serait utile, afin d’élaborer des propositions plus détaillées et plus spécifiques en matière de rationalisation et de consolidation des différentes entités onusiennes.  M. Maurer a par ailleurs jugé que le principe de l’appropriation des programmes par les pays eux-mêmes était une condition de réussite incontournable des programmes pilotes « Une ONU », lancés par les États Membres.  Il a ajouté que la participation effective des institutions spécialisées, en particulier de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), dépendrait de la capacité des pays donateurs à assurer la cohérence gouvernementale des politiques qu’ils adoptent envers ces entités et leur financement.


M. HJÁLMAR W. HANNESSON (Islande) a appuyé les propositions du Groupe de haut niveau. Il a écarté l’idée d’un modèle unique, en soutenant la proposition de mener des projets pilotes dans certains pays.  Le représentant a ensuite mis l’accent sur la parité des sexes, qui est une condition préalable à la réalisation des OMD.  Il a argué que la création d’un poste de Secrétaire général adjoint est, à cet égard, une mesure importante, et a prôné l’intégration d’une démarche sexospécifique dans tous les organes et à tous les niveaux.


M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a estimé que l’amélioration de la cohérence à l’échelle du système devait partir du Conseil économique et social qui traite des activités de développement, de l’assistance humanitaire et de l’environnement.  L’examen triennal des activités opérationnelles des fonds et programmes des Nations Unies devrait aussi aider à éclairer le débat sur la marche à suivre, tout comme les résultats des projets pilotes, a recommandé M. Dapkiunas.  Il a souligné que seul un processus qui ne préjugerait pas des résultats, et qui ne conduirait pas à la perte des avantages comparatifs de tel ou tel fonds et programmes, pourra contribuer à une décision durable et substantielle plutôt qu’à une réforme de façade. 


M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a estimé que la mise en œuvre des mesures proposées exigera un débat approfondi sur chacun des domaines concernés.  Sur chacune des questions thématiques, il faudra faire preuve de la souplesse nécessaire pour parvenir à des solutions tenant compte de la spécificité de chaque thème.  Concernant le projet pilote, l’Uruguay y a adhéré, comptant ainsi faire profiter aux autres de son expérience, a indiqué M. Rosselli.  Dans ce cadre, le représentant a voulu souligner les principes selon lesquels la coopération au développement doit se fonder sur les stratégies nationales et sur les plans d’action conçus par les gouvernements.  Il a ajouté qu’il fallait préserver la quantité et la qualité de l’aide au développement et encourager à la fois la coopération sud-sud et la coopération triangulaire. 


M.JEAN-MARIE EHOUZOU (Bénin) a expliqué qu’un récent séminaire, tenu à Cotonou, avait été l’occasion de reconnaitre que le diagnostique du Groupe de haut niveau sur le fonctionnement du système des Nations Unies était partagé par tous les États Membres.  Entre autres préoccupations, a-t-il dit, les participants ont exprimé la nécessité de définir, dans les pays pilotes, des critères d’appréciation et d’évaluation de la mise en œuvre du « Programme pays unique ».  

Le représentant a indiqué qu’avait été soulignée la nécessité d’assurer une coordination permanente et un échange d’informations continu entre les représentations permanentes, basées à New York, et les structures nationales impliquées dans la coopération avec le système de l’ONU.


Le représentant du Bénin a ajouté que la cohérence du système réformé de l’ONU devrait permettre à l’ensemble des acteurs d’agir dans l’unité et dans l’harmonie afin d’aider les États à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et, pour les pays les moins avancés, les aider à atteindre les objectifs fixés dans le Programme d’action de Bruxelles pour la

décennie 2001-2010.  Dans ce contexte, a précisé M. Ehouzou, la création au niveau national, d’une entité unique des Nations Unies dotée d’une direction, d’un seul programme, d’un budget consolidé, et dont les bureaux seront regroupés en un seul endroit ne devrait pas déboucher sur une superstructure qui serait moins opérationnelle et moins efficace.  De même, a-t-il dit, la création d’un conseil des Nations Unies pour le développement ne devrait, en aucun cas, affaiblir le Conseil économique et social (ECOSOC) dont le rôle dans la coordination des questions de développement durable doit rester prépondérant.


M. BERT KOENDERS, Ministre de la coopération au développement des Pays-Bas, a estimé que l’avantage du concept « une seule ONU » est qu’il renforce la notion d’appropriation nationale.  « Une ONU » doit se concevoir avec le gouvernement, le parlement, la société civile et le secteur privé concernés, a dit M. Koenders.  Le Ministre a ajouté que le processus de réforme ne doit en aucun cas introduire de nouvelles conditionnalités pour l’assistance au développement.  Ce processus ne doit pas non plus devenir un exercice de coupes budgétaires, a-t-il souligné, en ajoutant que toute économie réalisée grâce à une coopération améliorée devrait bénéficier au programme-pays.  Il n’existe pas non plus de modèle unique, a poursuivi le Ministre néerlandais, avant de se déclarer découragé par la lenteur avec laquelle les objectifs fixés en matière d’APD sont réalisés.  Il a rappelé que depuis une décennie maintenant, les Pays-Bas affectent 0,8% de leur PNB à la coopération au développement.  Il a tout de même reconnu que cette aide n’était pas encore stable, pluriannuelle et non liée.  Il a donc promis d’accroître les ressources de base des fonds et programmes des Nations Unies sur une base pluriannuelle pour le programme « Pays Unique ».  Appelant tous les fonds, programmes et institutions de l’ONU à participer au processus de réforme, il a notamment suggéré au PNUD de séparer les fonctions de Coordonnateur résident et de Directeur de pays.  Les Pays-Bas, a-t-il annoncé, donneront au PNUD des fonds additionnels pour financer cette réforme.  Le Ministre a conclu en soutenant l’approche « multitrack » et la création d’un poste de Secrétaire général adjoint pour les questions de parité entre les sexes.


M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a affirmé que le développement économique et social devait rester au centre de l’examen intergouvernemental du rapport du Groupe de haut niveau.  Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) doivent en outre être placés au cœur des activités opérationnelles de l’ONU dans l’avenir demain, a-t-il ajouté.  Pour le représentant, les avantages que l’ONU a à offrir au plan des compétences, de l’expérience et des ressources humaines, ne sont pas utilisés au mieux du fait du manque de politiques d’action cohérentes, du chevauchement des programmes et des limites financières dont souffre l’Organisation.  C’est en ce sens que M. Minh a plaidé pour un renforcement de la cohérence du système onusien et de son efficience, notamment à l’échelle des pays.  L’objectif de la mise en œuvre de l’approche « Une ONU », telle qu’elle est proposée par le Groupe, est de permettre à l’Organisation de soutenir le développement des capacités des pays de sorte que ceux-ci s’approprient à terme

les programmes des Nations Unies.  En conclusion, après avoir rappelé que son pays fait partie des huit pays où a été lancé un programme pilote où l’approche « Une ONU » sera testée, le représentant a formé le souhait que cette expérience profite non seulement au Viet Nam mais aussi à d’autres États Membres.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) est brièvement intervenu pour expliquer que, s’agissant des activités opérationnelles de l’ONU en matière de développement, les recommandations du Groupe de haut niveau devaient faire l’objet de discussions approfondies dans le cadre de l’Examen triennal des activités opérationnelles (TCPR).  Les thèmes relatifs à la gouvernance au Siège et sur le terrain, a ajouté M. Heller, pourraient être examinés à la deuxième étape de l’examen suscité afin de renforcer la coordination dans les pays récipiendaires de l’aide internationale.  Pour le représentant du Mexique, le cadre que propose l’Examen triennal permet de se donner le temps de réfléchir, notamment à l’opportunité de créer ou non un conseil exécutif du développement et/ou de renforcer le Conseil économique et social.  Pour ce qui est des recommandations sur l’environnement, le représentant a estimé qu’il serait plus indiqué de tenir des consultations sur cette question dans le cadre du processus TCPR.  Il en va de même s’agissant de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de la femme, a poursuivi le représentant, qui a conclu en affirmant que la création d’une entité spécialisée dans ce domaine devrait être analysée en prévoyant au plus près les incidences politiques et financières d’une telle démarche.


M. CHO HYUN (République de Corée) a considéré que la mise en œuvre de plusieurs recommandations du rapport du Groupe de haut niveau pourrait améliorer de façon significative les activités opérationnelles de l’ONU dans les domaines du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement.  Il a soutenu la décision du Secrétaire général de lancer l’initiative du Groupe de développement des Nations Unies qui consiste à mener huit projets pilotes pour tester l’approche « Une ONU ».  Sur la question de la gouvernance, bien que jugeant utile de créer un Conseil du développement durable qui ferait rapport à l’ECOSOC, il a estimé qu’il ne fallait pas se précipiter pour prendre une décision en ce sens.  Tous les États Membres sont d’accord sur la nécessité de réorganiser le système de l’ONU pour lui permettre d’atteindre ses objectifs plus efficacement, a-t-il ajouté, mais la difficulté à résoudre réside dans la recherche d’un consensus sur la façon d’y arriver.


Mme MATHILDA TAKAKU (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a pris la parole au nom du Groupe des petits États insulaires en développement du Forum du Pacifique.  Elle a souligné que le système actuel s’est révélé inefficace et s’est, de ce fait, félicitée des propositions de réformes.  Elle a salué la notion de « Une ONU » et a présenté la candidature des pays du Forum du Pacifique au prochain cycle des projets pilotes.  La représentante a ensuite appuyé l’idée de créer un poste de Secrétaire général adjoint pour les questions d’égalité entre les sexes, avant de s’attarder sur les questions « urgentes » concernant l’environnement.  En la matière, a-t-elle dit, le processus de réforme doit mieux tenir compte des réalités qui existent sur le terrain, car trop souvent la bureaucratie dilue la mise en œuvre des projets sur le terrain.  Il faut donc, a-t-elle insisté, que la réforme tienne compte des questions spécifiques à chaque situation pour que la mise en œuvre soit vraiment au centre des efforts à déployer.  Aujourd’hui, on assiste à une série de processus qui a toujours bénéficié à d’autres acteurs, mais pas aux pays qui sont censés en être les récipiendaires, a regretté Mme Takaku.


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a déclaré que l’examen intergouvernemental du rapport du Groupe de haut niveau devait tenir des processus de réforme du système des Nations Unies en cours.  De même, a-t-elle précisé, ces processus, y compris l’examen triennal des activités opérationnelles en matière de développement et les débats sur les droits de l’homme tenus au sein de l’ECOSOC et de l’Assemblée générale, doivent prendre en considération les recommandations du Groupe.  La représentante de la Colombie a également plaidé en faveur d’un dialogue informel au cours duquel les observations du Groupe de haut niveau  et du Secrétaire général seraient examinées à la faveur de cette première étape de l’examen intergouvernemental du Rapport du groupe.  À cette occasion, les groupes de pays pourraient s’appuyer, pour leurs délibérations futures, sur des éléments complémentaires d’information avant que ne débute le processus de consultation proprement dit, a suggéré Mme Blum.  La représentante a ajouté qu’un tel dialogue officieux pourrait être consacré aux questions les plus générales et à l’examen de l’approche suivie dans le rapport du Groupe. 


M. NEGASH KEBRET BOTORA (Éthiopie) a mis en garde contre le risque de voir les stratégies, orientations politiques et programmes nationaux être sapés du fait des approches proposées.  Les pays en développement doivent être appuyés sur la base de leurs propres programmes et stratégies de développement, a-t-il plaidé.  La réforme des activités opérationnelles doit donc viser à répondre aux besoins des pays en développement tels qu’ils sont définis dans leurs priorités, a dit M. Botora, en estimant que le but ultime doit être la mise en œuvre des programmes facilitant la réalisation des OMD; l’allocation de ressources adéquates et l’efficacité de l’aide.  Les accords issus du Sommet mondial de 2005 ont contribué à accroître le financement des activités opérationnelles de développement.  Ils doivent donc, a estimé le représentant, être intégrés dans les propositions du Groupe de haut niveau.  Ces propositions, a-t-il conclu, doivent être examinées avec soin, transparence et de manière positive.  Une chance existe de renforcer encore davantage le système de l’ONU, a-t-il ajouté.


M. ZAINOL RAHIM ZAINUDDIN (Malaisie) a voulu qu’en matière de réformes, on délimite clairement ce qui relève du Secrétariat et ce qui est du ressort des États Membres.  Il a aussi voulu que les décisions soient fondées sur des éléments de preuve concrets et que le travail lié au renforcement de la cohérence se fasse de manière cohérente.  Quelles sont les lignes de démarcation entre les prérogatives de la gestion du Secrétariat et celles du processus intergouvernemental? s’est demandé le représentant, en revenant à sa première recommandation.   Il a souligné que la réorganisation des Départements des opérations de maintien de la paix et du désarmement a montré le caractère sensible de la question. 


Le Groupe de haut niveau aurait dû stimuler la discussion plutôt que de permettre la mise en œuvre immédiate de certaines recommandations, a estimé M. Zainuddin.  Pour que les réformes soient fondées, il faut qu’elles se basent sur une information disponible, sans discrimination aucune, a-t-il recommandé.   Le représentant a, par exemple, demandé que les noms et les numéros de téléphone de tous les fonctionnaires chargés des réformes au sein des Cabinets du Secrétaire général et de la Vice-Secrétaire générale soient donnés aux délégations.  Revenant au manque de cohérence qui semble exister dans la conduite des tâches visant à renforcer la cohérence, le représentant de la Malaisie s’est demandé pourquoi les questions liées aux projets pilotes seront non seulement examinées dans le cadre de ce processus, mais aussi dans celui du Plan stratégique du PNUD et de l’examen triennal des activités opérationnelles de développement.


M. LIU ZHENMIN (Chine) a souhaité que la réforme des activités opérationnelles de l’ONU permette de faire émerger un système des Nations Unies véritablement universel et transparent.  Pour ce faire, a-t-il précisé, il faut que les pays récipiendaire de l’aide internationale soient parties prenantes à la formulation de ces activités et s’approprient leur mise en œuvre.  Le représentant a mis en garde contre une possible érosion des mandats des agences spécialisées dans le domaine du développement du fait de la refonte du système des Nations Unies.  Pour ce qui est de l’approche « Une ONU », le représentant a demandé que l’on tienne compte de la volonté et des besoins des pays bénéficiaires.  Il a, à cette fin, souhaité que les États Membres attendent de pouvoir s’appuyer sur les expériences des premiers pays où un programme pilote a été lancé, pour tester l’approche « Une UNO » afin de prononcer ensuite sur les recommandations du Groupe de haut niveau ayant trait au développement. 


En ce qui concerne les recommandations du Groupe de haut niveau sur l’égalité des sexes, le représentant a souhaité qu’en premier lieu, l’ONU donne l’exemple au sein de sa propre architecture en nommant et en promouvant davantage de femmes aux postes les plus importants.  Par ailleurs, il a plaidé pour un renforcement du Conseil économique et social (ECOSOC), en soulignant la nécessité de voir cet organe travailler de manière plus étroite avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, et cela en évitant toute politisation des mandats.


M. HERALDO MUÑOZ (Chili) a voulu que la question de l’égalité entre les sexes constitue la priorité des réformes.  Il a salué le fait que le Groupe de haut niveau ait préconisé que les programmes de développement soient la propriété des États et doivent guider les activités de l’ONU.  Le représentant a soutenu l’idée d’« Une ONU » pour éviter les fragmentations et les double-emplois.  Commentant l’absence de prévisibilité des financements des activités opérationnelles, le représentant a estimé que les gaspillages que cela entraîne obligent à refondre le système.  Il a aussi regretté les chevauchements existants entre la Banque mondiale et l’ONU, et a préconisé que le Président de la Banque et le Secrétaire général des Nations Unies travaillent ensemble pour inverser cette tendance.  L’ONU doit pouvoir continuer à faire son travail essentiel d’élaboration des normes et de conseil auprès des pays, en la matière, a ensuite plaidé le représentant chilien.  Les pays en développement ont besoin d’un cadre favorable, juste et objectif, pour faire avancer les objectifs de développement, a-t-il recommandé.  Il faut renforcer, dans ce contexte, le rôle des organisations régionales, compte tenu de leur rôle de coordonnateur de la réponse apportée aux besoins de chaque région, a conclu M. Muñoz. 


Mgr CELESTINO MIGLIORE (Saint-Siège) a noté que des institutions prometteuses comme le Conseil des droits de l’homme souffraient, dans la mise en œuvre de leur mandat, du manque de volonté politique des États et du déficit existant en matière de politiques internationales véritablement axées sur le bien-être des peuples.  Si beaucoup de ce qu’accomplit l’ONU va dans le sens de l’amélioration de ce bien-être, beaucoup reste cependant à faire, a ajouté Mgr Migliore.  Évoquant l’approche « Une ONU », il a estimé que les pays en développement visés par ce projet devaient pouvoir s’appuyer sur des activités opérationnelles de développement onusiennes plus efficaces et mieux coordonnées dans leur mise en œuvre et leur conception. Pour ce qui est de l’architecture onusienne en matière d’environnement, l’Observateur permanent du Saint-Siège a indiqué que le Saint-Siège soutenait l’idée d’une évaluation indépendante des activités et programmes menés dans ce cadre.  Enfin, Mgr Migliore a jugé qu’une action humanitaire plus coordonnée et plus rapide aurait pour effet immédiat de rendre les interventions de l’ONU plus efficaces, en particulier dans les régions touchées par les catastrophes de très grande ampleur.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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