LA RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU SE PENCHE SUR UNE RÉFORME EN PROFONDEUR DES NATIONS UNIES ET DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

AG/10384
15 septembre 2005

LA RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU SE PENCHE SUR UNE RÉFORME EN PROFONDEUR DES NATIONS UNIES ET DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

15/09/2005
Assemblée générale
AG/10384
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

5e & 6e séances plénières

matin & après-midi


LA RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU SE PENCHE SUR UNE RÉFORME EN PROFONDEUR DES NATIONS UNIES ET DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


La réforme du Conseil de sécurité représente une condition préalable à une amélioration de l’efficacité de l’ONU, a déclaré aujourd’hui le Président ukrainien, Viktor Yushchenko, au second jour de la Réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale, marquant le soixantième anniversaire de l’Organisation des Nations Unies.  Partageant ce point de vue, le Président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a mis en garde à son tour contre le risque de faire l’économie d’une réforme du Conseil de sécurité, réforme sans laquelle l’Organisation ne parviendrait pas à atteindre la réalisation de son ambitieux programme de changement.  Admettons-le, le système des Nations Unies est en fin de course, le système a vécu, a déclaré, quant à lui, le Président du Venezuela, Hugo Chávez Frías, avant de suggérer une refonte complète de l’Organisation qui intègre l’élargissement du Conseil de sécurité; l’amélioration des méthodes de travail vers une plus grande transparence; la suppression immédiate du droit de veto; et le renforcement du rôle du Secrétaire général dans le domaine de la diplomatie préventive.


Le Président de la République populaire de Chine Hu Jintao a plaidé pour une réforme multidimensionnelle qui, dans le cas du Conseil de sécurité, favorise une plus grande représentation des pays en développement et des pays africains en particulier.  Mais, a regretté le Président sud-africain Thabo Mbeki, une fois de plus, les six milliards d’êtres humains vont nous regarder en se disant qu’une fois de plus, nous ne sommes pas parvenus à dépasser nos divergences et à parvenir à un consensus historique sur une telle réforme.  Pour autant, de nombreuses délégations ont émis le souhait de voir l’effort de réforme du Conseil de sécurité se poursuivre, le Premier Ministre français, Dominique de Villepin, estimant que la réforme du Conseil de sécurité devait être conclue d’ici à la fin de l’année sur la base du projet présenté par l’Allemagne, le Brésil, l’Inde et le Japon qui consacre les droits de chaque continent, notamment l’Afrique, et renforce le Conseil. 


La gestion de l’interdépendance mondiale exige des institutions internationales fortes et la réforme des Nations Unies doit inclure l’élargissement du Conseil de sécurité, et ce, dans les catégories des membres permanents et non permanents, a fait valoir pour sa part le Premier Ministre indien, Manmohan Singh, regrettant que les Nations Unies souffrent d’un déficit démocratique dans la mesure où leur structure et leur processus de décision reflètent le monde tel qu’il était en 1945 et non tel que nous le vivons en 2005.  Dans le même ordre d’idées, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Putine, a estimé que les Nations Unies et leur Conseil de sécurité devaient s’adapter aux nouveaux défis et constituer le centre de coordination principal pour la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme. 


Le Premier Ministre japonais, Junichiro Koizumi, souhaitant que la réforme du Conseil de sécurité intègre l’élimination de la clause « d’État ennemi » dans la Charte des Nations Unies, a déclaré que le Japon était prêt à occuper un siège permanent au sein d’un Conseil de sécurité réformé.  Estimant qu’il fallait éviter les divisions sur la question de la réforme du Conseil de sécurité, le Premier Ministre italien, Silvio Berlusconi, a indiqué que son pays avait soumis une proposition souple en faveur du seul élargissement du nombre des sièges non permanents.


Si plusieurs chefs d’État et de Gouvernement ont regretté que la réforme du Conseil de sécurité ait été différée faute de consensus, en revanche, ils ont salué à l’instar du Premier Ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, la création de la commission de consolidation de la paix, un mécanisme qui permettra de prévenir les conflits qui menacent les États et de gérer les crises qu'ils traversent.  Dans le même ordre d’idées, le Premier Ministre belge, Guy Verhofstadt, a apporté son plein appui à la proposition du Secrétaire général de mettre en place rapidement un conseil pour les droits de l’homme et s’est félicité par ailleurs de ce que le concept de la « responsabilité de protéger » soit enfin reconnu, souhaitant qu’un tel concept rende dorénavant impossible des tragédies comme celle du Rwanda en 1994.


RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU (3e & 4e séances)


Déclarations


M. ISMAIL OMAR GUELLEH, Président de la République de Djibouti, a plaidé en faveur de changements majeurs et d’une réforme en profondeur du système des Nations Unies.  Depuis l’adoption de la Déclaration du Millénaire, en 2000, le monde a connu des conflits nombreux, d’où la nécessité de renforcer le concept de sécurité collective tel que le propose le Secrétaire général dans son rapport.  Il a souligné les efforts accomplis depuis 2000 par les pays en développement vers une meilleure gouvernance, un renforcement de la démocratie et la mise en œuvre de stratégies de lutte contre la pauvreté.  Néanmoins, il a souhaité que les pays développés s’engagent à soutenir davantage les pays en développement, et en particulier les pays africains, dans la poursuite des objectifs du Millénaire pour le développement.  À ce titre, il a plaidé pour la poursuite de la mise en œuvre de la Déclaration de Bruxelles adoptée au terme de la Conférence sur les pays les moins avancés, de même que pour la poursuite des négociations sur l’Agenda de développement de Doha dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce.  Ce qu’il nous faut, ce sont des stratégies pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il fait valoir, invitant la communauté internationale à canaliser ses efforts afin de permettre aux pays en développement de consolider la paix et investir dans les domaines sociaux clés tels que l’éducation et la santé et permettre ainsi d’éradiquer, d’ici à 2015, l’extrême pauvreté.


M. VLADIMIR VLADIMIROVICH PUTINE, Président de la Fédération de Russie, a déclaré qu’en 60 années d’existence, l’Organisation des Nations Unies était devenue un forum unique de dialogue entre les nations sur les moyens de bâtir un monde plus sûr.  Dans un nouveau contexte historique, l’expérience, l’autorité et la légitimité sans égale des Nations Unies ont permis à l’Organisation de jouer un rôle indispensable et irremplaçable dans la politique mondiale et la coopération économique et humanitaire, a-t-il estimé.  Il est nécessaire d’ajuster l’Organisation aux nouvelles réalités historiques, a-t-il néanmoins souligné.  « À travers un large accord, nous pouvons renforcer l’autorité et la légitimité de l’Organisation des Nations Unies, ainsi que sa capacité à répondre de manière plus efficace aux défis du XXIe siècle », a estimé M. Putine.


Le Président russe a également affirmé que le terrorisme représentait aujourd’hui la menace la plus grave aux droits de l’homme et à la liberté, ainsi qu’au développement durable des États et des peuples.  Selon lui, les Nations Unies et leur Conseil de sécurité doivent constituer le centre de coordination principal pour la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme.  Ils doivent coordonner le règlement des longs conflits régionaux dont se servent les terroristes et les extrémistes de toutes sortes en utilisant les thèmes historiques des rivalités entre les religions et de la confrontation ethnique et sociale.  M. Putine a jugé essentiel que soient exploitées les capacités de la société civile, des médias, de la coopération humanitaire et culturelle, et du dialogue interreligieux dans le combat contre le terrorisme.


M. LEVY PATRICK MWANAWASA, Président de la Zambie, a estimé que cinq ans après l'adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement, la communauté internationale n'avait pas encore trouvé de stratégie commune pour les atteindre.  Il a demandé que des efforts de coopération entre les pays en développement et les pays développés soient renforcés pour accélérer l'émergence de solutions communes.  Il a par ailleurs salué l'annulation de la dette concédée par le G-8 aux pays les plus pauvres, ainsi que les efforts consentis par certains pays industrialisés pour atteindre l'objectif de 0,7% de leur PNB consacré à l'aide publique au développement.  Il a également déclaré que la Zambie était en bonne voie pour atteindre au cours des dix prochaines années les cibles fixées par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment grâce à l'annulation totale de sa dette.  Il a indiqué que son pays préparait son cinquième plan quinquennal de développement national, qui devra être mis en cohérence avec les OMD. 


Le Président zambien a enfin précisé que durant ces trente derniers mois, le secteur agricole de son pays avait enregistré une croissance positive, le taux de scolarisation avait augmenté et la mortalité liée au paludisme avait diminué.  Le VIH/sida reste cependant un enjeu majeur, notamment parce que la pandémie pèse sur le développement du pays.  Enfin, il a souligné que la Zambie faisait partie des pays à avoir tiré partie du Consensus de Monterrey sur le financement du développement.  Des modalités d'aide efficaces ont été conclues en échange de systèmes transparents et d'une tolérance zéro à l'égard de la corruption.  L'aide de la communauté internationale n'en demeure pas moins nécessaire pour assurer le succès de ce programme.


M. ALFREDO PALACIO, Président de l’Équateur, a réaffirmé l’attachement de son pays à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Rappelant qu’il était entré en fonction il y a quatre mois seulement, le Président Palacio a indiqué que son plan de gouvernement visait une transformation totale et une réalisation complète des Objectifs du Millénaire pour le développement: politique qui relève d’un secrétariat d’État.  Le Président a expliqué qu’il avait consulté la population pour connaître le type de nation à laquelle elle aspire, puis sur les moyens pour y parvenir.  Tous désirent le rétablissement de l’état de droit, avec la pleine jouissance des droits civils et politiques, de la santé, d’une protection sociale, de l’éducation et de la productivité. 


Aujourd’hui, l’Équateur est engagé sur la voie de réformes économiques qui visent à faire passer le taux de croissance de 2,5% par an à près de 4,5%, ce, afin de promouvoir une économie nationale, de générer des ressources nationales et de réussir à terme la mise en œuvre des OMD.  Nous avons l’intention de faire passer, d’ici à la fin de notre mandat en 2007, le taux de couverture de l’assurance médicale de 20% aujourd’hui à 45%, l’objectif étant de parvenir à une couverture universelle.  Il est prévu qu’en 2006, la part du budget consacrée à la santé atteindra 46%, celle à l’éducation passant à 24%.  L’Équateur a élaboré un programme d’investissement social et de développement humain qui consiste à mobiliser les ressources adéquates et une redistribution équitable, ce, afin de permettre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015, a-t-il indiqué.


Le Président de la République centrafricaine, M. FRANÇOIS BOZIZE, a rappelé l’engagement souscrit par la communauté internationale, lors de l’adoption de la Déclaration du Millénaire, de s’attaquer de manière solidaire aux problèmes de sécurité, de paix, de développement, des droits de l’homme et des libertés fondamentales.  M. Bozize a abordé la situation en République centrafricaine avant le 15 mars 2003, rappelant que l’intégralité des institutions de l’État était disloquée, le pays était économiquement ruiné et occupé par des troupes étrangères non conventionnelles, la jeunesse était livrée à elle-même, et les libertés fondamentales étaient bafouées.  Il a également rappelé que la transition consensuelle, qui a bénéficié du soutien de la communauté internationale, avait permis de mettre fin à la division du pays et à l’organisation transparente et crédible d’élections générales, ouvrant ainsi au pays la voie du retour à la légalité constitutionnelle.


Le Président centrafricain a par ailleurs affirmé que son Gouvernement –passant d’une période de transition à une période de reconstruction- avait pris des mesures courageuses pour rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national, apaiser le climat politique, assainir les effectifs de la fonction publique, améliorer les recettes de l’État et relancer les principales productions du pays.  En conclusion, il a réaffirmé la pertinence des propositions faites par le Secrétaire Général en vue de redynamiser l’Organisation, et a adhéré pleinement à la position de l’Union africaine qui réclame un rééquilibrage des responsabilités au sein des organes de l’ONU en vue d’accorder une place plus juste au continent africain.


M. BRANKO CRVENKOVSKI, Président de l'ex-République yougoslave de Macédoine, a attiré l’attention de l’Assemblée sur la question du développement, en rappelant les engagements que les États Membres avaient pris dans le cadre du Consensus de Monterrey.  Il a émis l’espoir que de nouvelles sources de financement soient proposées par la communauté internationale et a salué l'annulation de la dette des pays les plus pauvres, décidée par la récente réunion des dirigeants du G-8.  M. Crvenkovski a indiqué que son pays avait publié en juin 2005 son rapport sur la mise en œuvre des programmes liés à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement au niveau national.  Il a fait part de son soutien aux efforts des États Membres dans la lutte contre le terrorisme et a souligné l'importance du programme d'action des Nations Unies pour combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre, rappelant que l'ex-République yougoslave de Macédoine était particulièrement concernée par ce problème. 


Enfin, il a déclaré que son pays souhaitait entretenir de bonnes relations avec ses voisins et entendait par conséquent promouvoir la coopération régionale en Europe orientale et du Sud en vue de favoriser l’instauration d'une paix durable dans la région.  À cet égard, il s'est dit confiant que sur la question du statut du Kosovo, Belgrade, Pristina et la communauté internationale seront capables de trouver des solutions satisfaisantes qui soient en accord avec les critères définis par les Nations Unies.


M. JALAL TALABANI, Président de l’Iraq, a affirmé que l’Iraq était aujourd’hui partenaire de l’ordre international.  L’histoire de l’Iraq au cours des trois dernières décennies présente les caractéristiques d’une expérience unique qui pourrait être résumée en une phrase, a-t-il dit: le développement est l’autre côté de la médaille de la liberté et de la démocratie.  Un système de bonne gouvernance qui repose sur les droits de l’homme et la démocratie est le seul système qui permette le développement.  Le régime dictatorial qui a régi l’Iraq pendant toutes ces décennies a transformé le développement en structures fictives, a-t-il assuré.  Ce régime, a-t-il ajouté, est un lourd fardeau pour l’histoire présente et future de l’Iraq.  Évoquant la modernisation de l’Organisation des Nations Unies, M. Talabani a estimé que la réforme du Conseil de sécurité devrait permettre de parvenir à plus de transparence, son élargissement devant contribuer à lui conférer plus d’équité et de justice. 


Par ailleurs, le Président iraquien a souligné que depuis 1991, la région du Kurdistan avait réussi à se débarrasser de la dictature et était parvenue à réaliser ses programmes de développement, accompagnés d’un système parlementaire démocratique et d’un investissement rationnel des ressources.  Poursuivant son intervention en kurde, M. Talabani a transmis à la communauté internationale les salutations du peuple kurde iraquien qui constitue, a-t-il rappelé, une partie intégrante de l’Iraq.  Selon lui, un peuple libre et démocratique peut représenter un modèle de développement dans tous les aspects.  Reprenant son discours en langue arabe, il a indiqué que l’Iraq faisait face à l’une des campagnes les plus brutales de terreur qui tue des centaines d’Iraquiens et détruit les richesses.  Le terrorisme prend pour cibles les Iraquiens, toutes les ambitions de développement, a-t-il ajouté, notant que les terroristes voulaient faire de l’Iraq une base pour menacer l’équilibre régional et international ainsi qu’un centre pour le terrorisme.  L’Iraq a le droit de construire un État moderne, démocratique et fédéral, a-t-il également affirmé, plaidant en faveur d’une suppression de sa dette.  Le développement a besoin d’un environnement pacifique sûr, a-t-il encore dit.  Le Président iraquien a ajouté que son pays, sorti des cendres de la dictature, avait désespérément besoin de capacités nationales, de l’appui moral et des investissements de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme et le combat contre la drogue, le chômage, la pauvreté et l’enlèvement des enfants.  M. Talabani a exhorté la communauté internationale à participer à la reconstruction de l’Iraq sur les bases du partenariat et du sentiment mutuel de responsabilité et de respect, en se fondant sur la répartition rationnelle des intérêts. 


M. ALYAKSANDR LUKASHENKA, Président du Bélarus, a rappelé que l’effondrement de l’Union soviétique, qui assurait un équilibre et un espoir dans le système mondial, avait eu des conséquences dramatiques.  Nous assistons aujourd’hui à un monde unipolaire, a dit le Président du Bélarus, prenant les exemples nombreux d’instabilité qui ont émergé depuis la fin de l’Union soviétique, que ce soit dans les Balkans, en Afghanistan, en Iraq, en Iran ou en Coré du Nord.  Ceux qui dirigent ce monde unipolaire trouvent toujours un prétexte pour faire une guerre, déclencher un conflit, en utilisant l’Organisation des Nations Unies ou en avançant des concepts tels que la démocratie, la liberté, les droits de l’homme.  Pourtant, le Bélarus s’est plié aux exigences, notamment en matière de désarmement, a-t-il poursuivi, avant de s’interroger sur les prétextes fallacieux des armes de destruction massive ou de la traque contre Ben Laden qui ont permis de détruire des pays tels que l’Iraq et l’Afghanistan. 


Dans les Balkans, le procès de Milosevic est une caricature, a-t-il dit ensuite, avant de dénoncer la détention des prisonniers de Guantanamo et d’inviter les Nations Unies à admettre que les peuples vivent comme ils le souhaitent.  L’ONU devrait abandonner ses querelles internes et s’engager résolument dans la lutte contre la pauvreté, pour plus de justice internationale, car autrement, a-t-il mis en garde, le monde unipolaire se retournera contre les États Membres et les Nations Unies.


M. RICARDO LAGOS ESCOBAR, Président du Chili, a exprimé sa frustration devant les efforts à accomplir pour parvenir à une réforme globale permettant à l’humanité d'atteindre les objectifs, intimement liés, que sont la sécurité, les droits de l'homme et le développement.  À cet égard, le multilatéralisme est une approche d'autant plus incontournable pour un petit pays comme le Chili, qu'elle impose à tous, de façon égale, des droits et des devoirs, a-t-il dit.  C'est au nom de ce principe que le Chili avait répondu à l'appel lancé par le Conseil de sécurité pour l'envoi de contingents à Haïti.  Le Président chilien a également indiqué qu'il était essentiel que les États Membres prennent la décision de mettre en œuvre une politique visant à faire profiter des bienfaits de la mondialisation à une large majorité de pays.  Tout en déplorant que le Document final auquel sont parvenus les États Membres avant le début du Sommet ne soit pas totalement satisfaisant, le Président chilien a estimé qu’il s’agissait d’un point de départ vers de possibles changements. 


Le Président chilien a enfin salué l’idée de créer un Conseil des droits de l'homme -pour lequel il espère que le cas de chaque pays sera étudié de manière équitable- et d'une Commission de consolidation de la paix.  Il a également soutenu le projet de création d'un Fonds des Nations Unies pour la démocratie, auquel le Chili a déjà versé une première contribution.  Il s'est enfin dit confiant que la 60e session de l'Assemblée générale pourrait constituer un tournant historique permettant à l'ONU de devenir une organisation plus efficace et tournée vers les attentes de l'humanité au XXIe siècle.


M. AL HADJI YAHYA JAMMEH, Président de la Gambie, a réaffirmé l’engagement de son pays à l’égard de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), estimant qu’en faisant preuve de volonté, il était possible d’atteindre ces objectifs à la date butoir de 2015.  Il a néanmoins noté qu’à cet égard beaucoup reste à accomplir, particulièrement en Afrique subsaharienne, et a plaidé en faveur de l’amélioration d’un renforcement de  l’aide publique au développement (APD), ainsi que pour une plus grande ouverture des marchés des pays du Nord aux produits des pays en développement.  La Gambie a réalisé des progrès dans la réalisation des OMD, a indiqué M. Jammeh, en relevant que son pays faisait actuellement partie des rares nations en mesure d’atteindre les objectifs de réduction de la malnutrition et de la mortalité infantiles d’ici à 2015, ainsi que de ceux concernant la mortalité maternelle, l’accès à l’eau potable, la lutte contre le VIH/sida, et celle contre le paludisme.  Le Président de la Gambie a cependant remarqué que malgré ces progrès, son pays manquait des ressources dont il a besoin pour financer son développement agricole et consacrait toujours une partie importante (40%) de son budget au remboursement de la dette extérieure.  Estimant que la paix et la sécurité sont une condition sine qua non de la réalisation des OMD, il a exhorté la communauté internationale à augmenter ses investissements en Afrique, à adopter des politiques commerciales moins protectionnistes à son égard, et à accroître l’APD qui lui est accordée.


M. AMADOU TOUMANI TOURÉ, Président du Mali, a déclaré que cinq ans après le Sommet du Millénaire, des progrès importants avaient certes été réalisés, mais que certains pays, dont ceux d’Afrique, avaient encore une grande partie de leurs populations vivant dans l’extrême pauvreté.  Au Mali, a-t-il ajouté, des progrès ont été réalisés en matière d’égalité des sexes et de promotion de la femme, de taux de scolarisation brute qui a atteint plus de 65%, celui des filles étant supérieur à 50%, d’accessibilité à l’eau potable, de réduction de l’extrême pauvreté, mais à un faible rythme, et de sécurité alimentaire.  Malgré ces motifs d’espoirs, le Mali est conscient des efforts à fournir pour changer considérablement les conditions de vie des populations les plus vulnérables.


En outre, le Président malien a affirmé que l’aide publique au développement paraissait plus que jamais indispensable pour la réalisation d’infrastructures éducatives, sanitaires et sociales.  L’Afrique a besoin de ressources nouvelles, a-t-il dit.  Le continent a  aussi besoin d’un dialogue permanent avec ses partenaires pour réactualiser, en fonction des exigences de son développement, l’affectation desdites ressources, a conclu le Président. 


M. LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA, Président du Brésil, a déclaré que les Objectifs du Millénaire pour le développement étaient la manifestation d’un niveau de sensibilisation de l’opinion publique et des gouvernements du monde en faveur d’une meilleure redistribution des ressources, des richesses, dans le cadre de relations plus créatives, plus novatrices entre les êtres humains d’une part et entre ces derniers et la nature de l’autre.  La réalisation de ces objectifs ambitieux exige des mesures courageuses et immédiates, notamment une nette augmentation des ressources dégagées pour lutter contre la pauvreté et l’amélioration des possibilités de développement pour les pays pauvres.  Au Brésil, nous sommes motivés par un enthousiasme et une motivation politique et nous avons développé des stratégies intégrant la promotion des OMD, que ce soit dans le domaine de la lutte contre la faim, l’insertion sociale, ou la protection de l’environnement. 


D’ici à la fin de mon mandat, a poursuivi le Président, je m’engage à faire en sorte que chaque enfant mange à sa faim, a-t-il dit, avant de faire état des nombreuses réalisations de son gouvernement en matière de création d’emplois, de promotion du milieu rural, de lutte contre la ségrégation raciale, ou encore contre la discrimination des femmes en milieu rural.  Dans le domaine environnemental, il importe de souligner la diminution du taux de déforestation de l’Amazonie, a-t-il dit, avant de faire valoir que son pays avait accru sa productivité et avait un taux de croissance économique satisfaisant.  Abordant la question de la réforme des Nations Unies, Lula da Silva a mis en garde contre le fait que sans réforme du Conseil de sécurité, l’Organisation ne parviendrait pas à atteindre la réalisation de son ambitieux programme de changement.


M. JAMES MICHEL, Président des Seychelles, offrant ses condoléances aux États-Unis à la suite du passage de l’ouragan Katrina, a affirmé que ces tragédies soulignaient l’importance d’une réponse collective.  Pour les pays avec des moyens de secours limités, il faut coordonner les efforts au sein des Nations Unies, a-t-il précisé.  Il a par ailleurs rendu hommage à l’Organisation, à l’occasion de son soixantième anniversaire, tout en plaidant pour qu’elle soit plus forte, plus efficace et axée sur les résultats. 


Rappelant les conclusions de la Réunion internationale de Maurice sur les petits États insulaires en développement, en janvier dernier, il a exhorté les pays développés à ne pas oublier les pays à revenu moyen.  Ce manque d’intérêt est par nature injuste, a-t-il poursuivi, particulièrement lorsque ces pays doivent recourir à de lourds prêts afin de préserver les acquis de leur développement social.  De plus, M. Michel a fait remarquer que le statut de pays à revenu moyen de plusieurs États insulaires en développement masquait l’étendue de leur vulnérabilité.  S’inquiétant de la perte de préférences commerciales de certains de ces pays, il a appelé les pays développés à reconsidérer cette question lors de la prochaine réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong Kong.  Par ailleurs, il a estimé que la résolution sur le renforcement de l’Assemblée générale venait en temps opportun.  Toutefois, il a demandé que la réforme de l’ONU ne détourne pas l’attention d’autres questions urgentes, en particulier la mise en œuvre des OMD.  Enfin, il a apporté son appui à la Déclaration du Sommet et recommandé sa mise en application rapide.  


M. PIERRE NKURUNZIZA, Président du Burundi, a affirmé que la guerre qui a frappé son pays pendant plus de dix ans ne lui avait pas permis de réaliser tous les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Toutefois, le Burundi espère atteindre la plupart des OMD d’ici 2015, a-t-il souligné, indiquant que le peuple burundais venait de démontrer sa ferme volonté de tourner définitivement la page de la guerre et de s’engager dans la voie de la reconstruction et du développement.  Le Burundi se réjouit de bénéficier d’un allègement de la dette dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), mais, au regard de sa situation, il plaide pour une annulation totale de cette dette, a-t-il ajouté. 


Le Président burundais a ensuite fait état des progrès accomplis par son pays dans les domaines de l’enseignement primaire et de l’égalité des genres.  Beaucoup reste cependant à faire en matière de santé, en particulier dans la lutte contre le VIH/sida, a-t-il dit.  Il s’est ensuite félicité du fait que la paix règne désormais sur presque toute l’étendue du territoire national.  M. Nkurunziza s’est par ailleurs félicité des efforts consentis au niveau régional en vue de faciliter le retour à la paix, à la stabilité et à la promotion du développement durable dans la région des Grands Lacs.  Il a souligné la nécessité de briser le cycle vicieux des conflits et de la pauvreté.  Le Président burundais a ensuite lancé un appel pressant à la communauté internationale afin que le niveau et la qualité de ses engagements concernant la période post-conflit s’adaptent aux nouvelles attentes et aux changements politiques intervenus dans la région.


M. HU JINTAO, Président de la République populaire de Chine, a souligné le rôle important des Nations Unies au cours des 60 dernières années en matière de promotion de la paix, de règlement des conflits, et de développement humain.  Toutefois, il a estimé que ces progrès avaient été possibles grâce à la logique du multilatéralisme, encourageant à ce titre l’établissement d’un mécanisme efficace de sécurité collective au cœur duquel se trouveraient les Nations Unies, mécanisme qui se pencherait entre autres sur la lutte contre le terrorisme.  La deuxième mission des Nations Unies doit être la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le développement par la mobilisation de ressources pour le développement et l’éradication de la pauvreté, notamment par une ouverture des marchés internationaux et un véritable dialogue sur les questions commerciales et énergétiques.  Par ailleurs, M. Jintao a défendu le droit de chaque pays de choisir son propre système social et sa propre voie de développement en fonction de la diversité des civilisations, de leurs spécificités, et ce afin de conjuguer les efforts pour édifier un monde harmonieux.  Il a également souhaité que soit engagée une réforme au sein des Nations Unies afin qu’elle puisse faire face aux nouveaux défis, le Président chinois plaidant pour une réforme multidimensionnelle qui, dans le cas du Conseil de sécurité, favorise une plus grande représentation des pays en développement, et des pays africains en particulier.


M. CESARE ANTONIO GASPERONI, Capitaine Régent, au nom des Capitaines régents de Saint-Marin, a rappelé que les défis auxquels le monde faisait face ne pouvaient être résolus par chaque pays individuellement.  La coopération entre les gouvernements, les organisations internationales et les ONG est donc essentielle.  Saint-Marin a toujours soutenu le multilatéralisme, car aucun évènement n’est désormais contenu à l’intérieur de frontières.  Nous sommes tous des victimes potentielles des fléaux qui affligent l’humanité, a-t-il affirmé, et la coopération internationale représente le seul instrument à même de défaire les dynamiques de destruction.  Les Nations Unies représentent la meilleure expression du multilatéralisme dont le monde a besoin, a-t-il poursuivi.  La mondialisation est positive tant qu’elle consiste en un partage des technologies, des ressources et du développement, car elle garantit alors une croissance économique équitable, notamment pour les pays pauvres.  Saint-Marin soutient donc la mise en place de mécanismes permettant à tous de bénéficier de la mondialisation, et invite les pays développés à soutenir les pays en développement tant que l’objectif d’égalité n’aura pas été atteint.  Il a précisé que Saint-Marin, micro-État, intensifiait son assistance humanitaire dans la mesure de ses possibilités.


M. Gasperoni a ensuite déploré qu’à l’aube du troisième millénaire, des centaines de millions de personnes continuent à souffrir de la faim.  L’extrême pauvreté a été réduite en Asie mais elle s’est aggravée en Afrique, notamment sub-saharienne.  Il a alors évoqué les communautés affligées par le VIH/sida, la mortalité infantile et la non-scolarisation des enfants.  La communauté internationale doit s’engager davantage pour assurer à tous les peuples le respect des droits fondamentaux et la dignité, qui constituent les bases essentielles à la construction de la paix, a-t-il conclu.


M. PEDRO VERONA RODRIGUES PIRES, Président du Cap-Vert, a tout d'abord rappelé l'importance que revêtaient les Nations Unies aux yeux des pays anciennement colonisés, en ce que son existence a favorisé leur accession à l'indépendance.  Rappelant les défis nouveaux auxquels l'ONU est aujourd'hui confrontée, il a souligné que l'accroissement des inégalités entre pays riches et pays pauvres était dû en particulier à des politiques commerciales injustes, qui, selon le XVe Rapport mondial sur le développement humain, « continuent d'empêcher des millions d'habitants dans les pays les plus pauvres du monde de sortir de la pauvreté, maintenant des inégalités obscènes ».  Il a également souligné les conséquences dramatiques, en particulier pour les pays en voie de développement, de la pandémie du VIH/sida.  S'agissant des catastrophes naturelles auxquelles plusieurs pays ont été confrontés dernièrement, le Président du Cap-Vert a noté la nécessité pour tous les États de se plier aux compromis inscrits dans les différentes conventions internationales de protection de l'environnement.  Le terrorisme international, sans visage, constitue également l'une des menaces nouvelles du XXIe siècle, et sa rentabilisation requiert une stratégie globale et articulée.  À ce propos, M. Pires a cité le rapport du Groupe des Personnalités de haut niveau, aux termes duquel « nous sommes tous responsables de la sécurité des uns et des autres@.


M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a dit que depuis deux ans son pays avait fait des progrès importants pour promouvoir la démocratie et réduire la pauvreté.  Des progrès ont également été accomplis dans la réalisation de presque tous les Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il indiqué.  La situation en Géorgie n’est cependant pas idéale, a-t-il concédé.  Le Président géorgien a ensuite évoqué le conflit en Abkhazie, où, a-t-il dit, des centaines de milliers de personnes ont été expulsées ou ont été victimes d’épuration ethnique.  Sous le regard du monde et des Nations Unies, les maisons qu’occupaient les expulsés sont en train d’être vendues, a-t-il fait remarquer.  Il a également jugé choquant le fait que les responsables d’un pays proche achètent ces maisons. 


M. Saakashvili a ensuite déclaré que son gouvernement demeurait engagé en faveur d’une résolution pacifique du conflit abkhaze et souhaitait que l’intégrité nationale soit restaurée.  Nous voulons un pays démocratique, libre et ouvert pour tous, a-t-il assuré.  Il s’est en outre dit fier que la Géorgie soit un pays qui accueille toutes les minorités.  Le Président géorgien a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité et pour le renforcement de la Commission des droits de l’homme. 


M. LUDWIG SCOTTI, Président de Nauru, a félicité chaque État Membre ainsi que le Secrétariat pour les nombreux progrès qui ont été réalisés à ce jour en matière de défense des quatre piliers de l’Organisation des Nations Unies, à savoir: la paix, la sécurité, le développement et les droits de l’homme.  Il a néanmoins rappelé que le contentement de soi n’est pas de mise et que la vigilance et des efforts soutenus sont nécessaires afin d’assurer la sécurité collective et le bien-être des peuples, étant donné la nature croissante et complexe des défis à relever.  Tout en reconnaissant les progrès accomplis dans certains domaines, il a noté que Nauru continue d’être confronté à un environnement politique, social et économique difficile, dont l’origine remonte à des années caractérisées par une direction défaillante et une mauvaise gestion des affaires publiques.  Bien que son Gouvernement se soit engagé à promouvoir le développement durable et ait entrepris de renforcer la bonne gouvernance, de combattre la corruption, et de mettre en place une législation qui maintienne la primauté du droit et assure la transparence, il a affirmé que l’économie de Nauru a besoin d’être relancée et stabilisée.  C’est pourquoi, il appelé à la mise en œuvre rapide de la Stratégie de Maurice, qui se propose d’évaluer et de remédier à la vulnérabilité des petits États insulaires en développement.


Le Président a exhorté les partenaires pour le développement et les institutions financières internationales à prendre toute la mesure des besoins des pays en développement, et a demandé que les pays développés consacrent 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement, conformément au Consensus de Monterrey de 2002.  Cette aide permettrait aux pays en développement d’atteindre une autonomisation progressive et améliorerait le niveau de vie de leurs habitants.  Il a ensuite insisté sur la protection et la promotion des droits de l’homme, ainsi que sur celles de la primauté du droit et de la démocratie.  Il a évoqué la nécessité de résoudre le problème de Taiwan, afin d’assurer la paix et la sécurité dans la région du bassin Pacifique.  M. Scotti a rappelé que les menaces à la sécurité et à la paix internationales imposent un renforcement de l’Organisation des Nations Unies, auquel doivent s’ajouter la création d’un conseil des droits de l’homme, ainsi que le soutien de l’élargissement du Conseil de sécurité, afin de permettre l’inclusion –à titre de membres permanents– de l’Allemagne, de l’Inde, du Japon et du Brésil.  Il s’est félicité du train de mesures adoptées pour accroître l’efficacité du système des Nations Unies.  Enfin, il a appelé les dirigeants du monde à redéfinir leurs engagements passés et à s’assurer de leur mise en œuvre, en abandonnant les faux espoirs et les promesses sans suite.


M. DENIS SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, tout en admettant que certains progrès ont été réalisés en matière de lutte contre l’extrême pauvreté depuis le Sommet du Millénaire de 2000 et la Conférence sur le financement du développement de 2002, a estimé que des efforts supplémentaires devraient être consentis afin de mobiliser des ressources propices à la réalisation des OMD.  Le Président a exprimé sa reconnaissance à l’Union européenne et au G-8 pour leurs décisions respectives de porter la part de leur PNB consacré à l’aide publique au développement à 0,7% d’ici à 2015, et d’annuler la dette de 18 pays pauvres très endettés.  Il a salué également les propositions faites par les Présidents Chirac et Lula da Silva, ainsi que par le Premier Ministre Blair, notamment concernant la levée de fonds par l’instauration d’une surtaxe sur les billets d’avion. 


Le Président du Congo a jugé que les efforts de la communauté internationale devaient être coordonnés et intégrés pour être plus efficaces, ce, avant de se pencher sur les questions d’environnement et de développement et d’assurer que son pays continuerait d’appliquer l’Agenda 21 et le Programme d’action de Johannesburg sur le développement durable.  S’agissant de la région des Grands Lacs, il a estimé qu’elle avait montré sa détermination à œuvrer pour la prévention et le règlement pacifique des conflits, et a souhaité que la communauté internationale accorde une attention particulière à cette région en la déclarant « zone spécifique de développement et de reconstruction. »


M. NAMBAR ENKHBAYAR, Président de la Mongolie, a déclaré que le Parlement de la Mongolie avait adopté en avril 2005 une résolution endossant les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Un neuvième objectif a été ajouté, relatif au renforcement des droits de l'homme et de la gouvernance démocratique.  S'agissant de l'aide publique au développement, il a regretté que la cible de 0,7% du PNB ait été atteinte par un nombre réduit d'États.  Il s'est associé à la recommandation formulée par le Secrétaire général, aux termes de laquelle, à partir de 2005, les pays en voie de développement qui mettraient en avant des stratégies nationales claires, transparentes et responsables devraient bénéficier d'une aide nettement accrue et rapidement disponible pour les aider à atteindre les OMD.  Des sources de financement innovantes sont également nécessaires, notamment les Facilités de financement internationales et l'annulation de la dette en échange de projets permettant de mettre en œuvre les OMD.  Le Président de la Mongolie a enfin souligné que la réforme des Nations Unies devait être menée en parallèle pour assurer le succès de ces objectifs.


M. THABO MBEKI, Président de l’Afrique du Sud, a invité les participants à s’interroger, cinq années après la Déclaration du Millénaire, sur les progrès réalisés et sur les raisons pour lesquelles les progrès escomptés n’ont pas été au rendez-vous.  L’examen lucide nous impose de constater que le programme de réforme ne pourra être mis en œuvre conformément aux attentes de départ, notamment pour les questions telles que la réforme du Conseil de sécurité qui ont été différées, a-t-il constaté.  De même, s’agissant de la mobilisation des ressources en faveur du développement, les progrès ne sont pas non plus au rendez-vous, a-t-il déploré, alors même que le développement est un des piliers de la sécurité et de la paix internationales.  Le Président sud-africain a jugé que la raison pour laquelle les progrès en matière de réforme n’étaient pas atteints relevait en premier lieu du fait qu’il n y avait pas de consensus entre États Membres, notamment sur le lien entre sécurité et développement, que les pays développés n’appréhendent pas de la même manière.  Ne nous étonnons pas si les six milliards d’être humains nous regardent en ayant le sentiment qu’une fois de plus, nous n’avons pas pu parvenir à des avancées concrètes, a lancé Thabo Mbeki. 


M. MANMOHAN SINGH, Premier Ministre de l’Inde, a déclaré que la communauté internationale devait entreprendre de plus grands efforts pour mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Un échec dans ce domaine rendrait sa tâche plus difficile dans l’avenir et beaucoup plus coûteuse, a-t-il estimé.  Le Premier Ministre indien s’est félicité de l’accord obtenu sur le document final du Sommet.  Ce document constitue, a-t-il dit, une feuille de route pour le travail de réorientation de l’Organisation visant à relever les défis d’aujourd’hui.  L’Inde sera un partenaire enthousiaste et de bonne volonté dans ce processus, a-t-il ajouté. 


M. Singh a mis l’accent sur la nécessité urgente d’une réforme complète des Nations Unies.  La gestion de l’interdépendance mondiale exige des institutions internationales fortes et un système multilatéral fondé sur le droit, a-t-il précisé.  La réforme des Nations Unies doit être donc être basée sur ce principe, et doit inclure l’élargissement du Conseil de sécurité, et ce, dans les catégories des membres permanents et non permanents, a-t-il dit.  Les Nations Unies souffrent malheureusement d’un déficit démocratique, a-t-il poursuivi, leur structure et leur processus de décision reflétant le monde tel qu’il était en 1945 et non tel que nous le vivons en 2005.  Le Premier Ministre indien a ensuite noté que la communauté internationale devait redoubler d’efforts dans la lutte contre la prolifération nucléaire et pour promouvoir le désarmement nucléaire mondial.  Évoquant la lutte contre le terrorisme, il a souligné la nécessité de ne jamais céder ou faire de concessions à ce phénomène, que ce soit au Jammu-et-Cachemire ou ailleurs. 


M. MELES ZENAWI, Premier Ministre de l’Éthiopie, a souligné que les objectifs du Millénaire pour le développement étaient réalistes et pouvaient être atteints dans la mesure où des stratégies de lutte contre la pauvreté et de réalisation d’un développement durable seraient adoptées et mises en œuvre.  Avec des ressources domestiques adéquates et des appuis financiers internationaux effectifs, conformément aux engagements pris à Monterrey, des pays comme l’Éthiopie pourraient parvenir à réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015.  L’aide au développement, l’agenda du développement de Doha sur le commerce mondial, de même que l’allègement de la dette sont autant de leviers qui peuvent contribuer à aider les pays en développement à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il dit, regrettant que le document final du Sommet 2005 ne soit pas assez orienté vers l’action, jugeant que le temps des intentions est dépassé.


M. DENZIL LEWELLYN DOUGLAS, Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, rappelant les Objectifs du Millénaire pour le développement, s’est interrogé sur les résultats obtenus en cinq ans.  J’entends, a-t-il dit, un chœur se lamentant que les Nations Unies ignorent les voix angoissées des pauvres, des marginaux, des malades et des mourants, qui tristement ne paraissent pas obtenir les chances qu’ils méritent.  J’entends de vieilles excuses remises au goût du jour, qui n’ont qu’un seul but: défaire le consensus qui a mis en mouvement l’action en faveur des Objectifs du Millénaire.  Réaffirmant qu’ayant atteint 60 ans, les Nations Unies devaient changer, le Docteur Douglas a rappelé que son pays a demandé maintes fois à l’Organisation de s’impliquer plus avant pour promouvoir le développement, d’être plus attentive et sensible aux besoins du plus grand nombre, plutôt que de devenir surtout l’instrument de quelques-uns.  Les Nations Unies doivent changer pour le meilleur, en tenant compte des réalités de notre temps, a estimé le Premier Ministre.  Mais si l’on se contente de transformer légèrement le système actuel, cela ne renforcera pas ni le rôle ni la crédibilité des Nations Unies.  Cela risque au contraire d’affaiblir l’Organisation.  Il faut sortir du train-train à l’Assemblée générale, à la Commission des droits de l’homme et au Conseil économique et social.  En dépit de la petite taille du pays, des progrès croissants ont été faits dans le sens des Objectifs du Millénaire.  L’éducation est obligatoire et gratuite dans le primaire et le secondaire, par exemple.  Le droit au développement est une question de morale et une question d’humanité, et c’est également un devoir politique, a souligné le chef de gouvernement.


Concernant le VIH/sida, Saint-Kitts-et-Nevis et les pays de la CARICOM ont formé un partenariat pour les Caraïbes.  Ils ont développé ensemble et mis en œuvre une stratégie régionale contre le virus, pour réduire l’ostracisme et les discriminations à l’encontre des malades, apporter des soins et proposer des médicaments à prix réduits.  Cette action a été citée en exemple par les Nations Unies, et elle vient de recevoir l’appui de la province chinoise de Taiwan.  Par ailleurs, Saint-Kitts-et-Nevis diversifie son économie et abandonne la production de la canne à sucre.  Le Premier Ministre a noté que pour faire face aux défis d’un monde en transformation, les pays pauvres paraissent devoir jouer avec des règles différentes que les autres.  La Fédération de Saint-Kitts-et-Nevis a besoin d’aide, sur certains points.  Le Premier Ministre a souhaité que la réforme des Nations Unies prévoie des moyens d’aider les États au bord de la faillite.  Là où l’état dramatique de l’économie, les inégalités sociales et l’incertitude politique défont les États, que fait l’Organisation? a demandé le Premier Ministre.


M. SAMDECH HUN SEN, Premier Ministre du Cambodge, a déclaré que le Cambodge était parvenu à mettre en place les conditions de la démocratie, de l'ordre public et de l'État de droit, s'éloignant ainsi des heures dramatiques qu'il a connu dans son histoire récente.  Le Premier ministre a cependant tenu à rappeler qu'en matière d'objectifs de développement, un partenariat fort et équitable devait s'établir entre pays riches et pays pauvres.  Il convient en particulier d'éviter que l'aide au développement et les institutions en charge de la distribuer ne contredisent l'esprit de la Déclaration de Paris et de celle de Rome, aux termes desquelles les pays bénéficiaires doivent avoir la pleine maîtrise du processus et des priorités fixées en matière d'avancées socioéconomiques.  Il s'agit ainsi de mettre fin aux sous-entendus idéologiques et aux pressions qui s'exercent contre les pays aidés.  En outre, les fonds alloués bénéficient, non pas à ceux qui en ont besoin sur le terrain, mais aux intérêts des pays donateurs et à leurs consultants.  Tout en se félicitant de la décision du G-8 d'annuler la dette de 18 pays pauvres, le Premier ministre a considéré qu'il s'agit là moins d'une solution au problème de la pauvreté qu'une mesure de sauvetage.  Le développement nécessite en effet davantage de transferts nets de ressources sous la forme d'investissements plus importants ou de subventions.  Les modalités de celles-ci devraient également être plus souples afin de permettre aux pays bénéficiaires de contracter des emprunts visant à financer des projets qui soient utiles pour leur économie nationale, qui génèrent des revenus élevés mais qui n'affectent pas pour autant leur capacité de remboursement, ni leur développement macroéconomique.


M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre, Ministre des affaires étrangères et Ministre du commerce pour les finances de Samoa, a tout d’abord tenu à préciser que la Déclaration du Millénaire ne définissait pas des objectifs visionnaires mais bel et bien des besoins humains de base.  Dès lors, en vue d’honorer cette déclaration, M. Malielegaoi a souligné que la contribution de chacun des pays signataires s’avérait indispensable.  Si le Premier Ministre de Samoa a ensuite indiqué qu’il pensait que son pays réaliserait la plupart des OMD avant la date butoir de 2015, il a toutefois précisé qu’il aurait besoin du soutien de ses partenaires de développement, comme le préconisent la Stratégie de Maurice et le Programme d’action de Bruxelles.  Après avoir évoqué les récentes catastrophes naturelles et les problèmes liés aux changements climatiques, M. Malielegaoi a exhorté les pays les plus pollueurs contribuant à ce phénomène à changer d’attitude.  S’agissant de la réforme du Conseil de sécurité, Samoa soutient un élargissement plus représentatif des réalités géopolitiques contemporaines ainsi qu’une recherche accrue de transparence.  Quant à l’Assemblée générale, M. Malielegaoi a affirmé qu’elle devait gagner en crédibilité.  Il a en outre déclaré que son pays soutenait la création d’un conseil des droits de l’homme et d’une commission de maintien de la paix.  Enfin, en tant que membre du Forum des îles du Pacifique, Samoa supporte une coopération renforcée entre les Nations Unies et les organisations régionales.  Pour conclure son intervention, après avoir salué l’action de la Cour pénale internationale, le Premier Ministre de Samoa a souhaité le renforcement de la coopération internationale au sein des Nations unies.


M. NAVINCHANDRA RAMGOOLAM, Premier Ministre de Maurice, s’est félicité que les États Membres des Nations Unies soient arrivés après de longues négociations à un large consensus non seulement en ce qui concerne l’évaluation de l’application de la Déclaration du Millénaire et autres documents issus des grandes conférences mais aussi sur un vaste et ambitieux programme de réformes de l’Organisation.  Maurice soutient pleinement le projet de document final soumis au Sommet.  Selon le Ministre, ce texte établit les bases pour créer un environnement favorable au développement économique et social des pays en développement, notamment grâce à une augmentation de l’aide publique au développement et à une amélioration qualitative de l’utilisation de ces fonds.  Dans ce contexte, il a accueilli avec satisfaction Les initiatives du G-8 visant à ce que l’Afrique reçoive des ressources additionnelles de même que sa proposition d’annuler la dette des pays les plus pauvres.  Toutefois, il a réaffirmé sa conviction que « beaucoup plus devra être fait » pour soutenir le développement, notamment dans les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et insulaires.  À ses yeux, le développement passe par une meilleure intégration au sein du système économique mondial.  Il a insisté sur la promotion du commerce en tant que moteur de la croissance et du développement.  Notant l’érosion progressive des accords préférentiels avec les anciennes puissances coloniales, il s’est inquiété des conséquences de la concurrence mondiale sur l’économie des petits états insulaires.


Le Premier Ministre a également demandé de travailler dès aujourd’hui à la réduction des gaz à effet de serre, au-delà de l’expiration du Protocole de Kyoto en 2012, affirmant que « malheureusement, ce sont les pays qui sont le moins responsables des émissions de ces gaz qui en souffrent le plus ».  Il a invité à réfléchir à la création d’un fonds spécialement dédié à la prévention des catastrophes naturelles.  Il a enfin considéré comme impératives l’attribution à l’Inde d’un siège de membre permanent aux Nations Unies ainsi qu’une plus juste place donnée à l’Afrique.  Il a rappelé que les Nations Unies représentent « le plus haut niveau de multilatéralisme » et qu’il leur fallait aller, comme ses États Membres, vers plus d’efficacité et de transparence.


M. PAKALITHA BETHUEL MOSISILI, Premier Ministre et Ministre de la défense du Lesotho, a constaté que le fléau du VIH/sida et sa propagation constituaient une menace sans précédent au développement international.  Indiquant que cette pandémie détruisait la vie de millions de personnes, particulièrement en Afrique, il a souhaité que cette Réunion donne au problème la même attention qu’à la sécurité mondiale.  De plus, il a plaidé pour que la communauté internationale adopte rapidement une réponse globale pour faire face au VIH/sida, à la malaria et aux autres maladies.  Celle-ci doit inclure la fourniture immédiate de traitements anti-rétroviraux ainsi que de ressources financières et techniques, a-t-il précisé.  Il a également demandé que la communauté internationale s’engage à offrir des traitements abordables et accessibles ainsi qu’un financement pour le Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. 


Par ailleurs, M. Mosisili a regretté que la lutte contre la pauvreté extrême n’ait pas porté ses fruits dans de nombreux pays, particulièrement en Afrique sub-saharienne.  Il a rappelé que 50% de la population du Lesotho vivaient en dessous du seuil de pauvreté et que les dures conditions climatiques des trois dernières années avaient généré une crise alimentaire venant s’ajouter à la dévastation causée par le VIH/sida. Il a donc déploré que le Programme alimentaire mondial (PAM) ait suspendu ses distributions alimentaires dans le pays.  Il a appelé les pays développés à respecter les engagements pris lors des conférences internationales, à protéger les plus vulnérables et à porter attention aux besoins spécifiques de l’Afrique.  Face à la combinaison de défis auxquels font face les pays les moins avancés comme le Lesotho, il est urgent pour ceux-ci d’obtenir des ressources supplémentaires pour atteindre les OMD, a-t-il conclu.


M. RECEP TAYYIP ERDOGAN, Premier Ministre de la Turquie, a affirmé que des expériences amères nous avaient enseigné que le terrorisme était l’ennemi commun de l’humanité.  La communauté internationale doit se pencher avec sérieux sur les moyens d’aider ceux qui vivent dans la pauvreté, qui ne jouissent pas d’un partage suffisant des profits de la mondialisation, qui ne bénéficient pas de la liberté et de la démocratie et ceux qui sont prisonniers des conflits et de la destruction, a-t-il ajouté.  C’est une erreur de continuer à présenter des traditions et des cultures différentes comme sources de conflits, et ce, malgré les nombreuses expériences et les conflits ruineux qui ont coûté la vie à des millions de gens.  Il a précisé que c’était dans cet état d’esprit qu’il avait lancé avec son homologue espagnol M. Zapatero l’initiative « Alliance des civilisations ».


M. Erdogan a souhaité sincèrement que les engagements contenus dans le document final du Sommet et les réformes structurelles indispensables soient mis en œuvre avant la fin de la 60ème session de l’Assemblée générale.  Il a souligné que la candidature de la Turquie pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité pour le mandat 2009-2010 est destinée principalement à apporter sa contribution à la paix mondiale.


M. JIŘI PAROUBEK, Premier Ministre de la République tchèque, a rappelé que depuis la Déclaration du Millénaire, les attentats survenus en septembre 2001 avaient fait passer la lutte contre le terrorisme au premier rang des priorités internationales.  Tout en reconnaissant que la sécurité revêt une importance majeure, le Premier Ministre tchèque a jugé indispensable d’inverser les tendances, au nom d’un devoir moral, pour faire en sorte que les disparités de développement dans le monde et l’extrême pauvreté des populations de nombreux pays du Sud disparaissent.  La République tchèque, qui est, proportionnellement à son PNB, l’un des dix premiers contributeurs à l’aide au développement dispensée par l’Union européenne, est d’autant plus sensible au redressement économique des pays en développement qu’elle a elle-même bénéficié des aides internationales lors de sa transition vers une économie de marché après des décennies de centralisme et de communisme.  C’est aux États Membres des Nations Unies de faire preuve de volonté politique pour engager une réforme de fond, a estimé le Premier Ministre tchèque, en jugeant qu’en dépit des divergences constatées ces derniers jours, la communauté internationale était sur la bonne voie pour s’engager dans une telle réforme.


M. ANDERS FOGH RASMUSSEN, Premier Ministre du Danemark, a déclaré que l'éradication de la pauvreté en Afrique ne constituait pas un objectif impossible à atteindre, mais nécessitait les efforts combinés des gouvernements africains, des pays nantis et des Nations Unies.  L'aide doit aller, selon lui, en priorité à la lutte contre le VIH/sida.  Le développement économique de l'Afrique passe ensuite par la mise en place de conditions pour un commerce libre et équitable.  Dans ce but, chacun devra donc s'efforcer d'arriver à un accord satisfaisant lors du Cycle de négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong Kong en décembre 2005.  La paix constitue également une clef essentielle de l'avenir de l'Afrique.  Les Nations Unies ne pouvant pas l'imposer, les gouvernements africains eux-mêmes doivent s'efforcer de prévenir les conflits qui les menacent et de gérer les crises qu'ils traversent.  L'ONU doit cependant les aider à maintenir les conditions d'une paix fragile.  La création de la commission de consolidation de la paix est, à cet égard, particulièrement nécessaire.  L'aide au développement constituant en outre l'une des conditions majeures de l'éradication de la pauvreté de l'Afrique, le Danemark, qui est aujourd'hui le deuxième plus grand contributeur par habitant sur le continent, a appelé tous les donateurs à accroître leurs contributions.  Enfin, l'Afrique a besoin, selon le Premier Ministre danois, d'une meilleure gouvernance, ce qui nécessite de la part des gouvernements africains de lutter plus fermement contre la corruption, d'assurer les droits politiques et économiques, d'investir dans l'éducation et le système sanitaire et de promouvoir les droits des femmes.  Les Nations Unies, quant à elles, doivent mieux assumer leur rôle de gardien de l'application des droits de l'homme.  Ceci passe en particulier par la création d'un conseil des droits de l'homme, doté de pouvoirs réels et dont les membres respecteraient les principes des droits de l'homme.


Rappelant l’adoption de la Déclaration du Millénaire cinq ans auparavant, M. PERCIVAL JAMES PATTERSON, Premier Ministre de la Jamaïque, a annoncé que les résultats actuels se révélaient éloignés des attentes de départ.  Il a alors indiqué que les trois priorités pour la réussite de cette Déclaration étaient le renforcement du partenariat global via l’utilisation d’un flux de ressources prévisibles; l’élimination des inégalités grâce à des politiques d’ajustements adaptées et la réforme de la gouvernance économique mondiale.  À cet égard, M. Patterson a précisé que cette réforme devait être entreprise par l’ensemble des institutions, notamment celles de Bretton Woods qui devaient également être transformées.


En outre, M. Patterson a souligné que le résultat d’une telle réforme ne devait pas aboutir à une instrumentalisation des Nations Unies par les détenteurs du pouvoir mondial.  Il a ainsi rappelé que tous les pays membres devraient pouvoir bénéficier de la représentativité accrue du Conseil de Sécurité et du renforcement de l’ECOSOC.  De plus, la politisation et les approches concurrentielles qui ont discrédité la Commission des droits de l’homme devraient cesser après la réforme selon M. Patterson.  Insistant ensuite sur l’importance du désarmement et du contrôle des armes, le Premier Ministre de la Jamaïque a finalement rappelé que la plus importante réforme demeurait celle des actes, choix et politiques de chacun des États Membres.  Cela requiert la renonciation aux actes inéquitables et discriminatoires, aux politiques d’intolérance et de domination et la promotion de la coopération, du respect mutuel et de l’intérêt général.


M. SILVIO BERLUSCONI, Premier Ministre de l’Italie, a estimé qu’il était de la responsabilité des pays les plus développés de fournir soutien et ressources à la croissance économique et sociale, et qu’il était de la responsabilité des pays en développement de créer les conditions pour permettre à leurs citoyens de bénéficier de ces ressources.  Selon lui, les discussions sur la pauvreté et le développement ne peuvent ignorer le problème de la dette.  Il a précisé que son pays était en première ligne en matière d’allègement de la dette, avait déjà annulé la dette de plusieurs des pays les plus pauvres et s’était engagé à son élimination totale.


Le Premier Ministre italien a également déclaré que la libéralisation du commerce international et de l’accès au marché constituait un autre front essentiel.  L’Italie, a-t-il dit, appuie les efforts pour faire aboutir les négociations menées dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Nous ne pouvons pas continuer à laisser des populations entières en marge de la mondialisation, a-t-il affirmé.  M. Berlusconi a par ailleurs souligné la nécessité d’éviter les divisions sur la question de la réforme du Conseil de sécurité, rappelant qu’avec d’autres pays appartenant au mouvement « Unis pour le consensus », l’Italie avait soumis une proposition souple en faveur du seul élargissement du nombre des sièges non permanents.  Seule une réforme recueillant le consensus le plus large possible permettra au Conseil de sécurité d’être plus fort, plus transparent, plus fidèle aux principes de la Charte des Nations Unies, a-t-il assuré.


SHEIKH SABAH AL-AHMAD AL-JABER AL-SABAH, Premier Ministre du Koweït, a exprimé le souhait qu'une paix juste, alliant développement économique et social et sécurité, puisse voir le jour en Iraq et qu'une solution juste soit trouvée à la question palestinienne.  Tout en reconnaissant les progrès réalisés pour approcher des 0,7% de PNB dédiés à l'aide publique au développement, le souverain koweitien a appelé les pays développés à honorer leurs engagements en matière d'aide, à réduire de manière substantielle la dette des pays en développement, et à éliminer les barrières douanières qui empêchent les produits des pays pauvres d'atteindre les marchés des pays riches.  À cet égard, l'établissement d'un partenariat global, sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce, devrait créer un système commercial et financier international plus juste, a estimé Sheikh Sabah. 


Notant les progrès accomplis par le Koweït dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, le Premier Ministre a souligné que le Fonds pour le développement économique créé par son pays avait permis d'aider une centaine de pays en développement en leur assurant des financements de l’ordre d’environ 12 milliards de dollars.  Il a en outre fait part d'une avancée significative enregistrée par le Koweït en matière d'égalité entre les hommes et les femmes depuis qu'une loi, votée en mai 2005, donne aux femmes le droit de vote et les rend éligibles aux postes parlementaires. 


M. ARIEL SHARON, Premier Ministre d’Israël, rappelant son passé de combattant et de commandant au cours de plusieurs guerres auxquelles Israël a été confronté, a tendu la main aux Palestiniens afin, a-t-il dit, de privilégier la réconciliation et le compromis et de tourner résolument le dos au conflit sanglant pour s’engager sur le chemin de la paix dans l’intérêt mutuel des deux peuples.  C’est là ma mission première au cours des prochaines années, a affirmé Ariel Sharon, avant d’insister sur l’effort consenti par le peuple juif en faveur de la paix, un peuple qui a occupé la terre d’Israël sans discontinuer pendant des siècles, un peuple pour qui chaque centimètre de cette terre est chargé d’Histoire, une terre qui se confond avec l’identité du peuple juif, en particulier la ville de Jérusalem.  Je vous rappelle cela pour que vous n’oubliiez pas la dimension historique de la terre d’Israël, son lien éternel avec le peuple juif, a insisté M. Sharon, tout en soulignant la porté historique de la concession que vient de faire le peuple d’Israël au profit de la paix avec ses voisins palestiniens.  Nous respectons les Palestiniens, ils seront toujours nos voisins et nous n’avons aucune intention de les dominer, a-t-il dit ensuite, reconnaissant leur droit à disposer d’une terre, d’un État, et de vivre librement.  Cette semaine, a rappelé le Premier Ministre israélien, le dernier soldat israélien a quitté la Bande de Gaza, montrant clairement notre détermination à faire des concessions, fussent-elles douloureuses, en faveur de la paix. 


La décision de retrait n’a pas été facile à prendre, a-t-il poursuivi, et elle a provoqué un débat existentiel dans la société israélienne.  C’est pourquoi, j’estime qu’il est désormais du devoir des Palestiniens de jouer leur part, de prouver leur détermination à consolider la paix, a déclaré M. Sharon, estimant que l’Autorité palestinienne serait jugée sur la base des mesures prises pour éradiquer le terrorisme et ses structures et mettre fin au règne des gangs armés.  Israël a les moyens de se défendre face au terrorisme, a-t-il poursuivi, jugeant indispensable la barrière de sécurité qui a épargné de nombreuses vies humaines depuis le début de sa construction.  Le plan de désengagement entrouvre une fenêtre d’opportunité sans précédent, conformément à la Feuille de route, s’est déclaré convaincu le Premier Ministre d’Israël, mais, a-t-il rappelé, je tiens à insister sur le fait qu’il n’y aura jamais de compromis remettant en question l’État d’Israël.  Nous sommes bien conscients que si, le 29 novembre 1947, l’Assemblée des Nations Unies a reconnu le droit à l’existence d’Israël, certains États Membres de l’ONU ont, depuis, été à l’origine de résolutions injustes contre Israël et l’un de ces États caresse ouvertement le rêve de voir notre pays rayé de la carte et cherche à disposer d’armes de destruction massive.  Les Nations Unies doivent s’élever contre toute tentative d’un État Membre de soutenir le terrorisme international afin de déstabiliser un autre État Membre, a-t-il fait valoir, invitant les Nations Unies à saisir l’occasion du soixantième anniversaire pour adopter une nouvelle approche à l’égard d’Israël.


M. CELLOU DALEIN DIALLO, Premier Ministre de la Guinée, a affirmé que son pays s’est résolument engagé à réaliser les OMD et a élaboré dans ce cadre une stratégie nationale de réduction de la pauvreté en 2002.  Il a ensuite remarqué que sous l’effet conjugué de l’instabilité sous-régionale, des agressions rebelles contre le pays et de la baisse des financements extérieurs, le cadre macroéconomique s’était dégradé et la dynamique de développement essoufflée.  Dès lors, le Premier Ministre a expliqué que la Guinée aurait besoin d’un appui substantiel de la communauté internationale pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.  En outre, le Premier Ministre guinéen a tenu à saluer les initiatives du G-8 concernant l’annulation de la dette des pays les plus pauvres et l’accroissement du volume de l’aide publique au développement.  Soulignant ensuite l’importance de la promotion de la bonne gouvernance par les pays bénéficiaires eux-mêmes, M. Diallo a annoncé que la prévention et le règlement des conflits et la lutte contre le terrorisme devaient s’inscrire au coeur de l’action collective.  Par ailleurs, M. Diallo a déclaré que l’heure était venue pour les pays membres de surmonter leurs divergences afin de revitaliser les différents organes des Nations Unies, à savoir le Secrétariat, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social. 


Il a ensuite réaffirmé l’attachement de son pays au renforcement du rôle et de l’autorité de l’Assemblée générale ainsi qu’au renforcement des mécanismes de promotion et de protection des droits de l’homme et à la création d’une commission de consolidation de la paix.  Soulignant qu’il s’exprimait au nom du Président de la République de Guinée, M. Lansana Conte, M. Diallo a conclu son propos en se concentrant sur la situation critique de l’Afrique.  Il a affirmé que malgré les ravages des différentes pandémies, malgré le poids de la dette, l’espoir apporté par ce nouveau consensus international devait triompher.


M. DOMINIQUE DE VILLEPIN, Premier Ministre de la France, a souligné la nécessité de tirer les leçons de l’expérience de l’Iraq, du Proche-Orient, de la Côte d’Ivoire, de l’Afghanistan, d’Haïti, et de toutes les crises régionales qui déstabilisent le monde.  Là où les divisions ont conduit à l’échec, il faut inventer ensemble de nouvelles voies, a-t-il déclaré.  De la même façon, là où l’unité nous a permis de remporter de premiers succès, il faut persévérer.  De nouveaux principes sont nécessaires, comme la responsabilité de protéger, mais aussi de nouveaux outils, comme la Commission de consolidation de la paix.  Le Premier Ministre a dit en outre la conviction de son pays selon laquelle, si la coopération opérationnelle doit s’intensifier, le respect du droit et l’exemplarité de la démocratie constituent les meilleures armes.  Pour lutter contre la prolifération, restons unis et mettons en place des mécanismes de vérification renforcés, a-t-il affirmé.


M. de Villepin a également mis l’accent sur la nécessité de disposer d’un nouvel instrument de protection et de promotion des droits de l’homme, le Conseil des droits de l’homme.  Il faut, dans l’urgence actuelle, une réforme profonde des institutions des Nations Unies, a-t-il poursuivi.  Celle-ci doit, à ses yeux, être juste et répondre aux exigences du temps: l’unité de la communauté internationale, le respect de la règle de droit, l’affirmation de la responsabilité collective.  Pour être efficace, elle doit assurer une meilleure représentation de la communauté internationale, a-t-il dit.  D’ici la fin de l’année, il faut donc conclure la réforme du Conseil de sécurité, a affirmé le Premier Ministre, précisant que le projet présenté par l’Allemagne, le Brésil, l’Inde et le Japon consacrait les droits de chaque continent, notamment l’Afrique, et renforçait le Conseil.  Il faut également créer l’Organisation des Nations Unies pour l’environnement et mettre en place une véritable gouvernance économique et sociale, a assuré M. de Villepin.  Devant les images d’un monde divisé, brisé, qui trop souvent se succèdent, comment ne pas vouloir bâtir ensemble un monde qui aurait enfin un cœur et des mains à la mesure des attentes des hommes?  Toutes nos paroles seront vaines si elles ne procèdent pas de la fraternité, de la justice et du respect a conclu le Premier Ministre.


M. PETRUS COMPTON, Ministre des affaires extérieures, du commerce international et de l’aviation civile de Sainte-Lucie, a rappelé les engagements pris il y a cinq par les chefs d’État et de Gouvernement.  La communauté internationale s’était alors engagée à créer, aux niveaux national et mondial, un environnement propice au développement et à l’élimination de la pauvreté.  A cet égard, les dirigeants du monde avaient identifié un certain nombre d’objectifs prioritaires, les OMD, qu’ils s’étaient engagés à atteindre à l’horizon 2015.  Après ce bref rappel, M. Compton a noté que plusieurs événements graves, dont les attaques du 11 septembre 2001, la dévastation de la Grenade par l’ouragan Ivan, le tsunami de l’océan Indien du 26 décembre 2004, et les effets récents de l’ouragan Katrina sur les États du golfe du Mexique, ont détourné un certain nombre de ressources humaines et matérielles de la poursuite et de l’achèvement des objectifs fixés.


Après s’être félicité des initiatives positives prises par le G-8 à l’égard de l’Afrique, M. Compton a ensuite déploré le désespoir et le cynisme qui se font jour dans la région des Caraïbes en ce qui concerne l’avenir des petits États insulaires en développement et le rôle joué par les institutions internationales, notamment l’ONU et l’OMC.  Il a souligné la dichotomie qui semble prévaloir au sein de l’Organisation: les déclarations visant à éliminer la faim, la pauvreté et la maladie, d’une part, et le rôle joué par certaines puissances dont les politiques renforcent la marginalisation des petites économies et limitent les opportunités dont pourraient bénéficier les pays les plus démunis.  A cet effet, il a cité le cas de petits pays producteurs de bananes, tels que Sainte-Lucie et la Dominique, ou encore Saint-Kitts-et-Nevis, qui cette année a dû abandonner la production de sucre.  M. Compton a, d’autre part, relevé qu’en matière commerciale, les promesses du cycle de Doha, dit « cycle du développement », n’ont pas encore été tenues et que l’aide au développement n’avait pas encore les niveaux stipulés dans les engagements de la Conférence de Monterrey.


M. VUK DRAŠKOVIĆ, Ministre des affaires étrangères de la Serbie-et-Monténégro, a déploré que les six décennies qui se sont écoulées depuis la création de l’ONU aient été ponctuées au quotidien de guerres, d’assassinats, de tragédies humaines.  Mais que se serait-il passé sans les Nations Unies, a-t-il demandé, jugeant crucial le rôle de l’Organisation et nécessaire d’aller de l’avant dans la réforme, sans s’avouer vaincu du fait même que la réforme du Conseil de sécurité ne progresse pas.  Rappelant que le monde est confronté à des menaces réelles telle que le terrorisme, l’extrême pauvreté, les maladies endémiques, M. Draškovič a souhaité que la communauté internationale s’engage sur la voie d’un appui massif au développement, sur celle de l’établissement d’un système de sécurité collective, et ce dans la perspective de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Abordant la situation dans la région des Balkans, il a exigé que les Serbes du Kosovo jouissent de leurs droits fondamentaux et cessent d’être victimes de persécution, affirmant par ailleurs que les frontières de la Serbie-et-Monténégro ne sauraient être révisées, contrairement à ce que souhaitent les Albanais du Kosovo qui aspirent à créer un État.


PRINCE ALBERT II, Prince souverain de la Principauté de Monaco, rappelant qu’il n’est pas tolérable que la misère, la famine et les maladies continuent à sévir en de si nombreuses régions du monde et en particulier en Afrique, a indiqué que son pays avait souscrit à la Déclaration sur les sources innovatrices de financement du développement.  Il a annoncé que Monaco avait l’intention d’augmenter sensiblement, au cours des prochaines années, son aide publique au développement, en poursuivant sa politique de coopération.  Il a également signalé avoir demandé d’engager la procédure requise pour la ratification par Monaco du Protocole de Kyoto et de soutenir la transformation du PNUE en une agence spécialisée disposant d’un mandat élargi.  Enfin, le Prince souverain a engagé les États Membres à finaliser sans tarder la Convention générale contre le terrorisme, indiquant que son pays avait d’ores et déjà signé la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.


M. VIKTOR YUSHCHENKO, Président de l’Ukraine, a affirmé qu’une nouvelle Ukraine, libre et indépendante, ayant déjà renoncé à ses armes nucléaires, serait toujours prête à fournir son soutien aux efforts pour assurer la paix dans les diverses régions du monde.  De plus, il s’est dit convaincu que le terrorisme pourrait cesser grâce à des efforts collectifs.  La communauté internationale devrait tout faire pour éliminer l’environnement d’intolérance, de tyrannie, de pauvreté et d’humiliation qui nourrit le virus du terrorisme, a-t-il insisté.  Rappelant la récente avancée pacifique de l’Ukraine vers la liberté, il s’est dit déterminé à établir une société intégrée et ouverte ainsi qu’une économie de libre marché.  Nous saisirons cette opportunité historique pour prospérer et associer notre futur à celui de l’Europe, a-t-il poursuivi.


M. Yushchenko a fait valoir que les chocs économiques, le terrorisme, la détérioration de l’environnement, le VIH/sida constituaient des menaces auxquelles tous les pays devaient faire face.  Le destin des nations prospères sera influencé par les performances des pays plus pauvres; il est de notre devoir de prendre en compte ces réalités, a-t-il ajouté.  Il a déclaré que l’Ukraine était consciente de ses responsabilités et s’était engagée pleinement dans la réalisation des OMD.  Par ailleurs, il a souligné que son pays était prêt à devenir un partenaire fiable dans les projets politiques, économiques, environnementaux ou humanitaires.  Enfin, il a jugé que la réforme du Conseil de sécurité représentait une condition préalable à une amélioration de l’efficacité de l’ONU. 


M. TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la Guinée équatoriale, s’est déclaré préoccupé de constater que la communauté internationale était encore loin d’avoir éliminer la pauvreté qui frappe certaines de ses régions.  Le sujet douloureux de l’extrême pauvreté, qui se révèle difficile à éliminer, exige des efforts multidimensionnels de la part de tous les intervenants de la société humaine, a-t-il affirmé.  La pauvreté, fruit du sous-développement, frappe surtout des pays qui n’ont pas pu ou su gérer leurs propres ressources, a-t-il estimé.  L’expérience des Nations Unies montre que l’interdépendance entre les nations doit présider aux relations entre les États, a-t-il poursuivi.  Abordant la question du terrorisme, il a déclaré que quelle que soit sa puissance, aucune nation ne pouvait toute seule y mettre fin.  Quant à la faim et à la misère, elles ne pourront être éliminées sans l’aide des pays riches, qui le sont souvent devenus au détriment d’autres nations plus faibles.


M. Obiang Nguema a félicité les pays qui ont décidé d’annuler la dette des pays les plus pauvres.  Aucun pays ne pourra éliminer la pauvreté extrême et la faim, assurer la scolarisation primaire et l’égalité des sexes, réduire la mortalité infantile et maternelle, lutter contre les épidémies du VIH/sida ou du paludisme, s’il ne dispose pas de moyens adéquats, a-t-il dit, en appuyant la proposition française de mettre des mécanismes novateurs de mobilisation de ressources au service du financement du développement. 


M. KESSAI H. NOTE, Président des Îles Marshall, a réaffirmé l’attachement de son pays au droit à l’autodétermination des peuples et a déclaré que les Nations Unies ne pouvaient pas continuer à refuser le statut d’État Membre à Taiwan.  L’Organisation doit maintenant gérer des situations et des dangers qui dépassent les frontières.  À cet égard, il a rappelé la vulnérabilité sociale, économique et environnementale de son pays, évoquant « les menaces réelles et immédiates qui pèsent sur l’existence même des Îles Marshall ».  Le Président a appelé les pays n’ayant pas encore ratifié le Protocole de Kyoto à le faire au plus vite, sous peine de faire des habitants des Îles Marshall « des réfugiés environnementaux ».  « Sans des actions globales comme celle-ci pour atténuer le changement climatique et arrêter la hausse du niveau de la mer, nos efforts nationaux et notre développement durable seront vains », a-t-il déclaré.  Le Président a cependant réaffirmé l’engagement de son pays à essayer d’atteindre les Objectifs du Millénaire d’ici à 2015.


Les Îles Marshall soutiennent la réforme du Secrétariat des Nations Unies et l’élargissement du Conseil de sécurité, avec l’inclusion du Japon en tant de membre permanent, a indiqué le Président.  Le Gouvernement des Îles Marshall, a-t-il ajouté, appuie également la création d’une commission de consolidation de la paix, d’un conseil des droits de l’homme et du Fonds des Nations Unies pour la démocratie.


M. HIFIKEPUNYE POHAMBA, Président de la Namibie, a rappelé que son pays, classé en 1990 par la Banque mondiale comme pays à faibles revenus moyens, a entrepris depuis son indépendance la lourde tâche de corriger les conséquences humaines, sociales et économiques du colonialisme qui ont été subies par la population.  Héritage de la période coloniale, la société namibienne est une société à deux vitesses, caractérisée par les plus grandes disparités au monde entre les revenus des plus pauvres et des plus riches.  Ainsi, alors que 0,3% de la population possède 44% des terres, le reste de la population en occupe 41%.  Seuls 5% des Namibiens ont accès aux infrastructures modernes, tandis que 95% de la population vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, souffrant de malnutrition et de maladies.  Un enfant sur dix meurt avant l’âge de cinq ans.  Néanmoins, la Namibie a fait d’énormes progrès depuis son indépendance et a démontré sa ferme détermination à gommer l’héritage du colonialisme et à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.


M. Pohamba a appelé ses partenaires pour le développement à agir aux côtés de la Namibie pour traduire les objectifs de développement en résultats concrets.  À cette fin, il a souligné l’importance de mobiliser les ressources nécessaires et a encouragé la coopération afin de trouver des solutions pratiques aux défis de notre époque et vaincre la pauvreté, la faim, l’ignorance et la maladie.


M. VALDAS ADAMKUS, Président de la Lituanie, a fait appel au courage des participants au Sommet, pour qu’ils se saisissent de la réforme de l’ONU et réaffirment les liens entre développement, sécurité et droits humains.  Nous ne pouvons conduire ce Sommet selon la routine habituelle, a-t-il dit.  Il ne peut y avoir de routine dans un monde qui explore l’univers, et simultanément, continue à voir des millions de personnes mourir de faim, a souligné le président lituanien.  Ni quand le terrorisme sème la peur et l’horreur parmi les nations.  Ni quand le crime international, l’impunité et la corruption mettent à mal l’espoir humain de vivre décemment.  Quand des maladies que l’on pourrait éviter et des catastrophes naturelles balaient des vies et des régions entières.  C’est pourquoi les Nations Unies doivent se mettre au niveau de ces défis.  Cela nécessite une vaste réforme, et un réexamen de la gestion, dans le sens de la responsabilité, de la transparence, de l’efficacité et du professionnalisme.  C’est aussi pourquoi la réforme du Conseil de sécurité ne peut plus attendre.  La Lituanie a soutenu avec constance que le Conseil devrait être élargi pour les deux catégories de membres, en incluant de nouveaux acteurs majeurs parmi les membres permanents.


Il faut faire plus que réaffirmer les engagements initiaux pour aborder le XXIe siècle, a estimé le Président Adamkus.  Le statu quo ne nous protégera pas des horreurs de la pauvreté, du terrorisme, des armes de destruction massive si elles tombent aux mains de terroristes, ou des dégradations de l’environnement.  La Lituanie veut contribuer aux engagements du Millénaire.  Elle est devenue par exemple un pays donateur, dans le Caucase du Sud, en Iraq et en Afghanistan.  Les Lituaniens se souviennent de la valeur de l’assistance reçue quand ils en avaient le plus besoin, et ils ressentent à leur tour la nécessite d’aider les autres.  Pour les Lituaniens qui ont vécu des années avec le seul espoir de la liberté, le mot espoir est aussi une clef du Sommet.  Il faut placer l’individu au centre du système de l’ONU tout entier.  Les droits de l’homme, la démocratie et le règne de la loi, et la responsabilité de protéger doivent devenir des axes de l’action au XXIe siècle.  Le Président a donc demandé à toutes les nations de prendre des décisions rapides pour créer sans délai un conseil des droits de l’homme opérationnel, avec un mandat solide.  La Lituanie se joint aussi à la condamnation du terrorisme, et M. Adamkus a appelé de ses vœux une stratégie de riposte globale ainsi qu’un accord en ce sens.  Il a salué la décision de créer une commission de consolidation de la paix.  C’est le moment d’agir pour la réforme, a-t-il conclu.


M. JANEZ DRNOVŠEK, Président de la Slovénie, a déclaré que les relations financières internationales étaient extrêmement injustes, les pays en développement déboursant des sommes énormes uniquement pour payer les intérêts de la dette.  Toutefois, a-t-il poursuivi, au cours des dernières années, d’importants efforts ont été accomplis.  Il a ainsi évoqué la récente annulation de la dette par les pays du G-8 pour les pays les plus pauvres, souhaitant que, pour de nombreux pays, la dette soit annulée sans condition. 


La pauvreté n’est pas le seul danger qui menace la planète, a par ailleurs observé le Président slovène.  Notre existence même est en jeu, a-t-il dit, faisant allusion aux changements atmosphériques.  Il est clair pour tous que nous sommes interdépendants et, sous l’égide des Nations Unies , nous devons travailler ensemble de manière plus efficace, plus vigoureuse pour sensibiliser les populations à ce problème, a-t-il affirmé.  Il a estimé que la politique de l’autruche était une preuve d’irresponsabilité face à l’humanité, mais aussi face aux générations à venir.  Nous devons changer nos comportements et nos croyances et nous montrer sensibles aux besoins de ceux qui connaissent la détresse, a conclu le Président slovène.


M. ARMANDO EMILIO GUEBUZA, Président du Mozambique, s’est inquiété que l’indigence et la pauvreté perdurent dans les pays en développement.  Il a estimé que concernant la réalisation des OMD, il fallait que la communauté internationale renouvelle sa volonté politique et sa détermination à les atteindre.  À cet égard, il a appelé les États à leur contribution à l’aide publique au développement (APD) et à encourager l’investissement étranger direct (IED).  Il a également demandé la création d’un système commercial plus équitable ainsi que l’annulation de la dette des pays les plus pauvres.  Il s’est réjoui de la mise en place de calendriers pour parvenir au 0,7% du PNB destiné à l’APD et s’est dit encouragé par la récente décision du G-8 visant à doubler l’aide à l’Afrique et à annuler la dette de 18 pays pauvres très endettés (PPTE), dont le Mozambique.


M. GUEZUBA a émis l’espoir que son pays continuerait à pouvoir compter sur le soutien de la communauté internationale ainsi que sur son soutien pour parvenir à une mise en œuvre réussie de son programme quinquennal de développement.  Celui-ci, a-t-il expliqué, vise la réduction de la pauvreté par la promotion d’une croissance économique rapide et durable, et le renforcement d’un environnement propice aux investissements et au développement des entreprises nationales.  Des actions audacieuses dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau, de l’assainissement et du développement rural y figurent également.  Il a souhaité que le Sommet 2005 et les propositions du Secrétaire général contribuent à donner un nouvel élan à l’engagement de la communauté internationale en faveur d’un monde meilleur.


M. HEINZ FISCHER, Président de l’Autriche, a estimé que les Nations Unies sortiraient de ce Sommet mondial renforcées et dotées de réelles capacités d’action.  Il a toutefois regretté l’absence d’accord sur le désarmement et la non-prolifération, mais a jugé que dans l’ensemble, le document final était bon.  Il a salué la proposition visant à créer une commission de consolidation de la paix, avant d’assurer que l’Union européenne contribuerait aux travaux de cette commission.  Il a jugé importante la création d’un conseil des droits de l’homme, soulignant que le respect de l’état de droit devait être un principe réaffirmé en toute circonstance.  À cet égard, il a souhaité que le Conseil soit permanent.  Le Président autrichien a rappelé qu’au cours des 50 dernières années, les Nations Unies et les principes énoncés par la Charte sont au cœur de la politique étrangère de son pays. 


L’Autriche souligne l’importance d’une Organisation des Nations Unies qui soit moderne, efficace et renforcée.  Le Gouvernement autrichien a le privilège d’être le pays hôte du Bureau des Nations Unies à Vienne et se félicite des travaux accomplis par les institutions qui y sont basées.  Dans ce contexte, nous apprécierons grandement si les États Membres accordaient leur confiance en l’Autriche et appuieraient sa candidature pour son élection à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2009-2010.


M. IVO MIRO JOVIĆ, Président de la Bosnie-Herzégovine, a rappelé que cette année marquait le dixième anniversaire des Accords de paix de Dayton qui ont mis fin à la guerre dans son pays, mais qui n’ont pas jeté les bases d’une paix durable.  Ces accords prévoient l’égalité de toutes les nations et des citoyens, a-t-il dit, précisant que la situation actuelle, avec un État, deux entités et trois nations en était loin.  Le Président a souligné en outre l’engagement de son pays à faire en sorte que tous les citoyens jouissent des droits de l’homme les plus élevés. 


La Bosnie-Herzégovine a l’intention d’honorer les obligations consacrées dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, a déclaré M. Jović.  Nous appartenons à la famille européenne des nations et avons conscience d’être devenus un facteur de stabilité dans les Balkans, a-t-il poursuivi.  Il a également plaidé en faveur d’une meilleure représentation des pays en développement au sein du Conseil de sécurité.  Nous avons besoin d’une Organisation plus forte, plus efficace, plus alerte, pour relever les défis du XXIe siècle. 


M.GEORGI PARVANOV, Président de la Bulgarie, a tenu à rappeler qu’à moins d’efforts extrêmement soutenus en matière de lutte contre la pauvreté et contre les épidémies, en matière de protection de l’environnement et d’accès à l’éducation, les Objectifs du Millénaire pour le développement ne seraient pas atteints avant la fin de ce siècle.  Il a expliqué que le concept de « sécurité » avait changé au cours des 60 dernières années, dans le sens où les menaces s’étaient diversifiées et avaient acquis une dimension plus subtile et moins prévisible.  Selon lui, seule une attitude responsable, globale et solidaire permettrait de contrer de telles atteintes à la sécurité mondiale.  Les nouveaux défis qui s’imposent alors à l’agenda de l’ONU sont: la non prolifération des armes de destruction massive, la prévention des crises et conflits et le développement et la diversification des opérations de paix de l’ONU.  Dans ce contexte, l’établissement rapide d’une commission de maintien de la paix s’avère indispensable.


En outre, les principes de la démocratie, du pluralisme et des droits de l’homme, indispensables à la construction d’un monde de paix, doivent être garantis à l’échelle internationale.  Dès lors, l’élaboration d’un nouveau conseil des droits de l’homme se révèle nécessaire.  Enfin, une amélioration notable de la transparence, de la comptabilité et de l’efficacité générale de l’Organisation doit être effectuée, en vertu notamment de la politique de « tolérance zéro » applicable à toutes les instances d’abus, de corruption et de mauvaise gestion.  De plus, le fonctionnement du Conseil de sécurité, de l’ECOSOC et de l’Assemblée générale  doit être amélioré.  Enfin, M. Parvanov a souligné l’importance de l’établissement d’un consensus par les États membres pour le futur de l’humanité.


M. HAJI HASSANAL BOLKIAH MU’IZZADDIN WADDAULAH, Sultan et Yang Di-Pertuan de Negara de Brunéi Darussalam, retraçant les objectifs initiaux de la Déclaration du Millénaire, a estimé que depuis cinq ans, le monde avait été confronté à une série d’attentats terroristes, attentats qui ont soulevé des questions sur le lien entre sécurité et développement.  Nous devons tous être des partenaires, a-t-il dit, partenaires pour le développement, quelles que soient nos valeurs et nos appartenances.  Chaque Objectif du Millénaire pour le développement manqué est une source d’insécurité, a-t-il mis en garde, souhaitant que les espoirs partagés à l’aube du XXIe siècle et réaffirmés dans le cadre de ce Sommet ne soient pas relégués aux pertes de l’Histoire.


Le Roi MSWATI III, Chef d’État du Swaziland, a rappelé que son pays a entrepris la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, en menant une lutte contre la pauvreté par le biais de la création d’emplois dans l’industrie, les travaux publics, le tourisme, l’agro-industrie et d’autres secteurs.  Il a noté que le Swaziland a également enregistrés des progrès sur le plan des infrastructures, des communications et de l’électrification des campagnes.  Ces projets lancés dans ces secteurs ont été réalisés grâce à des prêts remboursables, et non pas à des subventions.  Le Roi Mswati III a remercié les pays développés et les institutions financières internationales qui ont accordé un allègement de la dette à certains pays en développement.  En dépit des progrès qu’il a accomplis, le Swaziland continue de lutter contre des catastrophes naturelles comme la sécheresse et les inondations, ainsi que contre la pandémie du VIH/sida, a relevé le souverain.


Il a noté que son pays faisait face aux obstacles causés par la réduction des accords de libre-échange; la libéralisation des marchés, prônée par l’Organisation mondiale du commerce; les fluctuations des monnaies fortes, et la flambée des prix du pétrole.  Afin de remédier à ces problèmes, le Swaziland a adopté une démarche basée sur l’appel aux investissements étrangers directs, le soutien des initiatives en faveur des petites et moyennes entreprises, la diversification de sa production économique, et la recherche d’une valeur ajoutée par le biais de la rationalisation du processus de fabrication et du contrôle de la qualité.


M. AZALI ASSOUMANI, Président des Comores, s’est dit réconforté par les propositions formulées dans le projet de Déclaration finale du Sommet.  Son contenu, a-t-il précisé, est réellement de nature à mobiliser le sursaut international nécessaire pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Les Comores souscrivent également au projet de convention globale sur le terrorisme et appuient fortement la proposition relative à la mise en place d’un mécanisme de consolidation de la paix, capable de fournir aux pays sortant de crise le soutien et l’assistance dont ils ont besoin, a-t-il ajouté, saluant en outre la proposition relative à la mise en place d’un Fonds pour la promotion de la démocratie dans le monde.


Le Président comorien a assuré que son pays travaillait avec acharnement dans le sens de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, malgré ses ressources extrêmement limitées.  Au terme de la mise en place de toutes les nouvelles institutions du pays, en avril 2004, a-t-il dit, les autorités comoriennes ont décidé de faire du développement socioéconomique du pays la priorité de l’action de l’État, afin de consolider les acquis de la réconciliation nationale, rendre également irréversible le processus démocratique engagé, dans le cadre de la promotion de l’état de droit, de la bonne gouvernance, et des droits humains et, enfin, promouvoir le bien-être du peuple comorien.  Le Président comorien a par ailleurs invité les représentants des pays au Sommet à prendre part à la Conférence des pays donateurs en faveur des Comores, qui se tiendra sous l’égide de l’Union africaine, le 8 décembre prochain, à l’Île Maurice.


M. HUGO CHÁVEZ FRÍAS, Président de la République bolivarienne du Venezuela, a déploré que l’objet initial de cette Réunion de haut niveau ait été détourné, regrettant que le soi-disant projet de réforme relègue au second plan l’adoption de mesures visant à s’attaquer aux problèmes qui maintiennent les pays en développement dans l’extrême pauvreté.  En dépit des mesures prises, les OMD sont loin d’être atteints et, au rythme actuel, ils ne le seraient qu’en 2215.  Qui sera là pour le constater ?  Admettons-le, le système des Nations Unies est en fin de course et une refonte complète de l’Organisation s’impose.  Cette refonte, nous l’envisageons en deux temps.  L’immédiat et le rêve.  Le rêve d’une paix mondiale, d’un monde qui ne soit pas avili par la faim, la maladie, l’indigence.  La mondialisation, l’interdépendance ne peuvent être abordées comme des problèmes mais comme des défis.  Alors que nous avançons vers un modèle nouveau pour les Nations Unies, nous plaidons pour quatre éléments de réforme: l’élargissement du Conseil de sécurité; l’amélioration des méthodes de travail vers une plus grande transparence; la suppression immédiate du droit de veto; le renforcement du rôle du Secrétaire général dans le domaine de la diplomatie préventive.  Si les États-Unis continuent de violer les règles fondamentales des Nations Unies, comme ils l’ont fait en Iraq, nous pensons qu’il faudrait retirer le siège des Nations Unies de ce pays.  Le Venezuela propose la création d’une ville internationale, une cité mondiale, de préférence dans le Sud afin de rétablir cinq siècles d’injustice.


Abordant la crise énergétique, dans un monde où les réserves de pétrole s’épuisent, il a mis en garde contre la surconsommation de pétrole et ses conséquences sur le réchauffement climatique, comme l’a montré le cyclone Katrina.  Le néolibéralisme est à la source des tragédies dont nous sommes aujourd’hui témoins, a déploré M. Chavez, condamnant le fait que le Président Bush en soit encore à proposer cette doctrine comme une voie d’intégration pour les États Membres de l’Organisation des États américains.  Nous récusons le document final de ce Sommet et le Venezuela souhaite que la dictature au sein des Nations Unies soit abolie.  Si nous acceptons ce texte, il ne nous reste plus qu’à fermer les portes, éteindre la lumière et puis c’est terminé, a-t-il dit ensuite.  Il a souhaité que la communauté internationale se penche de nouveau sur la résolution adoptée en 1974 sur un nouvel ordre économique international.  Il en va de même pour le nouvel ordre politique international, a-t-il dit, avant d’ironiser sur la responsabilité de protéger et de dire que le premier peuple qui a besoin de protection est le peuple des États-Unis comme l’a montré Katrina.  M. Chavez a plaidé pour un concept de diplomatie préventive, en soulignant que cette notion n’autorise pas l’agression unilatérale injustifiée.


M. TABARÉ VÁZQUEZ, Président de l’Uruguay, a affirmé qu’on ne pourrait assurer la paix et la sécurité internationales sans rejeter toute action unilatérale ou violation du droit international et du multilatéralisme.  Rappelant que la liberté devait inclure le bien-être des individus et le progrès social, il a estimé que sans garanties sociales, la paix et la sécurité étaient hypothéquées.  Il n’y a pas de liberté dans la pauvreté, a-t-il déclaré; la pauvreté est non seulement moralement inadmissible mais son existence met en danger les démocraties nationales et la paix internationale.  Il a ainsi estimé que la lutte contre la pauvreté devait être la première priorité, une priorité qui doit s’exprimer par des initiatives immédiates et concrètes.  Par ailleurs, il a souhaité que la communauté internationale soit déterminée à combattre la corruption qui, selon lui, va souvent de pair avec la pauvreté.  De plus, il a estimé que la lutte contre le terrorisme était un devoir incontournable et pouvait notamment progresser grâce à la coopération internationale.


Concernant la réforme des Nations Unies, il a appuyé l’élargissement du Conseil de sécurité à 24 membres.  M. Vazquez a aussi réitéré la position de son pays quant au droit de veto, affirmant qu’il s’agissait là d’une injustice qui ne devait pas être étendue à d’autres membres.  Il a soutenu l’idée de créer un conseil des droits de l’homme en tant qu’organe principal des Nations Unies.  Celui-ci se substituerait à l’actuelle Commission des droits de l’homme, a-t-il expliqué, et aurait les compétences nécessaires pour assurer la coordination générale de la promotion et de la protection des droits de l’homme.


EL HADJ OMAR BONGO ONDIMBA, Président du Gabon, a affirmé que son pays avait souscrit aux engagements pris notamment lors des Sommets du Millénaire, de Monterrey et de Johannesburg, s’attelant aux réformes indispensables.  Ces réformes, a-t-il précisé, couvrent des secteurs aussi variés que l’assainissement des finances publiques, la réforme administrative, les privatisations, la bonne gouvernance, la transparence.  Elles ont trait également à la mise en place de conditions indispensables à l’épanouissement d’un secteur privé créateur d’emplois et générateur de développement, a-t-il ajouté.  M. Bongo a en outre souligné que son pays s’était résolument engagé dans la lutte contre le VIH/sida, avec notamment les soins gratuits pour les malades les plus démunis et la construction de centres de traitement ambulatoires dans tout le pays.


Le Président gabonais a néanmoins indiqué que les services de la dette du Gabon absorbaient 45% des ressources publiques chaque année.  Sans une mesure de traitement appropriée de la dette, le Gabon ne pourra relever globalement et durablement les défis auxquels il est confronté.  M. Bongo a lancé un appel à la communauté des bailleurs pour qu’elle se penche sur le cas des pays à revenus intermédiaires endettés, comme le Gabon.


M. MATHIEU KEREKOU, Président de la République du Bénin, a estimé que s’il est un domaine où l’action de l’ONU devra être sensiblement renforcée, c’est bien celui de la promotion du développement.  Les problèmes de développement se posent avec acuité au groupe des Pays les moins avancés (PMA), maillon le plus vulnérable de la Communauté internationale, a poursuivi M. Kérékou.  À cet égard, il a, en sa qualité de Président du Bureau de coordination des PMA, lancé un appel aux partenaires au développement, aux institutions du système des Nations Unies, y compris celles de Bretton Woods, pour soutenir la préparation de l’examen de la mise en œuvre du Programme d’action de Bruxelles en faveur des PMA.  S’agissant de la paix et de la sécurité internationales, le Président béninois a noté que le concept de menace à la paix et à la sécurité devait être redéfini.  Pour le Bénin, a-t-il ajouté, le non recours unilatéral à la force dans les relations internationales doit rester un principe fondamental du système de sécurité collective.  C’est pourquoi les organisations régionales doivent désormais jouer un rôle accru dans les questions de maintien de la paix et de la sécurité.  À cette fin, a-t-il continué, nous en appelons à la communauté internationale pour qu’elle soutienne fermement les efforts déployés par l’Union africaine. 


M. Kérékou a en outre soutenu la mise en place de la Commission de la consolidation de la paix en estimant qu’un tel outil devenait nécessaire afin de capitaliser sur les acquis enregistrés en matière d’appui aux pays sortant de conflits ou de crises.  Il a également proposé qu’une réflexion soit menée dans le cadre d’un groupe de travail de l’Assemblée générale pour la requalification du fléau des enfants soldats en crime contre l’humanité au lieu de crime de guerre.  En ce qui concerne le projet de transformation de la Commission des droits de l’homme en un conseil du même nom, M. Kérékou a indiqué que, quelle que soit la forme que prendra la nouvelle structure, l’objectif est de veiller à ce que la pleine jouissance de tous les droits de l’homme par l’ensemble des citoyens soit faite sur une base objective, non discriminatoire et non sélective.  Au plan des réformes de l’ONU, il a indiqué que son pays plaçait des espoirs légitimes dans ce vaste chantier qui va entraîner la redéfinition des fonctions du Conseil économique et social (ECOSOC), la rationalisation des travaux de l’Assemblée générale et l’élargissement du Conseil de sécurité. 


M. ARNOLD RÜÜTEL, Président de l’Estonie, a déclaré que les Nations Unies ont déjà largement promu le développement, les problèmes du monde moderne posent de nouveaux défis à la communauté internationale.  Le défi le plus important, a-t-il estimé, serait la réduction des écarts de développement entre les différentes nations du monde.  Dans cette perspective, il serait nécessaire de renforcer le partenariat et la coopération mondiale, d’augmenter l’aide publique au développement.  M. Rüütel fait observer que cette coopération n’est efficace que si les pays bénéficiaires en tiraient des résultats.  Ainsi, le renforcement de la gouvernance nationale et la lutte contre la corruption et la régulation économique constituent la condition sine qua non d’un tel développement.  Il a poursuivi son propos en affirmant que l’Estonie, ainsi que les autres membres de l’Union européenne s’attelaient à poursuivre l’accroissement de l’aide au développement.  L’Estonie estime par ailleurs qu’une plus large application des principes de libre-échange et de l’abaissement des barrières tarifaires réduirait ces différences de développement.


Rappelant que la paix et la stabilité mondiales constituent un préalable au développement, M. Rüütel a estimé que les opérations de maintien de la paix de l’ONU jouaient un rôle significatif.  Il est également important d’accroître la coopération de l’ONU avec les autres organisations régionales.  Considérant que plus que jamais, les pays en phase de reconstruction nécessitaient une attention accrue, M. Rüütel a apporté son soutien à la création d’une commission de consolidation de la paix.  Comme les récentes attaques terroristes perpétrées dans différentes régions du monde le montrent, le terrorisme continue de constituer une menace grave à la paix et à la sécurité internationales, l’Estonie considère fermement que le terrorisme ne peut être justifié.  Nous somme convaincus qu’il n’est possible de combattre le terrorisme de manière efficace que par le biais d’une étroite coopération internationale, conformément aux normes juridiques internationales en vigueur.  C’est pourquoi l’Estonie estime qu’il est crucial de finaliser rapidement le projet de convention générale sur le terrorisme international, a indiqué son Président, avant de préciser qu’il vient juste de signer la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.   


Quant au respect et aux mécanismes de protection des droits de l’homme, ils devraient être la toile de fond de toutes les activités de l’ONU.  Dès lors, l’Estonie estime indispensable le renforcement du rôle du Haut Commissaire aux droits de l’homme et la définition de la responsabilité de protéger.  Au niveau international, la prévention des génocides et des crimes contre l’humanité doit en effet être une priorité.  L’impunité de certains de leurs auteurs doit être levée.  M. Rüütel a réaffirmé l’appui de son pays à la Cour pénale internationale.  En outre, il a jugé essentielle la mise en place du Fonds des Nations Unies pour la démocratie en vue d’assister les pays dans leur processus démocratique.  Dix ans après la Conférence de Beijing, les objectifs fixés concernant les droits des femmes et des enfants demeurent un important défi, de même que la protection des populations autochtones.  À cet égard, le Président a émis l’espoir que le processus d’élaboration de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des populations autochtones sera finalisé dans un proche avenir. 


Mme GLORIA MACAPAGAL ARROYO, Présidente des Philippines, a estimé que le terrorisme, la crise de l’énergie et le fardeau de la dette font obstacle à la réalisation des OMD.  Se félicitant des mesures d’allègement de la dette prises dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), elle a toutefois rappelé que plusieurs pays à revenu moyen étaient également très endettés.  À cet égard, elle a proposé une vaste conversion de la moitié de la dette pour le financement de programmes en faveur des OMD.  Elle a souhaité que cette proposition trouve sa place dans la déclaration de ce Sommet et soit approuvée par les grands acteurs économiques internationaux, tels le Club de Paris ou la Banque mondiale entre autres.  S’agissant de la crise de l’énergie, elle a suggéré que les Nations Unies mènent l’action collective pour atténuer les effets des prix élevés du pétrole, notamment par la mise au point de nouvelles sources d’énergies.  Elle a appelé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à recycler les pétrodollars et ses profits extraordinaires sous forme d’investissements et de prêts à faibles intérêts et à long terme pour les pays importateurs de pétrole.


La Présidente a réaffirmé l’engagement de son pays contre le terrorisme.  Rappelant que les Philippines avaient été frappées par ce type de violence, elle a expliqué qu’elles avaient répondu en faisant appel à la vigilance des citoyens, la mise en place d’un réseau de sécurité bilatéral et régional, l’encouragement à un dialogue entre les religions et par son alliance stratégique avec les États-Unis.  Enfin, soulignant le profond catholicisme de la majorité de la population du pays, elle a demandé que les ressources fournies par l’ONU pour la santé reproductive soient axées sur l’amélioration de la situation matérielle des ménages et sur l’éducation des couples mariés aux méthodes naturelles de planification des naissances.


M. TASSOS PAPADOPOULOS, Président de Chypre, a exhorté l’Assemblée générale à dresser le bilan des mesures prises en application de la Déclaration du Millénaire.  Si nous voulons honorer les engagements pris en 2000, et en dépit des nouvelles donnes intervenues depuis l’émergence de la menace terroriste, il nous incombe de nous mettre d’accord pour redonner sens à l’action de l’Organisation des Nations Unies afin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il déclaré.  Dans un monde où plus d’un milliard de personnes vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, nous devons prendre des mesures concrètes, comme celles annoncées par l’Union européenne, afin de mettre à la disposition des pays en développement les ressources adéquates à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  M. Papadopoulos a estimé que le Conseil de sécurité devrait renforcer les mécanismes de prévention des conflits.  En outre, il a jugé urgente la réforme de la composition et des méthodes de travail du Conseil.


Mme CHANDRIKA BANDARANAIKE KUMARATUNGA, Présidente du Sri Lanka, a souhaité que la vision adoptée lors de ce sommet serve de feuille de route pour le changement et la réforme dans son intégralité.  À son avis, la réforme ne doit pas être dispersée mais doit profiter à tous les États Membres de manière équitable.  Mme Kumaratunga a indiqué avoir engagé les rebelles du groupe de Libération des Tigres de l’Eelam tamoul (LTTE) dans un cessez-le-feu dont elle espérait qu’il épargnerait des vies et favoriserait l’établissement d’un climat général de paix et de sécurité.  Cependant ce processus d’engagement n’a pas convaincu le groupe de s’écarter du terrorisme, avec notamment le meurtre du Ministre des affaires étrangères, a-t-elle déploré. 


Selon Mme Kumaratunga, il convient d’être absolument clair en stipulant que l’engagement d’acteurs non étatiques armés ne devait pas se faire aux dépens de la gouvernance démocratique d’un État souverain qui respecte les normes et les règles internationalement reconnues.  Les Nations Unies et la communauté internationale peuvent aider à développer des mécanismes de soutien aux États parties d’un tel processus et sanctionnent les groupes terroristes qui les sabotent, a-t-elle ajouté.  Mme Kumaratunga a également souligné que pour combattre le terrorisme mondial, la pauvreté et les maladies, il convenait d’adopter une approche intégrée de la sécurité, des droits de l’homme et du développement, aussi bien au niveau national qu’au niveau international. 


M. SAMUEL SCHMID, Président de la Confédération suisse, s’est félicité de la création du nouveau Conseil des droits de l´homme, affirmant que « ce nouvel organe devra être plus légitime tout en étant plus efficace et en ayant une position supérieure à celle de l’actuelle Commission des droits de l’homme ».  Il a estimé qu’une importance prioritaire doit être accordée à la question des droits de l’homme au sein des Nations Unies, « au même titre que celle donnée au développement, à la paix et à la sécurité ».  L’usage de la force doit cependant rester une exception, et à cet égard M. Schmid a accueilli avec satisfaction la création de la Commission de consolidation de la paix.  Le Président suisse a appelé à rendre le Conseil de sécurité « plus représentatif et que ses méthodes de travail soient réformées dans le sens d’une transparence accrue ».


Il a déclaré que la Suisse allait continuer d’accroître le pourcentage de son revenu national brut consacré à l’aide publique au développement, tout en veillant à améliorer la coordination des interventions des acteurs du système de l’aide internationale.  « Pour la Suisse, il n’existe qu’une notion de développement: celle du développement durable, que ce soit au plan économique, social, ou environnemental », a t-il affirmé.  Il a enfin demandé que « la question des migrations soit prise beaucoup plus en considération » dans l’avenir.


M. ALFRED MOISIU, Président de l’Albanie, a insisté sur le caractère prioritaire du développement et sur l’importance de la coopération en la matière.  En outre, en tant que nouvelle démocratie en fin de période de transition, a-t-il affirmé, son Gouvernement avait entrepris d’intégrer les Objectifs du Millénaire pour le développement dans une stratégie nationale dès 2003 et de s’aligner sur le Pacte de stabilisation et d’association de l’Union européenne.  Nous sommes ainsi convaincus qu’une bonne assimilation des ressources de développement doit non seulement constituer un défi à l’échelle onusienne mais aussi aux échelles régionale, interrégionale et étatique, a ajouté le Président albanais.


S’agissant des questions de sécurité, M. Moisiu s’est prononcé pour l’adoption de la Convention sur le terrorisme International durant cette session de l’Assemblée Générale.  Le Premier Ministre de l’Albanie a en outre évoqué la nécessité de procéder au désarmement et de mettre un terme à la prolifération des armes de destruction massive.  Par ailleurs, la réforme du Conseil de Sécurité devrait être le fruit d’un large consensus et ne pas s’effectuer dans la hâte afin de réellement gagner en efficacité et en transparence, a-t-il fait valoir.  En tant que membre permanent du Groupe des pays d’Europe de l’Est, l’Albanie soutient la proposition selon laquelle toute augmentation du nombre des sièges des membres non permanents au Conseil de sécurité devrait s’accompagner d’une représentation accrue de ce groupe régional, a conclu M. Moisiu.


M. HALLDÓR ÁSGRIMSSON, Premier Ministre d’Islande, a rappelé que son pays, nouvellement indépendant en 1946, avait alors immédiatement joint les Nations Unies, recherchant dans cette enceinte la reconnaissance et la sécurité.  L’Islande a alors souscrit aux valeurs des Nations Unies, l’égalité entre les nations, la promesse de vivre en paix avec ses voisins, et la condamnation du recours à la force armée, excepté dans l’intérêt commun.  Mais elle n’a pas vu l’Organisation seulement comme un outil de souveraineté et de médiation entre gouvernements.  La Charte des Nations Unies évoque les relations entre gouvernements, constate le Premier Ministre islandais, mais aussi la responsabilité des États envers leurs citoyens.  Cet engagement envers les peuples est central, mais on ne lui a pas donné jusqu’ici tous le poids qu’il mérite, selon M Ásgrimsson.  Le document final proposé aux chefs d’État et de gouvernement, toutefois, rétablit la balance, en particulier avec la responsabilité de protéger.  L’idée était implicite dans la Charte, et il est juste, estime le Premier Ministre, que le Sommet souligne le devoir d’intervention de la communauté internationale, quand les autorités nationales ont manifestement failli dans leurs responsabilités.  Avec la création du conseil des droits de l’homme, l’ONU disposera d’un instrument puissant pour persuader les États de protéger leurs ressortissants, a estimé M. Ásgrimsson.  Cela va de pair avec la décision de renforcer les moyens de l’Organisation en la matière.  La commission de consolidation de la paix sera un autre outil au service des personnes et des nations.  Si on lui donne le poids institutionnel nécessaire, cet organe fera beaucoup pour l’établissement d’une paix durable après des conflits.


De grands pas ont été accomplis sur le développement, mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les Objectifs du Millénaire.  Le Premier Ministre a noté l’importance de rappeler la responsabilité fondamentale et le droit des pays en développement, notamment les pays africains, à mener leur propre développement.  Le Cycle de Doha devrait améliorer leur accès aux marches mondiaux.  Si les pays avancés jouent un rôle dans la lutte contre la pauvreté et l’injustice, c’est aux pays en développement qu’il appartient de créer, avec l’aide de la communauté internationale, l’environnement politique et légal nécessaire à leur croissance durable.  Le Premier Ministre islandais a insisté sur l’importance de la réforme du Conseil de sécurité, s’affirmant convaincu qu’avec l’aide du Président de l’Assemblée générale, cette question pourrait être résolue avant la fin de l’année.  L’Islande est prête à contribuer à la paix et, pour la première fois, est candidate pour un siège au Conseil de sécurité, cela pour la période 2009-2010.


Sir ALLAN KEMAKEZA, Premier Ministre des Iles Salomon, a d’abord exprimé sa vive sympathie au Gouvernement et au peuple des États-Unis concernant la perte en vies humaines et les dégâts matériels occasionnés par l’ouragan Katrina dans les États du golfe du Mexique.  Il a ensuite rappelé que le développement est le pilier central du document final et que le nombre croissant de pays les moins avancés montre que le monde doit adopter une démarche plus complexe quant aux besoins essentiels des plus pauvres parmi les pauvres.  Il a déclaré que la Stratégie de Maurice, récemment adopté par l’Assemblée générale ainsi que l’examen imminent du Programme d’action de la Déclaration de Bruxelles fournissent une excellente opportunité de relancer et de redéfinir la coopération future entre États, assortie d’un engagement renouvelé.  Il a noté qu’avec l’aide des partenaires en matière de développement, les Iles Salomon se sont donné les objectifs suivants: enseignement primaire universel, santé maternelle améliorée, assainissement renforcé, approvisionnement en eau salubre et éradication du paludisme.  Il a indiqué que son pays s’est aussi donné pour tâche de lutter contre le manque de discipline budgétaire et de bonne gouvernance, et pour ce faire, s’est attaché à établir un environnement macroéconomique stable, s’accompagnant de pratiques fiscales favorables, de régimes de réglementations, et d’infrastructures améliorées.  Il a apporté son soutien à la Mission régionale d’assistance aux Iles Salomon, et l’a défini comme un modèle exemplaire de la coopération Nord-Sud.  Au regard de la question de la dette, il a soutenu la proposition philippine de la convertir en Projets Objectifs du Millénaire, et a demandé au Fonds monétaire international ainsi qu’à la Banque mondiale de continuer à étudier ce concept.


Concernant la réforme du Conseil de Sécurité, il a demandé qu’il devienne plus représentatif, démocratique, transparent et responsable, et a appuyé la candidature du Japon, de l’Allemagne, de l’Inde et du Brésil à des postes permanents.  Il a aussi rappelé que Taiwan devrait devenir un membre à part entière de la famille des Nations Unies, et a souligné l’importance primordiale de la diplomatie préventive.  Enfin, il a constaté que le défi essentiel pour l’Organisation consistait à concrétiser ses engagements en actions.


SULTAN BIN ABDULAZIZ AL-SAUD, Prince héritier d’Arabie saoudite, a déclaré que son pays consacrait en moyenne 4% de son PNB à l’aide aux pays en voie de développement, ce qui place son pays au premier rang des pays donateurs.  Dans la même perspective, près de six milliards de dollars ont été effacés de la dette des pays les moins avancés, a-t-il ajouté.  Tout en saluant les efforts faits pour identifier de nouvelles sources de financement, il a insisté pour que celles-ci ne viennent pas réduire les ressources actuellement allouées à certains pays.


Soulignant que l’Arabie saoudite combattait le terrorisme dans le respect des valeurs de tolérance et de paix de l’Islam, le Prince héritier a indiqué que son pays avait été l’hôte, en février 2005, d’une Conférence internationale sur le contre-terrorisme.  L’Arabie saoudite a présenté à l’Assemblée générale un projet de résolution visant à créer un groupe de travail chargé d’examiner les recommandations formulées dans la Déclaration de Riyad, notamment celle consistant à créer un centre international de coordination de lutte contre le terrorisme.  Le Prince a par ailleurs déclaré soutenir le consensus international qui s’est dégagé autour de l’augmentation du nombre de sièges au Conseil de sécurité et de la diminution du droit de veto et a réaffirmé que le respect de la légitimité internationale s’applique au processus de paix au Proche-Orient.


M. JUNICHIRO KOIZUMI, Premier Ministre du Japon, a fait part de la vision qu’il a d’une nouvelle Organisation des Nations Unies, qui doit être une Organisation capable de venir en aide à ceux qui souffrent de la pauvreté et du terrorisme.  L’ONU doit être une Organisation qui reflète les aspirations des différents peuples du monde d’aujourd’hui et non pas une expression des réalités du monde d’il y a soixante ans, a estimé le Premier Ministre du Japon.  Les efforts de réforme ne doivent pas se limiter au financement du développement, a-t-il poursuivi en plaidant pour une approche orientée sur la sécurité humaine et l’appropriation des programmes de développement par les pays du Sud.  Le Japon est prêt à jouer son rôle dans cette entreprise, dans cette nouvelle Organisation reposant sur des normes nouvelles, notamment pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, a-t-il indiqué.  Pendant soixante ans, le Japon s’est efforcé de contribuer au renforcement de la paix dans le monde, a poursuivi M. Koizumi, avant de plaider pour une réforme en profondeur du Conseil de sécurité, qui passe par une élimination de la notion « d’État ennemi » contenue dans la Charte des Nations Unies.  Le Japon est prêt à occuper sa place dans ce nouveau Conseil de sécurité en qualité de membre permanent, a dit M. Koizumi, estimant que la réforme de cet organe devrait intervenir au cours de la présente session de l'Assemblée générale qui doit être placée sous le signe de l’action afin de donner une nouvelle vigueur à l’Organisation.


M. GÖRAN PERSSON, Premier Ministre de la Suède, a affirmé que la coopération multilatérale était devenue une nécessité.  Notre époque, a-t-il précisé, exige une coopération multilatérale, laquelle suppose un ordre du jour commun, fondé sur la reconnaissance de la responsabilité partagée.  L’ordre du jour commun qui sera adopté demain soir démontre que la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme forment une seule entité, a-t-il souligné.  Il nous rappelle que nous ne pouvons pas réussir dans un domaine si nous ignorons les autres, a-t-il poursuivi.


Le Premier Ministre suédois a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité d’aboutir à une meilleure représentation de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine.  En revanche, a-t-il estimé, l’efficacité du Conseil de sécurité doit être sauvegardée, se déclarant hostile à toute extension du droit de veto.  M. Persson a en outre affirmé que les nations développées devaient accroître les niveaux de l’aide publique au développement.  Des mesures doivent aussi être prises pour assurer la bonne gouvernance, l’absence de corruption et des institutions économiques et politiques fortes dans tous les pays.


M. GUY VERHOFSTADT, Premier Ministre de la Belgique, a estimé que, même si l’accord conclu mardi n’allait pas assez loin, il représentait un nouveau départ et redonnait un élan stratégique aux Nations Unies.  La Belgique se rallie entièrement à l’idée clef selon laquelle la sécurité, le développement et les droits de l’homme sont indissociables, une stratégie qui ne peut réussir que si nous disposons d’institutions suffisamment fortes et représentatives, a fait valoir le Premier Ministre, avant d’apporter son plein soutien à la mise en place rapide d’un Conseil pour les droits de l’homme et de se réjouir de ce que le concept de la « responsabilité de protéger » soit enfin reconnu.  Espérons que cela rendra dorénavant impossible des tragédies comme celle du Rwanda en 1994, a dit M. Verhofstadt.  S’agissant des Objectifs du Millénaire pour le développement, M. Verhofstadt a estimé que certaines avancées avaient été réalisées mais que les résultats restaient malheureusement systématiquement en deçà des objectifs, notamment pour ce qui est celui de réduction de moitié de la pauvreté extrême qui, si l’évolution actuelle se poursuit, ne pourra être atteint par l’Afrique en 2015 mais seulement en 2150, soit un retard de 135 ans, a-t-il observé.


Cette situation est moralement inacceptable, a-t-il poursuivi, avant de considérer qu’il fallait aider l’Afrique à sortir de ce cercle vicieux.  L’Afrique a besoin de stabilité politique et économique afin d’assurer sa croissance économique, d’investissements en infrastructures et en soins de santé, de possibilités équitables sur le marché mondial et bien évidemment de paix, a déclaré M. Verhofstadt.  La paix constitue la première étape et sous-entend que nous mettions un terme au trafic d’armes et c’est pourquoi la Belgique appuie la proposition d’ouvrir dans les meilleurs délais des négociations pour un Traité international sur le commerce des armes, a-t-il dit ensuite.  Tout comme la paix, une bonne gouvernance s’impose.  Une gouvernance capable de produire des résultats.  Nous ne pouvons concrétiser cette exigence que lorsque notre aide et nos efforts sont coordonnés mondialement.  Je suis persuadé que la mise sur pied d’une Commission de consolidation de la paix pourra, par conséquent, jouer un rôle crucial.  La Belgique tient à y contribuer activement et met à disposition l’expérience qu’elle a acquise dans la transition au Congo et au Burundi, a assuré le Premier Ministre.


M. SAID WILBERT MUSA, Premier Ministre du Belize, a déclaré qu’outre les principaux Objectifs du Millénaire pour le développement, les petits pays tels que Belize devaient trouver une solution aux problèmes du crime, de la violence et de la vulnérabilité aux catastrophes naturelles qui leur sont spécifiques.  S’agissant des résultats du Belize par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le développement, M. Musa a révélé que le bilan pour son pays était mitigé.  En dépit des progrès notables enregistrés en matière d’éducation et de santé, d’importants défis demeurent en matière d’éradication de la pauvreté et de lutte contre les pandémies d’autant plus que de nouvelles maladies telles que le diabète et l’hypertension deviennent de plus en plus courantes.  En outre, notre vulnérabilité aux chocs externes rend inéluctable la formation d’une importante dette, ce qui en contrepartie, réduit les capacités de notre Gouvernement à investir dans le secteur public et les services sociaux.  Le Belize a toutefois défini une Stratégie nationale d’élimination de la pauvreté sur cinq ans qui va dans le même sens que ces défis.  Par ailleurs, le Belize met en place depuis 1998 un système d’intégrité nationale visant à renforcer la transparence, les institutions et la législation.


M. Musa a remarqué que les petits pays étaient plus concernés par la pauvreté et le développement alors que le monde industrialisé était plus affecté par les questions de sécurité et que cette différence constituait l’un des principaux obstacles à la coopération internationale pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a toutefois ajouté que le rapport du Secrétaire général « Dans une liberté plus grande » a su souligner et rétablir le lien entre sécurité et développement.  À cet égard, l’initiative d’annulation de la dette par le G-8 devrait servir d’exemple à l’avenir.  Le cycle de Doha lancé en 2000 qui visait à assurer le commerce multilatéral a également su rappeler les besoins et les intérêts des pays en voie de développement.  Nous ne devons pas perdre l’opportunité que nous avons de changer le monde a conclu M. Musa.


Mme TRUONG MY HOA, Vice-Présidente du Viet Nam, s’est déclarée préoccupée par le fait que certains des Objectifs du Millénaire pour le développement n’avaient pas connu de progrès depuis 2000 dans plusieurs régions et pays du monde.  Ceci est dû, selon elle, aux difficultés liées à un environnement politique et économique national plus complexe, dans un contexte de terrorisme exacerbé et de protectionnisme commercial.


Elle a par ailleurs indiqué que le Viet Nam avait, pour sa part, réussi en 2004 à réduire son taux de pauvreté de 66% par rapport à 1993, avec dix ans d’avance sur le calendrier prévu.  Son pays a également mis en place, depuis 2000, une éducation primaire accessible à tous.  Il a enfin connu, a-t-elle souligné, une amélioration constante du niveau d’égalité entre hommes et femmes, faisant du Viet Nam le pays de la région Asie-Pacifique connaissant la meilleure représentation féminine au Parlement.  Les causes profondes expliquant les résultats encourageants obtenus en matière d’OMD résident, selon elle, dans une volonté politique forte, dans la mobilisation des ressources, dans une intégration active du pays à l’économie mondiale, dans la promotion du bien-être social et dans la vaste participation du peuple à la réalisation de ces objectifs.  Mme My Hoa a enfin appelé les États Membres à respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement, à réduire la dette des pays en voie de développement, à faciliter leur intégration au sein de l’Organisation mondiale du commerce, à coordonner l’assistance des pays donateurs et à favoriser une plus grande coopération entre les pays du Sud.


M. AHMAD ZIA MASSOUD, Vice-Président de l’Afghanistan, a estimé que cette rencontre au sommet offrait une occasion unique d’évaluer les progrès et les insuffisances dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  L’émergence de nouvelles menaces, de nouveaux défis, exige que l’on reconsidère le rôle de l’Organisation, a-t-il ensuite dit, se félicitant de la teneur des propositions de réforme avancées par le Secrétaire général.  Si en l’an 2000 l’Afghanistan n’était pas en mesure de s’engager dans l’application de la Déclaration du Millénaire, les changements intervenus depuis ont permis à notre pays de s’engager sur la voie de la démocratisation et de la bonne gouvernance, a dit M. Zia Massoud. 


Sur le plan politique, le Vice-Président afghan a ensuite rappelé la tenue dans son pays de deux Loya Jirga et de l’élection présidentielle et celle des élections législatives qui s’annonce dans trois jours.  M. Zia Massoud a ensuite lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne financièrement l’Afghanistan, afin de lui permettre de mettre en œuvre sa stratégie nationale de développement.  L’Afghanistan est l’un des pays les moins avancés du monde, a-t-il rappelé, avant d’inviter la communauté internationale à ne pas se détourner les efforts qu’elle déploie pour promouvoir son développement.


M. ROBERTO DE ALMEIDA, Président de l’Assemblée nationale d’Angola, a déclaré que son pays soutenait la création d’une Commission de consolidation de la paix, dont les buts assignés par le document final du Sommet sont d’aider les pays sortant d’un conflit à remettre sur pied leur économie et à rétablir et consolider la paix.  L’expérience angolaise a cependant démontré qu’il fallait également se préoccuper de prévenir de nouveaux conflits, a-t-il souligné, souhaitant que cet aspect soit intégré au mandat de la future commission.  Il a ajouté que la création de cette structure devait s’accompagner de mesures de financement appropriées.  L’Angola souffre actuellement de l’insuffisance des ressources destinées à la reconstruction, a-t-il indiqué.


M. de Almeida a par ailleurs indiqué que la Communauté internationale devrait se préoccuper du problème que représente l’exploitation illicite des ressources naturelles.  Celle-ci constitue en effet une menace pour la paix et la sécurité; elle freine le développement des pays concernés et génère des violations nombreuses des droits de l’homme.  À cet égard, il a appelé les Nations Unies à concentrer leur attention sur le non-respect du droit humanitaire par de nombreux acteurs de la communauté internationale, qui se traduit par l’absence de protection des populations civiles dans de nombreuses zones de conflit.  Il a enfin déclaré que son pays déployait en ce moment d’importants efforts pour parvenir aux Objectifs du Millénaire pour le développement et continuait à agir en faveur du rétablissement durable de la paix, de stabilité économique et sociale, et de la création d’institutions politiques démocratiques pleinement opérationnelles.  Des élections générales devraient avoir lieu en Angola en 2006, a-t-il précisé.


M. JOSCHKA FISCHER, Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne, a déclaré que les actions de la communauté internationale devraient être en priorité guidées par la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Nous ne pouvons pas accepter une situation où onze millions d’enfants meurent chaque année avant leur cinquième anniversaire, a-t-il dit.  Nous devons renforcer les droits des femmes et faire en sorte que la protection de l’environnement et les principes du développement durable deviennent des éléments clefs de la politique internationale, a-t-il ajouté, estimant que seule cette voie permettrait de surmonter durablement la faim, la pauvreté et les maladies.  Le Ministre allemand a également indiqué que son pays avait l’intention d’accroître son aide au développement et a, à cette fin, adopté, avec ses partenaires européens, un plan progressif qui lui permettra d’atteindre le niveau requis en 2015.  Il a ensuite fait observer que des succès durables ne seraient possibles que grâce aux efforts des pays en développement eux-mêmes.


M. Fischer a déclaré que le développement était inextricablement lié à la protection du climat, et a mis l’accent sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour appliquer la Plate-forme de la Convention sur les changements climatiques.  Le Ministre a également évoqué la réforme du Conseil de sécurité, rappelant que les pays du G-4 avaient présenté un projet répondant aux besoins des Nations Unies, des États Membres et de chaque région.  Il a appelé les États Membres à reprendre leurs consultations sur la réforme de l’Organisation au cours de la soixantième session de l’Assemblée générale.


M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre des affaires étrangères et de l’immigration du Luxembourg, a déclaré à l’instar du Secrétaire général, M. Kofi Annan, que l’Organisation des Nations Unies se trouvait « à la croisée des chemins».  Il a également insisté sur le rôle joué par le Luxembourg lors de sa présidence de l’Union européenne.  Au cours de cette présidence, l’Union européenne a élaboré un certain nombre de positions sur les divers thèmes discutés au cours du Sommet.  Le développement doit rester au centre de l’agenda international, a dit M. Asselborn en relevant que des études récemment publiées par le PNUD montraient que de nombreux pays, notamment africains, ont pris du retard dans la réalisation des OMD.


Afin de contrer les retards, voire les reculs qui ont été constatés dans un certain nombre de régions, notamment en Afrique, l’Union européenne a pris la décision majeure de mobiliser d’importants volumes additionnels d’aide publique au développement et d’atteindre l’objectif des 0,7% du PNB de ses États d’ici à 2015.  Parallèlement, a noté le représentant luxembourgeois, des efforts importants doivent être accomplis à la fois par les pays donateurs et les pays récipiendaires en matière de qualité de l’aide, de bonnes pratiques, de gouvernance et de lutte contre la corruption.  Le Vice-Premier Ministre du Luxembourg a approuvé la création de la Commission de consolidation de la paix, qui permettra d’intégrer dans une même perspective la gestion de la sortie de crise, les actions humanitaires et la relance du processus de développement.  Il a souligné que le monde ne devait pas rester impassible face aux génocides, aux purifications ethniques, aux crimes de guerre ou aux crimes contre l’humanité.  De même, les droits de l’homme, ainsi que la lutte contre le terrorisme, l’environnement, le développement durable, le désarmement et la non-prolifération doivent être débattus et décidés dans un cadre multilatéral, au sein d’institutions légitimes et efficaces, a-t-il estimé.


M. LYONPO KHANDU WANGCHUK, Ministre des affaires étrangères du Bhoutan, a déclaré que, compte tenu de la diversité des 191 États représentés à l’ONU, mais aussi de l’homogénéité des problèmes auxquels ils sont confrontés, devait prévaloir aux Nations Unies une approche respectant les principes de souveraineté égale de chaque pays, de non-ingérence dans les affaires intérieures et de recherche de solutions pacifiques pour résoudre les conflits.


Il a par ailleurs fait remarquer qu’un récent rapport de l’ONU avait mis en évidence le déséquilibre qui marque le faible développement des pays les moins avancés de la région Asie-Pacifique et la croissance rapide de quelques-uns de ses pays.  Ce rapport a également révélé que ces États recevaient moins de la moitié de l’aide au développement consacrée en moyenne par habitant aux PMA des autres régions.  M. Khandu Wangchuk a ainsi pressé la communauté internationale à régler ce problème qui concerne 260 millions de personnes de la région Asie-Pacifique.


M. KASSYMZHOMART KEMELEVICH TOKAEV, Ministre des affaires étrangères du Kazakhstan, a affirmé qu’il était essentiel de créer les conditions nécessaires politiques et économiques pour assurer l’inséparabilité et la complémentarité des trois principaux piliers du monde moderne: le développement, la liberté et la paix.  Les Nations Unies, a-t-il dit, ne devraient pas tolérer des phénomènes comme la misère et la pauvreté, la prolifération des armes de destruction massive et la propagation des maladies dangereuses, la discrimination et le terrorisme.  Le Ministre a rappelé que son pays, premier État du monde à avoir volontairement renoncé à son arsenal nucléaire, était engagé fermement dans le renforcement du régime de non prolifération.  Selon lui, il ne saurait y avoir une politique de deux poids deux mesures dans l’approche sur cette question.


M. YOUSSOUF OUÉDRAOGO, Ministre d’État chargé des affaires étrangères et de la coopération régionale du Burkina Faso, a déclaré qu’en dépit d’un environnement international et d’un contexte sous-régional particulièrement difficiles, son pays avait forcé les portes du progrès et avait pu s’assurer une croissance économique moyenne de 6% par an et améliorer ses indicateurs sociaux.  La stabilité des institutions républicaines et une gouvernance économique vertueuse ont contribué à ces résultats, a-t-il précisé.  Poursuivant sa déclaration, M. Ouédraogo a noté que l’objectif de scolarisation universelle nécessitait des efforts et des initiatives plus hardis, notamment en matière d’infrastructures et de formation des ressources humaines.  Par ailleurs, a-t-il ajouté, la quête de l’égalité entre les sexes a connu des avancées notables, le ratio filles/garçons étant passé à 0,77% dans l’enseignement primaire et à 6,67% dans le secondaire.  Évoquant la situation sanitaire, M. Ouédraogo a indiqué que le taux de mortalité des enfants et des nouveaux-nés avait enregistré une baisse de 35 points entre 1998 et 2003, et celui de la mortalité maternelle de 82 points entre 1993 et 1998. 


S’agissant de la lutte contre le VIH/sida, a-t-il poursuivi, les données de l’ONUSIDA rapportent que le taux de prévalence est passé de 7,17% en 1997 à 6,5% en 2001, puis à 4,2% en 2002 et enfin, à 1,9% en 2003.  M. Ouédraogo a plaidé pour une mobilisation accrue de la communauté internationale dans la lutte contre le fléau du paludisme, qui est la première cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans, a-t-il rappelé.  Concernant la gestion de l’eau, il a déclaré que les besoins des populations de son pays étaient actuellement couverts à hauteur de 80%, la poursuite des efforts engagés par le Gouvernement et ses partenaires devant permettre à moyen terme de tenir le pari de l’eau potable pour tous.  M. Ouédraogo a enfin jugé que l’action conjuguée et coordonnée des nations du monde devait résolument se poursuivre et se renforcer, pour créer partout un environnement favorable à la construction de la paix, de la sécurité et du progrès pour tous.


M. GHIRMAL GHEBREMARIAM (Érythrée) a relevé que, cinq ans après la Déclaration du Millénaire, la plupart des pays à faible revenu ne peuvent pas envisager d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a attiré l’attention en particulier sur le cas inquiétant des pays de l’Afrique subsaharienne.  Le représentant a appelé les pays développés à passer des promesses aux actions concrètes, afin de fournir des financements permettant d’atteindre les OMD.  Retraçant la reconstruction de l’économie après l’indépendance de son pays en 1991, M. Ghebremariam a rappelé que le bon départ pris avait été interrompu par le conflit frontalier avec l’Éthiopie qui a commencé en 1998, ainsi que la terrible sécheresse qui a suivi. 


L’Érythrée a l’espoir d’atteindre 8 des 10 OMD d’ici à 2015, mais malheureusement pas les objectifs cruciaux concernant l’éradication de l’extrême pauvreté et l’éducation primaire universelle.  Le représentant a enfin lancé un appel à la communauté internationale afin que soit respectée la décision de la Commission de délimitation des frontières entre l’Érythrée et l’Éthiopie, soulignant que la paix et la stabilité sont nécessaires pour l’accomplissement des OMD.


Liste des intervenants


Djibouti, Fédération de Russie, Zambie, Équateur, République centrafricaine, ex-République yougoslave de Macédoine, Iraq, Bélarus, Chili, Gambie, Mali, République fédérative du Brésil, Seychelles, Burundi, République populaire de Chine, Saint-Marin, Cap-Vert, Georgie, Nauru, République du Congo, Mongolie, Afrique du Sud, Inde, Éthiopie, Saint-Kitts-et-Nevis, Cambodge, Samoa, Maurice, Lesotho, Turquie, République tchèque, Danemark, Jamaïque, Italie, Koweït, Israël, Guinée, France, Sainte-Lucie, Serbie-et-Monténégro, Monaco, Ukraine, Guinée équatoriale, Namibie, îles Marshall, Lituanie, Slovénie, Mozambique, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Brunéi Darussalam, Swaziland, Comores, Venezuela, Uruguay, Gabon, Bénin, Estonie, Philippines, Chypre, Sri Lanka, Suisse, Albanie, Islande, îles Salomon, Arabie saoudite, Japon, Suède, Belgique, Belize, Viet Nam, Afghanistan, Angola, Allemagne, Luxembourg, Bhoutan, Kazakhstan, Burkina Faso et Érythrée.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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