SG/2085

LE SECRETAIRE GENERAL APPELLE A « UNE IDENTITE DE VUES FONDEE SUR UN PROGRAMME DE SECURITE COMMUN »

08/09/2003
Communiqué de presse
SG/2085


LE SECRETAIRE GENERAL APPELLE A « UNE IDENTITE DE VUES FONDEE

SUR UN PROGRAMME DE SECURITE COMMUN »


Le Conseil de sécurité doit « regagner

la confiance des États et de l’opinion publique mondiale »


ONU, NEW YORK, 8 septembre -– Dans un rapport publié aujourd’hui, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Kofi Annan, appelle tous les États du monde à surmonter les divisions provoquées par la guerre en Iraq pour recouvrer leur unité, à trouver un terrain d’entente concernant les principales menaces auxquelles est confrontée l’humanité, et à oser envisager une réforme radicale de l’Organisation des Nations Unies elle-même, ainsi que d’autres institutions internationales, si cela s’avérait nécessaire pour en améliorer l’efficacité.


Ce rapport est publié deux semaines avant le « débat général » annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies, auquel de nombreux dirigeants du monde devraient participer. M. Annan a écrit à tous les chefs d’État et de gouvernement en les priant instamment d’y assister cette année et de réfléchir aux moyens d’améliorer le fonctionnement du système international.


Le rapport de 2003 sur l’application de la Déclaration du Millénaire publié aujourd’hui vise clairement à préparer ce débat. Le Secrétaire général commence par évoquer la « catastrophe majeure » qui a frappé l’ONU le 19 août, lorsque son quartier général à Bagdad a été la cible d’un attentat à l’explosif, causant la mort de 22 personnes, dont le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, Sergio Vieira de Mello.


M. Annan décrit cet attentat comme étant « un défi direct à la vision de la solidarité mondiale ancrée dans la Charte des Nations Unies », qui avait inspiré la Déclaration du Millénaire adoptée par tous les chefs d’État lors du Sommet du Millénaire, il y a exactement trois ans. Il considère cet attentat comme le dernier en date d’une série d’événements qui font apparaître le consensus sur la paix et la sécurité mondiales « moins solide que trois ans auparavant ».


Sur le front du développement, le rapport est plus positif. Les objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire peuvent toujours être atteints durant les 12 années qui nous séparent de 2015, est-il déclaré, mais il faut pour cela « maintenir et accroître l’élan acquis ». Le Secrétaire général fait toutefois observer que « des doutes sérieux subsistent quant à la question de savoir si les États Membres sont suffisamment déterminés pour donner suite » au consensus auquel ils sont parvenus.


Dans le domaine des droits de l’homme et de la démocratie, M. Annan déclare qu’il « existe un risque que nous abandonnions certains des acquis importants » obtenus au cours des années 90, car les droits de l’homme sont désormais mis en péril par le terrorisme mais aussi par les méthodes utilisées par les États pour le combattre.


Dans le chapitre consacré à la paix et à la sécurité, le plus long du rapport, le Secrétaire général rappelle que « l’architecture de sécurité internationale doit pouvoir s’adapter aux besoins de notre temps », mais s’inquiète de l’absence de consensus quant à la nature de ces besoins. Si quelques États s’attachent en priorité à lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, « pour de nombreuses populations dans le monde, la pauvreté, le dénuement et la guerre civile demeurent des préoccupations prioritaires ».


Le Secrétaire général déclare qu’il est « indispensable que la communauté internationale mette un terme aux différends des derniers mois et parvienne à une identité de vues fondée sur un programme de sécurité commun ». Cet objectif, ajoute-t-il, « ne pourra être atteint que si les États, dans la poursuite de leurs intérêts nationaux, montrent qu’ils comprennent et respectent les réalités mondiales et les besoins d’autrui ».


Le programme de sécurité commun, poursuit-il, « devrait refléter un consensus global sur les principales menaces à la paix et à la sécurité, qu’elles soient anciennes ou nouvelles, et sur notre intervention commune » et « ne devrait pas reculer devant la nécessité d’améliorer et, au besoin, de modifier la structure et les fonctions de l’ONU et d’autres institutions internationales ».


En particulier, déclare le Secrétaire général, le Conseil de sécurité doit « regagner la confiance des États et de l’opinion publique mondiale », et sera d’autant plus à même de le faire « s’il est perçu comme étant largement représentatif de la communauté internationale dans son ensemble ainsi que des réalités géopolitiques du monde contemporain ». M. Annan espère donc que les États Membres redoubleront d’efforts pour parvenir à un accord sur l’élargissement du Conseil.


Dans le chapitre consacré au développement, le Secrétaire général insiste sur la nécessité pour les pays développés d’honorer leurs engagements vis-à-vis du monde en développement dans les domaines du commerce, de l’allégement de la dette et de l’aide. Il déclare que le succès ou l’échec des objectifs du Millénaire pour le développement en dépend, et que les pays développés devraient se donner des échéances, de la même manière qu’ils se sont engagés à réduire de moitié d’ici à 2015 la proportion de la population mondiale vivant dans une extrême pauvreté et souffrant de la faim.


Dans le chapitre relatif aux droits de l’homme, à la démocratie et à la bonne gouvernance, il appelle l’attention sur le fait que « la tolérance est trop souvent la première victime de la “guerre contre la terreur”, qui est largement perçue, en particulier par les musulmans, comme une guerre contre l’islam » et ajoute qu’un « plus grand respect des droits de l’homme, plus de démocratie, plus de justice sociale seront, à long terme, la prophylaxie la plus efficace contre la terreur ».


Il aborde également en détail dans ce chapitre les droits fondamentaux des femmes. « Tout ce que l’on peut dire de positif », déclare M. Annan, « est qu’une attention accrue est portée aux questions affectant leurs droits à l’échelle mondiale bien qu’au niveau des pays, les progrès soient minimes et que dans certains cas, même les droits acquis soient menacés ».


Le rapport s’achève sur un chapitre intitulé « Renforcer les institutions multilatérales », dans lequel le Secrétaire général appelle les États Membres à « examiner attentivement » l’architecture des institutions internationales et, en particulier, les principaux organes de l’Organisation elle-même – non seulement le Conseil de sécurité, mais l’Assemblée générale, le Conseil économique et social et peut-être même le Conseil de tutelle (organe qui n’a plus de réelle fonction depuis que les territoires sous tutelle – essentiellement d’anciennes colonies des puissances de l’Axe de la Seconde Guerre mondiale – sont devenus indépendants, mais qui pourrait, suggère M. Annan, « être réexaminé à la lumière des nouveaux types de responsabilité conférés à l’ONU par ses États Membres au cours des dernières années »).


Note : On pourra consulter le texte intégral du rapport, publié sous la cote A/58/323, à partir du 8 septembre, à l’adresse suivante : <www.un.org/french/milleniumgoals&gt;.


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