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PNUE/95
12 septembre 2003

PNUE : EN DIX ANS, LE TOURISME A AUGMENTE DE 100% DANS LES REGIONS LES PLUS RICHES EN ESPECES ET LES PLUS MENACEES

12/09/03
Communiqué de presse
PNUE/95


PNUE : EN DIX ANS, LE TOURISME A AUGMENTE DE 100% DANS LES REGIONS LES PLUS RICHES EN ESPECES ET LES PLUS MENACEES


Washington, DC/Durban/Nairobi, 12 septembre (PNUE) -- Dans les régions les plus riches en espèces et les plus fortement menacées, « points chauds » de la diversité biologique, le tourisme a augmenté de plus 100% entre 1990 et 2000.  C’est ce que révèle un rapport publié aujourd’hui par « Conservation International » et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). 


Intitulé « Tourisme et biodiversité : Relever les empreintes du tourisme dans le monde », le rapport est à ce jour l'étude la plus détaillée qui ait été consacrée à l’impact du tourisme sur la diversité biologique. Dans certaines régions, l’augmentation du tourisme a été extraordinaire. Au Cambodge et au Laos, par exemple, ces dix dernières années, le tourisme a augmenté de plus de 2000%.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes.  Pour l’Afrique, le Brésil, le Nicaragua, El Salvador et la République dominicaine, les pourcentages oscillent entre 500 et plus de 128%. 


A lui seul, le tourisme représente 11% du Produit national brut mondial (PNUD) et emploie 200 millions de personnes.  Chaque année, quelque 700 millions de voyageurs s’adonnent au tourisme et ce chiffre devrait doubler d'ici 2020.  Le tourisme devient donc une industrie importante voire la plus importante du monde. L’exploration et l’expédition en ressortent comme les secteurs qui connaissent la plus forte croissante. Les activités touristiques ne pourront alors que se multiplier dans les régions riches en diversité biologique mais particulièrement fragiles. Si le tourisme peut contribuer à la protection de la nature, sa forme la plus débridée représente une menace réelle pour la préservation de la diversité biologique.


"Nous sommes à un carrefour où se rencontrent la nature, les communautés en difficulté et l’expansion mondiale du tourisme » analyse le Responsable de l’écotourisme du « Conservation International » et Rédacteur en chef du rapport, M. Costas Christ.  Il estime qu’en liant le développement du tourisme à la préservation de la biodiversité et au bien être des communautés locales, il sera possible d’élaborer des stratégies propres à protéger les écosystèmes les plus menacés et à contribuer de manière significative à l'allégement de la pauvreté.


Un développement touristique mal planifié peut avoir de multiples conséquences sur « les points chauds » de la diversité biologique comme le défrichage de forêts intactes, la pollution, l'introduction d'espèces envahissantes, les pénuries d'eau et l’appauvrissement et la dégradation des ressources en eau. 


Le développement du tourisme est, en outre, de plus en plus imbriqué dans les économies des pays en développement qui souvent abritent les régions à très grande diversité biologique. Ainsi le tourisme est devenu une importante source de revenus pour les 49 pays les moins avancés et la principale source pour 37 d'entre eux. Bien qu’économiquement avantageux, le tourisme peut s'avérer aléatoire pour les communautés locales et entraîner un déracinement des populations autochtones, des fluctuations monétaires ou encore des ruptures dans l’ordre social et culturel.


"Le tourisme peut être un couteau à double tranchant », estime le Directeur exécutif du PNUE, M. Klaus Toepfer.  Il est de l’intérêt de tous et de l’industrie touristique, en particulier, estime-t-il encore, qu’au 21ème siècle, le pouvoir économique du tourisme soit exploité au profit des populations locales et des espèces. Le tourisme dépend de communautés stables et en bonne santé et de l’environnement. Il ne doit en aucun cas détruire ce que les touristes veulent précisément voir. Selon M. Toepfer, il existe heureusement de nombreux exemples d’équilibre entre les besoins de l'industrie touristique et ceux des hommes et des espèces. Nous devons encourager et multiplier ces exemples dans le monde pour qu’ils deviennent pas des îlots de bonnes pratiques dans une mer de déchets écologiques.


Le rapport « Tourisme et biodiversité : Relever les empreintes du tourisme dans le monde » comprend des graphiques sur la croissance du tourisme dans les régions les plus riches en diversité biologique et fait des recommandations aux gouvernements, au secteur privé, aux bailleurs de fonds et aux communautés locales. Le rapport montre comment le développement d’un tourisme fondé sur les principes de l'écotourisme, à savoir la durabilité de l'environnement, la protection de la nature et l’appui aux populations locales, peut avoir un impact positif sur la préservation de la diversité biologique et, du point de vue économique, offrir une réelle alternative aux communautés locales.


"Intégrer la préservation de la biodiversité dans la planification du tourisme peut générer de meilleurs revenus pour l'industrie alors que détruire l'environnement reviendrait à tuer la poule aux œufs d’or », a déclaré le Président de « Conservation International », Russ Miettermeier.


Le nombre de touristes étant passé de 25 millions en 1950 à plus de 700 millions aujourd'hui, la capacité du tourisme à toucher les dernières régions intactes de la planète a incité les groupes de protection de la nature et le PNUE à inscrire la question de l’industrie touristique au cœur de leur ordre du jour. Fruit de deux ans de recherches, le rapport entend contribuer à l'élaboration de stratégies pour le développement d’un tourisme soucieux d’écologie. 


Sont disponibles sur demande des images et des cartes. Pour télécharger le document (pdf - en anglais, 3,75MB), veuillez visiter le site Web www.unep.org/PDF/Tourism-and-biodiversity.pdf


A propos des organisations 


« Conservation International » est une organisation internationale qui se consacre, dans plus 30 pays dans le monde, à la protection de la diversité biologique et à la promotion d’une harmonie entre les sociétés humaines et la nature. L'organisation recherche des solutions scientifiques, politiques et économiques au problème de la protection des écosystèmes riches en diversité biologique et menacés. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site Web  www.conservation.org


Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE)est la voix environnementale de la famille des Nations Unies. Basé à Nairobi au Kenya, l'organisation emploie plus de 650 personnes avec un budget annuel d'environ 80 millions de dollars.  Parmi ses activités, on retiendra le contrôle et l'évaluation de l'environnement, l'élaboration d'instruments politiques et juridiques, la mise au point de campagnes de sensibilisation et le partage d’informations, le renforcement des capacités et des institutions et l'assistance technique. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Web www.uneptie.org


Vous pouvez aussi contactez Eric Falt, Porte-parole du PNUE/Directeur de la Division de la communication et de l'information, au Tel: +254 2 623292, Mobile: +254 (0) 733 682656, E-mail: eric.falt@unep.org ou Nick Nuttall, UNEP, Head of Media, au Tel: +254 2 623084, Mobile: +254 (0) 733 632755, E-mail: nick.nuttall@unep.org.


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