OUVERTURE DU FORUM MONDIAL DES MEDIAS ELECTRONIQUES PAR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES ET LE PRESIDENT SUISSE

PI/G/1525
9 décembre 2003

OUVERTURE DU FORUM MONDIAL DES MEDIAS ELECTRONIQUES PAR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES ET LE PRESIDENT SUISSE

09/12/2003
Communiqué de presse
PI/G/1525


Forum mondial des médias électroniques


OUVERTURE DU FORUM MONDIAL DES MEDIAS ELECTRONIQUES PAR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES ET LE PRESIDENT SUISSE


Genève, le 9 décembre -- A l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Forum mondial des médias électroniques, qui se tient à Genève à partir de cet après-midi en tant qu’événement parallèle au Sommet mondial sur la société de l’information qui ouvre ses travaux demain, M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, a mis en avant un paradoxe: les médias électroniques, en dépit de leur omniprésence, sont encore hors d’atteinte pour des millions d’habitants de la planète.  Cette fracture n’est pas uniquement numérique, elle correspond aussi à de profondes disparités en termes de liberté, de richesse, de pouvoir et d’espoir en des jours meilleurs, a-t-il poursuivi, soulignant que ce rassemblement de Genève était précisément destiné à résoudre ce paradoxe.  Il faut poser d’emblée le constat que les bénéfices de la révolution technique ne sont pas, et de loin, accessibles à tous, les pays industrialisés étant à cet égard très clairement avantagés par rapport aux pays plus pauvres, a renchéri M. Shashi Tharoor, Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la communication et à l’information, qui a rappelé que la moitié de l’humanité ne connaissait pas l’usage du téléphone et encore moins l’accès à Internet, et a espéré que le Forum permettrait justement de redresser ces déséquilibres choquants.


Le respect de la liberté de la presse a également été largement mis en avant au cours de cette cérémonie.  L’objectif n’est pas de diffuser plus d’informations dans plus d’endroits, mais d’instaurer une véritable société de l’information, ouverte et sans exclusive, dans laquelle la connaissance donne aux peuples les moyens d’améliorer leur sort et celui de toute l’humanité, a fait valoir M. Kofi Annan.  Qu’un gouvernement mette en place un cadre juridique et réglementaire, soit, mais qu’il aille plus loin et se laisse entraîner sur la pente de la censure et de l’intimidation, et c’est nous tous qui sommes menacés et, à terme, tous nos droits, a-t-il poursuivi, appelant les participants au Sommet de Genève à réaffirmer cette liberté fondamentale. 


C’est également sur la liberté d’expression qu’a insisté M. Pascal Couchepin, Président de la Suisse, qui a jugé essentiel de favoriser une presse libérale et pluraliste.  Rappelant à cet égard que son pays était confronté à une multitude de langues et de cultures grâce aux émissions télévisées des pays voisins, il s’est félicité de ce que la télévision suisse, au risque d’agacer parfois le monde politique, soit entièrement indépendante et que toutes les communautés linguistiques du pays, quelles que soient leur importance et leur langue, bénéficient d’un service public équitable et efficace. 


Le débat animé notamment par la journaliste Christine Ockrent et ponctué de reportages, a donné l’occasion à de nombreux intervenants, en duplex du monde entier, de s’exprimer autour des thèmes que sont la fracture numérique et de la liberté d’expression.  Dans ce contexte, un journaliste algérien a souligné que l’arrivée des programmes étrangers par satellite dans son pays avait permis de surmonter certaines entraves à la diffusion de l’information.  De même, un reportage sur une chaîne de télévision basée à Los Angeles et diffusée en Iran dans la langue nationale, a montré que l’arrivée de cette nouvelle chaîne avait suscité un important débat au sein des autorités nationales sur la portée des mesures de libéralisation envisageables.


Enfin, la réunion a été l’occasion pour les six principaux représentants des téléradiodiffuseurs du monde entier de remettre au Secrétaire général des Nations Unies la «Déclaration du Forum des médias électroniques», qui représente la position collective des téléradiodiffuseurs de toute la planète.  Ils y mettent notamment l’accent sur le nécessaire respect de la diversité culturelle et du pluralisme des médias.


Déclarations


M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a souligné que le pouvoir des médias est évident.  Il a rappelé que ceux-ci peuvent non seulement éduquer, distraire, inspirer et informer, mais aussi servir à alerter et à réveiller les consciences ainsi qu’à dénoncer les injustices et, surtout, permettre de rapprocher tous les habitants de la planète.  À l’ère de l’information, les médias électroniques sont parmi les plus importants vecteurs de paix, de progrès et de solidarité, a déclaré M. Annan.  Il a toutefois attiré l’attention sur un paradoxe, à savoir que si les médias électroniques peuvent sembler omniprésents, pour des millions d’habitants de la planète, ils restent hors d’atteinte.  Beaucoup d’entre eux n’ont même pas l’électricité; d’autres sont trop pauvres pour acheter téléviseur, radio ou antenne parabolique, a rappelé le Secrétaire général.  Il a en outre relevé que les obstacles ne sont pas seulement d’ordre technique.  «Les émissions ne sont diffusées que dans un petit nombre de langues et, dans certains pays, la réception de programmes étrangers est illégale», a-t-il souligné.  Certaines émissions peuvent contribuer à sensibiliser les habitants des pays riches au sort des populations moins favorisées, mais d’autres suscitent au contraire l’envie et le ressentiment chez les plus démunis, a poursuivi le Secrétaire général.  Il a rappelé que les médias avaient aussi été utilisés en Allemagne, sous le régime nazi, au Rwanda et ailleurs, comme instruments de propagande, pour inciter à la haine et véhiculer d’odieux stéréotypes.

Le Secrétaire général a d’autre part déclaré que la concentration des médias entre quelques mains fait craindre pour l’avenir du pluralisme.  «La fracture n’est pas seulement numérique, elle correspond aussi à de profondes disparités en termes de liberté, de richesse, de pouvoir et, en dernière analyse, d’espoir en des jours meilleurs», a également affirmé M. Annan.  «Nous sommes réunis à Genève pour réfléchir au pouvoir des médias et résoudre le paradoxe et pour dresser un plan d’action en partenariat», a-t-il déclaré.  L’objectif n’est pas de diffuser plus d’informations dans plus d’endroits, mais d’instaurer une véritable société de l’information, ouverte et sans exclusive, dans laquelle la connaissance donne aux gens les moyens d’améliorer leur sort et celui de toute l’humanité, a-t-il expliqué.  Les médias sont bien sûr partie prenante dans cet effort, a-t-il

poursuivi.  La liberté de la presse est essentielle pour que les journalistes puissent s’acquitter de leur importante mission, a ajouté le Secrétaire général.  «Qu’un gouvernement mette en place un cadre juridique et réglementaire, soit, mais qu’il aille plus loin et se laisse entraîner sur la pente de la censure et de l’intimidation, et c’est nous qui sommes menacés et, à terme, tous nos droits», a déclaré M. Annan.  C’est cette liberté fondamentale que le Sommet doit donc réaffirmer, a-t-il insisté.  Les technologies de l’information nous ont ouvert les portes d’une nouvelle ère, encore devrons-nous les franchir, a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies.


M. PASCAL COUCHEPIN, Président de la Suisse, a souligné le pouvoir d’influence important dont disposent la radio et la télévision compte tenu notamment de leur ubiquité.  Dans ce contexte, combler le fossé de l’information, c’est offrir une chance à chacun de maîtriser son destin et, de même que la diversité de la presse a favorisé la démocratie libérale, il convient de favoriser une presse libérale et pluraliste.


La Suisse, quant à elle, est confrontée à une multitude de langues et de cultures grâce aux émissions télévisées des pays voisins, a fait remarquer M. Couchepin.  La tâche est donc rude pour le système de service public suisse.  Quoi qu’il en soit, la télévision suisse, au risque d’agacer parfois le monde politique, est entièrement indépendante, et toutes les régions du pays, quelle que soit leur taille, bénéficient d’un service public égalitaire et efficace.


Les nouvelles technologies de l’information permettent certes la multiplication de l’information, mais cela ne dit rien des conditions de sa réception et de son traitement, en fonction essentiellement de conditions culturelles locales, a observé le Président suisse.  Il faut à cet égard inventer de nouvelles manières de communiquer entre collectivités et individus plus ou moins favorisés, et tel devra être le rôle de ce Forum.


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