L'ACCES AUX MARCHES, AUX BIENS DE PRODUCTION ET AUX SERVICES SANITAIRES ET SOCIAUX EST LA CLE DU DEVELOPPEMENT RURAL

ECOSOC/6050
2 Juillet 2003

L'ACCES AUX MARCHES, AUX BIENS DE PRODUCTION ET AUX SERVICES SANITAIRES ET SOCIAUX EST LA CLE DU DEVELOPPEMENT RURAL

02/07/03
Communiqué de presse
ECOSOC/6050


Conseil économique et social


L'ACCES AUX MARCHES, AUX BIENS DE PRODUCTION ET AUX SERVICES SANITAIRES ET SOCIAUX EST LA CLE DU DEVELOPPEMENT RURAL


GENEVE, 2 juillet -- Le Conseil économique et social a poursuivi ce matin son débat de haut niveau consacré à la promotion d'une approche intégrée du développement rural aux fins de l'élimination de la pauvreté et du développement durable.  Dans ce cadre, il a été souligné que l'accès aux marchés, aux biens de production et aux services sanitaires et sociaux est la clé du développement rural.  Plusieurs ministres de pays en développement ont rendu compte de leur expérience en la matière et se sont accordés pour reconnaître que seule une approche intégrée visant à renforcer les capacités et la responsabilisation des communautés rurales avait donné des résultats positifs. 


Ainsi, à l'instar de la Tanzanie, nombre de pays privilégient désormais l'amélioration des conditions de vie des populations rurales, l'autosuffisance, le renforcement des capacités et de la responsabilisation des populations et l'amélioration des capacités de production et de la compétitivité sur les marchés internationaux.  Face à la croissance des villes et des bidonvilles en Afrique en réponse à l'exode rural, un ministre d'État ougandais a suggéré que l'une des raisons de ce phénomène tenait à ce que les décideurs avaient omis de prendre en considération le secteur informel dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté.  Il a fortement recommandé aux gouvernements de reconnaître le secteur informel au rang de leurs priorités de façon à attirer des capitaux pour le développement de ce secteur qui est une réponse au chômage croissant des jeunes. 


Outre l'incidence des conflits sur le développement rural, qui a retenu l'attention de plusieurs ministres africains, le Directeur général de la Commission nationale de planification de la Namibie, a déploré les conséquences du VIH/sida sur le développement rural.  En effet, malgré les efforts consentis par les États, leurs progrès sont entravés par la pandémie, qui a des conséquences particulièrement désastreuses sur l'agriculture, secteur qui exige une main-d'œuvre abondante. 


Faisant écho à la demande de nombreux pays en développement pour que leurs produits puissent accéder équitablement aux marchés mondiaux, M. Bjørn Skogmo, Secrétaire général adjoint du Ministère des affaires étrangères de la Norvège, a déclaré qu'au-delà de l'accès aux marchés, il faut que les pauvres puissent accéder aux biens de production, aux infrastructures et aux services sanitaires et sociaux de base, tels que l'eau, l'éducation et la santé.


Le représentant de la France a présenté la politique de développement de son pays dont l'objectif premier est de garantir la sécurité alimentaire en encourageant l'investissement dans la production agricole et favorisant la croissance des productions destinées au marché intérieur.  Dans ce contexte, il a rappelé que les pays du G8 avaient marqué leur accord à Evian pour travailler sur cette base, en partenariat avec les pays concernés, en adoptant un plan d'action consacré à la lutte contre la famine, en particulier en Afrique.  M. Kessedjian a rappelé aussi que la Commission européenne s'était prononcée en faveur d'un moratoire qui serait décidé par tous les pays développés sur les aides aux exportations agricoles déstabilisantes à destination de l'Afrique pendant la durée des négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).  Elle préconise également la recherche d'une convergence entre les régimes de préférence au bénéfice des pays de l'Afrique sub-saharienne et la relance de la réflexion sur la question des matières premières et des produits de base.


En début de séance, le professeur Hans Rosling, du International Health Karolinska Institute a présenté un logiciel permettant de mieux comprendre les statistiques de développement.  Ce logiciel a été conçu de façon à permettre une analyse visuelle de données collectées, mettant en perspective, par exemple, les indices humains et les indices de revenus par habitant et par État.  Ce logiciel permet aussi de suivre l'évolution comparée de divers pays depuis l'après-guerre.


À la fin de la séance, Mme Veena Singh a présenté un film rendant compte des réalisations en faveur de la formation et de l'émancipation des femmes de la All India Women's Education Fund Association.  Elle a expliqué que son association avait construit un collège modèle pour les femmes et que ce modèle était maintenant exporté vers les pays voisins.


Outre les personnalités déjà citées, ont pris part aux débats la Ministre de la planification du développement et de la reconstruction du Burundi, le Ministre de l'agriculture de la Malaisie, le Vice-Ministre des affaires étrangères de la Bulgarie, le Vice-Ministre des affaires étrangères d'Iran, le Vice-Ministre de l'agriculture et du développement du Mozambique et la Directrice générale de la production de l'Institut de développement agricole du Chili.  Les représentants des pays suivants ont également fait une déclaration : Arabie saoudite, Équateur, Maurice, Chine et Bangladesh.  Le Directeur général adjoint pour l'Afrique de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) ainsi que des représentants de l'Institution pour l'utilisation de micro-algues spiruline contre la malnutrition et de la Fédération mondiale des associations pour les Nations Unies.


Le Conseil poursuivra cet après-midi, à partir de 15 heures, son débat de haut niveau qui s'achèvera par l'adoption d'une déclaration ministérielle.


Suite du débat de haut niveau


M. PETKO DRAGANOV, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Bulgarie, a jugé erronée la perception selon laquelle les pays en transition seraient en concurrence avec les pays en développement pour ce qui est de l'aide apportée par les pays développés.  Il a affirmé que l'expérience de la transition assimilée par des pays tels que la Bulgarie peut et devrait être utilisée comme cadre de référence par les pays en développement lorsqu'il s'agit d'élaborer et de mettre en œuvre des politiques de développement.  L'analyse de l'expérience vécue par la Bulgarie permet d'insister sur l'importance qu'il y a à assurer un équilibre entre les divers domaines - par exemple entre l'éradication de la pauvreté et la protection de l'environnement.  En effet, l'approche par secteur, que beaucoup de pays, dont la Bulgarie, ont suivie pendant des décennies, a donné lieu à des cycles au cours desquels de grands accomplissements ont été réalisés dans un secteur donné au détriment d'autres secteurs.  Aussi, a insisté M. Draganov, convient-il de rechercher des solutions aux problèmes communs de l'humanité en adoptant une approche intégrée du développement durable.


MME SERAPHINE WAKANA, Ministre de la planification du développement et de la reconstruction du Burundi, a rappelé que la population de son pays est à 93 % rurale et que le Burundi fait face depuis dix ans à une guerre fratricide qui anéantit les efforts de développement.  En effet, les indicateurs socio-économiques se sont effondrés et le revenu par habitant a tant baissé que plus de 66 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.  En définitive, la guerre aura coûté au Burundi 15 ans de progrès économique et social.  Elle a expliqué que la première tâche du Gouvernement était de ramener la paix et la sécurité et s'est félicitée que le processus de négociations pour un cessez-le-feu définitif soit en passe d'aboutir.  Elle a déclaré que le Burundi s'apprêtait à accueillir le retour des réfugiés et des personnes déplacées.  À cet égard, elle a indiqué que son Gouvernement entendait ne pas négliger de former les ressources humaines indispensables à la réalisation de l'objectif d'une éducation universelle et de santé pour tous.  C'est cette population bien formée et en bonne santé qui sera à même de mener à bien des activités génératrices de revenus, a-t-elle ajouté. 


Cela étant, le retour à la paix et le développement durable exigeront des efforts, des compétences et des fonds que le Burundi est loin de pouvoir mobiliser, a poursuivi la ministre, qui reste convaincue que la contribution de la communauté internationale reste indispensable à l'amélioration des conditions de vie des populations rurales burundaises.  Elle a demandé aux partenaires du développement d'accélérer le déboursement des aides promises lors des tables rondes organisées dans la foulée de la conclusion de l'accord de paix et lancé un appel vibrant à l'allégement de la dette extérieure du Burundi.  Pour les nouveaux apports de fonds, elle a indiqué que le Burundi souhaitait qu'ils soient destinés essentiellement au micro-financement des petites exploitations agricoles.  Comme il ne servirait à rien de produire sans pouvoir accéder aux marchés internationaux, elle a demandé que la suppression des barrières tarifaires et autres devienne une réalité.  Elle a ajouté qu'un appui au développement du transport aérien aiderait à atténuer le problème d'enclavement.


M. IMMANUEL NGATJIZEKO, Directeur général de la Commission nationale de planification de la Namibie, a indiqué que son pays a élaboré et est en train de mettre en œuvre de nombreuses politiques visant spécifiquement la réduction de la pauvreté et le développement des zones rurales.  La Vision de la Namibie à l'horizon 2030, ainsi que le second plan national de développement et la stratégie de réduction de la pauvreté figurent au nombre de ces politiques, a-t-il précisé.  La Namibie s'est également dotée d'une politique de décentralisation et d'un plan à moyen terme de lutte contre le VIH/Sida.  Ces plans, qui reconnaissent le rôle important du développement rural en tant qu'instrument permettant d'atteindre les objectifs de développement fixés au niveau national, visent notamment à réduire les déséquilibres du passé en matière de développement.


M. Ngatjizeko a par ailleurs souligné que le Gouvernement namibien assure l'éducation gratuite des enfants de 6 à 16 ans ainsi que l'éducation supérieure de nombreux Namibiens.  Depuis l'indépendance du pays, il y a 14 ans, le Gouvernement consacre plus de 25% de son budget national à l'éducation.  Il s'efforce également d'apporter une eau potable à l'ensemble de la population en mettant l'accent sur les zones rurales.  La réforme agraire reste néanmoins l'un des problèmes urgents qui se posent au pays, a admis M. Ngatjizeko.  Plusieurs mesures juridiques, telles que la loi sur l'égalité entre époux, prévoient une plus grande équité et un meilleur équilibre entre les sexes pour ce qui est de l'accès à la terre.  Malgré les progrès accomplis pour promouvoir le développement rural, les efforts consentis ont été entravés par la pandémie du VIH/sida, a poursuivi M. Ngatjizeko.  L'agriculture, qui exige une main-d'œuvre abondante, est particulièrement affectée par cette pandémie.  La Namibie a toutefois de bons avantages comparatifs : c'est un pays peu peuplé et politiquement stable, qui dispose de bonnes infrastructures et d'un bon réseau de communication.


M. DATUK MOHD. EFFENDI NORWAWI, Ministre de l'agriculture de la Malaisie, a rappelé l'attachement de son pays au développement rural et précisé que la Malaisie y consacrait 20 à 26 % de son budget.  Il a fait savoir que quelque 18 % de la population malaise travaillait dans l'agriculture qui représente 8, 7 % du produit intérieur brut du pays.  Il a expliqué que la Malaisie s'était engagée dans un effort de modernisation de ce secteur afin d'introduire de meilleures pratiques de gestion et de faciliter les regroupements d'exploitations.  Il a précisé que la clé du succès de ces initiatives était dans la bonne coordination des services.  En dépit des efforts et des bons résultats de la Malaisie, le Ministre a regretté que la durabilité de ce développement rural était liée à l'évolution des accords de l'OMC qui devraient évoluer vers une plus grande libéralisation des marchés.  Pourtant, il a fait remarquer que, selon les estimations de l'OCDE, les tarifs douaniers sur les produits non agricoles étaient de 4 % environ alors qu'ils demeurent de 62 % pour les produits agricoles.  Dans ces conditions, il a observé que les exportations des pays en développement n'avaient que faiblement augmenté et que certains pays constataient même une détérioration de leur balance d'échanges.  Cette attitude protectionniste des pays développés constitue un véritable obstacle au développement des pays en développement. 


Le ministre malaisien a également déploré que les pays développés continuent d'accorder de fortes subventions à leurs agriculteurs et que, de ce fait, les produits des pays en développement ne sont pas compétitifs sur les marchés.  Il a mis en garde contre les manœuvres qui conduiraient à remplacer ce type de barrières par des considérations relatives à la protection des animaux ou aux normes de qualité.  En effet ces nouvelles barrières techniques contredisent l'intention affichée de garantir un accès plus libre aux marchés, puisque les pays en développement n'ont pas accès aux mêmes technologies.  Pour que les futures négociations dans le cadre de l'OMC se révèlent fructueuses, il est indispensable que les États voient au-delà de leur intérêt national et prennent en considération la souffrance de milliards de personnes qui vivent dans les zones rurales des pays en développement, a-t-il pressenti.  En conclusion, il a recommandé aux gouvernements de veiller au bon fonctionnement de leurs services et à la bonne application de leurs politiques et à la communauté internationale de s'employer à instaurer un ordre commercial plus équitable. 


G. ALI KHOSHROO, Vice-Ministre des affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales de l'Iran, a mis l'accent sur l'importance que revêt l'utilisation pratique d'indices de développement pour l'élaboration des politiques dans les pays en développement.  Il a reconnu que les disparités régionales se sont rapidement accentuées dans son pays, ce qui a provoqué de graves problèmes, notamment en liaison avec les migrations et leur cortège de conséquences.  Le Gouvernement iranien s'est donc engagé à mettre en œuvre un plan systématique de développement rural et de réduction des disparités régionales, a indiqué M. Khoshroo.  L'Iran, cherchant à instaurer un cadre énergétique compatible avec son développement durable, a opté pour des sources d'énergie plus diversifiées et plus sûres, faute de quoi, étant donné la situation actuelle du point de vue de la consommation d'énergie, l'Iran deviendrait un importateur net d'énergie d'ici 20 ans.


Pour l'Iran, l'éradication de la pauvreté et le développement rural sont réalisables si et seulement si la nourriture est disponible pour tous, les possibilités d'emploi sont suffisantes pour les populations rurales et l'éducation et la santé sont assurées à tous, a poursuivi M. Khoshroo.  Les capacités productives des sociétés rurales pourront s'épanouir si elles ont accès à la terre et à l'eau, aux financements, aux technologies et aux marchés, a-t-il ajouté.  On ne saurait négliger l'importance du commerce pour le développement économique et social, a poursuivi le Vice-Ministre iranien; aussi a-t-il insisté sur la nécessité d'un engagement des organisations commerciales internationales et de leurs membres des pays développés en faveur d'un meilleur partage des marchés et d'un traitement spécial pour les pays en développement.  Or, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) devient chaque jour un peu plus protectionniste et les traitements préférentiels et spéciaux n'ont jamais été respectés depuis qu'existe cette organisation.  Chaque jour, a rappelé le Vice-Ministre, un milliard de dollars de subventions aux exportations est attribué, neutralisant les avantages comparatifs des pays en développement.


M. SEMAKULA KIWANUKA, Ministre d'État pour le Luwero Triangle, Cabinet du Premier Ministre de l'Ouganda, a précisé qu'une approche intégrée et multidimensionnelle du développement rural - comprenant notamment l'éducation, la santé et le développement des infrastructures - demanderait à tous les ministres d'un gouvernement de négocier et de travailler avec tous les acteurs engagés dans le développement rural.  Il a souligné que l'une des raisons de la croissance des villes et des bidonvilles en Afrique tenait à ce que les décideurs avaient omis de prendre en considération le secteur informel dans leurs stratégies de réduction de la pauvreté.  À cet égard, il a fortement recommandé aux gouvernements de reconnaître le secteur informel au rang de leurs priorités de façon à attirer des capitaux pour le développement de ce secteur qui est une réponse au chômage croissant des jeunes.  Le Ministre a ensuite souligné le lien entre croissance économique durable et vigueur du développement rural, précisant que la création d'industries agroalimentaires dans les campagnes dépendait, entre autres, du dynamisme des communautés rurales.


M. Kiwanuka a ensuite attiré l'attention sur la nécessité de prévenir les conflits en Afrique et s'est félicité, notamment, du rôle joué par les donateurs dans le renforcement des institutions et de la bonne gouvernance dans ce qu'on a appelé les démocraties émergentes en Afrique et ailleurs.  Prenant l'exemple de l'Ouganda, il a attiré l'attention sur les bons résultats obtenus, entre autres, grâce à l'action du Fonds du PNUD pour le renforcement des parlements et des actions destinées à renforcer les organisations de la société civile.  S'agissant de la valorisation indispensable des ressources humaines, il a recommandé que cette formation ne se limite pas aux questions économiques et sociales mais comprenne aussi une formation politique des populations.  En conclusion, il a abordé la question de la modernisation de l'agriculture et déclaré que l'Afrique avait grandement besoin d'une révolution verte.  Pour ce faire, il importe que les gouvernements inscrivent la modernisation de l'agriculture au rang de leurs priorités.  Il convient surtout d'améliorer la productivité dans l'agriculture et d'assurer des services d'irrigation indispensables.


M. JOÃO CARRILHO, Vice-Ministre de l'agriculture et du développement rural du Mozambique, a souligné que son pays a adopté une approche intégrée de la réduction de la pauvreté qui met particulièrement l'accent sur la place des zones rurales.  Six objectifs et secteurs prioritaires ont ainsi été identifiés dans le cadre de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté, à savoir, l'éducation, la santé, l'agriculture et le développement rural, les infrastructures de base, la bonne gouvernance et la stabilisation macroéconomique.  Au cours de la décennie écoulée, a ajouté M. Carrilho, le Mozambique -qui bénéficie d'un climat de paix et développe une démocratie politique ainsi qu'une économie de marché- est parvenu à atteindre un taux de croissance moyen de 7%.  Cette croissance reflète en grande partie ce qui s'est passé dans l'agriculture du fait de l'extension des domaines cultivés.  Il n'en demeure pas moins que ce rythme de croissance est en train de ralentir et que l'agriculture mozambicaine doit désormais relever le défi consistant à maintenir des taux de croissance raisonnables et à élargir la base des bénéficiaires de la croissance sans épuiser les ressources naturelles.  Le Mozambique est conscient que le développement agricole ira de pair avec le développement des marchés ruraux et des industries agricoles ainsi qu'avec le développement d'institutions telles que des organisations de paysans ou des institutions de crédit et d'épargne.  Il conviendra également d'accorder aux communautés rurales le pouvoir de gérer leurs territoires.


M. Carrilho a par ailleurs indiqué que son pays attend des pays développés qu'ils acceptent une réduction des asymétries existantes en matière commerciale entre pays riches et pays pauvres, en éliminant progressivement les barrières entravant l'accès aux marchés.


M. EDGAR D. MAOKOLA-MAJOGO, Ministre d'État chargé de la réduction de la pauvreté de la Tanzanie, a présenté la stratégie de réduction de la pauvreté adoptée par son pays, dont 80 % de la population est rurale.  Il a précisé que la population rurale de Tanzanie représentait 87 % des pauvres du pays et que l'agriculture comptait pour 45 % du produit intérieur brut.  Il a rappelé que ce n'est pas avant les années 1980 que le développement rural a été placé au centre des objectifs de développement.  Ce n'est qu'à ce moment-là qu'une attention plus grande a été portée à l'accès des populations rurales aux services sanitaires et sociaux de base et que la priorité a été donnée au développement de l'agriculture, a-t-il ajouté.  Le Ministre tanzanien a ensuite apporté des précisions concernant la stratégie de développement du secteur agricole dont s'est dotée la Tanzanie.  Cette stratégie se concentre sur l'amélioration des conditions de vie des populations rurales, sur l'autosuffisance, sur le renforcement des capacités et de la responsabilisation des populations, et sur l'amélioration de la compétitivité sur les marchés internationaux.  Il a expliqué que cette stratégie commençait à produire de bons résultats, notamment dans le domaine de l'éducation primaire des populations.


M. Maokola Majogo a indiqué que son gouvernement accordait une attention particulière au micro-financement et s'employait à améliorer la formation et la mobilisation dans ce sens du personnel des banques.  Toutefois si la croissance de la Tanzanie est actuellement de 6, 2 % par an, cela reste en deçà des 8 % escomptés pour avoir un impact positif sur la pauvreté.  Pour améliorer les résultats déjà obtenus, le ministre a estimé que les stratégies de réduction de la pauvreté adoptées par les pays devaient être prises en compte par les donateurs de façon à mieux harmoniser et coordonner l'aide au développement.  En outre, il a regretté la lenteur avec laquelle étaient traitées les questions relatives à l'endettement des pays pauvres, au déclin de l'aide publique au développement et au non-respect des engagements pris à Doha et dans les grandes rencontres internationales.


MME ROSSELLA COMINETTI, Directrice générale de la production de l'Institut de développement agricole du Chili au Ministère de l'agriculture du Chili, a déclaré que l'application d'une politique macroéconomique stable et la stratégie d'ouverture commerciale ont permis à son pays de connaître une croissance soutenue, aux alentours de 6% en moyenne annuelle, et de maintenir des taux de croissance positifs durant les premières années de la décennie 2000.  Associée à une politique sociale étendue, cette approche a permis de réduire considérablement les niveaux de pauvreté dans le pays, a ajouté Mme Cominetti.  Ainsi, le taux de pauvreté est-il passé de 38, 6% à 20, 6% entre 1990 et 2000, a-t-elle précisé.  Elle a par ailleurs souligné que le Chili a connu une transformation importante du secteur rural suite aux politiques d'accès universel aux services de base et aux infrastructures qui ont été mises en œuvre.


En dépit des progrès réalisés, le pays n'est pas parvenu à surmonter totalement le fossé urbain-rural et le fossé petite-grande agriculture.  En effet, certaines conditions persistantes empêchent de garantir un partage équitable des bénéfices de la croissance au sein de la population.  Aussi, le Chili souscrit-il au point de vue selon lequel la croissance ne suffit pas à surmonter la pauvreté rurale, a indiqué Mme Cominetti.  C'est pourquoi l'objectif de la politique de l'État en faveur des petits agriculteurs pour la décennie 2000 consiste à créer les conditions, les capacités et les possibilités d'emploi permettant à l'agriculture familiale paysanne de se développer et de se moderniser.


M. BJØRN SKOGMO, Secrétaire général adjoint du Ministère des affaires étrangères de la Norvège, a centré son intervention sur la question de l'accès, notamment de l'accès aux marchés mais aussi l'accès aux biens de production.  Il a déclaré que la Norvège soutenait ardemment la mise en œuvre des accords de Doha en faveur de la libéralisation et qu'à l'exception des armes, la Norvège avait déjà aboli tous les tarifs et quotas pour les produits en provenance des pays les moins avancés.  Ainsi, il a estimé qu'une approche intégrée du développement rural devait veiller à améliorer l'accès aux marchés mais aussi s'assurer que cette libéralisation profite réellement aux populations rurales pauvres.  Il faut donc que les pauvres aient accès aux biens de production, qu'ils aient accès aux infrastructures - notamment au réseau routier, à l'électricité et aux télécommunications - et qu'ils aient accès aux services sanitaires et sociaux de base, tels que l'eau, l'éducation et la santé.  M. Skogmo s'est également déclaré favorable à la réforme des régimes fonciers, à l'octroi de micro-crédits et de services d'appui à la diversification de la production.  M. Skogmo a aussi appelé l'attention sur les femmes et les groupes vulnérables, notamment les minorités et les peuples autochtones. 


Reconnaissant que la responsabilité du développement repose principalement sur les gouvernements nationaux, M. Skogmo a toutefois estimé que ceux-ci devaient jouir d'une marge de manœuvre suffisante et avoir accès aux capitaux étrangers publics ou privés.  Il a rappelé que face à cette obligation de bonne gouvernance, la communauté internationale se devait non seulement d'ouvrir ses marchés mais aussi d'aider les pays en développement à faciliter la participation à l'économie de leurs populations pauvres.  Pour ce faire, il importe que les donateurs s'emploient à respecter l'engagement qu'ils ont pris concernant l'aide publique au développement.  En dernier lieu, il a indiqué que, dans le cadre du suivi du Sommet du millénaire, le Gouvernement norvégien prépare une stratégie intitulée «Combattre la pauvreté dans le Sud» d'ici à 2015.


M. ABDULWAHAB A. ATTAR (Arabie saoudite) a déclaré que les pays industrialisés ont pour responsabilité d'atténuer les craintes des pays en développement face à l'iniquité du commerce international.  Il convient pour cela d'assurer le succès du calendrier de Doha et d'inverser les tendances protectionnistes actuelles en supprimant les barrières et les subventions existantes.  L'ouverture des marchés est une condition sine qua non pour une prospérité accrue au niveau mondial, a-t-il affirmé.  L'Arabie saoudite souhaite en outre que les pays donateurs réduisent la charge de la dette extérieure, ce qui pourrait notamment aider les gouvernements des pays en développement à assurer la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels.  La faim continuera à sévir dans le monde, à moins que des mesures concertées ne soient prises afin de répondre à l'augmentation de la population mondiale et à la pression exercée sur les ressources naturelles, a par ailleurs rappelé le représentant saoudien.  Il a en outre relevé que les pays développés ne respectent pas l'engagement qu'ils avaient pris de consacrer 0,7% de leur PNB à l'aide publique au développement (APD).  L'Arabie saoudite souhaite l'instauration d'un nouvel ordre international humanitaire appuyé par un partenariat adéquat.


M. BERNARD KESSEDJIAN (France) a rappelé que c'est dans le développement de l'agriculture que le développement rural trouve ses fondations les plus solides.  Ainsi, la France a décidé de placer l'agriculture au cœur de ses politiques de développement, notamment en faveur des pays les plus pauvres.  L'objectif premier de ces politiques de développement est de garantir la sécurité alimentaire en encourageant l'investissement dans la production agricole en favorisant la croissance des productions destinées au marché intérieur.  À cet égard, il a insisté sur la nécessité de distinguer l'aide alimentaire réservée aux situations d'urgence et les politiques à plus long terme de sécurité alimentaire.  Il a estimé que l'aide alimentaire d'urgence ne devait pas servir de palliatif à une politique agricole défaillante.  Cette exigence, a-t-il poursuivi, confère aux pays les plus pauvres leur souveraineté alimentaire et la maîtrise de leur développement.  Dans ce contexte, il a rappelé que les pays du G-8 avaient marqué leur accord à Evian pour travailler sur cette base, en partenariat avec les pays concernés, en adoptant un plan d'action consacré à la lutte contre la famine, en particulier en Afrique.  Pour réaliser cet objectif, le représentant français a jugé essentiel de favoriser l'accès à la terre et d'améliorer la compétitivité des productions agricoles.  Il a également considéré que l'accès au progrès technique était déterminant.  À ce propos il a rappelé que la position de la France face aux organismes génétiquement modifiés se fondait sur le respect du principe de précaution et la nécessité d'analyses scientifiques avérées.  Le second objectif de ces politiques de développement est l'amélioration des revenus des agriculteurs en vue de parvenir à une réelle réduction de la pauvreté.  À ce titre, il a insisté sur le rôle des femmes dont l'émancipation économique et l'accès à l'éducation et à l'information constituent des vecteurs essentiels du développement rural. 


M. Kessedjian a ensuite déclaré que la Commission européenne s'était prononcée en faveur d'un moratoire qui serait décidé par tous les pays développés sur les aides aux exportations agricoles déstabilisantes à destination de l'Afrique pendant la durée des négociations de l'OMC.  Elle préconise également de la recherche d'une convergence entre les régimes de préférence au bénéfice des pays de l'Afrique sub-saharienne et la relance de la réflexion sur la question des matières premières et des produits de base.  Il a également rappelé que les membres du G8, réunis à Evian, avaient convenu de mettre l'accent sur le renforcement des programmes d'assistance technique dans le domaine du commerce et sur la protection des producteurs les plus pauvres face à la volatilité des marchés de matières premières, notamment sur la base de projet pilote en cours avec le soutien de la Banque mondiale.  Le représentant français a ensuite appelé l'attention sur le commerce équitable qui offre aux artisans, cultivateurs et transformateurs la possibilité de trouver des débouchés pour leurs produits et un meilleur revenu pour leur travail.  Il a assuré que la France œuvrerait pour un respect des engagements pris lors de la Conférence ministérielle de Doha, comme l'illustre le récent accord de l'Union européenne sur la nouvelle politique agricole commune.  Il a également réaffirmé l'appui de la France au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), qui démontre bien que la réussite des politiques de développement repose sur le volontarisme des pays concernés.  En dernier lieu, il a déclaré que la solidarité de la France envers les pays en développement s'est concrétisée, conformément aux engagements pris lors de la Conférence de Monterrey, par l'augmentation du montant de son aide publique au développement.


M. HERNÁN ESCUDERO (Équateur) a déclaré que son pays souscrit totalement à l'idée selon laquelle le développement rural doit mettre l'accent sur la lutte contre l'inégalité en matière d'accès à divers types de biens, en particulier pour ce qui est des groupes vulnérables tels que les femmes et les populations autochtones.  Il a rappelé que dans son pays, 40% de la population vit dans les zones rurales.  L'agriculture représente 18% du PIB et constitue donc un secteur essentiel qui fournit environ 40% des emplois totaux, a précisé M. Escudero.  Sans tenir compte du pétrole et des hydrocarbures, 75% de l'offre exportable équatorienne est d'origine agricole, a-t-il ajouté.  Paradoxalement, le secteur rural est celui où se concentre la plus forte pauvreté du pays, a-t-il poursuivi.  Il a souligné que les pauvres des campagnes équatoriennes sont essentiellement des femmes, des enfants, des autochtones et des Afro-équatoriens.  Il a affirmé que le processus d'appauvrissement de la vie dans les campagnes du pays s'explique par la difficulté à transférer des ressources vers l'agriculture du fait du poids considérable du service de la dette que supporte l'Équateur, à l'instar de nombreux autres pays en développement. 


M. Escudero a souligné que son pays a néanmoins connu une légère amélioration des conditions de vie des populations rurales, grâce en particulier à un meilleur accès aux infrastructures.  En cherchant à promouvoir le développement rural, il convient de rechercher une synergie entre les dimensions économique, sociale et environnementale plutôt que d'adopter une approche fragmentée par secteurs, a-t-il affirmé.  M. Escudero a en outre dénoncé la résistance de certains pays développés à un démantèlement des subventions qu'ils accordent à leurs agriculteurs.  Cette attitude risque d'engendrer l'échec du mandat de Doha, s'est inquiété le représentant équatorien.


M. JAYNARAIN MEETOO (Maurice) a déclaré que les pays en développement avaient besoin d'accéder aux marchés, mais aussi d'un mécanisme pour contrer la volatilité des prix des produits de base et la détérioration des termes de l'échange.  Il a émis l'espoir que les pays développés respecteront les engagements qu'ils ont pris dans ce sens lors de la Conférence ministérielle de Doha et continueront d'apporter un soutien au renforcement des capacités des pays en développement.


M. Meetoo a ensuite rendu compte de l'expérience de Maurice en matière de développement rural et a expliqué que seule une approche intégrée fondée sur la participation des populations concernées se révélait efficace.  Ainsi, Maurice s'est employé à améliorer l'éducation, à stimuler le crédit et à améliorer le logement des très pauvres.  Les programmes de réduction de la pauvreté s'articulent donc autour de trois axes: le renforcement des communautés, la création d'activités génératrices de revenus et l'assistance technique en vue de faciliter l'accès au marché du travail, notamment par la formation.  Il a également fait part de divers projets visant à améliorer les infrastructures et donné les détails d'une stratégie de lutte contre l'exclusion.


M. SHA ZUKANG (Chine) a rappelé que les trois-quarts de la population mondiale vivant dans l'extrême pauvreté vivent dans les zones rurales, il a affirmé que le développement rural et agricole est la question la plus importante et la plus urgente en matière de développement mondial.  Chaque pays doit donc élaborer une stratégie nationale à long terme pour traiter cette question, a-t-il insisté.  Selon lui, une telle stratégie devrait notamment inclure le renforcement des infrastructures; le soutien à l'accroissement des revenus et du niveau de vie des populations rurales; l'éradication de la pauvreté; ainsi que la promotion d'une croissance agricole intégrée et du développement durable.  À la lumière de son expérience, la Chine juge particulièrement important d'accorder une priorité absolue à l'agriculture; de rationaliser l'utilisation et la protection des ressources naturelles; de compter sur le progrès scientifique et technologique; et de renforcer le système de sécurité sociale dans les zones rurales.


M. Sha Zukang a par ailleurs insisté sur la nécessité d'accroître l'aide financière en faveur du développement, les pays développés étant à cet égard appelés à appliquer le consensus de Monterrey en honorant les engagements qu'ils ont pris en matière d'aide publique au développement (APD), de croissance des investissements et de réduction de la dette.  Il convient en outre de promouvoir le développement normal du commerce des produits agricoles qui, actuellement, reste très déséquilibré.  En effet, les barrières entravant l'accès aux marchés qui sont imposées par les pays développés (subventions agricoles, droits de douane élevés et mesures de quarantaine strictes) ont gravement nui à une concurrence équitable des produits agricoles sur le marché international ainsi qu'aux exportations agricoles des pays en développement.  La Chine espère donc que le nouveau cycle de négociations agricoles au sein de l'OMC contribuera à éliminer de tels obstacles, améliorant ainsi l'accès des pays en développement aux marchés et favorisant donc un développement rural et agricole normal dans ces pays.


M. TOUFIQ ALI (Bangladesh) a rappelé que l'expérience a montré que les modèles de développement n'étaient pas toujours exportables et qu'il était particulièrement important de tenir compte des spécificités des pays et des populations concernés.  Il a expliqué que dans un pays où 70 % de la population vit dans les zones rurales, il est évident qu'une réduction réelle de la pauvreté passe obligatoirement par le développement rural.  Il a donné les détails de la politique adoptée par son pays, qui vise particulièrement à augmenter les revenus de la population rurale, à stimuler l'emploi, à développer le réseau routier et la fourniture d'électricité dans les campagnes.  Le Gouvernement a aussi mis l'accent sur la santé, la nutrition et l'éducation.  À cet égard, M. Ali s'est félicité des actions menées au Bangladesh par les acteurs non gouvernementaux, notamment dans le domaine du micro-crédit dont les bénéfices sur le développement sont notoires.


Au vu des efforts consentis par son pays, le représentant du Bangladesh, il a considéré paradoxal que la pauvreté au Bangladesh reste endémique et il s'est penché sur les incidences des facteurs extérieurs.  Il a notamment rappelé la situation des producteurs de coton en Afrique de l'Ouest à cet égard.  Dans ce contexte, il s'est particulièrement inquiété de la baisse constante de l'aide publique au développement et du poids de l'endettement.  Au-delà du bénéfice escompté des accords sur la libéralisation des marchés, il a déclaré que les pays en développement n'en bénéficieraient que s'ils avaient des produits à échanger et que pour cela, il fallait aussi les aider à améliorer leurs capacités de production.


M. ALESSANDRO MARINI, représentant l'Institution pour l'utilisation de micro-algues spiruline contre la malnutrition, a indiqué que son organisation, accréditée auprès de l'ECOSOC depuis le mois de mars dernier, est le fruit de la Convention pour l'utilisation de la microalgue alimentaire, signée à ce jour par quatre pays et enregistrée auprès des Nations Unies en vertu de l'article 102 de la Charte.  Cette convention a pour objectif principal de favoriser le transfert des nouvelles technologies appliquées aux algues agricoles aux fins de la réduction de la faim et de la malnutrition dans le monde.  La spiruline produit 50 tonnes de protéines par hectare et par an (soit 210 fois plus que le riz et 30 fois plus que le soja, par exemple).  En outre, ses coûts de production sont faibles (environ 6 dollars au kg), a souligné M. Marini.


M. NOUREINI TIDJANI-SERPOS (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, Unesco) a rappelé qu'afin de contribuer à l'objectif qui consiste à réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour et souffrant de faim, l'Unesco a élaboré une stratégie à long terme d'éradication de la pauvreté et en particulier de l'extrême pauvreté.  Dans ce contexte, a-t-il souligné, l'éducation a un rôle primordial à jouer en ce sens qu'elle fournit aux individus les capacités de lutter contre la pauvreté.  En effet, le développement rural n'est jamais véritablement réussi s'il ne développe pas les capacités des communautés et des individus.  Or le fait est qu'aujourd'hui, 862 millions d'adultes ne peuvent toujours pas lire ou écrire dont les deux tiers sont des femmes.  Aussi, l'Unesco demande-t-elle aux gouvernements, aux ONG et à la société civile de s'engager davantage en faveur de l'alphabétisation des ruraux pour combattre les taux extrêmement élevés de pauvreté qui sévissent en milieu rural.


MME BRUNA MOLINA FAIDUTTI (Fédération mondiale des associations pour les Nations Unies) a notamment mis l'accent sur l'importance d'une participation active des femmes et des jeunes au processus de développement.  Il a souligné que l'accès à l'éducation doit constituer un élément clef de toute stratégie de développement rural.  Il a également fait observer que les nouvelles technologies, en particulier dans le domaine de l'information et de la communication, constituent des outils de valeur pour le développement rural, en ce sens qu'elles permettent notamment de diffuser l'information et donc d'accroître les capacités des différents acteurs du développement.  À cet égard, il convient de relever que 91% des utilisateurs d'Internet sont concentrés dans la partie du monde qui compte 19% de la population mondiale.  C'est donc un défi pour le prochain Sommet mondial sur la société de l'information que de chercher à réduire ce fossé numérique.


*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.