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SG/SM/8363
3 septembre 2002

LES RAPPORTS ENTRE L’HOMME ET SON MILIEU AMBIANT SONT AU CENTRE DES DEBATS DU SOMMET DE JOHANNESBURG, DECLARE LE SECRETAIRE GENERAL

03/09/2002
Communiqué de presse
SG/SM/8363


                                                            AFR/473

                                                            ENV/DEV/698


Les rapports entre l’homme et son milieu ambiant sont au centre des debats du Sommet de Johannesburg, declare le Secretaire general


Un plan d’action commune doit être adopté

par les gouvernements et renforcé par des partenariats librement consentis


On trouvera ci-après le texte des observations formulées par le Secrétaire général, Kofi Annan, lors d’une table ronde de haut niveau qui a eu lieu aujourd’hui à Johannesburg.


Je souhaite tout d’abord remercier le Président Mbeki de nous avoir donné l’occasion de débattre des importantes initiatives qui ont vu le jour lors des derniers sommets et conférences, et de voir comment nous pourrions les regrouper pour en faire une force unifiée pour le progrès.


Réunis en septembre 2000 à l’occasion du Sommet du Millénaire, les dirigeants du monde entier ont arrêté un agenda pour la paix et le développement au XXIe siècle, ambitieux mais réalisable.  Ils ont surtout insisté sur le fait qu’il importait de consacrer les 15 premières années de ce siècle à une vaste campagne de lutte contre ce terrible fléau qu’est la pauvreté et dont souffrent tant d’individus à travers le monde.  À cette fin, ils ont défini une série d’objectifs précis, assortis de délais, que vous connaissez tous sous le nom d’Objectifs de développement pour le Millénaire.


Mais la Déclaration du Millénaire ne visait pas uniquement à arracher les êtres humains à la pauvreté et à les protéger contre la violence et les conflits armés.  La même priorité y était accordée à la protection de notre environnement commun.


Nous sommes ici aujourd’hui à cause des graves problèmes que soulèvent les deux termes de l’équation développement-environnement.  Plus d’un milliard de nos semblables sont déshumanisés par une misère extrême, vivant péniblement avec moins de un dollar par jour.


Plusieurs rapports établis pour ce Sommet décrivent un monde véritablement menacé.  Les progrès enregistrés depuis la tenue du Sommet de la planète Terre à Rio de Janeiro, il y a 10 ans, ont été plus lents que prévu.  Les modèles actuels de développement risquent de ne pas être viables, même pour ceux qui en tirent les plus gros avantages, telle est la triste réalité.


Le Sommet de Johannesburg est supposé trouver une autre voie, une voie qui permette d’améliorer les conditions de vie tout en protégeant l’environnement, une voie qui serve les intérêts de tous, aujourd’hui comme demain.


Ces liens – entre l’homme et son milieu ambiant – sont au centre des débats du Sommet de Johannesburg, et le distinguent d’autres conférences et sommets des Nations Unies.


La stabilité de l’environnement est, à elle seule, l’un des objectifs de développement pour le Millénaire en symbiose étroite avec les autres objectifs.  À supposer même que nous réussissions à les atteindre tous d’ici à 2015, à quoi cela servirait-il, si ces acquis ne peuvent pas être pérennisés?


Mais pareillement, comment pouvons-nous parler de développement durable si les autres objectifs ne sont pas atteints?  Nos efforts pour atteindre tous les objectifs doivent se renforcer mutuellement.


Pour franchir ce pas, autrement dit pour passer de l’aspiration à la réalisation, il nous faudra des ressources supplémentaires et des stratégies nouvelles.  Doha nous a fait comprendre que, pour que les pays en développement enregistrent des progrès durables, le commerce est tout aussi important que l’aide.


J’appuie donc fermement l’appel lancé par l’Organisation mondiale du commerce pour que l’aide serve à renforcer les moyens d’échange et de négociation des pays en développement pour leur permettre d’exploiter pleinement leur potentiel de production et d’exportation.


Monterrey a mis l’accent sur la mobilisation des ressources en faveur du développement en général, plus particulièrement des objectifs pour le développement du Millénaire.  Les pays en développement et les pays développés ont pris des engagements probants.  Toutefois, comme vous le savez tous, ces engagements restent très en-deçà du minimum nécessaire à la réalisation des objectifs de développement du Millénaire.


Les problèmes sont sans équivoque, les schémas sont en place.  Il nous faut maintenant passer à l’application. Nous savons, mieux que jamais, que bon nombre de ces problèmes ne peuvent pas être réglés par un pays à lui tout seul. Or, même si certains pays peuvent eux-mêmes régler certains problèmes liés à l’environnement, ils continueront d’être affectés par d’autres problèmes tels que celui du dioxyde de carbone produit dans d’autres parties du monde.


Les scientifiques nous disent que le monde de la nature est si réduit et interdépendant que les battements d’aile d’un papillon dans la forêt tropicale amazonienne peuvent provoquer une violente tempête à l’autre bout de la planète. Ce principe est connu sous le nom d’effet papillon.  Aujourd’hui, nous nous rendons compte, peut-être plus que jamais, que l’activité humaine comporte également, pour le meilleur ou pour le pire, son propre «effet papillon». C’est pourquoi nous avons besoin d’une action collective.


Mais nous comprenons aussi que le terme «nous» désigne non seulement les gouvernements qui prennent ces engagements, mais également quiconque est en mesure de modifier la donne.  Les gouvernements doivent arrêter et adopter un plan d’action commune, qui doit être renforcé par des partenariats librement consentis entre de nombreux protagonistes: gouvernements, milieux d’affaires, organisations non gouvernementales, collectivités locales, milieux universitaires et personnes concernées à travers le monde.


Telle est l’alliance pour le progrès, la seule qui permettra d’atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés lors du Sommet du Millénaire, à Doha, à Monterrey, et maintenant à Johannesburg.


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