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ENV/DEV/J/671
27 août 2002

L’ADOPTION DE NOUVEAUX MODES DE PRODUCTION ET DE CONSOMMATION DURABLES PASSE PAR LA MOBILISATION DE PARTENARIATS INTERSECTORIELS, SUGGERENT DES DELEGATIONS A JOHANNESBURG

27/08/02
Communiqué de presse
ENV/DEV/J/671


                        ENV/DEV/J/671

                                    27 août 2002


L’ADOPTION DE NOUVEAUX MODES DE PRODUCTION ET DE CONSOMMATION DURABLES PASSE PAR LA MOBILISATION DE PARTENARIATS INTERSECTORIELS, SUGGERENT DES DELEGATIONS A JOHANNESBURG


Johannesburg, le 27 août -- La mise au point et la promotion de nouveaux modes de production et de consommation durables, entre autres, a dominé l’échange de vues que le Sommet mondial pour le développement a tenu, cet après-midi, sur les questions intersectorielles, dans le cadre des réunions organisées en partenariat avec les experts du système des Nations Unies, les représentants des Grands groupes et les représentants des Etats membres.  Faisant suite aux vues exprimées lors des réunions consacrées à la santé, à l’agriculture et à la diversité biologique, cet échange avait pour but, selon le Secrétaire général du Sommet de Johannesburg, M. Nitin Desai, d’évaluer les obstacles intervenus dans la mise en œuvre d’Action 21 jusqu’à ce jour et d’identifier des domaines d’action dans lesquels pourraient être noués des partenariats afin de mettre en œuvre les principales dispositions d’Action 21 relatives, entre autres, au financement, au commerce et aux transferts de technologies. 


C’est ce dernier aspect sur les transferts de technologies qui aura retenu l’attention des panélistes, ainsi que celui du renforcement des capacités.  En effet, en ouvrant la discussion, l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sommet de Johannesburg, M. Jan Pronk, a insisté sur l’importance de l’information, de la science et de l’éducation au service du développement durable, notamment dans la mise en œuvre de nouveaux modes de production et de consommation respectueux de l’être humain et de son environnement.  Interrogés sur le type de contribution qu’ils seraient susceptibles d’apporter pour parvenir à de meilleurs résultats dans la mise en œuvre d’Action 21 d’ici 2010, des scientifiques et des universitaires ont fait observer que les chercheurs ne disposent que d’une marge de manœuvre limitée dans la mesure où ils ne sont pas toujours consultés et sollicités dans le processus de décision politique. 


La question du financement a été elle aussi au cœur des interventions des représentants gouvernementaux.  Ainsi, les engagements pris à Doha, à la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la libéralisation commerciale, et ceux pris à la Conférence de Monterrey en matière d’aide publique au développement (APD), d’augmentation des flux d’investissement étranger direct (IED) et d’allègement de la dette ont été rappelés.  Sur les modes de production et de consommation plus durables, il a été dit que ces derniers ne sauraient être définis par les gouvernements et le monde des affaires sans la participation d’autres acteurs clefs de la société civile, à savoir les femmes et les jeunes qui contribuent à la fois au processus de consommation et de production, ont estimé leurs représentants.  Des appels ont été lancés pour que le monde de l’industrie et du commerce et les


multinationales en particulier, investissent davantage dans le renforcement des capacités en injectant des ressources financières dans le domaine prioritaire de l’éducation qui touche les jeunes au premier chef.  Il a été jugé indispensable de créer des partenariats entre syndicats et entreprises qui soient orientés vers l’amélioration des modes de production et des droits des travailleurs pour assurer la durabilité du développement. 


Le monde de l’industrie et du commerce joue déjà un rôle important dans la structuration du tissu social et dans la formation, a-t-il été affirmé.  Si ce rôle est dans certains cas facilité, voir contrôlé et assumé par les gouvernements, cela n’exonère pas pour autant le monde des affaires de ses responsabilités.  Ce postulat a été illustré par une initiative menée dans neuf pays par l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) où une combinaison de trois éléments, à savoir l’économie, l’environnement et l’emploi a été expérimentée pour identifier des modes de production plus durables. 


Demain, mercredi 28 août à 10 heures, le Sommet de Johannesburg tiendra des discussions sur le thème de l’eau et de l’assainissement.


Questions intersectorielles (finance/commerce, transferts de technologies, information/éducation/science, modes de consommation, et renforcement des capacités)


Traçant le cadre de l’échange de vues, M. NITIN DESAI, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales et internationales et Secrétaire général du Sommet de Johannesburg, a rappelé que l’objectif de ces réunions menées en partenariat est de tirer parti des expériences acquises dans différents domaines dans la mise en œuvre d’Action 21 et de faire bénéficier d’autres secteurs de ces expériences par une démarche intersectorielle.  Pour obtenir des résultats dans la mise en œuvre d’Action 21, il faut avant tout lancer une série d’initiatives dans des domaines tels que le financement, le commerce, les transferts de technologies, l’information scientifique au service de la prise de décision et la promotion de nouveaux modes de production et de consommation durables.  M. Desai a suggéré aux panélistes de s’interroger sur les raisons pour lesquelles la mise en œuvre d’Action 21 n’avait pu se faire dans les domaines du financement, du commerce et des transferts de technologies.  Dans quelle mesure les accords gouvernementaux adoptés lors des grandes conférences des Nations Unies peuvent-ils se matérialiser en associant les acteurs essentiels dans les domaines prioritaires au sein de partenariats.  Ces partenariats pourraient, par exemple, concerner des secteurs tels que les transferts de technologies ou l’information, l’éducation et la science au service de la prise de décisions politiques.  Pour M. Desai, ces partenariats peuvent également se matérialiser dans les domaines de la mise au point de normes de consommation et de production durables et dans leur mise en œuvre.  Dans la démarche consistant à évaluer les raisons pour lesquelles les objectifs n’ont pu être atteints dans la mise en œuvre d’Action 21, il importe d’identifier les processus qui peuvent et doivent être renforcés parmi ceux qui ont déjà été mis en place, a estimé M. Desai.


En ouvrant le débat, le Modérateur et Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sommet de Johannesburg, M. Jan Pronk, a proposé aux panélistes de se pencher en premier lieu sur le thème de l’information, de la science et de l’éducation au service du développement durable.  A ce titre, il a demandé au représentant des scientifiques et des universitaires si, dans la perspective des résultats à obtenir dans la mise en œuvre d’Action 21 d’ici à 2010, les chercheurs pouvaient contribuer à obtenir de meilleurs résultats.  Répondant par la positive, le représentant du monde scientifique, M. Glaser, s’est toutefois interrogé sur la marge de manœuvre qui leur est laissée lorsque l’on parle de contribution.  La contribution de partenariats est essentielle pour ce qui est du partage des connaissances et du renforcement des capacités mais elle est indissociable de celle du financement de la recherche, a-t-il considéré.  Il a précisé que les chercheurs sont disposés à entreprendre des recherches sur les nouveaux modes de consommation et de production, sur l’interdépendance entre production et consommation durable, ou sur le lien de plus en plus étroit entre science et économie.



Échange de vues entre experts


Le Président de la société mondiale des hautes technologies a estimé que la science et la technologie peuvent contribuer à stimuler la croissance économique sans pour autant sacrifier les ressources naturelles.  Insistant sur la nécessité de rendre accessibles les résultats des recherches technologiques aux pays en développement, le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a estimé que la diffusion de tels résultats est tributaire de l’éducation permettant de comprendre les enjeux qu’ils posent.  Selon le représentant du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), il faut également établir un lien entre l’information scientifique et la prise de décisions. 


Il existe un lien très étroit et une complémentarité entre les connaissances traditionnelles et les domaines de la science, a indiqué la représentante des populations autochtones, regrettant toutefois que ces dernières ne disposent pas des moyens d’exploiter ce lien.  Le représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fait savoir que le PNUD tente d’encourager la pénétration des nouvelles technologies de l’information dans les pays en développement par la diffusion et l’utilisation des connaissances de base et la mise en place de programmes qui combinent les connaissances traditionnelles et les connaissances «cartésiennes».  Toujours sur la question de la diffusion des connaissances dans les pays en développement, le représentant des organisations non gouvernementales (ONG) a estimé que la Convention sur la biodiversité doit l’emporter sur la question de la propriété intellectuelle et a évoqué la controverse qui a cours actuellement en Afrique australe où l’on impose des organismes génétiquement modifiés (OGM) aux pays qui n’en veulent pas.  Le Sommet mondial doit aborder cette question en lien étroit avec celle de l’accès aux technologies et à l’information. 


Qu’en est-il de l’expérience de l’Afrique du Sud dans les domaines évoqués, a demandé le Modérateur à la représentante de l’Afrique du Sud, membre du Groupe de travail de l’ONU sur les nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC).  Dans mon pays, a-t-elle indiqué, le principal problème est l’accès aux infrastructures, compte tenu de leur coût, et à l’éducation.  Avec la naissance d’une nouvelle économie mondiale, un nouveau type d’éducation est requis, a insisté la représentante.  Poursuivant sa série de question, le Modérateur s’est interrogé sur la capacité des pays en développement à collecter et surtout à diffuser leurs propres informations?  Y a-t-il une crainte en Afrique australe et dans les autres pays en développement? a encore demandé le Modérateur de voir les connaissances nouvelles, en biotechnologie, par exemple, imposer un modèle et laisser peu de marge de manœuvre aux pays et, en particulier, à leurs agriculteurs.


Le phénomène de la diffusion de l’information à sens unique est un véritable problème, a concédé le représentant des agriculteurs.  Bien souvent, a-t-il expliqué, les agriculteurs ont le sentiment d’être l’objet de la science et pas les clients.  Il a souligné que de plus en plus, la

recherche scientifique s’oriente vers les besoins du marché étant donné que ses principaux commanditaires sont le secteur privé.  Ayant renoncé à investir dans ce domaine, les gouvernements n’ont de choix que d’utiliser les technologies en l’absence d’un contre-pouvoir que pourrait offrir une recherche scientifique objective. 


Commentant ces propos, le représentant du monde de l’industrie et du commerce, a admis que la polémique concernant les OGM est une manifestation concrète de la tendance à la contestation des diktats scientifiques.  Compte tenu de cette situation nouvelle, il a invité le monde des affaires à privilégier une approche plus ouverte et plus engagée.  Les entreprises doivent agir de façon responsable, a-t-il ajouté, en soulignant qu’il existe dans de nombreuses parties du monde, des centres d’excellence qui échappent à l’emprise du secteur privé. 


Passant au lien entre le secteur privé et le social, le Modérateur a demandé au représentant des syndicats d’évaluer leur pouvoir réel.  Le processus doit partir du bas vers le haut, a estimé le syndicaliste et se fonder sur des partenariats avec le secteur privé.  Il a appelé les gouvernements à ne pas renoncer à leurs prérogatives en leur rappelant leur devoir de fournir un cadre approprié à ces partenariats pour assurer l’emploi durable, élément essentiel du développement durable. 


Venant à la mise en place des capacités, le Directeur exécutif de l’UNITAR a d’abord souhaité préciser le concept.  Il a précisé que les efforts en la matière partent toujours des capacités existantes.  Il ne s’agit donc pas de mise en place mais de multiplication des capacités.  La question est donc d’améliorer les méthodes dans ce domaine et, en la matière, les partenariats pourraient se révéler intéressants.  L’UNITAR a identifié cinq principes de base qui sont l’appropriation nationale de programmes relatifs aux capacités, l’intégration des stratégies nationales dans ces programmes, l’harmonisation des informations et des efforts parmi les donateurs, un recours accru aux technologies modernes et enfin le renforcement de nouvelles formes de coopération comme la coopération Sud-Sud ou la coopération décentralisée notamment au niveau des autorités locales.  Le principe de partenariats est au cœur même des efforts de la Banque mondiale, a souligné le représentant de cette institution.  


L’inégalité entre hommes et femmes a été soulevée par la représentante du groupe des femmes pour qui la disparition de ces inégalités constitue un élément essentiel du développement durable.  Les femmes doivent avoir les mêmes droits sociaux et doivent pouvoir bénéficier des mêmes modes de production et de consommation que les hommes, a-t-elle ajouté.  Cette question a été abordée également par le représentant des syndicats qui a défendu une amélioration des droits des travailleurs et des conditions de production comme principe essentiel de durabilité du développement.  Le représentant de l’OCDE a fait part des analyses par pays qui permettent de prendre en compte les objectifs de développement durable dans la définition de modèles de production économiques, de gestion des déchets, ou encore dans un domaine encore plus complexe comme celui des transports. 


La représentante de l’ONUDI a fait part d’une expérimentation menée dans neuf pays industrialisés où une combinaison de trois éléments «économie, environnement, emploi» (les 3 E) a été développée afin de promouvoir des modes de production plus durables.  Elle a assuré que les entreprises souhaitent intégrer de nouvelles technologies et qu’elles sont conscientes de l’importance de protéger l’environnement et assurer une formation afin d’assurer le renforcement des capacités.  Pour le représentant des jeunes, les entreprises transnationales doivent faire davantage dans la promotion de nouveaux modes de production et de consommation et a insisté sur l’importance de l’éducation comme 4e «e» dans le schéma présenté par l’ONUDI.  Le représentant du commerce et de l’industrie a estimé que l’industrie joue un rôle important dans la structuration du tissu social et de la formation, rôle qui est parfois facilité, voire contrôlé par les gouvernements, mais qui n’échappe en aucun cas à la responsabilité des entreprises.  Le rôle des entreprises a évolué, a défendu le représentant du commerce et de l’industrie et il importe de renforcer ces partenariats afin de tirer part de l’apport des scientifiques et des gouvernements dans le renforcement des capacités et la promotion d’un développement durable. 


La représentante des communautés locales a plaidé en faveur de la mise en place de règles pour les industries et l’élaboration de politiques vertes par les gouvernements.  Le représentant du PNUD a demandé si le monde des affaires est prêt à introduire davantage de transparence dans ses pratiques, ce à quoi son représentant a répondu que le monde qu’il représente est de plus en plus conscient de la nécessité d’assurer un développement durable et que la présence de nombreux hommes d’affaires ici à Johannesburg en témoigne. 


Pour que les femmes puissent constituer une véritable force politique, il faut qu’elles aient accès au pouvoir à tous les niveaux, ce qui n’est malheureusement toujours pas le cas dans de nombreux pays, a regretté la représentante des femmes qui répondait à la question de savoir quel peut être le rôle politique des consommateurs.  Abordant le thème des changements apportés par la Conférence de Monterrey, le représentant de la Banque mondiale s’est félicité du niveau d’implication des pays riches pour réduire la pauvreté.  Cependant, a-t-il nuancé, l’aide seule ne suffit pas: il faut également établir un transfert de technologies et procéder à un allègement de la dette.  Les sociétés privées et les gouvernements doivent investir dans la santé et l’éducation des pays en développement, lesquels doivent encourager le développement de leur secteur privé.  Sur le même thème, le représentant de l’OCDE s’est félicité du fait que les bailleurs de fond aient accepté de travailler sur les mêmes bases pour un pays donné et que les pays concernés puissent eux-mêmes décider de leurs priorités.  Un partenariat authentique peut donc se développer sur la base des demandes des pays en développement.  Le représentant du PNUE a regretté que la dimension de la durabilité n’ait pas été intégrée dans ces stratégies particulières.  La représentante des peuples autochtones a regretté que, bien souvent, il n’existe pas d’accord sur les indicateurs mis en place dans le cadre de l’aide accordée au peuples autochtones.  Les programmes éducatifs sont notamment trop peu souvent sensibles aux valeurs culturelles des peuples auxquels ils s’adressent, ce qui peut entraîner, entre autres, la perte des langues autochtones. 


Concluant sur la question du commerce, le Modérateur a demandé au représentant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si dans les négociations commerciales la question de la durabilité est véritablement prise en compte.  La réponse est claire, a-t-il répondu.  Elle est, en fait, liée à la complémentarité entre le commerce et le développement qui sont les deux faces de la même pièce.  La libéralisation du commerce génère l’accroissement des niveaux de vie qui, à son tour, rend disponible les ressources nécessaires à la protection de l’environnement.  Que comptent faire les gouvernements pour que la mondialisation donne lieu à des modes de développement plus durables? Telle a été la question posée par le Modérateur aux gouvernements. 


Débat interactif


Le Ministre du commerce de l’Arabie saoudite a voulu illustrer l’importance que son pays attache à la coopération Sud-Sud en indiquant qu’au cours de ces dernières années, l’Arabie saoudite a octroyé 77 milliards de dollars de prêts non remboursables à plus d’une soixantaine de pays dans le monde.  Elle a annulé en même temps 60 milliards de dollars de la dette due par les pays les moins avancés (PMA).  Venant plus précisément à la question du Modérateur,  le Ministre a jugé que la solution réside dans la volonté des pays développés à honorer leurs engagements et à accélérer la mise en œuvre des mécanismes de coopération économique avec les pays en développement, entre autres, par l’accroissement des flux financiers. 


Il est nécessaire, a-t-il rappelé, de respecter l’engagement en matière d’aide publique au développement (APD).  Il a ajouté qu’il faut aussi un mécanisme novateur pour régler la question de la dette et dégager ainsi des ressources aux fins du développement.  Le monde doit, en outre, relancer un processus commercial à double voie et mettre fin à celui à sens unique en cours aujourd’hui.  Une base commune et égalitaire est nécessaire pour réaliser les objectifs fixés dans la Déclaration du millénaire, en particulier, dans le domaine du renforcement des capacités et du transfert des technologies.  Insistant également sur cette question, le Ministre de l’environnement du Burkina Faso a regretté que les pays développés n’aient pas respecté les engagements pris en vertu de la Convention sur la lutte contre la désertification.  Il a en va de même, a-t-il souligné, des questions du financement puisque le Fonds pour l’environnement (FEM) n’est toujours pas alimenté de manière adéquate. 


Le Ministre burkinabé a dénoncé les obstacles érigés aux exportations des pays du Sud en soulignant que la mise en œuvre du développement passe prioritairement par la mise à disposition de moyens adéquats à savoir le soutien financier, le transfert des technologies et le renforcement des capacités.  Se targuant d’être originaire d’un pays «champion du monde» de la durabilité, de la compétitivité environnementale, de la parité entre les sexes et de la recherche en développement, le représentant de la Finlande  a souligné que, pour son pays, la question la plus importante est la mise en place de mécanismes plus concrets pour rendre plus efficace la modification des modes de production et de consommation non viables.  En cela, le rôle des

autorités locales, de la société civile et du monde des affaires est essentiel, a-t-il dit en ajoutant que l’objectif final est de promouvoir une croissance qui respecte la quantité disponible des ressources naturelles.  Le représentant a préconisé l’examen du lien entre la pauvreté et la consommation.


Intervenant, à son tour, la Ministre du tourisme et de l’environnement de la Zambie a estimé que le succès en matière de développement durable dépend d’un véritable partenariat entre toutes les parties prenantes et d’une intervention efficace des partenaires extérieures.  Les recommandations de ce Sommet doivent donc donner lieu à des actions concrètes en matière notamment d’APD, d’investissements, d’allègement de la dette et de libéralisation du commerce par la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires.  Les pays en développement qui ont libéralisé leurs marchés sont devenus le dépotoir des produits du Nord dont certains peuvent se révéler toxiques.  Ces pays ont donc besoin de financement spécifique pour leur permettre, par le renforcement des capacités, de participer à la prise de décision économique, à l’échelle internationale.  La question du lien entre la bonne gouvernance et les questions intersectorielles a été soulignée par la Ministre pour la protection des ressources naturelles de la République fédérale de Yougoslavie (RFY).


Le représentante de la Fédération internationale de l’Université des femmes a estimé que l’éducation est le point de départ de toute politique de développement durable et qu’elle doit intégrer les connaissances pratiques que possèdent les femmes.  Il faut également développer une recherche appliquée qui tienne compte de la dimension sexospécifique du développement durable. 


Le Ministre de la science et des techniques du Pakistan a estimé qu’il est essentiel que le concept de développement durable soit financé sur la base d’un programme complet fondé sur l’accès libre aux marchés et l’aide au développement.  Le financement pour un développement durable n’est possible que si chaque secteur est synchronisé.  Les pays développés et les pays en développement doivent travailler de concert pour réaliser les objectifs du développement durable sur la base d’une responsabilité commune mais différenciée.  La révolution de l’information pourrait être un catalyseur pour créer des emplois.  L’importance des technologies de l’information pour l’accès aux marchés est un élément essentiel.  Les sociétés multinationales doivent également se lancer dans la formation des techniciens dans les pays en développement. 


Le Ministre de l’environnement et des sciences du Ghana a estimé que l’engagement des gouvernements et de la société civile est indispensable pour parvenir à un développement durable.  Il faut également dégager des fonds pour le financement des projets de développement, renforcer la capacité institutionnelle des pays en développement, régler les conflit et mettre en place des services de transports et de communication.


Le Ministre de l’environnement et du logement du Bénin a lancé un appel pour que les subventions soient orientées vers les infrastructures nécessaires et en mesure de rendre l’agriculture durable et qui servent à promouvoir l’amélioration du cadre de vie des producteurs. 


A son tour, la représentante bangladeshi du monde de l’industrie et du commerce a plaidé pour des partenariats, pour un cadre adéquat de coopération internationale et d’actions scientifiques et pour la stabilisation des marchés.  Le Ministre de l’environnement et de la foresterie du Bangladesh a lui plaidé pour la bonne gouvernance nationale ainsi que pour l’accès aux ressources financières et aux technologies.  Pour un pays en développement tel que le Bangladesh, l’éducation doit être définie comme une action prioritaire dans la lutte contre la pauvreté.  


Le Ministre de l’environnement de l’Uruguay a fait savoir que son pays est fermement engagé sur la voie du développement durable et tente de le promouvoir dans plusieurs secteurs qui sont interdépendants.  Le transfert de technologies et l’accès aux marchés sont les éléments essentiels du développement durable.  L’élimination des subventions favorisera le développement des économies au niveau mondial. 


Les pays industrialisés ont un grand défi à relever en matière de protection de l’environnement, a affirmé la Ministre de l’environnement de la Suède.  La question des modes de production et de consommation durables fait pourtant toujours l’objet de controverse.  Or, selon la Ministre, la durabilité est rentable.  La prévention est moins onéreuse que la réaction.  La Ministre a souhaité qu’un programme décennal sur la question soit adopté.  La production et la consommation durables constituent un défi intersectoriel réel.  Après les Accords de Doha, de Bruxelles et de Monterrey, il est temps de passer à l’action et de prendre le ferme engagement d’évaluer régulièrement leur mise en oeuvre.  Le Ministre des affaires étrangères de la Guinée équatoriale a insisté que le développement durable ne sera réalisé que lorsque 0,7% du PNB des pays riches sera octroyé à l’APD.  Il a souhaité le respect des engagements en matière de renforcement des capacités, de libéralisation de la dette et d’allègement de la dette.  Il faut partir de ce Sommet avec des objectifs et des programmes concrets comprenant des éléments qui garantissent le développement durable.  Ne soyons pas trop exigeants mais prenons des décisions réalistes et l’engagement d’examiner, tous les ans, la mise en oeuvre des programmes régionaux, a préconisé le Ministre.


La représentante de la Norvège a estimé qu’il fallait fixer des délais précis de mise en oeuvre des dispositions d’Action 21 afin de réaliser les objectifs de développement du Millénaire.  Elle a recommandé une approche intégrée de lutte contre la pauvreté, un doublement de l’aide publique au développement (APD), un accès à tarif nul pour les produits des pays pauvres aux marchés des pays développés.  Insistant sur l’importance de privilégier un bon environnement pour promouvoir les investissements, la représentante a souligné le lien étroit entre paix et développement et a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer l’accès aux activités économiques pour les populations autochtones. 


Un représentant des peuples autochtones de Norvège est intervenu afin de réaffirmer le rôle des populations autochtones dans le processus de développement durable et de suggérer que le Forum des populations autochtones soit associé au suivi du Sommet de Johannesburg.


Le Ministre de l’environnement de la Côte d’Ivoire a insisté pour que la dette des pays en développement soit annulée.  Il a plaidé pour un accès plus facile au financement du FEM, pour une levée des subventions agricoles et demandé aux pays riches de ne plus ériger de nouvelles barrières tarifaires.  Le représentant de l’Agence spatiale européenne a estimé que le travail de ce Sommet devait tenir compte de la contribution des scientifiques qui peuvent, par exemple, fournir une meilleure observation de la terre depuis l’espace pour améliorer la gestion des ressources terrestres et forestières. 


Le représentant du Japon a jugé que les questions intersectorielles sont très importantes dans le cadre du développement durable.  Tous les Gouvernements et parties prenantes devraient collaborer à ces efforts de partage des connaissances et des expériences à l’échelle mondiale.  Outre la nécessité d’appliquer les accords conclus à Doha et à Monterrey, le Japon a fait une série de propositions consistant à mettre l’accent sur le développement des ressources humaines, l’éducation, la santé et sur l’égalité des femmes, et également sur l’appropriation et la solidarité afin que les pays en développement puissent d’eux-mêmes développer des programmes de lutte contre la pauvreté.  L’Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto est importante. 


Si nous voulons que ce Sommet soit une réussite, a déclaré la Ministre des sciences et technologies de Cuba, il faut facilité davantage l’accès des pays en développement aux marchés et leur octroyer des ressources nouvelles et additionnelles.  Il faudrait s’efforcer également d’atteindre l’objectif de 0,7% du PIB pour l’aide publique au développement.  Il faudrait également mettre en place des régimes commerciaux transparents, réduire la dette, garantir l’accès à une culture où les modes de consommation seront déterminés par des comportements éthiques.  Il faudrait en outre réformer le système actuel de financement international.


Le représentant du Népal a estimé que la culture du développement durable doit être ancrée dans les intérêts et les priorités des peuples.  Il faudrait également impliquer le monde des affaires et de l’industrie pour parvenir à des modes de vie qui soient durables.  L’amélioration de la coordination entre les différentes parties prenantes afin de mettre en place des outils de développement durable, notamment de nature juridique, est une condition indispensable. 


Le représentant des Etats-Unis a précisé que son pays utilise 65% des terres pour la production d’organismes génétiquement modifiés suivant des analyses selon des normes et des analyses très rigoureuses.  Ces produits servent à la consommation nationale, à l’exportation et à l’aide alimentaire.  13 millions de personnes devront faire face a des pénuries très graves en Afrique australe.  Afin de répondre à cette crise, les Etats-Unis se sont engagés à envoyer 500 000 tonnes d’aliments dans cette région, ce qui représente la moitié de l’aide octroyée.


La recherche scientifique est très importante mais à qui profite-t-elle? s’est interrogé le Ministre de l’environnement du Botswana.  La recherche scientifique, a-t-il voulu, doit être orientée vers les besoins de la population.  La durabilité doit servir la population et la recherche ne peut être mythifiée et détachée de la population.  Ces dernières doivent pouvoir donner leur avis et faire en sorte que la recherche leur bénéficie véritablement.  


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