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DSG/SM/180
6 décembre 2002

LA CRAINTE DE L’EXCLUSION FAIT AUTANT DE MAL QUE LA MALADIE, DECLARE LA VICE-SECRETAIRE GENERALE A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA

06/12/02
Communiqué de presse
DSG/SM/180


            DSG/SM/180

            AIDS/47

            6 décembre 2002


LA CRAINTE DE L’EXCLUSION FAIT AUTANT DE MAL QUE LA MALADIE, DECLARE LA VICE-SECRETAIRE GENERALE A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA


On trouvera ci-après le texte de la déclaration qu’a faite Mme Louise Fréchette, Vice-Secrétaire générale, lors d’une manifestation marquant la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 26 novembre 2002:


«Je me réjouis de voir autant de personnalités venues assister à cette manifestation marquant la Journée mondiale de lutte contre le sida.


Mme Whoopi Golberg, Mme Curry, Kami la marionnette, et d’autres – je vous remercie très sincèrement d’être parmi nous aujourd’hui. Vous êtes tous des alliés précieux dans la lutte que nous menons contre le sida.


Cette lutte est plus pressante que jamais. Le rapport annuel intitulé ‘Le point sur l’épidémie de sida’ publié aujourd’hui par ONUSIDA, c’est-à-dire le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, révèle que l’épidémie mondiale s’amplifie. Il y a eu cette année 5 millions de nouveaux cas d’infection et plus de 3 millions de décès dus au sida. Aujourd’hui, 42 millions de personnes vivent avec le VIH/sida.


Cela signifie que dans le monde, le VIH/sida demeure un fardeau terrible pour des millions de personnes, de familles et de communautés.


Alors même que nous nous réunissons, la famine menace de vastes régions de l’Afrique australe. Elle est en partie causée par le sida, qui affaiblit inexorablement les êtres humains et les structures sociales et économiques qui font la cohérence des sociétés.


Il est difficile d’imaginer une combinaison de facteurs plus cruelle, plus implacable. L’épidémie de sida a déjà causé des souffrances indicibles en tuant des jeunes gens et en faisant des millions d’orphelins. Aujourd’hui, les pays touchés connaissent des difficultés insurmontables pour lutter contre la famine car l’épidémie affaiblit précisément les structures qui permettent aux populations de s’en défendre.


Pour atténuer les effets du VIH/sida, il faut améliorer les soins de santé, donner accès aux traitements, faire un travail de prévention plus énergique, renforcer la solidarité sociale et aider les plus vulnérables – en particulier les orphelins, dont le nombre est estimé à 14 millions dans le monde.


Et puis, il y a l’autre fardeau qu’impose le sida, il est tout aussi horrible mais nous avons le pouvoir de l’alléger : il s’agit de l’exclusion qui accompagne la maladie.


Les effets ou la crainte de cette stigmatisation peuvent faire autant de mal que le virus lui-même. La solitude et l’abandon qui en sont les conséquences meurtrissent ceux qui en souffrent – comme Kami l’a montré de façon si émouvante aux jeunes téléspectateurs de la version sud-africaine de Sesame Street. Ils devraient aussi meurtrir chacun d’entre nous car ils sont un affront à la condition d’être humain que nous avons en partage.


Les séropositifs, ou même ceux qui sont soupçonnés de l’être, se voient refuser la reconnaissance de leurs droits fondamentaux, tels que le droit à la nourriture ou au logement, et perdent leur emploi alors qu’ils sont parfaitement capables de faire leur travail. Ils peuvent être privés d’assurance, ou même de soins médicaux. Ils peuvent être rejetés par leur propre milieu ou, chose plus tragique encore, par leur propre famille.


La crainte de l’exclusion oblige à se taire et dans la lutte contre le sida le silence, c’est la mort. Elle empêche le débat public sur la maladie et dissuade de savoir si l’on est  infecté.


Elle peut amener certains – la mère qui allaite, le partenaire sexuel qui veut garder sa séropositivité secrète – à courir le risque de transmettre le virus par peur d’être soupçonnés de l’avoir contracté.


Pour que s’abattent les murs de la honte et du silence, les dirigeants doivent s’exprimer au plus haut niveau. Les droits de personnes vivant avec le VIH/sida doivent être défendus, y compris sur le lieu de travail. Les écoles, les médias et les programmes d’éducation de la jeunesse doivent contribuer à produire une génération mieux armée pour vivre dans le monde du sida. On constate déjà des progrès encourageants dans certaines régions, mais l’action doit se poursuivre sur chaque continent, dans chaque pays, dans chaque région touchés par le sida.


L’année dernière, à la session extraordinaire que l’Assemblée générale a consacrée au VIH/sida, les États Membres ont adopté à l’unanimité une Déclaration d’engagement, porteuse d’un message universel sans ambiguïté. Ils y appelaient les pays à prendre et à appliquer des mesures interdisant la discrimination à l’égard des séropositifs et de groupes vulnérables.


Mais quelles que soient les lois et les réglementations adoptées, l’arme la plus puissante contre la honte et le silence, c’est la voix des gens du monde entier qui s’élève pour parler du sida.


En adoptant le slogan ‘Vivre et laisser vivre’, la Campagne mondiale de lutte contre le sida de cette année nous incite à veiller à ce que tous les gens, vivant ou non avec le VIH, puissent jouir de leurs droits fondamentaux et vivre dans la dignité.


Elle met les dirigeants du monde entier au défi de montrer par l’exemple que parler haut et fort du sida est la marque du courage et non une source de honte.


Elle nous met au défi de substituer la compassion à l’opprobre, l’espérance à la peur, la solidarité au silence.


Elle nous met au défi d’agir en sachant que ce travail commence avec chacun d’entre nous.


Je vous suis reconnaissante de montrer l’exemple, exemple qui, je l’espère, encouragera les autres personnes à agir en nombre. Je vous remercie beaucoup de votre présence et de votre attention».


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