QUESTION DE PALESTINE : DES DELEGATIONS APPELLENT ISRAËL A DESSERRER SON ETAU ECONOMIQUE ET MILITAIRE SUR LES TERRITOIRES PALESTINIENS

AG/1369
29 novembre 2002

QUESTION DE PALESTINE : DES DELEGATIONS APPELLENT ISRAËL A DESSERRER SON ETAU ECONOMIQUE ET MILITAIRE SUR LES TERRITOIRES PALESTINIENS

29/11/2002
Communiqué de presse
AG/1369


Assemblée générale

63ème séance – après midi


QUESTION DE PALESTINE : DES DELEGATIONS APPELLENT ISRAËL A DESSERRER

SON ETAU ECONOMIQUE ET MILITAIRE SUR LES TERRITOIRES PALESTINIENS


Commémorant aujourd’hui la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, l’Assemblée générale a entamé son débat relatif à la question de Palestine par un appel lancé au Gouvernement israélien par le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, M. Papa Louis Fall, lui demandant d’honorer intégralement les dispositions de la Quatrième Convention de Genève, de se retirer des localités palestiniennes occupées et de retourner à ses positions de septembre 2000.  M. Fall a par ailleurs demandé à Israël de desserrer l’étau qui enserre l’économie palestinienne, de débloquer les recettes fiscales et douanières de l’Autorité palestinienne et de lever les restrictions aux activités humanitaires des organisations non gouvernementales et des organisations intergouvernementales.  Au-delà de ces conditions préalables, le Président du Comité a exhorté les deux parties à s’engager de manière urgente dans la voie d’un règlement global, juste et durable de la question de Palestine, avec le concours de la communauté internationale. 


A ce titre, les efforts déployés ces dernières semaines par le Quatuor –États-Unis, Fédération de Russie, Union européenne et Nations Unies- qui a défini en septembre 2002 un Plan de route vers la constitution d’un État palestinien d’ici 2005, ont été loués par nombre de délégations.  A l’instar de l’Algérie, elles ont encouragé par ailleurs les coparrains du processus de paix à s’inspirer de l’Initiative arabe adoptée lors du dernier sommet de la Ligue arabe à Beyrouth et à mettre en place un cadre de négociation cohérent en vue de parvenir à une solution fondée sur la légalité internationale et le principe de l’échange de la terre contre la paix.  A cet égard, a ajouté l’Algérie, la vision américaine de deux États vivant côte à côte telle qu’articulée par le Président George Bush et saluée par le Conseil de sécurité va à l’évidence dans le sens souhaité.  Cependant, face à la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens occupés, la communauté internationale et les Nations Unies, notamment le Conseil de sécurité, ont été invités, entre autres par la République islamique d’Iran, à assurer sans délai la protection des civils palestiniens à travers une présence internationale adéquate.  A ce titre, la proposition faite il y a quelques mois par le Secrétaire général des Nations Unies consistant à créer une force multinationale en vertu du Chapitre VII de la Charte a été rappelée. 


Insistant à son tour sur la nécessité de déployer une force multinationale pour mettre fin à la violence et s'assurer que les forces israéliennes, après leur retrait, ne réoccupent pas leurs positions, M. Farouk Kaddoumi, Chef du Département politique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a en revanche jugé que le Plan de Route défini par le Quatuor contenait certaines imprécisions.  M. Kaddoumi a notamment jugé paradoxal l’appel lancé à la fois en faveur de la création d'un État intérimaire et de la fin du terrorisme, estimant que le Quatuor demande à la partie palestinienne de se rendre aux conditions posées par la partie israélienne alors que le siège et l'oppression continuent et que les réformes ne peuvent être entreprises dans la mesure où la majorité des infrastructures et des institutions palestiniennes ont été détruites.  Le Plan de route du Quatuor contient bien des insuffisances qui, a-t-il espéré, devraient être corrigées dans la version définitive prévue pour le 20 décembre.  M. Kaddoumi a plaidé pour la définition d’un calendrier de retrait précis des forces israéliennes et pour la suppression des colonies israéliennes. 


Pour sa part, le représentant d’Israël a jugé que les accords d'Oslo avaient scellé un passage fondateur du principe de la négation mutuelle, entre Israéliens et Palestiniens, au principe de la reconnaissance mutuelle.  Le recours des Palestiniens au terrorisme a brisé l'optimisme des années d'Oslo et a fait dérailler les efforts répétés pour relancer le processus de négociations en vue de parvenir à une paix durable, a-t-il regretté.  Cela a obligé le Gouvernement israélien à faire de la sécurité de ses citoyens sa priorité absolue, a-t-il indiqué, observant par ailleurs que la sécurité est l'essence même de la paix.  Le représentant d’Israël a ensuite déploré que toute tentative d'adopter une résolution condamnant expressément les groupes terroristes palestiniens ait été barrée par la majorité et ait toujours échouée au sein des Nations Unies.  Toutefois, selon lui, Israéliens et Palestiniens ne peuvent assumer ce passage de la négation à la reconnaissance mutuelle sans qu'il ne suscite les dérives tragiques que nous connaissons aujourd'hui.


Les représentants des pays suivants se sont également exprimés au cours du débat: Malte, Égypte, Soudan, Pakistan, Bahreïn, Chine, Malaisie, Madagascar, Cuba, Danemark (au nom de l’Union européenne et des pays associés).


L’Assemblée générale se réunira, pour poursuivre ce débat, lundi 2 décembre à 10 heures.


QUESTION DE PALESTINE


Rapport du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (A/57/35)


Le rapport du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien examine la situation en ce qui concerne le territoire palestinien occupé au cours de l'année écoulée, faisant état de l'inquiétude suscitée par l'intensification constante et l'élargissement du champ des opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien occupé.  Il présente également le mandat du Comité, renouvelé par l'Assemblée générale dans sa résolution 56/33 du 3 décembre 2001, et les mesures qu'il a prises en application de cette résolution et en coopération avec l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité, mais aussi avec des organes intergouvernementaux tels que l'Union africaine et le Mouvement des pays non alignés, ainsi que les Etats Membres intéressés par cette question, notamment l'Union européenne.  De nombreuses réunions internationales se sont également tenues au cours de la période considérée, sous les auspices des Nations Unies, avec les organisations non gouvernementales.  Le Comité a par ailleurs maintenu et resserré ses liens de coopération avec les organisations non gouvernementales, les établissements universitaires, les parlementaires et les journalistes.  Des représentants de la société civile ont participé à toutes les réunions organisées sous ses auspices, notamment à la célébration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, le 29 novembre 2001. 


Le rapport fait part en conclusion de la préoccupation qu'inspire au Comité la situation catastrophique et de plus en plus dangereuse qui règne dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem, et réaffirme que la poursuite de l'occupation reste à la base du conflit et constitue un problème qu'il faut régler sans attendre.  Le Comité se montre convaincu que la question de la Palestine devrait être réglée sur la base des résolutions 242 (1967), 338 (1973) et 1397 (2002) et des autres résolutions pertinentes ainsi que des éléments suivants: exercice par le peuple palestinien de ses droits inaliénables et coexistence de deux États, Israël et la Palestine vivant en paix côte à côte au sein de frontières sûres et reconnues.  A cet égard, l'ONU doit continuer de maintenir sa responsabilité permanente en ce qui concerne tous les aspects de la question de Palestine jusqu'à ce que celle-ci soit résolue de manière satisfaisante, le Comité jugeant très encourageant le rôle joué par le Secrétaire général de l'ONU et par le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, dans le cadre du Quartet.  Si le rapport du Comité estime que son programme de réunions dans diverses régions continue de jouer un rôle utile en sensibilisant davantage le public international aux droits inaliénables du peuple palestinien, il se félicite aussi vivement de la contribution apportée par un grand nombre d'organisations de la société civile qui œuvrent sans relâche pour mobiliser la solidarité avec le peuple palestinien, assurer une certaine protection et apporter des secours d'urgence dans des circonstances difficiles à la population du territoire palestinien occupé. 


Dans son programme de travail pour l'an prochain, le Comité s'efforcera de faire participer dans une plus large mesure d'autres secteurs de la société civile tels que les établissements universitaires, les groupes de réflexion, les parlementaires et les médias.  Il renforcera sa coopération avec le vaste réseau d'organisations non gouvernementales sur la question de Palestine en se fondant sur les nouvelles directives élaborées à l'intention des organisations accréditées.  Enfin, souligne le rapport, Le Comité concentrera ses travaux sur la question de l'exercice par le peuple palestinien de ses droits inaliénables, sur les efforts tendant à relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes et sur le rôle de l'ONU dans ces négociations, ainsi que sur l'assistance internationale au peuple palestinien. 


Saluant en conclusion la contribution que la Division des droits des Palestiniens du Secrétariat apporte à la réalisation de ses objectifs, le Comité lui demande de poursuivre son programme de publications et ses autres activités d'information, en particulier le développement de la collection de documents du Système d'information des Nations Unies sur la question de Palestine (UNISPAL).  Le Comité est d'avis que le programme d'information spécial sur la question de Palestine du Département de l'information a grandement contribué à informer les médias et l'opinion publique sur les problèmes qui touchent à cette question et demande à ce que ce programme soit poursuivi.


Règlement pacifique de la question de Palestine (A/57/621)


Dans ce rapport, soumis en application de la résolution 56/36 de l’Assemblée générale en date du 3 décembre 2001, le Secrétaire général présente ses observations sur l'état actuel du conflit israélo-palestinien ainsi que les réponses du Président du Conseil de sécurité et des parties concernées aux notes verbales qu'il a envoyées conformément à la demande figurant au paragraphe 9 de la résolution.


Le Secrétaire général note qu'au cours de l’année écoulée, le conflit israélo-palestinien s’est encore aggravé, annihilant bon nombre des acquis du processus de paix.  Le cycle actuel de violences et de représailles a attisé les tensions politiques et causé de nombreuses pertes en vies humaines des deux côtés: depuis que l’Intifada s’est déclenchée à la fin de septembre 2000, plus de 1 800 Palestiniens ont été tués et environ 25 000 ont été blessés; du côté israélien, plus de 600 personnes ont été tuées et plus de 4 000 blessées.  M. Kofi Annan rappelle qu'il a engagé les deux parties à assumer l’obligation qui leur incombe, en vertu du droit international humanitaire, d’assurer la protection des civils.  Les parties sont engagées sur une voie qui ne conduit qu’à plus de souffrances et de détresse et qui ne les rapprochera ni l’une ni l’autre de la réalisation de ses objectifs déclarés, estime-t-il.


Pour le Secrétaire général, la situation est arrivée à un point particulièrement dangereux à la fin de mars 2002, à la suite d’un attentat-suicide à la bombe commis par un groupe palestinien dans la ville israélienne de Netanya qui a fait 28 morts et 140 blessés.  À la suite de cette attaque terroriste, les Forces de défense israéliennes ont lancé une opération militaire de grande ampleur en Cisjordanie, qui a abouti à la réoccupation de villes placées sous contrôle palestinien intégral, causant des dommages considérables aux infrastructures civiles et de sécurité palestiniennes et créant une crise sur le plan humanitaire et sur celui des droits de l’homme.  L’incursion israélienne dans le camp de réfugiés de Djénine en avril, rappelle-t-il en outre, a conduit à des allégations faisant état de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Ceci l'avait amené, après consultations, à proposer l'envoi d'une équipe impartiale d’établissement des faits chargée de dresser un tableau exact de ce qui s’était passé.  Le Conseil de sécurité a accepté cette offre à l’unanimité dans sa résolution 1405 (2002) mais Israël a par la suite soulevé des objections de caractère fondamental qui ont dans la pratique empêché l’équipe de se rendre dans la région.  C’est avec grand regret que j’ai jugé qu’il fallait dissoudre l’équipe, écrit M. Annan.


Le Secrétaire général observe également une tendance particulièrement alarmante à l’expansion rapide des colonies israéliennes en Cisjordanie, notamment autour de Jérusalem-Est. Ces colonies enveloppent Jérusalem-Est, qu’elles coupent d’autres zones palestiniennes en Cisjordanie, laquelle serait divisée en deux. D’autres projets de colonisation nouveaux couperaient en deux le nord de la Cisjordanie, et encercleraient à la fois Bethléem et Hébron dans le sud.  Ces activités sont illégales aux termes du droit international et il convient d’y mettre fin, insiste-t-il. 


Par ailleurs, il souligne que les affrontements croissants ont eu un effet dévastateur sur la situation humanitaire et économique dans les territoires palestiniens occupés, que l’économie palestinienne a pratiquement cessé de fonctionner dans certaines zones en raison principalement de la politique de couvre-feux et de bouclages appliquée par Israël.  Cette situation l'a amené à envoyer Mme Catherine Bertini dans la région en qualité d’Envoyé personnel du Secrétaire général pour les questions humanitaires.  Après en avoir examiné les recommandations, le 17 septembre 2002, le Quatuor - ONU, Etats-Unis, Fédération de Russie et Union européenne - a instamment engagé les parties à reconnaître leurs responsabilités respectives et à agir en conséquence.


Le Secrétaire général indique par ailleurs qu'au cours de l’année écoulée, la situation au Moyen-Orient, y compris la question de Palestine, a fait l’objet de consultations et de débats approfondis au Conseil de sécurité qui a adopté cinq nouvelles résolutions, en particulier la résolution 1397 (2002) dans laquelle il a affirmé sa vision d’une région où deux États, Israël et la Palestine, vivraient côte à côte à l’intérieur de frontières sûres et reconnues.  Cette vision d’une solution prévoyant deux États a obtenu l’appui de toute la communauté internationale.  Il déplore qu’il reste si peu de la confiance mutuelle qui avait si laborieusement été instaurée entre les parties.  L’intervention et les encouragements réguliers et systématiques de tiers seront indispensables pour les aider à trouver une voie qui leur permette de sortir de l’actuel cercle vicieux de destruction.


Dans le cadre de cet effort, le Quatuor constitue un nouveau mécanisme de coordination des efforts internationaux de paix, estime M. Annan qui en détaille les travaux.  Ce Quatuor, explique-t-il, s’est réuni pour la première fois au niveau principal au Siège de l’ONU à New York en novembre 2001.  En mai 2002, à Washington, il a annoncé son intention de collaborer avec les parties en vue de tenir une conférence internationale de paix axée sur les moyens d’atteindre l’objectif de deux États énoncé dans la résolution 1397 (2002) du Conseil de sécurité. 


En juillet 2002, à New York, il est convenu de poursuivre les objectifs suivants: deux États démocratiques vivant côte à côte dans la paix et la sécurité; la cessation complète et durable de la violence et du terrorisme; la fin de l’occupation qui a commencé en 1967; l’arrêt de l’implantation de colonies de peuplement; la réforme des institutions civiles et de sécurité de l’Autorité palestinienne; la tenue d’élections palestiniennes; et la conclusion dans un délai de trois ans des négociations sur un règlement permanent des questions en suspens.  En septembre 2002, le Quatuor est convenu d’un plan d’application en trois phases échelonnées sur trois ans visant à parvenir à un règlement global.


En mars 2002, rappelle-t-il par ailleurs, le sommet de la Ligue des États arabes a adopté à l’unanimité – en tant qu’Initiative arabe de paix – le plan proposé par le Prince héritier Abdullah bin Abdul Aziz d’Arabie saoudite demandant le retrait intégral d’Israël de tous les territoires arabes occupés depuis juin 1967 et l’acceptation par Israël d’un État palestinien indépendant ayant Jérusalem-Est pour capitale, en échange de l’établissement de relations normales avec les pays arabes.


Comme l’Assemblée générale l’a souligné en de nombreuses occasions, parvenir à un règlement définitif et pacifique de la question de Palestine – qui est au cœur du conflit arabo-israélien – est impératif si l’on veut parvenir à une paix globale et durable au Moyen-Orient.  A cet égard, le Secrétaire général espère que les choses avanceront également en ce qui concerne les volets syrien et libanais.  L’Organisation des Nations Unies, pour sa part, continuera d’appuyer la reprise d’un processus de paix réel et de jouer un rôle de premier plan dans les efforts visant à réduire les graves problèmes économiques et sociaux auxquels le peuple palestinien se trouve confronté, affirme-t-il.  Il demande en outre à la communauté internationale de fournir les ressources nécessaires pour financer les programmes de l’Organisation des Nations Unies visant à remédier à la détérioration de la situation économique et humanitaire du peuple palestinien, en particulier de fournir des fonds adéquats pour l’UNRWA.


Outre la réponse du Conseil de sécurité datée du 30 septembre 2002, ce rapport contient également celles du représentant d'Israël auprès de l'ONU, de l'Observateur permanent de la Palestine ainsi que du représentant de la République arabe syrienne.


Projet de résolution (A/57/L.34)


Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien


Aux termes de ce projet de résolution, l’Assemblée générale prie le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien de continuer à ne ménager aucun effort pour promouvoir la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, appuyer le processus de paix au Moyen-Orient, mobiliser l’aide et l’appui de la communauté internationale en faveur du peuple palestinien, et autorise le Comité à apporter à son programme de travail les aménagements qu’il jugera appropriés et nécessaires au vu de l’évolution de la situation et à lui rendre compte à sa cinquante-huitième session et par la suite.  L’Assemblée prie le Comité de continuer à offrir coopération et soutien aux organisations palestiniennes et autres organisations de la société civile afin de mobiliser la solidarité et l’appui de la communauté internationale en faveur de la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien ainsi que du règlement pacifique de la question de Palestine et d’associer de nouvelles organisations de la société civile à ses travaux. 


Projet de résolution (A/57/L.35)


Division des droits des Palestiniens (Secrétariat)


Aux termes de ce projet de résolution, l’Assemblée générale

considère que la Division des droits des Palestiniens (Secrétariat) continue d’apporter une contribution utile et constructive et prie le Secrétaire général de continuer de fournir à la Division les ressources dont elle a besoin et de veiller à ce qu’elle continue d’exécuter son programme de travail, en consultation avec le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et sous sa direction.  La Division est priée en particulier d’organiser des réunions dans différentes régions, avec la participation de tous les secteurs de la communauté internationale, de continuer de mettre au point et de développer le système d’information des Nations Unies sur la question de Palestine, et d’établir et faire diffuser le plus largement possible des publications et de l’information sur divers aspects de la question de Palestine.  Par ailleurs, l’Assemblée générale prie la Division de continuer d’organiser le programme annuel de formation destiné au personnel de l’Autorité palestinienne et prie également le Secrétaire général de veiller à ce que le Département de l’information et d’autres services du Secrétariat continuent d’aider la Division à s’acquitter de ses tâches et à couvrir comme il convient les divers aspects de la question de Palestine. 


L’Assemblée prie le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et la Division des droits des Palestiniens, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien le 29 novembre, de continuer d’organiser une exposition annuelle sur les droits des Palestiniens en coopération avec la Mission permanente d’observation de la Palestine auprès des Nations Unies. 


Projet de résolution (A/57/L.36)


Programme spécial d’information sur la question de Palestine du Département de l’information du Secrétariat


Aux termes de ce projet de résolution, l’Assemblée générale, convaincue que la diffusion, dans le monde entier, d’informations exactes et détaillées ainsi que l’action des organisations et institutions de la société civile revêtent toujours une importance capitale si l’on veut mieux faire connaître les droits inaliénables du peuple palestinien, note avec satisfaction les mesures prises par le Département de l’information du Secrétariat conformément à la résolution 56/35.  Elle considère que le programme d’information spécial du Département sur la question de Palestine est très utile en ce qu’il contribue à sensibiliser la communauté internationale à la question de Palestine et à la situation au Moyen-Orient, et qu’il aide effectivement à créer une atmosphère propice au dialogue et favorable au bon déroulement du processus de paix. 


L’Assemblée prie le Département de l’information, agissant en coopération et coordination étroites avec le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, de continuer à exécuter le programme d’information spécial jusqu’à la fin de l’exercice biennal 2002-2003, avec la souplesse voulue pour tenir compte des événements qui pourraient avoir une incidence sur la question de Palestine.  Elle le prie en particulier de continuer à faire paraître des publications et mises à jour concernant les différents aspects de la question de Palestine dans tous les domaines, d’étoffer sa documentation audiovisuelle sur la question de Palestine et de continuer à produire et préserver cette documentation, et d’organiser et d’aider à organiser à l’intention des journalistes des missions d’information dans la région, y compris dans le territoire sous la juridiction de l’Autorité palestinienne et dans le territoire occupé.


Projet de résolution (A/57/L.37)


Règlement pacifique de la question de Palestine


Aux termes de ce projet de résolution, l’Assemblée générale, se félicitant de l’affirmation du Conseil de sécurité selon laquelle celui-ci est attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte à l’intérieur de frontières reconnues et sûres et gravement préoccupée devant les souffrances et le nombre croissants de victimes tant du côté palestinien qu’israélien, la perte de confiance des deux côtés et la situation critique dans laquelle se trouve le processus de paix au Moyen-Orient, réaffirme la nécessité de parvenir à un règlement pacifique, sous tous ses aspects, de la question de Palestine, qui est au cœur du conflit arabo-israélien, et d’intensifier les efforts à cette fin.  Elle réaffirme également son plein appui au processus de paix du Moyen-Orient, qui a commencé à Madrid, et aux accords en vigueur entre les parties israélienne et palestinienne, souligne la nécessité d’instaurer une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, et se félicite à cet égard des efforts déployés par le Quatuor. 


En outre, l’Assemblée se félicite de l’Initiative de paix arabe adoptée par le Conseil de la Ligue des États arabes, les 27 et 28 mars 2002 à Beyrouth, souligne la nécessité de s’engager à respecter le concept de la solution de deux États et le principe «terre contre paix» ainsi qu’à appliquer les résolutions 242 (1967), 338 (1973) et 1397 (2002) du Conseil de sécurité, et souligne également la nécessité de mettre rapidement fin à la réoccupation de centres de population palestiniens et de cesser totalement tous actes de violence, y compris les attaques militaires, les destructions et les actes de terreur.  Elle demande aux parties concernées, au Quatuor et aux autres parties intéressées, de déployer tous les efforts et de prendre toutes les initiatives nécessaires pour arrêter la détérioration de la situation et rapporter immédiatement toutes les mesures prises sur le terrain depuis le 28 septembre 2000, et d’assurer la reprise effective et rapide du processus de paix et la conclusion d’un règlement pacifique final. 


Déclarations


M. PAPA LOUIS FALL, Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, présentant au nom de leurs coauteurs, les projets de résolution A/57/L.34, L.35, L.36 et L.37, a déclaré que le temps ne lui permettait pas de dresser une liste exhaustive des agressions et agissements répréhensibles commis par la puissance occupante israélienne à l’encontre du peuple palestinien, au mépris total des accords et arrangements convenus depuis 1993, des décisions des Nations Unies et des principes du droit international.  M. Fall a fait état des violations récurrentes et rémanentes perpétrées par Tel Aviv dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem, à savoir le blocus et le couvre-feu, les destructions d’infrastructures publiques, arrestations et détentions arbitraires, exécutions extrajudiciaires et raids meurtriers, pilonnages de localités et de camps de réfugiés, démolition de maisons et d’autres biens immobiliers, dévastation des terres agricoles et poursuite effrénée des colonies de peuplement, autant de violations qui ont plongé l’économie palestinienne dans une situation catastrophique sans précédent. 


Au même moment où son armée occupe et réoccupe systématiquement des zones palestiniennes, bloque tout accès des organisations humanitaires aux personnes en détresse et entrave radicalement le fonctionnement de ce qui reste de l’Administration palestinienne, le Gouvernement israélien impose de nouvelles exigences sécuritaires irréalistes à une Autorité palestinienne pratiquement anéantie, dont le chef, le Président Arafat, est scandaleusement maintenu en état permanent de siège.  Rappelant ensuite que le Comité a toujours condamné toutes formes d’agression, d’intimidation et de terreur contre des civils, où qu’elles se produisent et quelles qu’en soient les victimes, les commanditaires ou les justifications, M. Fall a saisi l’occasion de la célébration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien pour demander à Israël d’honorer intégralement les dispositions de la Quatrième Convention de Genève.  Le Gouvernement israélien doit d’abord se retirer des localités palestiniennes occupées et retourner à ses positions de septembre 2000, a poursuivi le Président, arracher l’étau qui enserre l’économie palestinienne, débloquer les recettes fiscales et douanières de l’Autorité palestinienne, et par ailleurs, lever les restrictions aux activités humanitaires des ONG et des organisations intergouvernementales. 


M. Fall a rappelé que le Comité, encouragé par la vision du Conseil de sécurité, articulée par la résolution 1397 consacrant l’initiative de paix du sommet arabe de Beyrouth dans le sillage des résolutions 242 et 338, a invité les deux parties à s’engager de manière urgente dans la voie d’un règlement global, juste et durable de la question de Palestine, avec le concours de la communauté internationale.  Ce Comité a appuyé à cet égard les efforts du Quatuor –États-Unis, Fédération de Russie, Union européenne et Secrétaire général de l’ONU- qui s’emploie activement en coopération avec les acteurs régionaux et les principaux donateurs à élaborer un plan de transition vers la constitution d’un État palestinien d’ici 2005.  Pour sa part, a assuré M. Fall, le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien entend jouer un rôle constructif et favorable à la réalisation de cet objectif en coopération avec tous les acteurs concernés.


M. WALTER BALZAN (Malte) a présenté le rapport du Comité sur l’exercice des droits inaliénables des Palestiniens(A/57/35), qui dresse, entre autres, le bilan de la situation en Palestine au cours de l’année écoulée, mettant l’accent sur la politique d’occupation menée par Israël.  Ce rapport passe également en revue les mesures prises par le Comité en vertu de son mandat, ainsi que le travail accompli par le Département public de l’information, avant d’en venir à des conclusions qui affichent les inquiétudes du Comité sur la situation sur le territoire palestinien occupé, ainsi que sa conviction que la solution au conflit israélo-palestinien doit se fonder sur les résolutions du Conseil de sécurité 242 (1967), 338 (1973) et 1397 (2002).


M. FAROUK KADDOUMI, Observateur de la Palestine auprès des Nations Unies, a estimé que comme à l'accoutumée, les dirigeants d'Israël ont mené une politique de colonisation semblable à celle de la fin des années 90, quand un million d'immigrés russes sont arrivés dans la région pour permettre au pays de peupler le territoire palestinien et d'asseoir son influence régionale car, a-t-il insisté, Israël, et lui seul, dispose d'armes de destruction massive dans la région.  Evoquant les événements du 11 septembre 2001, agression à l'encontre d'une grande puissance et d'un pays pacifique qui a remis en cause la dignité des personnes et leur sens de la sécurité, il a estimé que le monde aurait espéré des Etats-Unis qu'ils se tournent vers la communauté internationale et les Nations Unies pour travailler sincèrement à l'élimination des causes du terrorisme international.  Toutes ces mesures globales auraient dû sauver l'humanité des menaces du terrorisme; mais la menace et l'intimidation provoquent les hommes et leurs dirigeants et causent beaucoup de frustration permettant d'utiliser le terrorisme comme prétexte d'autodéfense.  Une telle approche remet en question les relations de bon voisinage entre pays et encouragent ceux qui sont mus par de mauvaises intentions.  M. Sharon, selon lui, se cache derrière les prétextes du 11 septembre pour mener une politique terroriste au quotidien, assassinant, détruisant les biens et les infrastructures.  Les Etats-Unis acceptent ces pratiques alors que le monde entier condamne ces actes de terrorisme. 


Malgré l'invasion de notre terre, a-t-il poursuivi, nous avons accepté les principes des territoires contre la paix.  Toute une série d'accords ont été passés entre l'OLP et le Gouvernement de M. Rabin et, près de deux ans après, les extrémistes sionistes assassinaient M. Rabin et avec lui les chances d'amener la paix et la sécurité dans la région.  M. Kaddoumi a accusé les dirigeants qui lui ont succédés, MM. Barak et Nétanyahu, d'avoir refusé de signer la paix.  L'ONU, lors de la création de l'Etat israélien, a délibérément divisé la terre entre Palestiniens et Israéliens, créant d'entrée un conflit.  Ce conflit touche toute la région arabe et la politique sioniste a consisté à faire venir de plus en plus d'immigrants pour créer de plus en plus de colonies de peuplement.  M. Kaddoumi a ensuite rappelé la liste des premières résolutions adoptées par les Nations Unies et jamais respectées par Israël, qui a commis, après celles de 1948, une nouvelle agression en 1967.  Ce qui étrange, selon lui, c'est que l'actuelle administration des Etats-Unis a écarté ce dossier, dissous le Comité Ross et permis à M. Sharon, «ce criminel de guerre», d'avoir carte blanche pour occuper les territoires palestiniens, ravivant le conflit et la tension.  Dénonçant la campagne qui n'a cessé de s'aggraver contre le peuple palestinien, il a rappelé que ces pratiques ont toutes été condamnées par le Conseil de sécurité.  Pour lui, le Gouvernement israélien a détruit par sa politique tous les accords fondés sur le respect mutuel, et conclus entre l'Autorité palestinienne et Israël.


Par ailleurs, M. Kaddoumi a évoqué les efforts pour remettre le processus de paix sur les rails, citant notamment l'initiative de paix arabe adoptée au sommet de Beyrouth et rejetée par Israël, alors qu'elle avait reçu le soutien de l'ensemble de la communauté internationale.  Les résolutions récentes du Conseil de sécurité appellent à la création d'un Etat palestinien aux côtés de l'Etat israélien et, c’est dans ce contexte qu’a été créé le Quatuor.  Il a été dit qu'il fallait trouver un terrain propice pour faire aboutir le processus de paix, a poursuivi M. Kaddoumi; nous pensons que de nombreux aspects doivent être d'abord réglés: levée du siège de l'Autorité et des territoires palestiniens; retrait des troupes israéliennes sur les positions d'avant septembre 2000; déploiement d'une force multinationale pour mettre fin à la violence et s'assurer que les forces israéliennes ne réoccupent pas les positions dont elles se seraient retirées.  M. Kaddoumi a également estimé que le Plan de route du Quatuor contenait des imprécisions.


Mais, pour M. Kaddoumi, la principale préoccupation des Etats Unis et de la Grande Bretagne est de traiter le problème de l'Iraq: comment peuvent-ils justifier leur attitude envers l'Iraq qui fait l'objet de sanctions depuis plus de dix ans?  s'est-il demandé.  Israël détient l'arme nucléaire et menace de l'utiliser contre les pays de la région mais personne ne lui demande de soumettre ses installations au contrôle de l'AIEA.  Le représentant a souhaité que le Moyen-Orient devienne une zone exempte d'armes nucléaires.  Il a demandé aux Nations Unies de faire respecter les résolutions du Conseil de sécurité, d'assurer le retrait des forces israéliennes, de déployer une force multinationale pour observer ce retrait: ainsi, l'Etat palestinien qui serait créer pourrait négocier sur les questions qui restent en suspens.


M. AHMED ABOUL GHEIT (Egypte) a rappelé que l’on entre actuellement dans la troisième année d’Intifada, avant de dénoncer la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens en raison de la poursuite de l’occupation israélienne qui entend briser la résistance palestinienne.  M. Aboul Gheit a condamné l’occupation et la réoccupation des villes, la poursuite du bouclage, des exécutions extrajudiciaires, et les destructions d’infrastructures, ce au mépris par Israël des accords conclus depuis 1993.  Il a expliqué que la chute successive des Gouvernements israéliens depuis 1999 résulte en grande partie de leur entêtement à refuser la voie de la paix et de leur volonté de poursuivre la pratique des colonies de peuplement, contrairement aux appels de la communauté internationale.  Il a jugé urgente la recherche d’une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien qui garantisse la sécurité et les aspirations de deux parties.  L’occupation ne garantit pas la sécurité, a-t-il fait valoir, et la sécurité ne proviendra que de la paix, et ce une fois que les troupes israéliennes se seront retirées de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. 


Le droit du peuple palestinien à disposer d’un État a été reconnu à de nombreuses reprises, a-t-il poursuivi, mentionnant la position adoptée récemment par le Quatuor qui a défini en septembre 2002 un plan prévoyant la constitution d’un État palestinien d’ici 2005.  Il a estimé que le processus de paix doit privilégier à la fois les voies politique, sécuritaire et humanitaire, d’où la nécessité de définir clairement les responsabilités qui incombent à chaque partie dans la création d’un État palestinien, avec Jérusalem-Est comme capitale, dans la recherche d’une solution globale au problème, et dans la conclusion d’une paix


juste et durable dans le Moyen-Orient.  M. Aboul Gheit a exigé un mécanisme qui permette de suivre de près la mise en application des différentes étapes agréées par les deux parties avec le concours du Quatuor, des pays arabes et du reste de la communauté internationale.  Le représentant a demandé ensuite le retrait d’Israël de tous les territoires occupés depuis 1967, la cessation des colonies de peuplement en Cisjordanie, à Gaza et dans Jérusalem-Est, et la reprise des négociations sur la base des avancées réalisées depuis Oslo.


M.  BASHIR MOHAMED MANIS (Soudan) a rappelé que la poursuite par Israël de sa politique d’occupation du territoire palestinien était à l’origine de l’aggravation de la situation dans la région du Moyen-Orient.  Il a condamné les actes d’agression commis en toute impunité par Israël et appelé le Conseil de sécurité à adopter les résolutions nécessaires pour y mettre un terme.  Le Soudan déplore par ailleurs la complaisance de la communauté internationale envers ce pays, complaisance qui ne fait que l’encourager à persister dans ses pratiques.  Le Soudan s’est dit enfin convaincu que la seule voie pour réaliser la sécurité et la paix dans la région était le retrait total et sans condition des forces d’occupation israéliennes successives, pour permettre au peuple palestinien de créer un Etat souverain et légitime avec pour capitale Jérusalem.


M. JAVAD ZARIF (République Islamiste d'Iran) a remarqué que, pendant la période considérée, Israël avait poursuivi sa politique illégale de châtiment collectif.  L'armée israélienne a continué de faire un usage disproportionné et excessif de la force et a intensifié son système complexe de contrôle imposé aux personnes, aux véhicules et aux biens, vers, depuis et à l'intérieur des territoires palestiniens occupés.  De telles mesures, drastiques et inhumaines, ont eu un impact dévastateur sur la fragile économie palestinienne.  Sous prétexte d'assurer sa propre sécurité, Israël a délibérément privé le peuple palestinien de la sienne et l'a démoralisé, a-t-il déclaré.  Le représentant a par ailleurs rappelé que 34 nouvelles colonies de peuplement juives avaient été établies en terre palestinienne, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.  La politique israélienne de confiscation de la terre pour étendre ces colonies illégales a constitué une source de tension majeure dans la région.  Le nombre de colonies de peuplement juives a plus que doublé depuis 1993, a-t-il souligné, ce qui témoigne qu'Israël n'a jamais vraiment voulu rechercher la paix avec le peuple palestinien. 


Le représentant a par ailleurs fait remarquer que, au fil des ans, aucune des nombreuses résolutions prises par l'Assemblée générale ou le Conseil de sécurité n'a été mise en œuvre.  Le Conseil de sécurité, dont la mission première est le maintien de la paix et de la sécurité internationales devrait jouer un rôle majeur dans la promotion d'une solution juste et viable au Moyen-Orient, mais pour des raisons évidentes il n'a rien fait pour faire respecter ses modestes décisions, a-t-il indiqué.  En outre, le Conseil de sécurité doit encore décider d'agir, notamment en envoyant des observateurs internationaux dans les territoires occupés pour protéger les civils palestiniens de l'occupation israélienne.  Le représentant a estimé que les récents développements en Palestine ne menaçaient pas seulement l'ensemble de la région mais avaient aussi un impact dévastateur sur la paix et la sécurité dans le monde.  Pour lui, tous les efforts faits pour entamer la désescalade ont été torpillés par les actions et positions belliqueuses d'Israël, qui prouvent que les Israéliens sont prêts à défier le droit international et la volonté de la communauté internationale.  Sans la restauration des droits légitimes des Palestiniens, y compris leur droit à un Etat indépendant, il sera impossible de parvenir à une solution juste et durable au Moyen-Orient, a-t-il conclu.


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a déploré le contexte particulièrement préoccupant dans lequel intervient cette année le débat sur la question de Palestine, en raison notamment de la dégradation de la situation politique, sécuritaire et humanitaire dans les territoires palestiniens occupés et de l’absence de toute perspective de règlement du conflit israélo-arabe malgré la multiplication des initiatives tant internationales que régionales pour redonner vie à un processus de paix devenu moribond.  De fait, l’occupation israélienne avec son cortège d’exactions, de brutalités, de destructions et d’agressions contre le peuple palestinien et les symboles de l’Autorité palestinienne a totalement réduit à néant toutes les avancées enregistrées depuis le lancement du processus d’Oslo, a observé le représentant.  En recourant de manière de plus en plus débridée à sa formidable machine de mort pour juguler la résistance du peuple palestinien en poursuivant sa politique de colonisation et en utilisant, sans hésitations ni états d’âme, ses chars et ses missiles contre les populations civiles sans défense, Israël a ainsi opté pour la politique du pire et délibérément tourné le dos à la paix. 


En effet, a-t-il poursuivi, alors que les Palestiniens ont courageusement et définitivement fait le choix stratégique de la paix et accueilli positivement les dernières propositions de règlement, Israël s’est emmuré dans une position de refus et d’intransigeance et s’est employé avec acharnement à intimider et à affaiblir le Président Yasser Arafat en l’assignant à résidence, en détruisant ses bureaux, en mettant l’Autorité palestinienne dans l’incapacité de jouer son rôle notamment en matière de maintien de l’ordre public.  Malgré les appels répétés de la communauté internationale et du Conseil de sécurité, qui a adopté pas moins de 5 résolutions au cours de cette année demandant à Israël de respecter la légalité internationale et de se retirer des territoires occupés, Israël continue de fouler du pied le droit international et de braver la volonté de la communauté internationale, assuré qu’il est de l’impunité, à travers la poursuite implacable de sa politique d’occupation, de colonisation et de répression à l’encontre du peuple palestinien.  M. Benmehidi, condamnant énergiquement les attaques continues perpétrées par l’armée israélienne contre les civils innocents, leurs biens, leurs institutions et leurs lieux saints, a engagé la communauté internationale et les Nations Unies, en particulier l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, à assurer sans délais aux civils palestiniens, à travers une présence internationale adéquate, la protection dont ils ont besoin.  Cette présence, a-t-il indiqué, doit être véritable et efficace et pourrait prendre la forme d’observateurs officiels en nombre suffisant qui auraient un mandat clair ou, mieux, la forme de ce qui avait été proposé par le Secrétaire général, à savoir la création d’une force multinationale en vertu du Chapitre VII de la Charte. 


S’agissant du règlement final du conflit, a-t-il poursuivi, ses paramètres sont désormais largement connus, mentionnant notamment l’Initiative arabe adoptée lors du dernier sommet de la Ligue arabe de Beyrouth.  En s’inspirant de cette ouverture arabe, les coparrains de la paix doivent, dans la recherche de la relance du processus de paix, mettre en place un cadre de négociation cohérent en vue de parvenir à une solution fondée sur la légalité internationale et le principe de l’échange de la terre contre la paix.  La vision américaine de deux États vivant côte à côte telle qu’articulée par le Président George Bush et salué par le Conseil de sécurité va à l’évidence dans le sens souhaité, a-t-il jugé.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déploré les manquements répétés d’Israël à ses obligations au regard du droit international, notamment les articles 27 et 32 de la Quatrième Convention de Genève, qui protègent les droits des populations civiles.  Le représentant a rappelé en outre que, dans son rapport, le Comité pour l’exercice des droits inaliénables des Palestiniens avait réaffirmé sa conviction que l’occupation israélienne continue restait au cœur du conflit et devait être traitée sans tarder.  Il a aussi réaffirmé qu’une solution globale, juste et durable à la question de la Palestine doit être fondée sur les résolutions pertinentes des Nations Unies et les principes fondamentaux suivants: le retrait d’Israël du territoire palestinien occupé depuis 1967, dont Jérusalem, et des autres territoires arabes occupés; le respect des droits de tous les Etats de la région de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues et la reconnaissance et l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, en premier lieu son droit à l’autodétermination.  M.  Akram a mis aussi l’accent sur le rôle central que la communauté internationale et les Nations Unies doivent jouer dans la stabilisation de la région du Moyen-Orient.


M. MOHAMMED SALEH MOHAMMED SALEH (Bahrein) a dénoncé la politique d'Israël fondée sur la multiplication des colonies de peuplement, la poursuite des crimes de guerre, de terrorisme d'Etat contre les civils palestiniens sans défense.  Israël, selon lui, est le seul Etat dans le monde qui occupe le territoire d'autrui par la force, le seul Etat colonial au début du 21è siècle.  Réaffirmant sa condamnation de toutes les formes de terrorisme, il a estimé qu'il s'agissait là de terrorisme d'Etat qui en constitue la forme la plus grave.  Il a toutefois souhaité qu'une distinction soit faite entre terrorisme et lutte légitime pour la défense des droits des peuples à l'autodétermination.  Le représentant a condamné les opérations de massacres et d'exécutions extrajudiciaires contre le peuple palestinien.  Il a également dénoncé la construction d'un mur de séparation qui allait isoler plus de huit villages palestiniens et causer l'annexion de plus de 7% des territoires occupés de Cisjordanie.


Pour le représentant, la communauté internationale et les Nations Unies doivent plus que jamais exercer le plus de pressions possibles sur Israël.  Rappelant le décès d'un responsable de l'UNRWA à Djénine, tué par les forces israéliennes, il a estimé que l'ensemble des pratiques israéliennes avait causé le déplacement de nombreux Palestiniens, accru la crise économique et les charges pesant sur les organisations de secours.  De nombreux Palestiniens ont perdu leur emploi, la malnutrition dans les camps a récemment atteint des taux préoccupants.  Il revient aux Nations Unies, notamment au Conseil de sécurité, de garantir une présence de supervision internationale pour mettre fin aux violations graves du droit international humanitaire imposées par les forces israéliennes.  Sinon Israël continuera de faire fi et d'ignorer les résolutions des Nations Unies.  Le représentant a espéré que l'ONU et que les autres parties internationales concernées continueront de faire pression sur Israël pour l'obliger à revenir aux négociations et mettre fin à ses agissements.  Il a réitéré son soutien à l'initiative de paix arabe adoptée au sommet de Beyrouth, qui constitue une invitation à la paix et au refus de la violence, a-t-il souligné. 


M. WANG YINGFAN (Chine) a regretté que le conflit entre Israël et la partie palestinienne ait inversé depuis deux ans le processus de paix, posant de nombreuses difficultés à l’ensemble de la région et à la communauté internationale.  Il a invité les deux parties à reprendre la négociation pour parvenir à une paix durable et à la stabilité.  Les Nations Unies ont tout mis en œuvre pour promouvoir la reprise des négociations, a-t-il dit, souhaitant que les efforts s’intensifient pour parvenir à un règlement sur la base des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et du principe de la terre contre la paix.  La violence appelle la violence, a dit M. Wang, invitant les deux parties à tout mettre en œuvre pour mettre un terme à la confrontation armée, au cycle de la violence, et à faire cesser l’occupation des territoires palestiniens par Israël et les attentats-suicides contre les civils israéliens.


M. HASMY AGAM (Malaisie) s’est dit découragé par la situation volatile et préoccupante dans les territoires palestiniens occupés et l’absence de progrès sur la question du conflit israélo-palestinienne.  Il a également fait état du grand nombre de pertes humaines occasionnées par la flambée de violence dans la région, notamment parmi les populations civiles palestiniennes, et dénoncé les graves violations à la Quatrième Convention de Genève commises par Israël.  La Malaisie également condamne le renforcement de la politique d’occupation israélienne, notamment à Naplouse, qui se traduit par l’appauvrissement et la précarisation du peuple palestinien.  M. Agam a réitéré sa ferme conviction que seule une intervention urgente de la communauté internationale, et en particulier le déploiement d’une force de protection internationale, pourrait faire cesser la violence et résoudre la situation sur le terrain.  Il a dénoncé la recrudescence de la colonisation israélienne qui menace l’intégrité territoriale des Palestiniens et encourage les violences et les abus à leur encontre.


M. YEHUDA LANCRY (Israël) a remarqué que l'Assemblée générale se réunissait aujourd'hui, date du cinquante-cinquième anniversaire de la résolution 181 du Conseil de sécurité établissant la partition et reconnaissant le droit des deux peuples, palestinien et israélien, à l'autodétermination.  Alors qu'Israël établissait son propre Etat, la direction palestinienne, avec plusieurs Etats arabes voisins décidait de rejeter la résolution 181 et de déclarer une guerre dont l'objectif visait à la destruction d'Israël.  Ce rejet a plongé le Moyen Orient dans plus d'un demi-siècle de guerre, provoquant souffrances et difficultés pour tous les peuples de la région.  Cette guerre a duré jusqu'à l'apparition de dirigeants extraordinaires comme le furent le Président Sadate d'Egypte, le roi Hussein de Jordanie et les Premiers ministres israéliens M. Begin et M. Rabin, qui par leurs positions courageuses ont replacé le Moyen Orient sur l'orbite de la paix.  En 1993, a-t-il poursuivi, Israéliens et Palestiniens sont parvenus à un tournant décisif.  Sept ans plus tard en septembre 2000, à la suite de l'accord le plus global jamais proposé par un dirigeant israélien, la direction palestinienne s'est défaite de son principal engagement et a lancé une campagne de violence et de terrorisme qui continue aujourd'hui à prendre des vies innocentes. 


Pour M. Lancry, le recours des Palestiniens au terrorisme a brisé l'optimisme des années d'Oslo; il a fait dérailler les efforts répétés pour relancer le processus de négociations afin de parvenir à une paix durable et a obligé le Gouvernement israélien à faire de la sécurité de ses citoyens sa priorité absolue.  Israël en a été critiqué, mais quel pays représenté aujourd'hui aurait agi différemment face à une campagne calculée, orchestrée par la direction d'un peuple voisin déterminée à prendre le plus de vies possibles? a-t-il demandé.  La sécurité est l'essence même de la paix, elle est l'âme de la paix, a-t-il insisté.  Quand Israël a réussi à signer des accords de paix avec l'Egypte et la Jordanie, la sécurité n'était pas considérée comme un produit dérivé du processus de paix mais en constituait le fondement même.  Nous avons, à l'occasion, pu entendre une rhétorique similaire de la part de la direction palestinienne; le Président Arafat a lui-même évoqué un avenir sans guerre.  Mais depuis plus de deux ans, le terrorisme palestinien est devenu une réalité quotidienne pour le peuple d'Israël et, jamais, la direction palestinienne n'a pris de mesure significative pour traduire sa rhétorique en substance.  Les terroristes palestiniens continuent de hanter les rues à leur guise, malgré la résolution 1435 du Conseil de sécurité, appelant à les traduire en justice.  Ceux qui tuent massivement les enfants sont toujours loués comme des martyrs et des héros, au lieu d'être traités comme les meurtriers qu'ils sont.  Et aux Nations Unies, les majorités automatiques ont empêché toute tentative d'adopter une résolution condamnant expressément les groupes terroristes palestiniens. 


La campagne terroriste palestinienne signifie la poursuite d'une politique de rejet d'Israël, de son droit à exister et de son droit à vivre en paix et en sécurité.  Violence et terrorisme ont éviscéré le corps même de la paix, a estimé M. Lancry.  Le concept de base de la paix demeure celui qui fut énoncé il y a plus d'un demi-siècle par l'Assemblée générale et précisé dans les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité.  Plus récemment, cette vision a été réaffirmée par le Président Bush dans son discours du 24 juin 2002, par la résolution 1397 du Conseil de sécurité et dans la feuille de route du Quatuor.  Tous se fondaient sur le droit fondamental des deux peuples à l'autodétermination.  Israël a accepté l'idée de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité.  Mais toutes ces tentatives de ramener la paix au Moyen Orient doivent considérer la fin du terrorisme comme le prix à payer pour enregistrer un progrès politique, pas comme sa récompense.  Sinon, ce serait convaincre les terroristes palestiniens que leurs actes ont porté leurs fruits. 


M. Lancry a également cité les attaques perpétrées la veille au Kenya contre un hôtel et la tentative ratée contre un avion transportant des civils, rappelant que leurs auteurs, dans leur revendication, avaient réaffirmé leur rejet de la résolution 181, rejoignant ainsi les groupes Hamas et du Jihad islamique qui visent à éliminer Israël.  L'optimisme qui a prévalu un temps parmi les peuples de la région pourrait être retrouvé en un instant si existe la volonté politique de remplacer la rhétorique de la haine par un discours de coexistence, a-t-il estimé.


Le représentant a ensuite indiqué que sa mission auprès des Nations Unies touchait à sa fin et a souhaité, à cet égard, réitérer sa foi inébranlable en une paix palestino-israélienne qui paraît aujourd'hui gravement compromise.  Pourtant cette paix viendra, a-t-il assuré, car elle puise ses ressources non seulement aux sources politiques mais surtout dans les fondements philosophiques des accords d'Oslo, à savoir la reconnaissance mutuelle.  Les accords d'Oslo scellent un passage fondateur du principe de la négation mutuelle qui prévalait avant eux, au principe de la reconnaissance mutuelle.  Israéliens et Palestiniens ne peuvent assumer ce passage sans qu'il ne suscite les dérives tragiques que nous connaissons aujourd'hui, a-t-il estimé.


M. ZINA ANDRIANARIVELO-RAZAFI (Madagascar) a lancé un appel pour que les deux parties du conflit israélo-palestinien fassent preuve de retenue et s’abstiennent de tout acte susceptible d’amplifier le sentiment de colère et de suspicion, condamnant à cette occasion tous les actes de violence et de terrorisme, d’où qu’ils proviennent, dirigés contre des civils.  Madagascar a juge essentiel le respect des résolutions pertinentes de l’ONU et des arrangements existants pour le rétablissement de la confiance mutuelle entre ces deux peuples et reconnaît que la recherche d’une paix juste et durable ne peut se faire que dans un esprit de concessions, parfois douloureuses.  Mais c’est là un objectif accessible, comme l’ont montré les Accords d’Oslo et le Mémorandum de Wye River.  La vision de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, telle qu’exprimée dans la résolution 1397 (2002), ne doit pas en rester au stade d’illusion.  Madagascar estime donc urgent que le consensus international sur la création d’un Etat palestinien soit traduit en actes concrets par le biais d’un mécanisme clair et acceptable par les parties concernées, et encourage un engagement soutenu et sans équivoque de l’ONU dans le processus de paix.


M. BURNO RODRIGUEZ PARRILLA (Cuba) a noté que depuis la tenue de ce même débat l'an dernier, la crise dans les territoires occupés n’avait fait que s’aggraver.  Les incursions des forces armées israéliennes, l'occupation militaire et le blocus ont accentué la paralysie économique et mis en danger la survie même d'une grande partie de la population.  Les attaques contre le siège de l'Autorité palestinienne sont devenues une routine.  Aujourd'hui, le Président Arafat peut à peine en sortir.  Le terrorisme d'Etat mené par Israël ne connaît aucune limite: détentions arbitraires, tortures et exécutions extrajudiciaires sont quasi-quotidiennes.  Cuba considère la lutte du peuple palestinien comme légitime.  Il condamne les attaques suicide et les actes dirigés contre les civils israéliens.  Il s'oppose aussi à la manipulation des actes isolés pour mettre en question l'exercice légitime des Palestiniens à se défendre.


Le représentant a estimé que les Nations Unies avaient un rôle important à jouer et que celui-ci incombait à l'Assemblée générale.  Mais il a rappelé que les résolutions des Nations Unies sont foulées au pied tous les jours et a fait valoir l'incapacité du Conseil de sécurité à faire respecter ses propres résolutions.  Sur 36 recours au veto de la part des Etats-Unis, 24 avaient un lien direct avec la situation au Moyen Orient.  Et ce décompte n'inclut pas les menaces constantes de veto qui ont mis un frein ou empêché l'adoption d'autres résolutions ou en ont dilué le contenu.  Le représentant a estimé que les Etats-Unis doivent suspendre immédiatement leur appui financier à des fins militaires et leur fourniture d'équipement militaire à Israël.  La spirale de violence déclenchée par Israël doit cesser, a-t-il déclaré.  Cuba dénonce et condamne les actes de violence perpétrés par Israël et exhorte toutes les délégations à voter pour les quatre résolutions présentées ici, a-t-il conclu.


Mme ELLEN MARGREHTE LOJ (Danemark), s’exprimant au nom de l’Union européenne a déploré que les populations civiles soient les premières victimes du conflit israélo-palestinien et a appelé l’Autorité palestinienne à faire tout son possible afin de combattre les actes terroristes commis contre Israël, comme Israël à cesser l’usage excessif de la force.  L’Union européenne condamne par ailleurs les restrictions sévères imposées à l’Autorité palestinienne, qui ne font qu’aggraver la situation et appelle le gouvernement israélien à cesser la colonisation dans les territoires occupés.  L’Union européenne soutient complètement l’idée de deux Etats vivants côte à côte en paix et en sécurité et affirme à cette occasion le droit à l’auto-détermination du peuple palestinien, soulignant l’intérêt de la proposition de paix arabe faite au sommet de la Ligue arabe.


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