POUR LA ONZIEME ANNEE CONSECUTIVE L’ASSEMBLEE GENERALE APPELLE A LA LEVEE DU BLOCUS CONTRE CUBA

AG/1357
12 novembre 2002

POUR LA ONZIEME ANNEE CONSECUTIVE L’ASSEMBLEE GENERALE APPELLE A LA LEVEE DU BLOCUS CONTRE CUBA

12/11/2002
Communiqué de presse
AG/1357


Assemblée générale

46e séance plénière - matin


POUR LA ONZIEME ANNEE CONSECUTIVE L’ASSEMBLEE GENERALE

APPELLE A LA LEVEE DU BLOCUS CONTRE CUBA


L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, ce matin, par 173 voix un projet de résolution soumis par la délégation cubaine sur la “Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d’Amérique”.  Trois délégations ont voté contre (Etats-Unis, Israël et Iles Marshall) et quatre se sont abstenues (Ethiopie, Nicaragua, Malawi et Ouzbékistan).  La majorité des orateurs ont dénoncé au cours des débats les mesures extraterritoriales exercées par les Etats-Unis, telle la loi Helms-Burton de 1996, qui contreviennent au droit international.  Le représentant togolais a précisé que le montant des préjudices occasionnés à Cuba par l’imposition arbitraire depuis 40 ans du blocus économique se chiffrait à plus de 70 milliards de dollars. 


M. Ricardo Alarcón De Quesada, Président de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba, qui avait présenté le projet de résolution à l’ouverture des débats, s’est dit frappé par le contraste qui oppose la communauté internationale, aujourd’hui quasi-unanime à condamner le blocus, à l’entêtement d’une seule nation à vouloir le maintenir.  Soulignant qu’une large représentation de la société civile et des organisations patronales reconnues des Etats-Unis s’étaient prononcées en faveur de la levée du blocus et de la normalisation des liens économiques avec Cuba, M. Alarcon de Quesada a salué les premiers pas faits pour promouvoir des échanges commerciaux plus réguliers, profitables aux deux pays.


Justifiant son vote contre la résolution, le représentant américain a, pour sa part, fait valoir la volonté des Etats-Unis de susciter un régime de transition démocratique favorable au respect des droits de l’homme à Cuba.


Si plusieurs délégations, dont le Danemark, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, et l’Australie, ont fait part de leur préoccupation concernant la situation économique et politique à Cuba, notamment celle des droits de l’homme, elles ont estimé néanmoins que l’application de sanctions à l’encontre de Cuba n’était pas la solution adéquate pour y remédier.


Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont pris la parole au cours du débat: Mexique, Chine, Viet Nam, Afrique du Sud, Venezuela, République démocratique populaire lao, Soudan, Myanmar, Zambie, Jamaïque, Bélarus, Namibie, République-unie de Tanzanie, Iraq, Jamahiriya arabe libyenne, Zimbabwe, République arabe syrienne, Japon, République populaire démocratique de Corée, Fédération de Russie et Brésil.


L’Assemblée générale reprendra ses travaux demain, mercredi 13 novembre à 15 heures.


NECESSITE DE LEVER LE BLOCUS ECONOMIQUE, COMMERCIAL ET FINANCIER APPLIQUE A CUBA PAR LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE


Dans le rapport A/57/264 et A/57/264.Add.1, établi conformément à la résolution 56/9 du 27 novembre 2001, le Secrétaire général présente les réponses des gouvernements et des organismes et institutions des Nations Unies à sa note datée du 12 avril 2002, dans laquelle il les invitait à lui communiquer toutes informations qu'ils jugeraient utiles pour l'établissement de ce rapport.


Adoption du projet de résolution (A/57/L/5)


Dans une résolution adoptée par 173 voix pour, trois contre (États-Unis, Îles Marshall et Israël) et quatre absentions (Éthiopie, Malawi, Nicaragua et Ouzbékistan), l’Assemblée générale, préoccupée par le fait que des Etats Membres continuent de promulguer et d'appliquer des lois et règlements, tels que la loi connue sous le nom de "Helms-Burton", dont les effets extraterritoriaux portent atteinte à la souveraineté d'autres Etats et aux intérêts légitimes d'entités ou de personnes placées sous leur juridiction ainsi qu'à la liberté du commerce et de la navigation, exhorte de nouveau tous les Etats à s'abstenir de promulguer ou d'appliquer de telles lois et mesures.  En outre, l’Assemblée demande à nouveau instamment aux Etats qui continuent d'appliquer des lois ou mesures de ce type de faire le nécessaire, conformément à leur système juridique, pour les abroger ou pour en annuler l'effet le plus tôt possible.  Elle décide enfin d'inscrire à l'ordre du jour provisoire de sa cinquante-huitième session la question intitulée "Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d'Amérique".


Déclarations


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a rappelé que son pays fondait sa politique étrangère sur les principes du droit international qui régit les relations entre les nations: autodétermination des peuples, non-ingérence, interdiction de la menace ou du recours à la force, coopération internationale pour le développement et lutte pour la paix et la sécurité internationales.  Le Mexique respecte le droit des Etats à choisir leurs systèmes politique et  économique.  Aussi le Gouvernement a souvent rejeté l'imposition de sanctions économiques, politiques et militaires non approuvées expressément par le Conseil de sécurité ou l'Assemblée générale, en particulier le blocus commercial et financier imposé unilatéralement contre Cuba.  Il a aussi toujours appuyé, dès 1992, les résolutions de l'Assemblée générale relatives à la nécessité de lever le blocus en question.  Le Gouvernement mexicain considère également que la loi Helms-Burton est contraire au droit international. 


Depuis le 24 octobre 1996, a-t-il expliqué, nous avons mis en vigueur une loi de protection commerciale et des investissements étrangers, qui stipule l'interdiction pour les tribunaux nationaux d'exécuter ou de reconnaître des ordres étrangers frappant des sociétés étrangères implantées au Mexique.  La législation stipule aussi l'interdiction de fournir des informations demandées par des tribunaux ou des autorités étrangères qui pourraient être utilisées au préjudice de ces sociétés afin de les soumettre à des sanctions financières. 


Les relations entre le Mexique et Cuba se fondent sur l'amitié et le Mexique votera en faveur du projet de résolution présenté aujourd'hui, a conclu le délégué.


M. HUANG ZHONGPO (Chine) a déploré que, malgré les résolutions adoptées par l’Assemblée générale au cours des dix dernières années demandant la levée des mesures unilatérales prises à l’encontre d’autres États, les États-Unis maintiennent le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba.  Depuis quarante ans, cet embargo et les autres sanctions imposées à Cuba ont hypothéqué les efforts déployés pour lutter contre la pauvreté, améliorer les conditions de vies et développer l’infrastructure du pays, a souligné le représentant.  La démarche unilatérale des États-Unis viole les droits fondamentaux du peuple cubain, a-t-il observé, y compris son droit au développement et à l’alimentation, ajoutant que l’usage de l’embargo et d’autres sanctions similaires pour forcer un État tiers à abandonner le mode de développement qu’il a choisi souverainement est contraire aux buts et principes des Nations Unies.  Cet embargo va également à l’encontre de la libéralisation des échanges paradoxalement défendue par les États-Unis, a indiqué M. Huang, et en quarante années d’embargo, plus de 78 pays ont souffert de ses conséquences.  Rejetant catégoriquement cet embargo, le représentant de la Chine a exhorté les États-Unis à privilégier le dialogue à la confrontation avec Cuba et à mettre en œuvre les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale sur ce point.


M. NGUYEN THANH CHAU (Viet Nam) a déclaré que, depuis 40 ans, la population de la petite île de Cuba était victime d’un embargo économique, commercial et financier pour avoir commis le crime de prendre son propre destin en main et choisir elle-même son mode de développement.  Cuba n’obéit pas à l’enseignement selon lequel il faut tendre la joue quand l’autre est frappée et défend héroïquement son pays, a-t-il jugé, estimant que la punition était imposée unilatéralement mais avait des répercutions multilatérales non seulement sur les enfants de Cuba, mais aussi sur les relations régionales et internationales, ainsi que sur un grand nombre de pays qui n’ont pas le droit de traiter avec Cuba.  Le représentant a affirmé que personne ne tirait profit de cette situation ridicule et qu’il était grand temps de mettre fin à cet embargo, contraire aux principes de la Charte et au droit international.   Rien ne saurait justifier la poursuite d’une telle politique hostile un jour de plus et les différends entre les Etats-Unis et Cuba devraient être réglés par le dialogue et les négociations pacifiques, a enfin déclaré le représentant.


M. SICHAN SIV (Etats-Unis) a déclaré que l’embargo imposé par les Etats-Unis à Cuba était un élément de pure politique bilatérale qui n’avait pas à être discuté dans le contexte de l’Assemblée générale. D’autant que les chiffres indiquent à l’évidence que Cuba importe désormais un grand nombre de marchandises depuis l’Europe et les Etats-Unis, a ajouté le représentant.  En maintenant cet embargo vis-à-vis de Cuba, les Etats-Unis espèrent susciter un régime de transition démocratique favorable au respect des droits de l’homme.  Cependant, les Etats-Unis ont assoupli les contraintes du blocus économique, les envois en numéraires se chiffrant pour l’année écoulée à hauteur de un milliard de dollars, et ont proposé, à plusieurs occasions, leur aide humanitaire, refusée par le Gouvernement cubain.  Le Gouvernement a également conclu des achats dans le domaine agricole avec des exploitants américains, profitable aux deux parties.  Si des changements significatifs au sein du Gouvernement cubain, comme des réformes démocratiques, venaient à se produire, le Président Bush travaillerait alors de

concert avec le Congrès pour discuter de l’opportunité de maintenir le blocus.  Le représentant a rappelé que, malheureusement, le Gouvernement de Cuba continuait de persécuter les opposants à son régime, tels Leonardo Brusson et Pedro Cassaios, ce dernier ayant été mis en prison simplement pour avoir distribué un exemplaire de la Déclaration des droits de l’homme.  Pour ces différentes raisons, la communauté internationale devrait au contraire soutenir les efforts bilatéraux des Etats-Unis pour défendre à Cuba une transition vers un régime démocratique.


Mme JEANETTE NDHLOVU (Afrique du Sud) a rappelé que depuis plus de 40 ans, le peuple de Cuba souffre de l'embargo unilatéral qui continue de causer des souffrances au peuple de Cuba: la vie quotidienne s'en trouve considérablement affectée.  La XIIIème Conférence ministérielle de Carthagène des non-alignés a lancé un appel aux Etats-Unis pour qu'ils mettent fin à cet embargo, contraire aux principes de relations de bon voisinage et qui cause des pertes matérielles et économiques considérables.  Les Ministres ont aussi exprimé leur profonde préoccupation devant les nouvelles mesures visant à l'intensifier.  Ils ont exprimé à nouveau leur préoccupation à Durban et ils ont condamné l'application de mesures coercitives contre des pays en développement pour les empêcher de choisir leur propre système politique et social.  Mme Ndhlovu a appelé tous les Etats à ne pas reconnaître les mesures et lois extraterritoriales unilatérales qui ont des conséquences néfastes sur le développement des pays visés.  La déléguée a demandé aux autres pays de ne pas reconnaître ce type de lois et appelé les Etats-Unis à mettre fin aux mesures extraterritoriales unilatérales contre Cuba.


En conclusion, Mme Ndhlovu a demandé qu'il soit mis fin à toutes les mesures de coercition extraterritoriale majeure et a annoncé que sa délégation appuierait le projet de résolution, car c'était le moins qu'elle puisse faire pour le peuple cubain.


Mme ADRIANA P. PULIDO SANTANA (Venezuela) a rappelé que depuis 1992, l'Assemblée générale avait exhorté, chaque année, les Etats à s'abstenir de promulguer et d’appliquer des lois et mesures économiques, commerciales et financières coercitives et extraterritoriales.  L'écrasante majorité des Etats Membres des Nations Unies ont pour leur part, chaque année, réaffirmé que ces mesures étaient contraires à l'esprit et aux principes de la Charte des Nations Unies.  Il est donc regrettable, a poursuivi le représentant, de constater que la voix de l'ONU et de la communauté internationale n'a pas été entièrement entendue et que certains continuent d'appliquer de nouvelles mesures et de les renforcer afin de perpétrer le blocus contre Cuba.  Le Venezuela ne peut accepter les lois du type Helms-Burton de mars 1996 et c'est aussi la raison pour laquelle il a toujours voté les résolutions de l'Assemblée générale et des autres organismes condamnant les Etats-Unis sur le blocus imposé à Cuba.  Ce blocus est contraire au droit international, aux principes de l'autodétermination et s'oppose aux aspirations du peuple cubain au développement humain et au bien-être.


M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao) a déclaré que, depuis quatre décennies, le blocus avait non seulement causé de grandes souffrances au peuple cubain innocent mais aussi créé et maintenu des tensions superflues entre les deux pays avoisinants.  Dans le monde d’aujourd’hui marqué par la coopération multiforme entre États, il est décevant de voir qu’il existe toujours des pratiques commerciales unilatérales et discriminatoires, a-t-il poursuivi, jugeant que l’application extraterritoriale des lois internes d’un pays va clairement à l’encontre des principes et objectifs de la Charte des Nations Unies.  Chaque nation a le droit souverain de participer librement aux systèmes financiers et commerciaux internationaux, a-t-il rappelé, et en tant que nation souveraine et indépendante, la République de Cuba a le droit de choisir son propre système politique ainsi que son modèle de développement.  Aussi a-t-il invité les Nations Unies à continuer d’œuvrer en vue de mettre fin à l’embargo économique, financier et commercial contre Cuba et a annoncé qu’il voterait en faveur de la résolution présentée par Cuba. 


M. RICARDO ALARCÓN DE QUESADA, Ministre des affaires étrangères et Président de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba, s’est dit convaincu que la nouvelle résolution demandant la levée des sanctions exercées par les Etats-Unis à l’encontre de son pays, sera adoptée par l’Assemblée générale.  Il a souligné à quel point frappait le contraste qui oppose une communauté internationale virtuellement unanime à condamner le blocus exercé à l’encontre de Cuba et l’entêtement d’une seule nation à le maintenir.  Rappelant que la représentation la plus large de la société civile américaine et des organisations patronales reconnues des Etats-Unis s’étaient prononcées pour la levée de ce blocus et la normalisation des liens économiques avec Cuba, il a reconnu que les premiers pas avaient été faits dans le sens d’échanges commerciaux plus réguliers, qui profite aux deux pays. 


Cet esprit constructif a eu des échos dans les instances législatives des Etats-Unis où un groupe bipartite a lancé des initiatives pour tenter de modifier la politique actuelle en lui substituant une autre plus conforme aux intérêts véritables du peuple nord-américain.  Ces aspirations ont rencontré l’opposition opiniâtre de la Chambre des représentants des Etats-Unis, qui a dénaturé un projet de loi pourtant adopté à la majorité par les deux chambres du Congrès, qui visait à assouplir le blocus.  Toutefois, l’adoption à une large majorité par la Chambre des représentants de propositions de lois visant par ailleurs à faciliter les exportations et à éliminer l’interdiction faite aux Nord-Américains de voyager à Cuba, indique que nous sommes dans la bonne direction, et ne fait que souligner l’isolement de la position qui consiste à continuer d’appliquer aujourd’hui des sanctions économiques à l’encontre de Cuba.  M. Alarcón de Quesada a également dénoncé les activités de la minorité anticubaine qui persiste selon lui à entretenir une cabale contre son gouvernement dans le but de s’emparer des biens qui appartiennent au peuple cubain.


M. OMER BASHIR MOHAMED MANIS (Soudan) a souligné que respecter les principes inscrits dans la Charte était une des obligations des Etats et il a rappelé le droit des peuples à prendre en main leur propre destinée.  Il a rappelé que les chefs d’Etats du Mouvement des non-alignés avaient condamné les sanctions contre certains pays en développement.  S’agissant de Cuba, nous répétons notre rejet total du blocus imposé par les Etats-Unis, qui a des effets négatifs sur le peuple cubain. Six Cubains sur dix sont victimes d’une situation économique difficile à cause de ce blocus, a affirmé le représentant, qui a par ailleurs rappelé que son pays était également victime de mesures restrictives imposées par le même pays, les Etats-Unis.  Nous invitons donc tous les Etats à voter en faveur de cette résolution et à faire entendre très haut leur voix contre ces mesures qui constituent une violation très claire des principes de la Charte et du droit international, a conclu le représentant.


M. KODJO MENAN (Togo) a rappelé que, l’année dernière encore, l’Assemblée générale s’était prononcée à une écrasante majorité en faveur de la levée de cet embargo qui viole les buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies, tels que l’égalité souveraine des Etats et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre pays, ainsi que les autres normes pertinentes qui régissent les relations internationales.  En avril 2002 à Durban, le Mouvement des non-alignés a également lancé un nouvel appel pour qu’il soit mis fin au blocus économique qui entraîne, entre autres, d’énormes pertes matérielles et des préjudices économiques pour le peuple cubain, a affirmé le représentant, rappelant également que de nombreuses autres instances internationales s’étaient également prononcées en faveur de la levée de ce blocus.  De même, le représentant a déclaré que le Togo souhaitait vivement que le blocus injustement imposé à Cuba et qui continue d’imposer au peuple cubain, en particulier aux enfants et aux personnes âgées, d’indicibles souffrances, cesse sans tarder.  En outre, le représentant s’est interrogé sur la fermeté et l’obstination aveugle des partisans du blocus à prétendre détenir la vérité absolue et s’est dit préoccupé par les répercutions dramatiques de l’embargo sur le peuple cubain, rappelant que, suivant les estimations du Gouvernement cubain, le préjudice économique subi, depuis plus de 40 ans, dépasse la somme astronomique de 70 milliards de dollars américains.


M. U KYAW TINT SWE (Myanmar), réaffirmant les principes de coexistence pacifique et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, a jugé que la promulgation de lois internes de portée extraterritoriale qui affectent la souveraineté d’un État et les intérêts de sa population ne sont pas de nature à promouvoir des relations cordiales entre les nations.  Il a dès lors rejeté les lois internes adoptées aux États-Unis, notamment la loi Helms-Burton de 1996, et a rappelé que sa délégation avait constamment voté, depuis 1991, en faveur de la résolution demandant la levée du blocus économique, commercial et financier contre Cuba.  Cet embargo ne contribue qu’à aggraver davantage les conditions de pauvreté du peuple cubain, a-t-il dit, et prive les deux peuples d’échanges culturels, sociaux et économiques qui leur seraient bénéfiques dans le contexte actuel de mondialisation.  Saluant toutefois certains signes de détente, comme la reprise de vols directs vers Cuba ou la visite de l’ancien Président Carter, il a encouragé les États-Unis et Cuba à poursuivre et intensifier leurs efforts pour parvenir à une normalisation. 


M. MWELWA C. MUSAMBACHIME (Zambie) a rappelé le soutien indéfectible de son pays à la levée du blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis, au nom du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays.  A cet égard, la Zambie considère l’embargo financier, commercial et économique imposé à Cuba comme une violation du droit international et des principes de la Charte des Nations Unies et les lois de Toricelli et Helms-Burton comme une entrave à la libre circulation et au commerce international, tels que réglementés par l’Organisation mondiale du commerce.  S’inquiétant de l’impact négatif de cet embargo sur le peuple cubain, en particulier les femmes et les enfants, la délégation zambienne demande à la communauté internationale de redoubler d'efforts pour obtenir la levée de l'embargo contre Cuba, qui ne fait qu'affecter les plus vulnérables.


M. STAFFORD NEIL (Jamaïque), s’exprimant au nom du CARICOM, a lancé un appel pour que soit mis un terme à l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba.  Les États membres du CARICOM réaffirment leur attachement aux principes du libre échange commercial et de la libre circulation contenus dans le droit international et demeurent opposés à l’application de lois internes de portée extraterritoriale à l’encontre de tout État.  Ils entendent maintenir des relations de bon voisinage avec Cuba et les États-Unis et lancent un appel aux deux pays pour qu’ils s’engagent dans la voie d’un dialogue constructif pour normaliser leurs relations et mettre fin à la tension persistante. 


M. ALEG IVANOU (Bélarus) s'est dit favorable à la levée des lois et mesures mises en place et appliquées par des Etats Membres, qui ont des effets extraterritoriaux et touchent aux intérêts légitimes de personnes et entreprises qui ne relèvent pas de leur juridiction et entravent la libre circulation et les échanges commerciaux.  Le Bélarus n'a aucune intention d'appliquer ce type de lois, a prévenu le délégué, et considère que les différends internationaux doivent être réglés sur la base des négociations et des intérêts mutuels.


M. MARTIN ANDJABA (Namibie) a réaffirmé son souhait de voir levé le blocus économique à l’égard de Cuba, qui est contraire au droit international et aux principes de la Charte.  En outre, ces mesures ne sont pas seulement inefficaces, a-t-il assuré, mais elles sont contraires à l’esprit de la mondialisation, de la coexistence pacifique et de la liberté des échanges.  Le représentant a également rappelé le terrible impact du blocus sur les femmes et les enfants de Cuba et sur l’économie du pays, qui a beaucoup de difficulté à fournir de la nourriture, des médicaments, du pétrole et des matières premières à la population.  Combien de souffrance encore faudra-t-il que ce peuple endure avant que ne soit levé l’embargo, s’est interrogé le représentant, qui a déclaré que son pays défendait le principe de souveraineté des Etats et de non-ingérence et demandait, à ce titre, la levée immédiate et totale du blocus imposé à l’égard de Cuba.


M. DAUDI NGELAUTWA MWAKAWAGO (Tanzanie) a affirmé que l’imposition d’un blocus économique par les Etats-Unis à l’encontre de Cuba contrevenait gravement aux principes de la Charte des Nations Unies.  Cela n’a toutefois pas empêché Cuba de construire un système de santé et d’éducation remarquables, ce qui a poussé le représentant à se demander ce qu’il en aurait été de l’épanouissement de Cuba en l’absence de ce blocus.  Il s’est inquiété par ailleurs des effets négatifs du blocus sur la population.  La diversité des problèmes à affronter aujourd’hui, au nombre desquels la criminalité organisée et la pandémie du VIH/sida, devraient au contraire encourager les nations à travailler ensemble.  La délégation tanzanienne s’est donc déclarée favorable à la levée du blocus économique. 


M. SALMAN (Iraq) a rappelé que depuis sa 47è session, l'Assemblée générale examine le même point sur la levée du blocus économique, financier et commercial imposé par les Etats-Unis à Cuba.  La communauté internationale avait compté bien sur une réaction positive des Etats-Unis à la suite des résolutions de l'Assemblée générale; mais les administrations américaines successives n'ont fait que renforcer le blocus, créant des difficultés considérables pour le peuple de ce pays.  Ce blocus a également sapé tous les efforts de Cuba pour améliorer les conditions de vie de sa population.  Il est aussi contraire à des relations régies par le respect mutuel.  Les autorités américaines tentent de présenter cette

politique comme utile pour Cuba et en conditionnent la levée au changement de régime, comme elles le font pour l'Iraq.  Le représentant a demandé aux Etats-Unis de lever ces sanctions et de cesser de se laisser dominer par une logique de la force.  Ces sanctions sont un instrument inhumain et inefficace, qui a des incidences néfastes sur les populations civiles. 


M. JUMA AMER (Jamahiriya arabe libyenne) a déploré le fait que les Etats-Unis persistent dans leur approche et fassent fi de la volonté internationale.  Ce blocus de près de 40 ans est préjudiciable au peuple cubain, a souligné le représentant, rappelant que cela empêchait Cuba d’importer des produits de première nécessité et affectait particulièrement les personnes âgées et les enfants, constituant ainsi une violation des droits de l’homme.  Le représentant, qui a rappelé que son pays subissait également des sanctions unilatérales depuis deux décennies, a affirmé que les Etats Unis appliquaient des recettes toutes faites servant uniquement leurs intérêts.  Ce blocus ne permet pas de régler les différends entre les Etats, a-t-il poursuivi, rappelant que Cuba avait formulé le souhait de régler son différend avec les Etats-Unis par le dialogue et les négociations pacifiques.  Le représentant a également insisté sur l’importance du respect mutuel de la souveraineté quel que soit le système politique, économique et social librement choisi par les pays.  A ce titre, il a appelé les Etats Membres à voter en faveur de la résolution présentée.


M. MISHECK MUCHETWA (Zimbabwe) a estimé que l’embargo unilatéral des États-Unis à l’encontre de Cuba aurait dû prendre fin depuis longtemps, rappelant que l’adoption, par un État, de mesures ayant une portée extraterritoriale et affectant directement les intérêts d’un autre État allait à l’encontre des règles et principes régissant le libre échange commercial entre États et des efforts vers l’intégration économique sous-régionale.  Il a déclaré que le Zimbabwe ne reconnaissait pas les lois de portée extraterritoriale adoptées par d’autres pays, telle que la loi Helms-Burton de 1996, et a précisé que les entreprises zimbabwéennes étaient soumises à cet égard à la législation nationale.  M. Muchetwa a lancé un appel pour la levée de l’embargo contre Cuba et a exhorté les États-Unis à privilégier la voie du dialogue pour résoudre son différend avec Cuba. 


M. ABDOU AL-MOULA NAKKARI (République arabe syrienne) a estimé que l'embargo n'avait qu'aggraver les souffrances de la population, et qu’il a eu des incidences néfastes sur tous les efforts du peuple cubain pour atteindre la prospérité et le bien-être.  Cuba pourrait cesser totalement le dialogue avec les Etats-Unis mais en fait, il cherche toujours à régler les problèmes par le dialogue.  Le soutien croissant accordé par la communauté internationale à la levée du blocus contre Cuba illustre la volonté d'imposer le libre choix des Etats de leurs systèmes politique et économique.  Le représentant a rappelé la Déclaration de Carthagène qui demande aux Etats-Unis de lever ces sanctions.


La communauté internationale a régulièrement exprimé son rejet de la politique américaine de sanctions contre Cuba, notamment de la loi Helms-Burtons et de ses effets extraterritoriaux.  Le représentant a enfin souhaité que les Nations Unies, à travers l'Assemblée générale, joue le rôle de leader de la communauté internationale


Explications de vote


Le Japon a affirmé que son pays partageait les préoccupations de nombreuses délégations au sujet des mesures appliquées par les Etats-Unis, qui sont sans doute contraires au droit international. C’est pourquoi il va voter en faveur de cette résolution. Cependant, le Japon éprouve certains doutes quant au fait que l’Assemblée générale soit réellement la bonne enceinte pour se poser cette question, et pense que le différend devrait se régler directement entre les deux pays.


La République démocratique de Corée a estimé que le caractère unilatéral des sanctions était le résultat d’une politique hostile des Etats-Unis à l’égard de Cuba, était contraire au droit international et portait atteinte à la population de Cuba.  C’est pourquoi elle votera en faveur de cette résolution et lance un appel fort aux Etats-Unis pour qu’ils se confortent à la volonté internationale.


Le Danemark, s'exprimant au nom de l'Union européenne, a estimé que la politique américaine envers Cuba est une question bilatérale mais a voulu réitérer qu'elle est opposée aux lois telles le Cuban Democracy Act de 1992 ou Helms-Burton de 1996.  L'Union ne saurait accepter que ses relations commerciales avec des pays tiers soient limitées par des lois américaines.  En mars 1996, l'Union européenne a donc adopté une loi visant à protéger les personnes physiques et légales des effets de la loi Helms-Burton.  L'Union européenne mène une politique claire envers Cuba dont l'objectif principal est d'encourager un processus de transition progressif et pluraliste et qui permette d'améliorer le niveau de vie des Cubains.  Malheureusement, a poursuivi le représentant, l'Union européenne continue de se préoccuper de la situation économique et politique à Cuba et espère des améliorations durables.  Elle souligne la responsabilité des autorités cubaines en matière des droits de l'homme et invite les autorités à libérer tous les prisonniers de conscience et à les réinsérer dans la société.  Tout en reconnaissant les mesures prises par les autorités cubaines pour mieux insérer l'économie du pays dans la région, l'Union européenne continue de juger nécessaire une plus grande ouverture et insiste sur la nécessité de moderniser l'économie.


La Fédération de Russie condamne fermement, comme elle l’a toujours fait, les mesures imposées par les Etats-Unis, et considère que ces mesures sont un résidu de la guerre froide qui ne correspond pas du tout à la réalité du 21ème siècle.  La Russie regrette que l’on continue de mettre l’accent sur des méthodes de sanction alors que le règlement pacifique du différend aurait des répercussions positives sur la population de Cuba et la région.  La Russie veut développer des relations économiques normales avec Cuba et juge inacceptable toute mesure unilatérale et toute ingérence dans la vie économique des pays. C’est pourquoi la Russie a voté en faveur de cette résolution et espère que les relations économiques entre Cuba et les Etats-Unis se normaliseront.


Le Brésil a voté en faveur de la résolution, affirmant que l’imposition de mesures extraterritoriales étant contraires aux principes des Nations Unies et à la souveraineté des Etats, et rappelant que la communauté internationale avait rejeté à maintes reprises le blocus économique, financier et commercial qui exclut arbitrairement Cuba de l’espace interaméricain.


L'Australie a indiqué qu'elle partageait les préoccupations sur les entraves à la liberté politique à Cuba mais estime que les sanctions ne sont pas les moyens de faire changer la situation.  L'Australie a toujours été opposée aux sanctions qui ne sont pas approuvées par les Nations Unies et ne sont donc nullement justifiées par le droit international.  Parce qu'elle se préoccupe des effets de la loi Helms-Burton, l'Australie a voté pour la résolution.


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