DES DELEGATIONS DEMANDENT LE RETRAIT D'ISR'L DU GOLAN SYRIEN

AG/1123
30 novembre 2000

DES DELEGATIONS DEMANDENT LE RETRAIT D'ISR'L DU GOLAN SYRIEN

30 novembre 2000


Communiqué de Presse
AG/1123


DES DELEGATIONS DEMANDENT LE RETRAIT D’ISRAEL DU GOLAN SYRIEN

20001130

La Syrie ne concèdera aucune parcelle du Golan et des territoires occupés, affirme son représentant

L'évolution de la situation au Moyen-Orient est étroitement liée à la question palestinienne et à la conclusion d’un accord final entre Israéliens et Palestiniens, ont affirmé de nombreux délégués, faisant ainsi écho au débat sur la question de Palestine au cours de l’examen de la situation au Moyen-Orient devant l’Assemblée générale cet après-midi.

Présentant les résolutions intitulées «Jérusalem» et «Le Golan syrien», le représentant de l’Egypte a rappelé que l’Accord de Camp David, conclu en 1979, entre son pays et Israël, qui reposait déjà sur le principe «Terre contre paix», constitue un précédent sur la voie de la négociation de paix entre Israël et les Etats arabes. Le contenu et les modalités de cette paix ont été largement évoqués par les différentes délégations qui ont mis en avant la nécessité pour Israël de se conformer aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment les résolutions 242, 338 et 425 qui exigent un retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens occupés, du Golan syrien et du Sud- Liban.

L’essentiel du débat a porté sur la présence israélienne dans le Golan syrien, dans les territoires palestiniens occupés, ainsi qu’au Sud-Liban. De nombreux délégués ont regretté que les négociations de paix, entamées à Madrid en 1991, entre la République arabe syrienne et Israël, soient aujourd’hui gelées et craignent que cela ne compromette la poursuite du processus de paix au Moyen- Orient. Ils ont réaffirmé la nécessité pour Israël de se conformer aux dispositions des résolutions 242 et 338 et de se retirer du plateau du Golan. De nombreux orateurs ont aussi demandé au Gouvernement israélien de démanteler les colonies de peuplement installées sur le Golan syrien. A ce titre, le représentant de la Syrie a déclaré que son pays est déterminé à ne pas concéder la moindre parcelle du Golan et des territoires occupés avant d’ajouter qu’Israël recherche une paix partielle et pratique une politique de «funambule».

Concernant la situation dans les territoires palestiniens occupés par Israël, des délégués ont exigé le retrait des forces israéliennes des positions occupées depuis le 28 septembre 2000 et demandé aux Nations Unies et à la communauté internationale de déployer une force d’observation afin de protéger les populations civiles palestiniennes. Le rôle central de la communauté internationale dans la recherche de solutions pacifiques au Moyen-Orient a été réaffirmé tout comme la nécessité pour les Nations Unies de rester présentes au Sud-Liban malgré les avancées positives de ces derniers mois.

En effet, les représentants de nombreux pays ont salué le retrait israélien du Sud-Liban au début de l’année en application de la résolution 425 du Conseil de sécurité. Cependant, le représentant de la Malaisie a souligné la fragilité du processus et souhaité que des éléments de la Force des Nations Unies demeurent déployés à la frontière entre le Liban et Israël. Ils ont qualifié ce retrait d’étape positive et la plupart des délégations ont exprimé leur confiance dans la poursuite du dialogue israélo-arabe, bien que celui-ci soit aujourd’hui menacé par l’escalade de la violence.

Les représentants des pays suivants se sont exprimés au cours du débat: Egypte pour introduire les deux projets de résolution dont l’Assemblée est saisie au titre de ce point, Bélarus, Sénégal, Yémen, Chypre, Bruneï Darussalam, Australie, Jordanie, France au nom de l’Union européenne et des pays associés, Cuba, Burkina Faso, Nigéria, Malaisie, Arabie Saoudite, Argentine, Inde, République arabe syrienne et Arménie.

En ouverture de séance, le Président de l’Assemblée a informé les délégués du règlement par la Mauritanie de ses arriérés de contributions conformément à l’Article 19 de la Charte.

L’Assemblée générale terminera l’examen de la situation au Moyen-Orient demain, vendredi 1er décembre, à partir de 10 heures.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Rapports du Secrétaire général

Le rapport du Secrétaire général portant sur la situation au Moyen-Orient (A/55/538) est soumis en application des résolutions 54/37 et 54/38 de l’Assemblée générale, en date du 1er décembre 1999. Dans sa résolution 54/37, qui traite du transfert par certains États de leur mission diplomatique à Jérusalem en violation de la résolution 478 (1980) du Conseil de sécurité datée du 20 août 1980, l’Assemblée a demandé à nouveau à ces États d’appliquer les dispositions des résolutions applicables de l’Organisation des Nations Unies. Dans sa résolution 54/38, qui traite des politiques israéliennes dans le territoire syrien occupé par Israël depuis 1967, l’Assemblée générale a exigé une fois de plus qu’en application des résolutions pertinentes du Conseil, Israël se retire de tout le Golan syrien occupé.

Le rapport présente les réponses aux notes verbales adressées par le Secrétaire général, le 7 août 2000, au Représentant permanent d’Israël ainsi qu’aux représentants permanents des autres États Membres, les priant de l’informer des mesures que leur gouvernement avait éventuellement prises ou envisageait de prendre afin de donner effet aux dispositions pertinentes de ces résolutions. Ces réponses émanent des pays suivants : Danemark, Israël, Namibie et Qatar. Dans sa réponse, le représentant d’Israël rappelle qu’Israël a voté contre les résolutions 54/37 et 54/38 de l’Assemblée générale et contre les résolutions analogues qu’elle a adoptées à ses sessions précédentes. Il indique également qu’Israël estime que les résolutions de l’Assemblée générale en question sont déséquilibrées et constituent en outre une ingérence inacceptable dans le règlement de questions qui sont au coeur même des négociations bilatérales entre Israël et ses voisins, arguant du fait que, comme cela a été établi dans les lettres d’invitation à la Conférence de paix de Madrid sur le Moyen-Orient d’octobre 1991, puis réaffirmé dans le cadre de maintes initiatives juridiques, le processus de paix au Moyen-Orient repose sur des négociations bilatérales directes entre les parties concernées.

Le rapport (A/55/639) a été présenté dans notre communiqué AG/1121 en date du 29 novembre 2000.

Projets de résolution

Aux termes du projet de résolution concernant Jérusalem (A/55/L.49) l’Assemblée générale, ayant examiné le rapport du Secrétaire général sur la situation au Moyen-Orient, constaterait que la décision prise par Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration à la ville sainte de Jérusalem est illégale et, de ce fait, nulle et non avenue et sans validité aucune. Elle déplorerait que certains Etats aient transféré leur mission diplomatique à Jérusalem, au mépris de la résolution 478 (1980) du Conseil de sécurité, et refusent de se conformer aux dispositions de cette résolution. L’Assemblée demanderait à nouveau de se conformer aux dispositions des résolutions applicables de l’Organisation des Nations Unies, conformément à la Charte de l’ONU. Elle prierait le Secrétaire général de lui rendre compte, à sa cinquante-sixième session, de l’application de la présente résolution.

Aux termes du projet de résolution consacrée au Golan Syrien (A/55/L.50) l’Assemblée générale, ayant examiné la question intitulée «La situation au Moyen- Orient», constaterait une fois de plus que le maintien de l’occupation du Golan syrien et son annexion de facto font obstacle à l’instauration d’une paix d’ensemble, juste et durable dans la région. Elle demanderait à Israël de reprendre les pourparlers dans les voies de négociation avec la République arable syrienne et le Liban et de respecter les garanties et les engagements déjà convenus. L’Assemblée exigerait une fois de plus qu’en application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité Israël se retire de tout le Golan syrien jusqu’à la ligne du 4 juin 1967 et prierait le Secrétaire général de lui présenter, à sa cinquante-sixième session, un rapport sur l’application de la présente résolution.

Déclarations

M. AHMED ABOULGHEIT (Egypte), après avoir présenté les projets de résolutions A/55/L.49 et A/55/L.50, a rappelé la position de son pays qui a toujours considéré, s'agissant des négociations israélo-arabes, que la question de Palestine est la clef vers une paix durable au Moyen-Orient. Il a estimé que le préalable à la paix doit être pour Israël de s'engager à appliquer les accords conclus et à respecter le principe «Terre contre paix». Il a demandé le retrait total des forces israéliennes de tous les territoires occupés et l'établissement de rapports normaux entre Israël et les Etats arabes. Il a également recommandé à Israël d'éviter de prendre des mesures contraires au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Il a ajouté que depuis le début des négociations de paix à Madrid en 1991, le processus n'a pas connu d'évolution décisive. Il a rappelé ensuite que la résolution 242 du Conseil de sécurité constitue la base sur laquelle repose l'Accord de paix de Camp David signé en 1979 entre l'Egypte et Israël. Cette résolution qui pose le principe «Terre contre paix» est un précédent sur la voie de la négociation de paix entre Israël et les Etats arabes et impose à l'Egypte de revendiquer le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 ainsi que le démantèlement des colonies de peuplement avant la conclusion d'accords de sécurité.

Le représentant a rejeté les exigences israéliennes qui prétendent limiter la portée de la résolution 242 à certaines dispositions alors qu'elle exige l'évacuation de tous les territoires arabes occupés depuis 1967. Le représentant a regretté l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations engagées en mai dernier entre Israël et la Syrie et a insisté sur le droit de la Syrie de recouvrer le Golan. Le représentant a poursuivi en soulignant le lien étroit qui existe entre la paix et la coopération régionale et en rappelant la Déclaration finale du Sommet du Caire des 21 et 22 octobre dernier, qui considère que la coopération régionale ne peut s'instaurer sans une paix juste et globale dans la région. Il a ajouté que les provocations d'Israël rendent toute possibilité de négociation et d'entente vaine et que l'Egypte a décidé de geler sa coopération avec Israël tant que les perspectives d'une paix juste et durable ne sont pas à portée de main. Il a renouvelé la demande de l'Egypte d'un démantèlement des armes nucléaires au Moyen-Orient afin d'en faire une zone libre de toutes armes de destruction massive et, à cet égard, il a dénoncé le refus d'Israël de procéder à ce démantèlement, créant ainsi de nouvelles tensions. La sécurité et la paix, a- t-il conclu, sont étroitement liées et l'Egypte croit dans la possibilité d'un accord de paix bien que l'espoir soit soumis à rude épreuve par les Israéliens ces derniers temps.

M. SERGEI LING (Bélarus) a constaté que le processus de paix au Moyen-Orient auquel de nombreux pays ont contribué reste menacé. La tension s’est accrue entre Israël et la Palestine mais aussi au Sud-Liban et dans les hauteurs du Golan, a-t- il observé. Pour mettre fin à cette situation, Israël doit appliquer la résolution 242 du Conseil de sécurité et retirer ses troupes du Sud-Liban. Cependant, un tel retrait à son avis ne suffira pas pour instaurer une atmosphère de confiance et restaurer la paix dans la région, il faut également qu’Israël retire ses troupes du Golan. Le représentant a rappelé que le Bélarus appuie les projets de résolutions présentés au titre de l’examen de la situation au Moyen- Orient ainsi que les textes relatifs aux violations des droits de l’homme commises par Israël. Il s’est déclaré convaincu que les Nations Unies doivent être à l’avant-garde de toutes initiatives visant à rétablir la stabilité dans la région et il a exprimé l’espoir de voir aboutir les efforts déployés par le Secrétaire général dans ce domaine. Il est temps, a-t-il ajouté de passer à l’action et, à cette fin, il a réclamé des mesures concrètes, définies par le Conseil de sécurité, pour progresser sur la voie d’un règlement. Beaucoup de citoyens ont été touchés par la crise dans les deux camps et la communauté internationale a compris que les conséquences peuvent être terribles, a encore affirmé le représentant, qui a réclamé par ailleurs le respect des normes du droit international comme base du règlement du conflit.

M. IBRA DEGUENE KA (Sénégal) a fait valoir que le Conseil de sécurité qui a la responsabilité de veiller à la paix mondiale et de désamorcer toute situation porteuse de péril, doit s'attacher à l'application, suivant des modalités réalistes, des résolutions pertinentes sur le Moyen-Orient, a-t-il déclaré. Ce souci est devenu un impératif catégorique que réclament tous les fora internationaux qui se sont tenus ces dernières semaines et qui ont abordé cette épineuse question. Le cri du coeur du Président de l'Autorité palestinienne doit être entendu, qui réclame une force de protection des Nations Unies pour les populations palestiniennes. La visite qu'il vient d'effectuer, le 10 novembre, auprès du Conseil de sécurité, a révélé encore une fois, les limites de l'engagement constructif de la communauté internationale. Sous le prétexte que l'Organisation universelle ne doit pas interférer dans le processus d'Oslo, toute initiative de sa part risque ainsi d'être bloquée au niveau du Conseil de sécurité. Cependant, une belle occasion vient d'être manquée avec la proposition du Président Arafat qui aurait pu donner des raisons d'espérer à la partie palestinienne.

Le représentant a attiré l'attention sur la question du transfert des missions diplomatiques de certains pays à Jérusalem. Tout en reconnaissant le droit à tous les pays de nouer des relations diplomatiques avec Israël, conformément aux principes généraux qui fondent les relations internationales, a- t-il indiqué, la délégation sénégalaise voudrait au nom de ces mêmes principes, réaffirmer que ces transferts ne respectent pas la légalité internationale et doivent être découragés.

M. Ka a fait valoir également que, à l'instar de la décision du gouvernement du Premier ministre Barak en ce qui concerne le Sud-Liban, de nouvelles pistes devraient être défrichées dans le sens de la restauration inconditionnelle de la souveraineté syrienne sur les hauteurs du Golan. A partir de là, toutes les autres questions connexes, c'est-à-dire celles de la sécurité et de l'accès à l'eau, pourraient faire l'objet d'accords mutuellement bénéfiques.

A côté des questions de la paix, et de la récupération légitime des terres, a précisé M. Ka, il existe aussi trois autres questions collatérales qui méritent d'être prises en charge dans toute architecture de paix viable dans cette région : la nécessité d'adopter un système de sécurité collective acceptable pour tous, l'importance du règlement global de la question des réfugiés et autres déplacés et enfin, le traitement adéquat de l'accès de toutes les populations à l'eau. Si nous prenons soin du traitement adéquat de ces questions, la promesse d'Oslo sera tenue, a-t-il ajouté.

M. MOHAMMED ABDO AL-SINDI (Yémen) a déclaré que la Palestine est au coeur du conflit entre Israël et le monde arabe. Le Moyen-Orient a été le théâtre de nombreux conflits et de nombreuses crises. Le représentant a rappelé l’agression d’Israël contre les Etats arabes en 1967, agression qui a étendu les zones d’occupation israéliennes. Israël refuse une solution pacifique au conflit, c’est la raison pour laquelle il acquiert les armes les plus mortelles et annule tous les efforts de paix jusqu’à présent consentis, a estimé le représentant. Les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sont pourtant la base d’une solution juste et durable du conflit. Israël ne peut imposer sa loi à Jérusalem ni sur les hauteurs du Golan. Le représentant a cité les négociations de Madrid et d’Oslo ainsi que les efforts du Président égyptien M. Moubarak et du Secrétaire général de l’ONU, M. Annan, pour mettre fin à la violence dans la région.

Chaque année les représentants de nombreuses délégations condamne de la tribune de l’Assemblée générale l’attitude d’Israël qui, selon le représentant, provoque le chaos dans la région. La paix et la stabilité au Moyen-Orient ne deviendront une réalité que si les conditions sont réunies et les principes fondamentaux respectés. Ces conditions incluent la paix dans tous les territoires, le retrait intégral de l’armée israélienne des territoires occupés depuis 1967, le droit pour le peuple palestinien de revenir sur ses terres, la proclamation d’un Etat palestinien avec Al Qods Al Charif comme capitale ainsi que la libération des prisonniers palestiniens. Selon le représentant, il est également important de procéder au désarmement pour faire du Moyen-Orient une région dépourvue d’armes de destruction massive et y faire respecter la paix et la sécurité.

M. SOTOS ZACKHEOS (Chypre) a regretté que, malgré les efforts du Premier Ministre Barak, du Président Arafat et d'autres dirigeants régionaux et internationaux, les forces de l'extrémisme soient parvenues à compromettre les chances de paix et à conduire à la spirale actuelle de violence. Il a jugé que l'escalade de la violence est préoccupante et que la question de Palestine est au coeur du problème du Moyen-Orient et doit être prioritaire dans toute solution négociée. Il a ajouté que Chypre soutient la mise en oeuvre des dispositions de la résolution 242 et de la résolution 338 par Israël. Le représentant a condamné les actes terroristes perpétrés à l'égard des Israéliens tout en appelant Israël à renoncer à toute politique punitive à l'égard des populations civiles palestiniennes qui compromettrait les perspectives de paix. Il a appuyé la position de l'Union européenne qui condamne la pratique des colonies de peuplement israéliennes dans les territoires palestiniens. Il s'est dit préoccupé également par la détérioration des conditions de vie des populations civiles palestiniennes avant de demander à Israël de se retirer des positions occupées depuis le 28 septembre et à l'Autorité palestinienne de contrôler les débordements de violence de son camp.

M. Zackheos a souhaité que les deux parties fassent preuve de retenue pour permettre une reprise des négociations de paix dans un esprit d'action mutuelle. Il a demandé l'application des engagements pris lors du sommet de Charm el-Cheikh et rappelé que seule une solution globale permettrait de ramener la stabilité au Moyen-Orient. Il a poursuivi en demandant l'application de la résolution 1322 et en se félicitant de l'application par Israël de la résolution 425 lors du retrait de ses troupes du Liban en début d'année. Il a exprimé le souhait de voir aboutir les négociations entre la Syrie et Israël qui doivent conduire notamment à un retrait d’Israël du Golan syrien occupé. Il a indiqué que ces mesures permettront d'envisager un développement harmonieux de la région.

S’exprimant au nom de l’Union européenne, des pays d’Europe centrale et orientale associés à l’Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) et des pays associés (Chypre et Malte), M. JEAN-DAVID LEVITTE (France) a salué le renouvellement du mandat de la FINUL l’été dernier ainsi que le redéploiement de la force internationale et l’envoi, par le Gouvernement libanais, d’une “force mixte” de sécurité dans le Sud. Il a observé que ces gestes ont constitué des étapes positives dans le rétablissement de la stabilité au Sud, condition de la reconstruction et du développement économique de la zone. Cependant, il a déclaré que les graves incidents qui se sont déroulés à la frontière israélo-libanaise depuis début octobre montrent combien la situation demeure fragile au Sud-Liban, notant que l’escalade de la tension reste à tout moment possible. L’Union européenne a appelé toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à respecter strictement la “ligne bleue” certifiée en juin par le Secrétaire général des Nations Unies. Il est également indispensable que le Gouvernement libanais, conformément aux résolutions 425 et 1310 du Conseil de sécurité, rétablisse sa pleine autorité dans la zone, afin d’en assurer la stabilité et de créer les conditions nécessaires à l’accomplissement, par la FINUL, de son mandat, a ajouté le représentant. Il a en outre indiqué que le retrait d’Israël du Sud- Liban et le rétablissement de la souveraineté libanaise dans la zone ne réglaient pas le problème plus global du processus de paix dans la région; seul un accord entre Israël et la Syrie, en application des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité, concernant le Golan, pourra apporter la paix à laquelle aspirent tous les peuples de la région. Il a réaffirmé que l’Union européenne est disposée à contribuer à renouer les fils du dialogue entre Israël et la Syrie et a appelé les deux parties à la reprise des négociations, dès que les circonstances le permettront, sur la base du principe du droit international et des acquis du processus de paix engagé à Madrid en 1991. Enfin, M. Levitte a déclaré que l’Union européenne poursuivra son programme considérable d’assistance technique à la région et s’est félicité de ce que le Sommet Euro-Med des ministres des affaires étrangères, qui vient de se tenir à Marseille les 15 et 16 novembre, ait constitué à cet égard un pas très important et ait témoigné de la volonté de donner un nouvel élan au partenariat euroméditerranéen.

M. JOHAN THANI ABDULLAH (Bruneï Darussalam) a affirmé qu'au Moyen Orient, la question cruciale est celle de Palestine, qui est loin d'être résolue. Après plusieurs décennies de lutte, les Palestiniens sont toujours privés de leurs aspirations et leurs droits légitimes continuent d'être violés. Le Bruneï est particulièrement inquiet des violences et de la tension actuelle en Palestine, et notamment sur la Rive occidentale et à Gaza, qui menacent de faire dérailler le processus de paix.

Le Bruneï Darussalam encourage la Commission d'enquête, créée par la Commission des nations Unies pour les droits de l'homme, à recueillir des informations sur les violations des droits de l'homme et les atteintes graves au droit humanitaire dans les territoires palestiniens occupés. En même temps, Bruneï espère qu'une décision sera prise sur le déploiement de 2000 observateurs des Nations unies, qui permettront pour le moins de restaurer l'ordre et de faire cesser la violence. Il salue par ailleurs les efforts entrepris par divers pays pour amener les parties concernées à la table de négociations. Il encourage les dirigeants israéliens et palestiniens à continuer d'oeuvrer en faveur d'une solution pacifique et globale au problème palestinien, sur la base des résolutions 242, 338 et 425 du Conseil de sécurité. Enfin, le Bruneï réaffirme son soutien aux droits inaliénables du peuple palestinien.

Mme PENNY WENSLEY (Australie) a indiqué que l'Australie reste fondamentalement attachée au droit d'Israël de vivre à l'intérieur de frontières sûres et reconnues et que, dans le même temps, elle soutient le droit légitime du peuple palestinien à une patrie et à un avenir meilleur pour ses enfants. Les actes terroristes, les représailles à l'égard de la population civile et les attaques dirigées contre la population civile sont, des deux côtés, absolument et inconditionnellement prohibés, a-t-elle déclaré. Nous considérons toujours l'installation de colonies de peuplement qui a lieu dans les territoires occupées depuis 1967, comme contraire au droit international et comme préjudiciable au processus de paix.

En septembre 2000, a-t-elle précisé, l'Australie a ouvert le bureau de son représentant à Ramallah afin de faciliter de façon substantielle les relations de l'Australie avec l'Autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza. L’Australie s’attend aussi à ce que ce bureau lui permette de promouvoir plus efficacement ses objectifs, notamment son soutien à la démocratie et à la bonne gouvernance. Elle a indiqué que le programme australien d'aide au développement y compris l'aide d'urgence aux Palestiniens, s'élevait cette année à environ 8 millions de dollars australiens.

La représentante a attiré l'attention sur le fait que le Moyen-Orient est une région où la prolifération des armes de destruction massive représente un souci majeur pour la communauté internationale. Elle a appelé tous les Etats du Moyen-Orient à devenir parties aux instruments internationaux pertinents en matière de contrôle des armements et a demandé à ceux qui en sont parties de respecter à la fois l'esprit et la lettre de ces instruments. Elle a également lancé un appel pour que tous les Etats de la région qui ne l'ont pas encore fait, signent ou ratifient, sans attendre le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires ainsi que les Conventions sur les armes chimiques et bactériologiques.

Dans chaque région, la sécurité repose sur le respect par les Etats de leurs obligations internationales, a-t-elle déclaré. Nous partageons la préoccupation de certains concernant le fait que les activités de vérification et de contrôle mandatées par le Conseil de sécurité en Iraq n'aient pas été possibles pendant près de deux ans et nous ne parvenons pas à comprendre pourquoi les dirigeants iraquiens n'ont pas encore pris les mesures requises pour remplir leurs obligations internationales.

M. ZEID BIN RAAD AL-HUSSEIN (Jordanie) a estimé que la question de Palestine, coeur du problème du Moyen-Orient, est des plus préoccupantes. La Jordanie dénonce le recours disproportionné à la violence, par les forces israéliennes, et s'en inquiète car il fait peser une menace sur l'ensemble de la région. Le délégué jordanien s'est déclaré favorable au déploiement d'une force de protection internationale en faveur du peuple palestinien. Tout doit être mis en oeuvre pour parvenir à une paix juste, globale et durable et en tenant compte de la résolution 242 et des autres résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité sur la question. Le représentant a rappelé la responsabilité de la communauté internationale dans le processus de paix en cours au Moyen-Orient et réaffirmé l'importance du principe "Terre contre paix" consacré dans la résolution 338. Il s'est interrogé sur les voies et moyens susceptibles de ramener la paix à un moment où les forces israéliennes nient le droit des Palestiniens à l'autodétermination. Le délégué a d'autre part rappelé que la communauté internationale est unanime au sujet du statut de Jérusalem et que le Conseil de sécurité à condamné à plusieurs reprises l'annexion de Jérusalem-Est. Il a rappelé également le droit des réfugiés palestiniens à obtenir des réparations, ce qui est reconnu dans la résolution 194 de l'Assemblée générale.

M. DAUSA CESPEDES (Cuba) a regretté que tous les efforts de paix aient été contrariés par l’escalade des agressions et les hostilités déclenchées par Israël, puissance occupante qui, loin de démontrer sa volonté à négocier et son intérêt pour le processus de paix, a continué de mener des actions chaque fois plus violentes contre la population civile palestinienne. Israël a également fait preuve du plus total mépris pour les règles élémentaires du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l’homme des peuples palestinien et arabe. Le représentant a dénoncé la suspension du Protocole de Paris, le blocus commercial, les attaques directes contre les installations économiques, le blocage de routes et des accès aux lieux de travail, précisant que les pertes dépassent 1 milliard de dollars. Il a par ailleurs condamné la politique d’implantations de colonies israéliennes dans les territoires occupés dont l’objectif est d’altérer la composition démographique des territoires arabes sous occupation. Il a déclaré que l’attitude totalement irrespectueuse d’Israël vis-à-vis des décisions de la communauté internationale ne peut s’expliquer que par l’appui que lui offre en toutes circonstances le Gouvernement des Etats-Unis. Soulignant que le problème palestinien constitue la pierre angulaire du conflit israélo-arabe, le représentant a déclaré qu’aucune solution durable ne pourra être trouvée tant que durera l’occupation du Golan syrien, avant de réaffirmer, en conclusion, le soutien indéfectible de son pays aux peuples palestinien et arabe.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a estimé que le temps est venu de rechercher toutes les voies et tous les moyens permettant d’arrêter définitivement la violence et d’instaurer la paix avant que la haine ne transforme les affrontements au Moyen-Orient en cataclysme mondial. La question du Moyen-Orient est avant tout un enchevêtrement de données, de circonstances, de croyances, de mythes et de réalités réunis en un trinôme : la sécurité d’un Etat, Israël; la sauvegarde d’un patrimoine national, celui du peuple palestinien; le respect des Lieux Saints que revendiquent l’Islam, le christianisme et le judaïsme. Trois exigences au moins doivent être prises en compte pour le règlement du différend. En premier lieu, il faut une volonté réelle des dirigeants de sceller l’entente et la paix. La communauté internationale, les Nations Unies d’abord, doivent s’investir totalement dans cette crise et user de leur influence pour convaincre les deux parties à afficher résolument leur désir de paix, a dit le représentant.

La deuxième exigence est la garantie d’une sécurité pour Israël dont les frontières doivent être internationalement reconnues. En réinstallant le peuple israélien sur un territoire, le souci premier qui a animé les Nations Unies était sans doute de lui garantir le droit à la vie, à une terre et à une patrie. L’ostracisme de l’Etat d’Israël n’est donc plus de mise, a déclaré le représentant. Cette reconnaissance est imprescriptible et à pour corollaire que la Palestine elle aussi doit pouvoir vivre et prospérer dans les limites territoriales issues du partage de 1947. Cela nécessite aussi qu’Israël restitue les territoires conquis en 1967, a affirmé M. Kafando, estimant que sous cette condition, l’implantation des colonies de peuplement est inacceptable. Enfin, toutes les parties doivent s’acquitter pleinement des engagements qu’elles ont contractés en vertu des accords en vigueur et s’abstenir de tout acte qui anticipe l’issue des négociations et aggrave la situation politique et économique dans les territoires palestiniens, a-t-il dit.

M. HASMY AGAM (Malaisie) a rappelé que les résolutions et décisions adoptées par l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité des Nations Unies depuis plusieurs années ont toutes réitéré la nécessité de parvenir à une solution négociée à la question palestinienne. Il a regretté que, malgré ces instances, la spirale de la violence ait repris en Palestine, en particulier à Al Qods Al Charif, déplorant qu’Israël recoure à un usage excessif et disproportionné de la force face aux civils palestiniens dans les territoires occupés et à Jérusalem. Il a condamné ces actes de violence qui ont causé la mort de centaines de civils, essentiellement palestiniens, et blessé des milliers de civils et a demandé leur arrêt immédiat avant de prier la communauté internationale de déployer une force internationale d'observation. Il a déclaré que l'inaction du Conseil de sécurité sur cette question le priverait de toute crédibilité et a invité la communauté internationale à prendre position sur l'occupation des territoires arabes par les Israéliens, notamment sur les colonies de peuplement. Ces politiques, a-t-il estimé, sont loin de déboucher sur la reprise du processus de paix. Le représentant a en outre regretté que les négociations entre Israël et la Syrie soient interrompues depuis 1996 et que le Golan demeure sous occupation israélienne. Les colonies de peuplement israéliennes sur le Plateau du Golan constituent à son avis un obstacle à tout processus de paix entre Israël et la Syrie.

M. Agam a demandé à Israël de renoncer à sa politique d'occupation et de se retirer des territoires occupés depuis le 4 juin 1967 pour favoriser le processus de paix dans la région. Il a souhaité en outre que le processus de paix aboutisse rapidement, notamment grâce à l'application des résolutions 338 et 425 du Conseil de sécurité. Il s'est félicité du retrait israélien du Sud-Liban en application de la résolution 425 et a souhaité que les Nations Unies demeurent présentes à la frontière afin d'éviter une reprise de la tension. Le représentant a conclu en rappelant que seuls un retrait total des forces israéliennes des territoires arabes occupés depuis 1967 et le respect du principe de «Terre contre la paix» permettront une reprise du processus de paix au Moyen-Orient et poser les bases d'une paix durable.

M. FAWZI BIN ABDUL MAJOOD SHOBOKSHI (Arabie Saoudite) a rappelé que les Nations Unies ont contribué à mettre fin à de nombreux conflits et au colonialisme dans plusieurs régions du monde. Elles doivent aujourd’hui mettre fin à l’occupation par Israël des territoires palestiniens et du Golan. Dix ans après Madrid la stabilité est loin d’être atteinte et la paix reste une chimère dans la région. Les négociations de Madrid ont été suivies de discussions multi et bilatérales mais l’occupation se poursuit injustement et les propriétaires terriens sont opprimés. Cette situation provoque d’autres injustices comme la confiscation des terres et la destruction des maisons ou encore la violation des Lieux Saints. Le retrait du Sud-Liban ne signifie pas qu’Israël peut continuer l’occupation d’autres terres, a dit le représentant. Le Golan est toujours occupé et la situation du Lac de Tibériade reste une préoccupation majeure comme si seul Israël avait besoin d’eau et de sécurité.

Le représentant a demandé le respect des résolutions basées sur le principe de la terre contre une paix globale. Il s’est prononcé en faveur du retour des Palestiniens dans leur patrie et de compensations pour ceux qui ne veulent pas rentrer. Il a affirmé que l’Arabie Saoudite a toujours soutenu le processus de paix, tout en constatant avec horreur le massacre des Palestiniens et les agressions contre les Arabes notamment à Jérusalem Est qui fait partie intégrante des territoires occupés. La paix ne peut s’instaurer dans la région sans un retrait complet des troupes israéliennes de tous les territoires occupés, du Golan et du Liban Sud. Le représentant a aussi appelé de ses voeux une élimination des armes de destruction massives dans la région. A cet égard, il s’est déclaré préoccupé du fait qu’Israël refuse de ratifier le Traité de non prolifération et s’oppose au contrôle de ses installations nucléaires. Il a également réclamé une paix juste et pas seulement un arrêt des violences. Israël se trompe s’il croit que la paix peut être instaurée aux dépends des populations arabes de la région, a encore affirmé le représentant de l’Arabie Saoudite.

«Depuis le début septembre, le processus de paix au Moyen-Orient est entré dans l’une de ses phases les plus délicates et les plus sensibles», a rappelé d’emblée M. ARNOLDO LISTRE (Argentine). C’est avec une grande préoccupation que l’Argentine observe les événements récents qui risquent de mettre en danger les avancées obtenues, depuis qu’en 1991, à Madrid, les parties ont décidé de s’asseoir à la table de négociations. Elle estime que le fait qu’il y ait tant de femmes, d’enfants et de personnes âgées parmi les victimes témoigne une fois de plus du caractère irrationnel de la situation et de la nécessité impérieuse d’y mettre fin. Plusieurs des mesures décidées à Charm el-Cheikh pour mettre fin à la violence ont commencé à être mises en oeuvre. Et l’Argentine espère tout particulièrement que la Commission d’établissement des faits qui a été créée à cette occasion se mettra au travail sans tarder et contribuera ainsi à ramener le calme. «Nous considérons également que la coopération entre les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes doit se poursuivre et se renforcer», a ajouté le représentant, avant de faire remarquer qu’aussi positif que soit l’impact de ces mesures à court terme, l’objectif ultime doit être la reprise des négociations de paix.

En effet, la paix est la seule option stratégique pour l’ensemble des pays du Moyen Orient, a insisté M. Listre. Outre les résolutions du Conseil de sécurité et les principes adoptés lors de la Conférence de Madrid et de l’Accord d’Oslo, la recherche d’une solution définitive au conflit doit prendre en compte les aspirations légitimes du peuple palestinien à l’indépendance et à la dignité et celles tout aussi légitimes du peuple israélien à la reconnaissance et à la sécurité. Parallèlement, la confiscation et la destruction des biens palestiniens et l’expansion des colonies de peuplement dans les territoires occupés doivent cesser car elles contreviennent au droit international et aux résolutions des Nations Unies. Pour parvenir à une paix globale, il faudra avancer simultanément dans tous les aspects du processus de paix, a poursuivi le représentant. Dans ce contexte, il s’est réjoui du retrait israélien du Sud-Liban. Il a appelé toutes les parties à faire preuve de la plus grande prudence et à éviter tout acte de provocation qui pourrait venir aggraver les tensions le long de la frontière. M. Listre s’est aussi dit préoccupé par l’absence de dialogue entre la République arabe syrienne et Israël en ce qui concerne le Golan. «Les négociations bilatérales sont le moteur du processus de paix et c’est à travers elles que l’on trouvera une solution aux questions en suspens», a-t-il insisté, avant d’ajouter que les Nations Unies ont également une responsabilité particulière et historique s’agissant de la Palestine, ainsi qu’en témoignent l’aide fournie aux réfugiés palestiniens depuis des années et l’engagement envers le processus de paix des Secrétaires généraux successifs. De son côté, l’Argentine soutient avec fermeté tous les efforts déployés par Kofi Annan pour convaincre les parties de renoncer à la violence et reprendre les négociations.

M. KAMALESH SHARMA (Inde) a rappelé que le processus de paix de Madrid instaurait des négociations directes sur deux fronts, à la fois entre Israël et les Etats arabes et entre Israël et les Palestiniens. Le représentant s’est félicité de ce que les négociations avec le Liban aient effectué des progrès considérables et aient permis le retrait israélien du Liban et le déploiement de la FINUL, force de maintien de la paix sur la frontière libano-israélienne. Rappelant que, plus tôt dans l’année, on avait nourri l’espoir que la question syrienne trouverait elle aussi un règlement, il a regretté que le soulèvement des territoires occupés ait alourdi l’atmosphère et empêché un accord. Il a cependant encouragé la Syrie et Israël à poursuivre les négociations car une solution aurait un impact sur la situation régionale, a-t-il déclaré, et particulièrement en Palestine. Le représentant a également demandé une application intégrale et inconditionnelle des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et le rétablissement de la souveraineté syrienne sur l’ensemble de son territoire. Pour conclure, il a déclaré qu’il est nécessaire de garder espoir, arguant que le règlement du conflit au Liban devrait servir d’exemple quant à ce qu’il est possible d’obtenir grâce au dialogue, à la bonne volonté et à la détermination.

M. MIKHAIL WEHBE (République arabe syrienne) a fait observer que la séance consacrée à la question du Moyen-Orient, se tenait dans un contexte complexe caractérisé par une augmentation de la tension, du nombre des blessés et une escalade de la violence. Dix ans se sont écoulés depuis le début du processus de paix, a-t-il fait valoir, et l'occupation se poursuit, les colons arrivent des quatre coins du globe, les réfugiés sont interdits de retour sur leur terre. Le nombre des martyrs palestiniens tués par les forces d'occupation, plus de 300 auxquels s'ajoutent 3 000 blessés, nouveau chaînon du terrorisme d'Etat mené par Israël, ne démontrent-ils pas qu'Israël est seul responsable de l'arrêt du processus de paix, a interrogé le représentant.

Il a exhorté la communauté internationale à adopter toutes les mesures susceptibles de mettre fin à l'agression d'Israël et aux massacres perpétrés contre des Palestiniens sans armes. Cela passe, a-t-il déclaré, par la création d'un tribunal international destiné à juger les Israéliens coupables de ces crimes contre les Palestiniens.

Le représentant a estimé que l'on assistait à une compétition électorale entre les deux grands partis politiques israéliens qui exploitent le sang versé par les Palestiniens pour gagner des votes, exemple d'extrémisme utilisé pour gagner les voix des extrémistes israéliens. De nombreuses interventions ont incité les deux parties à la retenue, a-t-il fait observer. Comme le Président de la République syrienne l'a déclaré, le terme «partie» implique que l'on se situe sur le même plan. Or, la première partie est un Etat souverain, l'autre pas; la première partie assassine alors que l'autre est assassinée, comment peut-on exiger d'eux la retenue en les plaçant sur un pied d'égalité? Il est urgent que la communauté internationale mette fin aux excès d'Israël, à ses violations des droits de l'homme, des valeurs humanistes, de la morale et des principes. Le monde doit intervenir énergiquement pour que le processus de paix reprenne dans la région.

Les Israéliens essaient d'obtenir par la force ce qu'ils ne peuvent obtenir par la négociation, a-t-il ajouté; pensent-ils qu'ils obligeront les Palestiniens et les Arabes en général à se rendre? Ils n'y parviendront pas; l'exemple fourni par la Palestine, le Liban et la Syrie devrait suffire à Israël pour l'inciter à revenir à la table des négociations. C'est pour cela que nous l'avons invité à souscrire à une paix juste et globale. Toutefois, alors que nous sommes attachés à réaliser cette paix, nous sommes encore plus déterminés à ne pas concéder la moindre parcelle du Golan et des territoires occupés. Mais, alors que notre choix de la paix est stratégique, celui d'Israël est tactique. Il recherche une paix partielle et pratique une politique de «funambule».

Le représentant a invité la communauté internationale et les pays susceptibles d'exercer une influence, à inciter Israël à respecter la légalité internationale, les instruments internationaux pertinents et à mettre en oeuvre les résolutions de l'ONU de façon non discriminatoire. Nous avons soumis à l'Assemblée comme chaque année, a-t-il indiqué, le projet de résolution concernant le Golan syrien occupé qui exige que l'on travaille à une paix d'ensemble juste conformément à la Charte des Nations Unies.

M. MOVSES ABELIAN (Arménie) s’est félicité de ce que le retrait d’Israël du Sud-Liban ait fourni une occasion sans précédent de faire avancer la paix au Liban et en Syrie, mais a regretté que cette occasion n’ait pas pleinement été mise à profit. Le règlement de ces deux questions reste cependant indispensable à une solution globale, a indiqué le représentant, et il n’y a pas d’alternative à la reprise de négociations directes entre Israël, la Syrie et le Liban. Il a déploré que, alors que les Accords de Camp David avaient mis l’accent sur l’irréversibilité du dialogue en faveur de la paix, les récentes explosions de violence aient plutôt illustré sa fragilité et sa vulnérabilité, particulièrement sensibles à la question de Jérusalem. Le représentant s’est félicité que la Fédération de Russie soit à nouveau parrain du processus de paix et il s’est déclaré convaincu qu'elle pourra amener les parties de reprendre dès que possible les négociations.

Le représentant a par ailleurs insisté sur la dimension chrétienne de la question de Palestine, et de Jérusalem en particulier. Le Status Quo de 1852, qui régit le statut des églises chrétiennes en Terre Sainte, reconnaît aux églises romaine catholique, grecque orthodoxe, et arménienne apostolique les mêmes responsabilités de surveillance sur les sites saints chrétiens, a-t-il expliqué. Il a précisé que les patriarches des trois Eglises en place à Jérusalem étaient régulièrement tenus au courant des négociations, bien qu’ils ne soient pas directement parties au conflit. M. Abelian s’est félicité de ce qu’ils puissent faire part de leurs vues et de leurs préoccupations légitimes au sujet des négociations qui devraient être réellement globales et acceptables par toutes les parties, de même que sur l'importance de la Ville Sainte pour la communauté internationale dans son ensemble. Il a en conclusion affirmé que les quartiers arménien et chrétien de la vieille ville de Jérusalem sont contigus et forment une unité historique qu’il est convenu d’appeler le Jérusalem chrétien et qu’on ne saurait dissocier.

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