LA DIVISION DE LA POPULATION DES NATIONS UNIES PUBLIE UN RAPPORT SUR LES MIGRATIONS DE REMPLACEMENT

POP/713
20 mars 2000

LA DIVISION DE LA POPULATION DES NATIONS UNIES PUBLIE UN RAPPORT SUR LES MIGRATIONS DE REMPLACEMENT

20 mars 2000


Communiqué de Presse
POP/713


LA DIVISION DE LA POPULATION DES NATIONS UNIES PUBLIE UN RAPPORT SUR LES MIGRATIONS DE REMPLACEMENT

20000320

La Division de la population du Département des affaires économiques et sociales vient de publier un nouveau rapport intitulé « Migration de remplacement : une solution au déclin et au vieillissement des populations ? ». L’on entend par migration de remplacement correspond à la migration internationale dont un pays aurait besoin pour éviter le déclin et le vieillissement de sa population résultant de faibles taux de fécondité et de mortalité.

Les projections des Nations Unies indiquent que, entre 1995 et 2050, la population du Japon et celle de quasiment tous les pays d’Europe va probablement diminuer. Dans de nombreux cas, dont ceux de l’Estonie, la Bulgarie et l’Italie, les pays vont perdre entre un quart et un tiers de leur population. Le vieillissement de la population sera généralisé et l’âge médian atteindra des niveaux sans précédents. Par exemple, en Italie, l’âge médian passera de 41 ans en 2000 à 53 ans en 2050. Le rapport de support potentiel, c’est-à-dire le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) par personne de plus de 65 ans, diminuera souvent de moitié, de 4 ou 5 à 2.

Mettant l’accent sur ces deux tendances fondamentales, le rapport examine en détail le cas de huit pays ayant de faibles taux de fécondité (Allemagne, Etats-Unis, Fédération de Russie, France, Italie, Japon, République de Corée et Royaume-Uni) et de deux régions (Europe et Union européenne). Dans chacun des cas, on considère divers scénarios pour la période 1995-2050, mettant en relief l’impact des différents niveaux d’immigration sur la taille et le vieillissement de la population.

Selon les principaux résultats de ce rapport :

· Dans les 50 prochaines années, les projections indiquent qu'en raison de la faible fécondité et de l’accroissement de la longévité, les populations de presque tous les pays développés seront moins nombreuses et plus âgées. En revanche, la population des Etats-Unis augmentera de près d’un quart. La variante moyenne des projections des Nations Unies indique que, parmi les pays étudiés, c’est l’Italie qui subira la plus grande perte relative de population, moins 28 pour cent entre 1995 et 2050. La population de l’Union européenne dépassait celle des Etats-Unis de 105 millions en 1995, mais lui sera inférieure de 18 millions en 2050.

En l’absence de migration de remplacement, le déclin de la population est inévitable. La fécondité peut rebondir dans les décennies à venir, mais peu de spécialistes pensent qu’elle pourra remonter suffisamment dans la plupart des pays pour atteindre le niveau de remplacement dans un futur prévisible.

· Tous les pays et régions étudiés dans ce rapport auront besoin d’immigration pour éviter une diminution de leur population. Toutefois le niveau d’immigration nécessaire en fonction de l’expérience passée varie beaucoup. Pour l’Union européenne, une continuation des niveaux d’immigration observés dans les années 1990 suffirait presque à éviter une diminution de la population totale, tandis que pour l’Europe dans son ensemble, il faudrait deux fois le niveau d’immigration observé dans les années 1990. La République de Corée n’aurait besoin que d’un niveau modeste d’immigration, ce qui est toutefois un changement majeur pour un pays qui était jusqu’ici un pays d’émigration. L’Italie et le Japon auraient besoin d’une forte augmentation de leur nombre d’immigrants. Par contre, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis pourraient maintenir leur nombre d’habitants en recevant moins d’immigrants que par le passé.

· Le nombre d’immigrants nécessaires pour éviter un déclin de la population totale est bien supérieur aux chiffres envisagés dans les projections des Nations Unies. La seule exception concerne les Etats-Unis.

· Le nombre d’immigrants nécessaires pour éviter le déclin de la population en âge de travailler est supérieur au nombre d’immigrants nécessaires pour éviter un déclin de la population totale. Dans quelques cas, notamment ceux de la République de Corée, de la France, du Royaume-Uni ou des Etats-Unis, ces chiffres sont de deux à quatre fois plus élevés. Si les flux d’immigration atteignaient ces niveaux, les immigrants d’après 1995 et leurs descendants formeraient une fraction impressionnante de la population totale en 2050 – de 30 à 39 pour cent dans les cas du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie.

· En proportion de la taille de leur population, l’Italie et l’Allemagne auraient besoin du plus grand nombre d’immigrants pour maintenir leur niveau de population active. Chaque année, l’Italie aurait besoin en moyenne de 6.500 immigrants par million d’habitants et l’Allemagne de 6000. Les Etats-Unis auraient besoin du plus petit nombre – 1.300 immigrants annuellement par million d’habitants.

· Les niveaux d’immigration nécessaires pour éviter le vieillissement de la population sont bien supérieurs à ceux qui sont nécessaires pour éviter le déclin de la population. Pour maintenir les rapports de support potentiel à leurs niveaux actuels, il faudrait, dans tous les cas, des volumes d’immigration sans commune mesure avec l’expérience passée et avec ce que l’on peut raisonnablement attendre.

· En l’absence d’immigration, on pourrait maintenir les rapports de support potentiel à leurs niveaux actuels en augmentant la limite supérieure de l’âge actif à 75 ans environ.

Les nouveaux défis posés par le déclin et le vieillissement des populations exigeront le réexamen fondamental d’un bon nombre de politiques et de programmes établis, avec une perspective à long terme. Parmi les questions cruciales qu’il faut examiner, on note: (a) l’âge de la retraite; (b) les niveaux, les types et la nature des prestations de retraite et de soins de santé pour les personnes âgées; (c) la participation à l’activité économique; (d) les montants des contributions des travailleurs et des employeurs pour financer les retraites et soins de santé des retraités; et (d) les politiques et programmes ayant trait aux migrations internationales, en particulier aux migrations de remplacement et à l’intégration de grands nombres d’immigrants récents et de leurs descendants.

On peut accéder à ce rapport sur le site Internet de la Division de la population (). Pour plus d’information, s’adresser au bureau de M. Joseph Chamie, Directeur de la Division de la population, Nations Unies, New York 10017, USA; tel : +1-212- 963-3179, fax +1-212-963-2147.

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