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SG/T/2218
22 février 2000

ACTIVITES DU SECRETAIRE GENERAL AU TIMOR ORIENTAL DES 17 ET 18 FEVRIER

22 février 2000


Communiqué de Presse
SG/T/2218


ACTIVITES DU SECRETAIRE GENERAL AU TIMOR ORIENTAL DES 17 ET 18 FEVRIER

20000222

Le Secrétaire général est arrivé à Dili, en provenance de Jakarta, le 17 février au matin. A l'aéroport, il s'est réuni avec l'Administrateur transitoire au Timor oriental, M. Sergio Vieira de Mello, et le chef indépendantiste, M. Xanana Gusmao, Président du Conseil national de la résistance timoraise (CNRT). Il s'est ensuite entretenu avec M. Gusmao.

En voiture, ils ont traversé Dili où la moitié des immeubles ne sont plus que des ruines calcinées dans lesquelles des travaux de déblaiement ont commencé.

Le Secrétaire général et son équipe se sont ensuite rendus, dans des hélicoptères des Nations Unies, à une quarantaine de kilomètres de Dili, dans la ville de Liquica, base des milices anti-indépendantistes. La région est connue pour les meurtres, les viols et les destructions massives qui ont suivi le referendum. Les habitants attendaient le Secrétaire général à sa descente d'hélicoptère. Un vieil homme s'est approché de lui et l'a étreint en pleurant.

Après avoir visité l'Eglise dans laquelle des centaines de personnes ont été massacrées en avril 1999, le Secrétaire général a déposé une gerbe au monument aux morts. Les survivants, qui assistaient à la cérémonie sont venus, un à un, embrasser le Secrétaire général et sa femme, Nane.

Pour se rendre au terrain de football où l'attendait une foule de 5000 personnes, le Secrétaire général a emprunté une rue qui s'appelle désormais "Avenue du Secrétaire général des Nations Unies".

"C'est parce que je sais que Liquica a été durement touchée par les violences de la milice l'année dernière que j'ai voulu venir ici. Je tenais à vous dire en personne que les Nations Unies sont là pour vous aider à reconstruire. Nous voulons vous aider à guérir de cette période tragique de votre histoire," leur a-t-il dit. "Je suis particulièrement choqué qu'un lieu du culte ait été profané de la sorte."

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S'adressant aux familles encore divisées par les expulsions massives, le Secrétaire général a déclaré, "mon message à ceux qui sont encore en exil est simple: rentrez chez vous. Le Timor oriental est votre pays et nous sommes là pour travailler à vos côtés." Il a conclu en assurant à la population que "notre tâche doit être guidée par vos préoccupations et vos espoirs. Ensemble, nous pourrons surmonter la crise actuelle et mener le Timor oriental vers une ère nouvelle, où celui-ci prendra sa place dans la famille des nations, où les hommes, les femmes et les enfants du Timor oriental pourront vivre dans la dignité et la paix". (Voir le document SG/SM/7304.)

De retour à Dili, le Secrétaire général s'est rendu à l'ancienne Résidence du Gouverneur qui est actuellement le siège de la mission des Nations Unies où il a rencontré les représentants des institutions du système travaillant au Timor oriental. Il a ensuite rencontré en privé le Général Peter Cosgrove, Commandant de la Force internationale INTERFET, ainsi que le Général Jaime de los Santos, le Commandant des opérations des Nations Unies qui s'apprête à assumer la responsabilité de la sécurité.

Après s'être adressé au personnel des Nations Unies, le Secrétaire général a assisté à une réunion spéciale du Conseil national consultatif (NCC), l'organe établi par les Nations Unies pour assurer la participation des Timorais aux prises de décisions concernant le territoire. Il s'est également entretenu avec l'évêque Carlos Filipe Ximenes Belo et l'évêque Basilio Nascimento. Il a ensuite rejoint sa femme, Nane, qui rencontrait un groupe de seize dirigeantes est-timoraises. Dans la soirée de jeudi, le Secrétaire général s'est rendu à une réception donnée par M. Vieira de Mello.

Vendredi matin, le Secrétaire général a parcouru à pied la courte distance qui séparait sa résidence du siège des Nations Unies où l'attendait la foule la plus importante que le personnel des Nations Unies se souvient d'avoir vue ici. Il fut accueilli par les chefs traditionnels, accompagnés de danseurs et de musiciens, et de centaines d'enfants aux pieds-nus. Avant de monter sur le podium, il a parlé aux familles des membres du personnel des Nations Unies qui ont été tués lors des actes de violence l'année passée. Ces dernières l'ont accompagné jusqu'au podium dressé en plein air où il a été présenté par M. Xanana Gusmao.

Le Secrétaire général a d'abord mentionné la présence des enfants des victimes, qualifiant leur présence de symbole des souffrances endurées par tous les Timorais. "Votre autre famille, a-t-il déclaré, la famille des Nations Unies, se joint à votre deuil". "Votre force et votre dignité est une inspiration pour le monde, a-t-il ajouté. Maintenant que la transition vers l'indépendance s'est engagée, "votre long cauchemar touche à sa fin et votre rêve d'un Timor oriental indépendant et en paix est sur le point de devenir une réalité."

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"Timor oriental, êtes-vous prêt?" a-t-il conclu, "C'est maintenant que votre avenir commence." (Voir SG/SM/7307)

Ces dernières paroles ont fait écho à une chanson chantée par un groupe populaire, composé et entendue à l'occasion de la célébration de l'entrée dans le nouveau Millenium.

Le secrétaire général a ensuite regagné le bâtiment des Nations Unies où il a répondu pendant une demi-heure aux questions de la presse. Il a ensuite pris l'avion pour Darwin (Australie) où 2000 réfugiés Est-Timorais avaient été accueillis en septembre dernier, lorsque les milices avaient été prises de folie meurtrière.

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