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SG/SM/6696
11 septembre 1998

LE SECRETAIRE GENERAL REND HOMMAGE AUX NEUF FONCTIONNAIRES DES NATIONS UNIES TUES DANS L'ACCIDENT DU VOL SWISSAIR 111

11 septembre 1998


Communiqué de Presse
SG/SM/6696


LE SECRETAIRE GENERAL REND HOMMAGE AUX NEUF FONCTIONNAIRES DES NATIONS UNIES TUES DANS L'ACCIDENT DU VOL SWISSAIR 111

19980911 Cette tragédie permet de réfléchir sur les travaux de la "Famille des Nations Unies" dans sa lutte pour le bien-être, la paix et la vie

On trouvera ci-après le texte de la déclaration, faite ce jour, par le Secrétaire général, M. Kofi Annan, à l'occasion de la cérémonie à la mémoire des victimes de l'accident survenu au vol Swissair 111 :

Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre hommage à des collègues irremplaçables : Ingrid Acevedo (États-Unis), Ludwig Baumer et Joachim Bilger (Allemagne), Catherine Calvet-Mazy (France), Pierce Gerety, Jonathan Mann et Mary-Lou Clements-Mann (États-Unis), Ahamad Omran (Tchad) et Yves de Roussan (Canada). Observons ensemble une minute de silence à leur mémoire.

Nos pensées vont vers vous, proches et amis des victimes, qui vous trouvez parmi nous aujourd'hui. Nous partageons d'autant plus douloureusement votre affliction que la disparition de ces neuf individus exceptionnels, qui voyageaient sur un vol si connu de bon nombre d'entre nous que nous l'appelons la navette de l'ONU, a profondément ébranlé les membres de leur autre famille : la grande famille des Nations Unies. L'humanité tout entière se ressent à vrai dire de la perte de ces collègues qui ont tant travaillé pour alléger les souffrances de leurs semblables et faire de note monde un monde meilleur.

Pour comprendre à quel point la disparition de nos collègues a choqué, il suffit de lire la presse. USA Today a dit d'eux qu'ils comptaient parmi les meilleurs de nos contemporains. Rendant hommage à l'oeuvre de chacun, le New York Times constatait que la catastrophe nous avait privés d'un seul coup de certains des tenants les plus éminents des idéaux humanitaires.

Le New York Times ajoutait que pour les onusiens qui se trouvaient à bord, le vol 111 était aussi familier et rassurant qu'un train de banlieue; ces hommes et ces femmes intrépides qui ne craignaient pas de parcourir des pays ravagés par la guerre ont trouvé la mort au large d'un paisible village de pêcheurs.

Le drame paraît si cruellement dénué de sens que nous risquerions de céder au désespoir. Mais s'il fallait lui trouver un sens, ce serait certainement celui-ci : la perte que nous venons de subir doit être pour nous, mais pour le reste du monde aussi bien, l'occasion de réfléchir au rôle que nous jouons dans la grande famille des Nations Unies, et aux raisons pour lesquelles nous avons choisi d'en faire partie.

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Nous manquerions de modestie à dire que nous avons pour vocation de sauver l'humanité. Nous pouvons en revanche nous targuer de lutter pied à pied contre la maladie, la pauvreté, l'injustice et la destruction.

Il serait prétentieux de croire que nos actions changent le cours de l'histoire, mais ceux qui se refuseraient à reconnaître l'importance et l'utilité de notre travail commettraient une erreur tout aussi pernicieuse.

Face à la critique à laquelle nous sommes parfois en butte et à ceux qui ne comprennent pas ce que nous faisons, il n'est de meilleure défense que l'action des collègues que nous honorons aujourd'hui; rien mieux que celle-ci ne saurait livrer le sens de notre mission.

Il suffit de penser à la vie de ces neuf - qui comptaient en effet parmi les meilleurs de nos contemporains -, pour comprendre ce qu'est l'ONU et tout le bien qu'elle est capable de faire.

Jamais nous ne pourrons crier victoire dans la lutte pour le bien, pour la paix, pour la vie.

Jamais notre oeuvre ne sera achevée. Voilà cinquante-trois ans qu'a été signée notre Charte, et si nous demeurons invaincus, c'est que nous continuons d'essayer. Et nous devons continuer sans relâche, partout où nous pouvons porter secours ou venir en aide, quels que soient les risques, aussi ingrat que puisse paraître le présent, même si ne restent parfois que la foi et l'espoir pour nous soutenir.

C'est parce qu'ils se comportaient ainsi, précisément, que nos collègues ne seront pas oubliés. C'est à leurs proches et à leurs amis que va tout d'abord notre souci, ici-même ou à l'autre bout du monde. C'est leur chagrin que nous partageons avant tout. Nous prions pour tous les hommes et les femmes qui risquent leur vie chaque jour dans l'exercice de leurs fonctions. Que l'exemple donné par ceux qu'a emportés cet effroyable accident vienne longtemps encore nous inspirer, voilà ce que nous voulons espérer aussi. Priez donc avec moi pour qu'ils sachent, où qu'ils se trouvent maintenant, que ce qu'ils ont fait pour l'ONU n'aura pas été vain, et que jamais nous ne renoncerons à poursuivre ce qu'ils avaient commencé.

Je vous remercie.

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