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AG/531
17 septembre 1996

L'ASSEMBLEE GENERALE OUVRE LES TRAVAUX DE SA CINQUANTE ET UNIEME SESSION ET ELIT M. RAZALI ISMAIL (MALAISIE) A SA PRESIDENCE

17 septembre 1996


Communiqué de Presse
AG/531


L'ASSEMBLEE GENERALE OUVRE LES TRAVAUX DE SA CINQUANTE ET UNIEME SESSION ET ELIT M. RAZALI ISMAIL (MALAISIE) A SA PRESIDENCE

19960917 APRES-MIDI AG/531 Le nouveau Président estime que l'Organisation entame cette session sans célébration mais dans une atmosphère de critiques

Ouvrant cet après-midi les travaux de sa cinquante et unième session ordinaire, l'Assemblée générale a élu par acclamation M. Razali Ismail (Malaisie), à sa présidence (Voir communiqué de presse BIO/3035).

Dans son allocution inaugurale, le Président de l'Assemblée générale, M. Razali Ismail (Malaisie), a estimé que l'Organisation des Nations Unies entame cette cinquante et unième session sans célébration mais dans une atmosphère de critiques concernant son incapacité de répondre, de manière appropriée, aux crises internationales. Rappelant que la présente session est appelée à élire le Secrétaire général de l'Organisation, M. Razali s'est déclaré convaincu que l'Assemblée, en coopération avec le Conseil de sécurité, jouera un rôle constructif et agira, avec sagesse et impartialité, afin de protéger et de renforcer l'intégrité de l'institution des Nations Unies. Le Président a ajouté que cette session connaîtra un événement important qui est la session spéciale de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement.

Evoquant les questions de désarmement, M. Razali a souhaité que l'Assemblée générale tire parti des derniers développements concernant le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Il a également appelé les Etats Membres à s'interroger sur la pertinence des principes de la coopération multilatérale. La question à son avis étant de savoir si les Nations Unies constituent l'institution appropriée en la matière. Pour le Président, les Nations Unies doivent dorénavant être plus attentives à la réalité afin de placer les questions essentielles, en particulier, celles de la pauvreté et de l'injustice sociale au centre du débat national et public. Quant au processus de réforme, a dit M. Razali, il doit d'abord s'assurer d'un consensus politique sur l'avenir des Nations Unies.

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L'Assemblée générale a ensuite procédé à l'élection des présidents de ses six grandes commissions. Les représentants suivants ont été élus par acclamation : M. Alyaksandr Sychou (Bélarus) à la présidence de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale); M. Arjan P. Hamburger (Pays-Bas) à celle de la Deuxième Commission (économique et financière); Mme Patricia Espinosa (Mexique) à la présidence de la Troisième Commission (sociale, humanitaire et culturelle); M. Alounkèo Kittikhoun (République démocratique populaire lao) à celle de la Quatrième Commission (questions politiques spéciales et de la décolonisation); M. Ngoni Francis Sengwe (Zimbabwe) à celle de la Cinquième Commission (administrative et budgétaire); et M. Ramon Escovar-Salom (Venezuela) à la présidence de la Sixième Commission (juridique). (Voir communiqués de presse BIO/3036 à BIO/3041).

L'Assemblée générale a, en outre, élu à sa vice-présidence, les 21 pays suivants dont la candidature a été proposée par leurs groupes régionaux respectifs: Andorre, Angola, Bahamas, Burundi, Chine, Chypre, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Fédération de Russie, France, Ghana, Honduras, Jamahiriya arabe libyenne, Lettonie, Niger, Pakistan, Paraguay, Philippines, Royaume-Uni, Soudan et Turquie.

Enfin, l'Assemblée générale a décidé que la Commission de vérification des pouvoirs sera composée des neufs pays suivants: Chine, Etats-Unis, Gabon, Fédération de Russie, Paraguay, Pays-Bas, Philippines, République dominicaine et Sierra Leone.

En début de séance, l'Assemblée générale avait observé une minute de silence consacrée à la prière ou à la méditation. Ce faisant, l'Assemblée générale célébrait aussi cette année, la Journée internationale de la paix, conformément à sa résolution 36/67 du 30 novembre 1981. La Journée, qui est célébrée chaque année le troisième mardi de septembre, a pour objectif de commémorer et de renforcer les idéaux de paix parmi toutes les nations et tous les peuples.

Egalement en début de réunion, le Président de l'Assemblée générale avait indiqué que le Secrétaire général l'a informé ce jour que les neuf Etats suivants, qui étaient en retard dans le paiement de leur contributions, se sont acquittés de leurs obligations au sens de l'Article 19 de la Charte : Gambie, Guinée équatoriale, Iraq, République centrafricaine, République dominicaine, Sao-Tomé-et-Principe, Somalie, Tchad et Yougoslavie. L'Article 19 dispose qu'un Membre des Nations Unies en retard dans le paiement de sa contribution aux dépenses de l'Organisation ne peut participer au vote à l'Assemblée générale si le montant de ses arriérés est égal ou supérieur à la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées.

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En fin de séance, l'Assemblée générale, au titre de l'adoption de son ordre du jour et de l'organisation de ses travaux, et sur proposition du Président qui avait reçu une demande du Secrétaire général en ce sens, a autorisé expressément les organes subsidiaires ci-après à se réunir pendant la partie principale de sa session ordinaire: le Comité des relations avec le pays hôte, le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, le Groupe de travail chargé d'étudier le financement de l'UNRWA, le Conseil d'administration de l'UNICEF, le Comité spécial des opérations de maintien de la paix et le Comité des conférences.

Le Bureau de l'Assemblée générale se réunira demain, mercredi 18 septembre, à 10 heures.

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Déclaration du Président de la 51ème session de l'Assemblée générale, M. Razali Ismail (Malaisie)

M. RAZALI ISMAIL, Président de la 51ème session de l'Assemblée générale, a fait observer que l'Organisation des Nations Unies entamait cette cinquante et unième session sans célébration mais dans une atmosphère de critiques concernant son incapacité de répondre, de manière appropriée, aux crises internationales. Non seulement l'Organisation est appelée à s'attaquer aux problèmes d'ensemble mais elle est également confrontée à des difficultés d'une plus grande ampleur lorsque son rôle et sa compétence sont examinés à la lumière des événements mondiaux et des tendances naissantes. Comme par le passé, l'Assemblée générale dispose d'un ordre du jour en 163 points qui couvrent un large éventail de questions. Au cours de l'examen de ces points importants, il faut espérer qu'il sera possible de surmonter le syndrome de la routine. Il est évident que les résultats de nos travaux doivent revêtir une certaine importance et faire la différence.

M. Razali a poursuivi en indiquant que la cinquante et unième session de l'Assemblée générale portera également sur l'élection d'un Secrétaire général. Il s'est déclaré convaincu que l'Assemblée en coopération avec le Conseil de sécurité jouera un rôle constructif et, avec sagesse et impartialité, agira de façon à protéger et à renforcer l'intégrité de l'institution des Nations Unies. Il a ajouté que cette session de l'Assemblée générale connaîtra un événement important qui est la session spéciale de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement. Si les Nations Unies ne sont pas en mesure de jouer un rôle le plus déterminant en matière de financement du développement, elles doivent pour le moins en être le catalyseur et l'organe susceptible d'exercer une certaine influence sur la coordination, à l'échelle macro-économique, avec d'autres organes qui disposent de ressources plus importantes bien qu'obéissant à des règles moins démocratiques.

Evoquant les questions de désarmement, M. Razali a souhaité que l'Assemblée générale tire parti des derniers développements concernant le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Le désarmement nucléaire, dans le contexte de ce Traité, comme dans celui sur la non prolifération des armes nucléaires et de l'avis consultatif important rendu par la Cour internationale de Justice sur la légalité des armes nucléaires, sera au centre des activités de l'Assemblée générale. Quant aux questions relatives au développement social, elles revêtent la même importante, a-t-il déclaré. Il en va de même pour la situation au Moyen-Orient, en Bosnie- Herzégovine et dans d'autres parties du monde comme l'Afrique, l'Asie ou l'Amérique latine. A cet égard, il a estimé que l'Afrique et les pays les moins avancés méritent une attention particulière.

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Poursuivant, M. Razali a appelé les Etats Membres à s'interroger sur la pertinence des principes de la coopération multilatérale. La question, a-t-il insisté est de savoir si les Nations Unies constituent l'institution appropriée en la matière car, à son avis, c'est en matière d'amélioration des conditions économiques et sociales des peuples et des nations que l'Organisation doit faire preuve d'une plus grande pugnacité. Compte tenu des pressions économiques croissantes qui tendent à les transformer en simples agents du marché mondial et à réduire leur autonomie, les gouvernements nationaux voient se restreindre leur marge de manoeuvre. Les Nations Unies peuvent jouer un rôle essentiel en procédant au recensement des ressources disponibles et en évaluant les conséquences sociales de l'ordre économique mondial par la promotion d'une politique de coordination entre les institutions de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce.

Les Nations Unies doivent commencer à tenir compte de la réalité et placer les questions essentielles, en particulier, celles de la pauvreté et de l'injustice sociale au centre du débat national et public. Quant au processus de réforme, a dit M. Razali, il doit d'abord s'assurer d'un consensus politique sur l'avenir des Nations Unies. A cet égard, M. Razali a lancé un appel à tous les Etats Membres pour qu'ils saisissent cette occasion d'apporter des changements substantiels. Il a adressé le même appel au Secrétariat des Nations Unies dont, a-t-il précisé, dépend le processus intergouvernemental. Notant que l'Organisation des Nations Unies ne représente pas un gouvernement mondial, le Président de l'Assemblée générale a déclaré que le destin de l'Organisation dépend d'abord et avant tout de la volonté de ses membres d'investir dans une organisation viable ainsi que dans les valeurs universelles sur lesquelles elle repose.

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