CÉLÉBRATION DE LA 2EME JOURNÉE MONDIALE DE LA LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION

DEV/G/2088
17 juin 1996

CÉLÉBRATION DE LA 2EME JOURNÉE MONDIALE DE LA LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION

17 juin 1996


Communiqué de Presse
DEV/G/2088


CÉLÉBRATION DE LA 2EME JOURNÉE MONDIALE DE LA LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION

19960617

Les graves problèmes dus à la désertification appellent une entrée en vigueur urgente de la Convention

Genève, 14 juin -- La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique va célébrer lundi 17 juin, pour la deuxième année consécutive, la Journée mondiale de la lutte contre la désertification. A l'heure actuelle, 31 pays ont déjà ratifié la Convention. Alors que le phénomène de désertification continue à s'exacerber, la dynamique de ratification revêt une importance particulière, afin que l'accord puisse être mis en oeuvre sans tarder.

Plus d'un milliard de personnes sont touchées directement par le fléau de la désertification. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

* 70 pour cent des 5.2 milliards d'hectares de terres arides agricoles sont déjà dégradés.

* Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) estime que la désertification coûte 42 milliards de dollars par an en termes de pertes agricoles et de coûts socio-économiques.

* Les experts estiment que, durant ces deux dernières décennies, les pertes mondiales ont été équivalentes à la totalité des terres arables des États-Unis. Le coût humain est plus élevé encore. Les moyens de subsistance de plus d'un milliard d'individus sont menacés et plus de 135 millions de personnes risquent de perdre leur terres à brève échéance. Par ailleurs, au cours de la récente Conférence Mondiale des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II), il a été généralement admis que la désertification force les populations à émigrer dans les villes déjà surpeuplées.

- - DEV/G/2088 17 juin 1996 (à suivre)* Bien que le continent africain soit le plus gravement touché par ce fléau, la désertification n'est pas un problème auquel sont seuls confrontés les pays en voie de développement.

L'Amérique du Nord, avec une très importante superficie de terres arides,

reste le continent dont la proportion des terres en voie de désertification est la plus élevée au monde. La France, la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, membres de l'Union européenne, sont également touchés, ainsi que de nombreuses régions d'Asie, les plus menacées se trouvant sur le territoire de l'ex-Union soviétique.

D'après la définition adoptée au Sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992, selon laquelle «la désertification est causée par des interactions complexes entre facteurs physiques, biologiques, politiques, sociaux, culturels et économiques», l'origine du processus de désertification est imputable tant aux variations climatiques qu'à l'activité humaine. En voici quelques exemples concrets : la culture excessive, qui épuise les sols; le surpâturage et le déboisement, qui détruisent le couvert végétal et favorisent ainsi l'érosion et le mauvais drainage des systèmes d'irrigation, provoquant la salinisation des sols. Tous ces facteurs militent en faveur d'une urgente mise en oeuvre de la Convention.

La Convention reconnaît dans son préambule l'importance et la nécessité d'une «coopération internationale et d'un partenariat dans la lutte contre la désertification et pour l'atténuation des effets de la sécheresse». A cet égard, et à la différence d'autres traités internationaux relatifs à l'environnement, la Convention sera le premier accord comportant des engagements nationaux précis pour une action concrète, notamment à l'échelon local où la désertification doit être combattue avec la plus grande énergie. Une importance particulière est accordée aux mécanismes requis pour sa mise en oeuvre et pour son suivi. Selon M. Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général des Nations Unies, «la Convention ouvre une voie nouvelle dans le domaine du droit international de l'environnement».

Dans ce contexte, une des priorités du Secrétariat Intérimaire de la Convention, dès que les cinquante ratifications requises auront été obtenues, sera d'organiser la première Conférence des parties (COP), envisagée pour l'automne 1997. Bien que certains programmes d'action soient déjà effectifs en Afrique, la première COP aura pour tâche de relever le défi de combattre la désertification en veillant à la mise en oeuvre de la Convention. On pourra alors juger de l'énorme potentiel véhiculé par l'approche de la Convention, qui mise sur le «partenariat» plutôt que sur l'«assistance».

Malgré la gravité du problème, la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification se fera donc cette année dans un esprit positif. A Genève, elle sera marquée par la projection du film de GuinéeBissau, «Po di Sangui», qui a participé à la compétition officielle du Festival international du film de Cannes 1996. La projection aura lieu le 17 juin 1996 à 12h30 au Cinéma du Palais des Nations (salle XIV, porte XVII), en présence du réalisateur, M. Flora Gomes, venu apporter son soutien à la Conférence. L'autre événement d'envergure se déroulera au Mexique, où la Seconde Conférence régionale pour l'Amérique latine et les Caraïbes se tiendra du 17 au 19 juin 1996.

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Pour de plus amples informations sur ces événements et la Convention, prière de contacter M. O. Huslid (téléphone : 7-8411). La Convention se trouve sur Internet, à l'adresse www.unep.ch/incd.

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