Note biographique

 

 

Coprésident du Sommet du millénaire


SAM NUJOMA

Elu premier président de la Namibie en février 1990, M. Sam Nujoma sert actuellement son troisième mandat. Le président Nujoma a obtenu une reconnaissance internationale pour le rôle qu'il a joué dans l'accession de son pays à l'indépendance.

Né en 1929 dans ce qui s'appelait à l'époque l'Afrique du Sud-Ouest, il a aidé ses parents à garder le bétail et au travail des champs pendant son enfance. Il a ensuite travaillé pour la Compagnie des chemins de fer sud-africains et a fait ses études au Collège transafricain par correspondance, en Afrique du Sud.

A la fin des années 50, le futur président namibien et plusieurs leaders africains ont déposé une pétition auprès des Nations Unies pour demander à ce que l'Afrique du Sud-Ouest passe sous la tutelle de l'Organisation. En 1959, il a aidé à organiser la résistance contre la politique d'apartheid et le déplacement forcé de la population vers le nouveau «township» de Katutura. Cette action a provoqué la mort de 12 innocents non armés et l'arrestation de M. Nujoma, qui a été accusé d'avoir organisé la résistance. Il a pris le chemin de l'exil en mars 1960.

Peu de temps après, M. Nujoma a demandé, par télégramme, à être entendu comme pétitionnaire par la Quatrième Commission (décolonisation) des Nations Unies. Une réponse favorable lui a été envoyée au bureau de poste de Tanganyika, et, en juin 1960, il s'est rendu aux Etats-Unis pour présenter devant la Quatrième Commission une pétition demandant la fin de l'administration coloniale de l'Afrique du Sud en Afrique du Sud-Ouest.

Après la fondation de la SWAPO (Organisation du peuple de l'Afrique du Sud-Ouest) en avril 1960, à Windhoek, M. Nujoma a été élu président du Mouvement in absentia. En mars 1966, suite aux affirmations sud-africaines, devant la Cour internationale de justice, selon lesquelles les Namibiens s'étaient exilés librement et pouvaient tout à fait rentrer dans le pays sans craindre d'être arrêtés, il a affrété un avion pour se rendre à Windhoek, accompagné de Hifikepunye Pohamba, secrétaire général de la SWAPO. Les deux hommes ont été arrêtés et emprisonnés dès leur descente d'avion avant d'être déportés vers la Zambie le lendemain. M. Nujoma a ensuite transporté clandestinement des armes d'Algérie en Zambie, d'où elles étaient ensuite acheminées vers le nord-ouest de la Namibie où la lutte armée avait commencé depuis le 26 août 1966. M. Nujoma a occupé le poste de commandant en chef des forces armées de la SWAPO jusqu'à leur dissolution en 1989.

En 1971, M. Nujoma a été le premier dirigeant d'un mouvement de libération nationale africain à s'adresser au Conseil de sécurité des Nations Unies. De 1977 à 1978, il a présidé les négociations de la SWAPO qui ont abouti à l'adoption de la résolution 435 (1978) du Conseil de sécurité. Neuf ans plus tard, en mars 1989, il a signé l'accord de cessez-le-feu avec l'Afrique du Sud qui a permis la mise en œuvre de la résolution 435.

A son retour d'exil, en septembre 1989, M. Nujoma a été accueilli comme un héros et, le 21 mars 1990, il a prêté serment comme président et commandant en chef des forces de défense de la nouvelle République indépendante de Namibie. Le président Nujoma a été réélu pour un second mandat le 21 mars 1995 et pour un troisième mandat le 21 mars 2000.

Pour avoir su mener son pays à l'indépendance, le président Nujoma a reçu plusieurs récompenses nationales et internationales ainsi que des diplômes honorifiques. Il est marié et père de quatre enfants, trois garçons et une fille.


Publié par le département de l'Information de l'ONU
DPI/2144/B – août 2000