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Sommet
mondial pour le développement durable Département de l'information - Division de l'information et des médias - New York |
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| Johannesburg,
Afrique du Sud 26 août-4 septembre 2002 |
26 août 2002 |
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CONFERENCE DE PRESSE SUR LE THEME DE LA GESTION DE L'EAU DANS LES VILLES AFRICAINES
Mme Anna Kajumulo TIBAIJUKA, Directrice exécutive du programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN-HABITAT) a développé au cours d'une conférence de presse le programme intitulé "Programme de Gestion de l'Eau pour les villes africaines", dont l'idée a été lancée en 1997 et qui consiste à répondre aux besoins de sept villes africaines en matière d'accès à l'eau potable (Johannesburg, Addis-Abéba, Nairobi, Lusaka, Dakar, Akkra et Abidjan). A cet égard, elle a précisé que ce programme entrait dans sa seconde phase et allait être élargi à l'Asie.
M. Ronnie Kasrils, Ministre de l'eau et des forêts de l'Afrique du Sud a donné des précisions sur l'application de ce programme à Johannesburg - une ville qui s'est construite sur des mines d'or, mais pas des mines d'eau - et de l'implication du gouvernement sud-africain en ce domaine. Ce programme entraîne un partenariat entre le gouvernement, les autorités municipales, les compagnies privées compétentes en matière de gestion et de distribution d'eau et bien sur le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN-HABITAT). Il ne suffit pas d'apporter des capitaux, a-t-il précisé, si nous ne sommes pas capables de promouvoir une gestion responsable de l'eau. Car l'eau n'est pas inépuisable et nous nous sommes rendus compte, par exemple à Soweto, que 60% de l'eau était gaspillée et était perdue durant l'acheminement. Il fallait s'assurer d'une gestion durable et intégrée de l'eau pour éviter son gaspillage. Il a cité le cas de Johannesburg comme un exemple, car bien que la ville hôte du Sommet ne possède pas de grande rivières, mais de petits ruisseaux qui sont facilement polluables, ce programme a été une réussite.
M. Yaw Barimah, Ministre des des Travaux et du Logement du Ghana, a déclaré qu'il venait d'un pays où tout le monde pensait toujours que l'eau serait disponible gratuitement et indéfiniment. Mais récemment nous avons dû faire face à des problèmes de dégradation de l'eau et la gestion de l'eau et l'entretien des réservoirs sont devenus plus onéreux. A cet égard, il a précisé que les gens payent cher parce qu'il y a du gaspillage à tous les niveaux de la distribution et non parce que les compagnies qui délivrent l'eau pratiquent des prix excessifs. 50% de l'eau produite par le Ghana est perdue sans qu'aucune explication puisse être formulée. Evoquant les difficultés particulières de son pays, M. Barimah a précisé que son pays n'a pas privatisé son système de gestion de l'eau. Notre système de distribution d'eau, a-t-il précisé, à plus de 70 ans d'âge et nécessite d'être remplacé. Mais compte tenu des faibles ressources du gouvernement, nous avons dû faire un choix et avons privilégié la nécessité de fournir de l'eau à ceux qui n'y avaient pas accès, plutôt que de renouveler le réseau existant. A titre d'illustration, il a cité l'exemple d'une communauté urbaine située à 10 miles d'Accra où, compte tenu des difficultés de distribution, l'eau coûte dix fois plus chère que dans la capitale.
Le Sénateur Tim Wirth, président de la Fondation des Nations Unies, a rappelé que les fonds de départ du Programme de Gestion de l'Eau pour les villes africaines ont été apportés par sa fondation pour répondre à l'urgence de ce problème et des besoins des grandes villes en matière d'accès à l'eau potable. Il s'agit d'une question d'égalité a-t-il précisé, parce qu'il est regrettable que les pauvres payent plus pour l'eau potable que les riches. A cet égard, il a également souligné la nécessité de convaincre les municipalités qui sont amenées à faire des efforts dans ce domaine. Il a dit que l'accès à l'eau est aussi une opportunité de développement pour ces villes. Evoquant le suivi de ce programme, il a déclaré qu'après trois ans, nous sommes capables de mesurer son succès et prendre toutes les dispositions nécessaires pour l'élargir à des villes asiatiques. En conclusion, il s'est félicité des soutiens apportés par des pays comme la Hollande la Suède, la Finlande et l'Allemagne, pour le développement de ce programme tout en précisant que le soutien le plus important est celui qui provient des utilisateurs.
Répondant aux questions des journalistes sur le suivi de ce programme, Mme Tibaijuka a précisé ce programme sera développé sur tout le continent africain mais aussi en Asie, en espérant que nous puissions disposer des Fonds nécessaires pour ce faire. Ce plan de mise en uvre pour les dix prochaines années, a-t-elle ajouté, est guidé par les objectifs de la Déclaration du Millénaire.
Répondant à des questions sur les incidences des interventions de compagnies privées pour la distribution et la gestion de l'eau, Mme Tibaijuka a précisé que les conséquences négatives résultent parfois d'une situation de concurrence entre ces compagnies privées et les autorités municipales dans la gestion et la distribution de l'eau, et du fait que certaines compagnies préfèrent privilégier la gestion en pratiquant des prix au-delà de la normale plutôt que l'investissement en infrastructure. Il s'agit de tenir compte du fait que la population de la plupart de ces villes africaines double tous les 12 ans, croissance démographie à laquelle il est très difficile de répondre en matière de structures de distribution d'eau. A cet effet, elle a précisé que l'investissement privé a permis de moderniser le réseau de distribution. De son côté, M. Ronnie Kasrils, Ministre sud-africain des eaux et des forêts a précisé que le recours au privé était quelque chose de négatif s'il se traduit par une appropriation par le secteur privé du patrimoine de gestion et de distribution de l'eau potable, mais très positif s'il se traduit par une assistance au gouvernement pour lui permettre de gagner en efficacité dans la distribution et la gestion de l'eau potable. Le Sénateur Tim Wirth, de son côté, a évoqué l'incidence en matière de prix du recours au secteur privé. A cet égard, il a précisé que l'eau potable n'est pas inépuisable, que le prix que les gens payent est une façon de protéger et de préserver l'eau. C'est pourquoi, il a souligné la nécessité de s'assurer que ce prix est ce que les utilisateurs peuvent payer, de façon à ce que l'eau potable reste accessible à tous. Dans ce contexte, il a suggéré l'établissement d'un outil de tarification qui permette d'évaluer le prix le plus adéquat suivant les situations et les régions.
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