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Johannesburg, Afrique du Sud
26 août-4 septembre 2002

31 août 2002



IL EST REGRETTABLE QUE LES QUESTIONS DE POPULATION AIENT ETE ELUDEES AU COURS DE L'ELABORATION DU PROGRAMME DU SOMMET, DE L'AVIS DES SCIENTIFIQUES

"Les questions démographiques, et notamment la taille et la répartition de la population jouent un rôle central dans le développement durable", a dit M. Hans van Ginkel, Recteur de l'Université des Nations Unies et Président de l'Association internationale des universités, ce matin lors d'une conférence de presse. Le développement durable n'est pas une fin en soi, c'est un moyen pour améliorer le niveau et les conditions de vie des populations concernées et il est particulièrement regrettable que ces populations soient absentes du Sommet. "Le chemin entre Rio et Johannesburg passe par le Caire", a-t-il encore déclaré, faisant référence à la Conférence sur la population et le développement qui s'est tenue au Caire en 1994.

M. van Ginkel a présenté un rapport sur le rôle de la population dans le développement durable. Ce rapport, préparé par 30 experts mondiaux, reprend les objectifs de développement fixés dans les conférence internationales depuis plus de 40 ans et examine ce qui a été réalisé depuis. Il fait en outre des projections démographiques jusqu'en 2080 et offre des recommandations de politique pour le Sommet. Il est disponible en version intégrale sur www.iiasa.ac.at/gsp/

M. Mahendra Shah, Coordonnateur du Global science panel (Groupe d'experts qui a rédigé le rapport), a fait observer que bien que l'éradication de la pauvreté soit à l'ordre du jour des conférences internationales depuis 30 ans, aucun progrès n'a été enregistré. En 1974, la première Conférence des Nations Unies pour la population avait décidé d'éradiquer la faim en l'espace de 10 ans. 26 ans plus tard, les objectifs du Millénaire prétendent réduire la faim de moitié d'ici à 2015. Il est impératif, selon lui, d'assortir les objectifs de dates-butoirs, d'intégrer les problématiques démographiques et de mettre les personnes et leurs droits au centre des programmes.

Mme Mari Simonen, Directrice de la Division du soutien technique, Fonds des Nations Unies pour la population a indiqué que le FNUAP a sponsorisé le Groupe d'experts car leur travail est dans la lignée des conférences sur la population. Au niveau mondial, il est essentiel d'avoir un Groupe d'experts indépendant qui plaide en faveur de la prise en compte des dimensions démographiques dans les questions de développement. Elle a insisté sur l'importance du rôle et du statut des femmes, ces dernières étant souvent les plus affectées par la réduction des ressources naturelles.

Interrogé sur le concept de "mauvaise gouvernance", M. Shah a insisté sur les liens qui existent entre la bonne gouvernance, le bien-être économique et le bien-être social. Il a fait remarquer que les pays qui ont connu un développement économique rapide avaient par la suite amélioré leurs structures de gouvernance. C'est un piège que de dire que la bonne gouvernance doit précéder la lutte contre la pauvreté. Rappelant que les subventions agricoles s'élèvent à 350 milliards de dollars et qu'elles engendrent une distorsion des prix des intrants agricole dans tous les pays du monde, il a questionné le bien-fondé du concept de bonne gouvernance.

Mme Simonen a indiqué que pour elle, la bonne gouvernance exige que l'on implique, sur le terrain, la société civile, les femmes et les ONG locales dans les projets de développement.

 


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