Les réfugiés

Un sauveteur bénévole aide une petite fille Afghane à sortir de l’eau. Le bateau qui reliait Lesbos depuis la Turquie à travers la mer Egée, rempli de réfugiés Afghans, s’est écrasé contre des rochers au large des côtes, fin 2015.

Le monde connaît des mouvements de populations sans précédent : 70, 8 millions de personnes à travers le monde ont été chassées de leur foyer à la fin 2018. Parmi celles-ci, environ 30 millions sont des réfugiés et près de la moitié sont âgés de moins de 18 ans. On compte également des millions d’apatrides, c’est-à-dire des personnes qui sont privées de nationalité et d’accès à des droits élémentaires, tels que l’éducation, les soins de santé, l’emploi et la liberté de circulation.

Une agence pour aider les réfugiés

Depuis toujours l’asile dans les pays étrangers a été accordé à ceux qui fuient les persécutions et les conflits. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) est l’agence des Nations Unies qui vient en aide aux réfugiés. Elle a vu le jour au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale pour aider celles et ceux déplacés par le conflit.

Le HCR a été créé le 14 décembre 1950 par l’Assemblée générale des Nations Unies avec un mandat unique de trois ans. Le 28 juillet de l’année suivante, le cadre juridique pour aider les réfugiés et le statut pour guider le travail du HCR étaient adoptés : il s’agit de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés. Plus de 65 ans après sa création, le HCR continue de venir en aide aux personnes déracinées.

Dans les années 1960, la décolonisation de l’Afrique a engendré la première des nombreuses crises de réfugiés de ce continent et cela a nécessité l’intervention du Haut-Commissariat. Au cours des vingt années suivantes, le HCR a dû intervenir dans des situations de déplacement en Asie et en Amérique latine. À la fin du siècle, de nouveaux problèmes ont émergé en Afrique, ainsi que de nouveaux déplacements de réfugiés provoqués par les guerres dans les Balkans.

Dans un monde où près d'une personne est déplacée de force toutes les deux secondes à la suite d'un conflit ou d'une persécution, le travail du HCR est plus essentiel que jamais.

Le HCR sur le terrain

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés est basée à Genève mais 87 pour cent de ses employés travaillent sur le terrain. Au 31 décembre 2016, le HCR comptait plus de 10 800 membres du personnel, qui travaillent dans 128 pays. Ceux-ci apportent une assistance et une protection aux personnes déracinées à travers le monde. La majorité des employés du HCR sont basées en Asie et en Afrique, soit les deux continents qui comprennent le plus grand nombre de réfugiés et de déplacés internes. De nombreux employés travaillent dans des zones isolées et dans des conditions souvent dangereuses. Les plus grandes opérations du HCR se trouvent en Afghanistan, en Colombie, en République démocratique du Congo, au Mali, au Pakistan, en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Iraq.

UNRWA

En 1949, l’Assemblée générale des Nations Unies a chargé l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient (UNRWA) de fournir des services aux réfugiés de Palestine au Moyen-Orient enregistrés. En 1950, lorsque l’Office a commencé ses activités, il devait prendre en charge quelque 750 000 réfugiés. Les services, qu’il assure directement, ont trait à l’enseignement primaire et secondaire, aux soins de santé, aux secours et aux services sociaux, à l’infrastructure et à l’amélioration des camps, au microfinancement et à l’aide d’urgence et répondent aux besoins des réfugiés de Palestine, qui sont aujourd’hui 5,4 millions dans les cinq zones d’opérations relevant du mandat de l’Office : la bande de Gaza, la Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est), la Jordanie, le Liban et la Syrie.

La Banque mondiale a qualifié le système éducatif de l’UNRWA, dont bénéficient 530 000 filles et garçons, de « bien public mondial ». L’UNRWA est un organisme des Nations Unies à la fois efficace et bien administré. Il a mené des réformes de grande envergure et dégagé des économies considérables, d’un montant de 300 millions de dollars environ depuis 2015.

Mandat de l’UNRWA

La définition d’un réfugié au sens de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et celle d’un réfugié de Palestine telle qu’elle est donnée par l’Assemblée générale des Nations Unies sont complémentaires.

Aux termes du mandat de l’UNRWA, par réfugiés de Palestine on entend les personnes qui résidaient de façon normale en Palestine entre le 1er juin 1946 et le 15 mai 1948 et qui ont perdu à la fois leur habitation et leurs moyens de subsistance à la suite du conflit de 1948. Les réfugiés de Palestine et leurs descendants peuvent s’enregistrer auprès de l’UNRWA pour bénéficier des services que celui-ci fournit dans ses zones d’opérations.

L’UNRWA n’a pas modifié et ne peut modifier son mandat. Cette prérogative appartient aux États Membres de l’Organisation des Nations Unies, qui, par l’intermédiaire de l’Assemblée générale, l’ont chargé de fournir aide et protection aux réfugiés de Palestine jusqu’à ce que soit trouvée une solution politique juste et durable pour améliorer leur sort.

Trouver des solutions politiques n’est pas facile, de sorte que plusieurs situations de réfugiés perdurent à travers le monde, le statut de réfugié se transmettant d’une génération à l’autre. Faute d’un règlement juste de la question des réfugiés de Palestine, l’Assemblée générale continue de juger nécessaire l’action de l’UNRWA. La disparition de l’UNRWA ne ferait pas disparaître le problème des réfugiés de Palestine.

Les descendants de réfugiés ont aussi le statut de réfugiés

En vertu du droit international et du principe de l’unité familiale, les enfants de réfugiés et leurs descendants sont eux aussi considérés comme des réfugiés jusqu’à ce qu’une solution durable soit trouvée. Ainsi, l’UNRWA et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés reconnaissent les descendants de réfugiés comme des réfugiés et cette pratique est largement acceptée par la communauté internationale, notamment par les donateurs et les pays d’accueil. 

La situation des réfugiés de Palestine n’est pas différente des autres situations de réfugiés de longue date, originaires par exemple d’Afghanistan ou de Somalie, où plusieurs générations de réfugiés coexistent, toujours considérés et aidés comme tels par le Haut-Commissariat. Les situations de réfugiés prolongées résultent de l’impuissance à trouver des solutions aux crises politiques qui les ont provoquées.

L’appui aux camps de réfugiés

Les forces du maintien de la paix de l'ONU sont souvent celles qui protègent les camps dans lesquels vivent les réfugiés. Les Nations Unies, à travers leur mécanisme d’action humanitaire, fournissent l’accès aux besoins de première nécessité tels que nourriture, eau et soins de santé. Le Comité permanent interorganisations (IASC), à travers son « approche groupée » rassemble les principales agences humanitaires, au sein du Système des Nations Unies et en dehors, afin de coordonner l’action.

Le HCR est le chef de file en matière de protection des réfugiés et des déplacés internes.  Avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), elle dirige la coordination et la gestion des camps. Elle partage la gestion de l’hébergement d’urgence avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le HCR s’est vu attribuer le Prix Nobel de la Paix à deux reprises, en 1954 et en 1981.

Changements climatiques, catastrophes naturelles et déplacements

Outre les persécutions et les conflits, les catastrophes naturelles (parfois provoquées en raison des changements climatiques) peuvent contraindre les populations à chercher refuge dans d’autres pays. Ces évènements – inondations, tremblements de terre, ouragans, glissements de terrain – sont de plus en plus fréquents et intenses. Ils provoquent des déplacements internes mais poussent également les populations à franchir les frontières. Pourtant, aucun des instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits des réfugiés ne répond spécifiquement à la détresse de ces populations déplacées.

Les déplacements engendrés par les manifestations lentes occasionnés par les changements climatiques ont lieu, le plus souvent, à l’intérieur des pays. Néanmoins, les effets des changements climatiques, à travers la sècheresse, la désertification, la salinisation des sols et de l’eau et l’augmentation du niveau de la mer, peuvent aussi contribuer aux déplacements de populations au-delà de leurs frontières. 

Des catastrophes causées par l’homme, comme des événements socio-économiques par exemple, incitent également les populations à franchir les frontières. Alors que certains cherchent à fuir les persécutions, nombreux sont ceux qui partent par manque de raisons valables de rester. Le manque de nourriture, d’eau, d’éducation, de soins de santé et de moyens de subsistance ne justifient pas en soi une demande d’asile au regard de la Convention de 1951 mais certaines personnes privées de ces biens élémentaires ont néanmoins besoin d’une forme de protection.   

L’ensemble de ces facteurs — conflits, catastrophes naturelles, et changements climatiques — représentent des défis majeurs pour la communauté humanitaire internationale. 

Évènements et campagnes

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée chaque année le 20 juin.

Le 19 septembre 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies a tenu une Réunion plénière de haut niveau sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés et de migrants pour aborder la question de façon plus humaine et coordonnée. 

En 2016, l’ONU a lancé la campagne ENSEMBLE, une initiative mondiale qui favorise le respect, la sécurité et la dignité pour toute personne forcée par les circonstances à fuir son domicile à la recherche d’une vie meilleure.

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