L'Afrique

Photo ONU/Albert Gonzalez Farran.
Une femme pousse un tonneau d’eau à El Fasher, au Darfour.

Grâce à ses capacités uniques en termes de coopération internationale, le système des Nations Unies joue un rôle primordial en matière de coordination de l’aide de différents types – et aide l’Afrique à s’aider elle-même. L’action de l’ONU sur le terrain va de la promotion des institutions démocratiques à la protection et à la promotion des droits de l’homme, en passant par l’établissement d’une paix durable ou l’appui au développement économique et social.

Dans ce contexte, les Nations Unies travaillent en étroite collaboration avec les mécanismes de coopération régionaux africains. Sept opérations de maintien de la paix de l’ONU sont aujourd’hui présentes sur le continent. Des Casques bleus sont déployés en République centrafricaine, en République démocratique du Congo (RDC), au Mali, au Soudan du Sud, au Darfour (avec l’Union africaine), à Abiyé au Soudan et au Sahara occidental. 

Pour renforcer l’appui international au développement et à la sécurité en Afrique, le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique a été créé en 2003 et aide à faire en sorte que le soutien du système des Nations Unies au continent soit cohérent et coordonné. Il facilite également les discussions intergouvernementales sur l’Afrique à l’échelle mondiale, notamment avec l'Agence de développement de l'Union africaine. En 2018, l’Union africaine a approuvé la transformation du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en Agence de développement de l’Union africaine (AUDA).

La Journée mondiale de l’Afrique célèbre chaque année l’anniversaire de la fondation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le 25 mai 1963, à Addis-Abeba en Éthiopie. Malgré le démantèlement de l’Organisation de l’unité africaine et la création de l’Union africaine à sa suite, en 2002, le nom et la date ont été conservés pour célébrer l’unité de l’Afrique. Chaque année, cette Journée est l’occasion de célébrer les avancées du continent et de mettre en avant les défis qu’il lui reste à relever.

Les défis pour l’Afrique

Les changements climatiques 

Les changements climatiques représentent une menace importante au développement économique, social et durable de l’Afrique. Des faits prouvent que le réchauffement de l’Afrique s’est accentué de manière significative depuis 50 à 100 ans, avec des conséquences sur la santé, le bétail, l’insécurité alimentaire et pour les populations. Plus vulnérable que toute autre région du monde aux changements climatiques, l'Afrique risque d'être durement touchée par la hausse des températures, la réduction des réserves en eau, ainsi que la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes, ont un impact sur l’agriculture et contribuent à la désertification.    

Ebola

Le 23 mars 2014, le bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Afrique a informé la communauté internationale d’une flambée de la maladie à virus Ebola en Guinée. Le nombre de cas s’est rapidement propagé à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. L’épidémie est l’une des plus complexes et fulgurantes depuis la découverte de la maladie à virus en 1976. La flambée Ebola en Afrique de l’Ouest a eu un effet catastrophique sur la vie des gens. Elle a dévasté des communautés et laissé de nombreux orphelins dans les zones touchées et plus de 11 000 personnes sont décédées. La maladie a aussi eu des conséquences considérables sur l’économie et de nombreux commerces ont dû fermer leurs portes. Elle a aussi eu des conséquences sur les conditions de vie des plus pauvres et des personnes les plus vulnérables dans cette partie du monde. Face à l’ampleur de l’épidémie, la communauté internationale a décidé, le 19 septembre 2014, de créer la Mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (MINUAUCE). La mission a fermé le 31 juillet 2015, après avoir atteint son principal objectif qui était d’intensifier la riposte sur le terrain.

La flambée qui a sévit en 2014-2016 en Afrique de l’Ouest fut la plus importante depuis la découverte du virus en 1976.La flambée qui sévit actuellement (2018-2019) dans l'est de la République démocratique du Congo est très complexe et l'insécurité a des conséquences délétères sur les interventions de santé publique. Informations sur la maladie à virus Ebola et les flambées en cours sur le site de l'Organisation mondiale de la Santé.    

Corruption

La corruption reste le principal obstacle au renforcement de la bonne gouvernance, au développement et à la croissance économique durable, ainsi qu’à la paix et à la sécurité en Afrique. La corruption est un phénomène mondial mais elle a des conséquences plus importantes dans les pays pauvres ou en développement, là où les ressources de développement sont aux mains d’un petit nombre d’acteurs privés car cela y exacerbe la pauvreté. Dans de nombreuses enquêtes sur la perception de la corruption, l’Afrique est citée parmi les têtes de liste de l’indice. Lutter contre la corruption en adoptant une approche stratégique et structurée est d’une importance capitale et une priorité de développement pour le continent. 

Maintien de la paix

Faire face aux défis que pose la persistance des conflits et des désaccords sur le continent africain est l’une des priorités des Nations Unies. En 1960, la première opération de maintien de la paix en Afrique a été établie en République du Congo pour assurer le retrait des forces belges, aider le gouvernement à rétablir l’ordre public et fournir une assistance technique. 

Depuis, des milliers de soldats de la paix ont été déployés dans une trentaine d’opérations en Afrique, notamment en Angola, au Mozambique, en Somalie, au Sierra Leone, en Éthiopie, en Érythrée, au Burundi, en République démocratique du Congo, au Soudan. L’opération la plus récente a été établie en 2004 en République centrafricaine.   

Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été créé par le Conseil de sécurité « pour juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et sur les territoires d’États voisins entre le 1er janvier 1994 et 31 décembre 1994 ». Depuis son ouverture en 1995, le Tribunal a mis en accusation 93 personnes : de simples individus aux responsables militaires, en passant par des représentants du gouvernement, des responsables politique ou des hommes d’affaires, ainsi que des représentants religieux, des médias ou des membres des milices.

De concert avec les autres cours et tribunaux internationaux, le TPIR a joué un rôle de pionnier dans la mise en place d’un système international de justice pénale crédible par le développement d’un important corpus jurisprudentiel sur le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre ainsi que sur les formes de responsabilité individuelle et de responsabilité du supérieur hiérarchique.

Le TPIR est ainsi le premier tribunal international à avoir prononcé un jugement relatif génocide et le premier à avoir interprété la définition du génocide énoncée dans les Conventions de Genève de 1948.  Il est également le premier tribunal international à avoir défini le viol en droit pénal international et à reconnaître le viol comme un moyen de perpétrer un génocide.

Une autre décision historique a été rendue dans « l’affaire des médias » où le TPIR a été le premier tribunal international à déclarer coupables les membres de médias pour avoir diffusé des programmes destinés à inciter le public à commettre des actes de génocide.

Le 20 décembre 2012, le TPIR a rendu son dernier jugement. Aujourd'hui, le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux est chargé d’exercer un certain nombre de fonctions essentielles qu’assumaient auparavant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et le Tribunal pénal international pour l’ex‑Yougoslavie (TPIY), notamment la poursuite des fugitifs, la protection des témoins, le contrôle de l’exécution des peines infligées aux personnes condamnés et l’accès aux archives.

Réalisations

Décolonisation

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945, presque tous les pays d’Afrique vivaient sous régime ou administration coloniale. Après la création de l’Organisation des Nations Unies en 1945, des progrès remarquables ont été accomplis en matière de décolonisation sur l’ensemble du continent. En 2011, le Soudan du Sud a été le plus jeune pays à accéder à l’indépendance à la suite d’un référendum. 

Croissance économique

Parmi les régions en développement, les perspectives de croissance en Afrique demeurent positives (+ 3,4 % en 2017).  Par conséquent, on assiste à l’émergence progressive d’une classe moyenne africaine. 

Autonomisation des femmes

L’Afrique a le taux d’activité régional des femmes entrepreneurs le plus élevé au monde. Une femme sur quatre crée ou gère une entreprise sur le continent. Deux pays d'Afrique subsaharienne, le Rwanda et la Namibie, figurent parmi les dix pays les plus égalitaires, selon le Rapport sur l'égalité des sexes du Forum économique mondial 2018.

S’agissant des femmes dans les hémicycles, les parlements africains ont enregistré une progression relativement modeste en 2018, souligne l’Union interparlementaire. La moyenne régionale des femmes parlementaires s’établit à 23,7 %.

Dans onze pays, elles occupent un tiers des sièges. Le Rwanda est, depuis 2003, en tête des pays du monde pour la représentation des femmes au parlement. En 2018, le pourcentage des femmes parlementaires s’élevait à 61,3 %.

Agenda 2063

En janvier 2015, les Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine ont adopté l’Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons. La vision et les idées qu’il contient sont les piliers stratégiques pour l’avenir du continent. Ils seront traduits en objectifs, en cibles, ainsi qu’en mesures et actions. 

L’Agenda 2063 doit permettre de consolider les progrès en cours et de concentrer les efforts et les engagements dans le contexte d’un monde en rapide mutation. 

En savoir plus : 

Section: 
Drupal template developed by DGC Web Services Section and Digital Soutions and Support Unit