Liban - FINUL - Historique
  Force intérimaire des Nations Unies au Liban
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Historique

Au début des années 1970, la tension le long de la frontière israélo-libanaise s'est accentuée, en particulier après le repositionnement d'éléments armés Palestiniens de Jordanie au Liban. Les opérations-commando palestiennes contre Israël et les représailles israéliennes contre des bases palestiniennes au Liban se sont intensifiées.

Le 11 mars 1978, une attaque-commando en Israël a fait de nombreux morts et blessés parmi la population israélienne. L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a revendiqué cet attentat. En riposte, les forces israéliennes ont envahi le Liban dans la nuit du 14 au 15 mars et, en l'espace de quelques jours, ont entièrement occupé la partie sud du pays à l'exception de la ville de Tyr et de ses environs.

Le 15 mars 1978, le Gouvernement libanais a adressé une ferme protestation au Conseil de sécurité contre l'invasion israélienne affirmant qu'il n'avait aucun lien avec l'opération commando palestinienne. Le 19 mars, le Conseil de sécurité a adopté les résolutions, 425 (1978) et 426 (1978), dans lesquelles il demande à Israël de cesser immédiatement son action militaire et de retirer ses forces de tout le territoire libanais. Le Conseil a également décidé la constitution immédiate de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Les premières troupes de la FINUL sont arrivées dans la région le 23 mars 1978.

La résolution 425 (1978) établissait deux dispositions. La première: le Conseil de sécurité demandait que soient strictement respectées l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance politique du Liban à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues. La seconde: le Conseil demandait à Israël de cesser immédiatement son action militaire contre l'intégrité territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces de tout le territoire libanais.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité avait décidé, compte tenu de la demande du Gouvernement libanais, d'établir immédiatement sous son autorité une force intérimaire des Nations Unies pour le Sud-Liban. Cette force intérimaire a été créée aux trois fins suivantes:

a) confirmer le retrait des forces israéliennes;
b) rétablir la paix et la sécurité internationales;
c) aider le Gouvernement libanais à assurer la restauration de son autorité effective dans la région.

Dans sa résolution 426 (1978), le Conseil de sécurité a approuvé le rapport du Secrétaire général sur l'application de la résolution 425 (1978). Ce rapport contenait, entre autres, les régles d'engagement pour les opérations de la FINUL.

En juin 1982, à la suite d'intenses échanges de tirs dans le sud du Liban et de part et d'autre de la frontière israélo-libanaise, Israël a de nouveau envahi le Liban, atteignant et encerclant Beyrouth. Durant trois années, la FINUL est restée positionnée derrière les lignes israéliennes, avec un mandat se limitant à fournir, dans la mesure du possible, une protection et une assistance humanitaires à la population locale. En 1985, Israël a effectué un retrait partiel mais a conservé le contrôle d'une région du Sud-Liban où étaient stationnées les Forces de défense israéliennes (FDI) et les Forces libanaises de facto (FDF), aussi connues sous le nom d'"Armée du Liban du Sud"(ALS). Les hostilités ont continué entre, d'un côté, les forces israéliennes et des éléments armés et, de l'autre, les groupes libanais ayant proclamé leur résistance contre l'occupation israélienne.

Pendant des années, le Conseil de sécurité a maintenu son engagement à assurer l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance du Liban alors que le Secrétaire général poursuivait ses efforts en vue de convaincre Israël de se retirer de la zone occupée. Israël a continué d'affirmer que la zone constituait un arrangement temporaire motivé par des questions de sécurité.

Bien que la FINUL n'ait pas été en mesure de remplir son mandat, la Force a tout mis en oeuvre afin de limiter le conflit, de contribuer à la stabilité de la région et de protéger la population locale des pires effets de la violence. Malgré l'impasse, le Conseil de sécurité a continué de proroger le mandat de la FINUL à la demande du Gouvernement du Liban et sur recommandation du Secrétaire général.

Un événement tragique s’est produit dans la zone de déploiement de la FINUL en avril 1996, au cours duquel plus de 120 civils libanais ont trouvé la mort et plus de 500 personnes ont été blessées par les feux israéliens. La plupart de ces pertes ont eu lieu le 18 avril, lors du bombardement du quartier général du bataillon fidjien de la FINUL à Qana. Quatre soldats des Nations Unies ont été blessés et les dégâts matériels ont été considérables. Cet incident fut l’objet d’une enquête par le Conseiller militaire du Secrétaire général, dont le rapport fut présenté au Conseil de sécurité le 7 mai 1996.

Retrait israélien

Le 17 avril 2000, le Secrétaire général a reçu une notification formelle du Gouvernement d'Israël de son intention de retirer ses forces du Sud-Liban en juillet 2000 conformément aux résolutions 425 (1978) et 426 (1978) du Conseil de Sécurité. Il a également été informé du fait que, par cette décision, le Gouvernement israélien entendait "coopérer pleinement avec les Nations Unies". Le même jour, le Secrétaire général a informé a informé le Conseil de Sécurité qu'il avait entamé les préparatifs en vue de permettre à l'ONU de s'acquitter de ses responsabilités en vertu de ces résolutions. Le 20 avril, le Conseil a a enregistré la décision du Secrétaire général de mettre en train les préparatifs nécessaires.;

Pour commencer, le Secrétaire général a dépêché son Envoyé Spécial, M.Terje Roed-Larsen (Norvège), accompagné du Commandant de la FINUL et d'une équipe d'experts pour qu'ils rencontrent les autorités israéliennes et les autorités libanaises ainsi que celles des Etats Membres concernés de la région, à savoir l'Egypte, la Jordanie et la République arabe syrienne. La délégation a également rencontré l'OLP et la Ligue des Etats arabes. Au cours de cette mission, des experts militaires, des juristes et des cartographes ont examiné les questions techniques à résoudre pour appliquer la résolution 425 (1978). Parallèlement à cette mission, qui a eu lieu entre le 26 avril et le 9 mai 2000, le Secrétaire général a consulté les Etats Membres intéressés, y compris ceux qui fournissent des contingents à la FINUL.

Dès le 16 mai, c'est-à-dire beaucoup plus tôt que prévu, les FDI/FDF ont commencé à évacuer leurs positions sous des échanges de tirs. A compter du 21 mai, un grand nombre de Libanais, accompagnés par des éléments armés, sont entrés dans des villages dans la zone contrôlée par les Israéliens et les FDI/FDF ont abandonné leurs positions avec précipitation. Dans le même temps, un grand nombre de forces de facto et leurs familles se sont repliées en Israël. Certaines d'entre elles se sont rendues aux autorités libanaises. En quelque jours, ces forces se sont complètement éparpillées. Le 25 mai, le Gouvernement israélien a informé le Secrétaire général qu'Israël avait redéployé ses forces conformément aux résolutions 425 (1978) et 426 (1978).

Les dispositions et moyens relatifs à l'application de ces résolutions à la lumière des nouvelles circonstances sont exposés dans le rapport du Secrétaire général daté du 22 mai et approuvé ; le Conseil de sécurité le 23 mai.

Confirmation du retrait

Du 24 mai au 7 juin, l'Envoyé spécial s'est rendu en Israël, au Liban, en République arabe syrienne pour évaluer la suite donnée au rapport du Secrétaire général du 22 mai 2000. Le Cartographe de l'ONU et son équipe ont, avec l'aide de la FINUL, identifié sur le terrain une ligne permettant de confirmer le retrait israélien. Bien que cette ligne ne constituait pas une frontière officielle, elle devait néanmoins être conforme aux frontières internationalement reconnues du Liban d'après les meilleurs documents cartographiques et autres disponibles.

Ce travail a pris fin le 7 juin. Le commandant de la FINUL a officiellement adressé
la carte indiquant le tracé de la ligne de retrait à ses homologues israéliens et libanais. En dépit de leurs réserves au sujet de la ligne de retrait, les Gouvernements israélien et libanais ont tous deux confirmé que son tracé relevait de la seule responsabilité de l'ONU et qu'ils la respecteraient. Le 8 juin, les équipes de la FINUL ont commencé à s'assurer que les troupes israéliennes s'étaient effectivement retirées derrière cette ligne.

Le 16 juin, le Secrétaire général a fait savoir au Conseil de sécurité qu'Israël avait retiré ses forces du Liban conformément à la résolution 425(1978) et avaient respecté les conditions définies dans son rapport du 22 mai 2000, en particulier qu'Israël avait achevé son retrait en conformité avec la ligne définie par les Nations Unies, les FDI/FDF avaient été démantelées et tous les détenus de la prison d'Al-Khiam avaient été libérés.

Le Secrétaire général a souligné que le Gouvernement libanais avait agi sans délai afin de rétablir son autorité effective dans la région en déployant ses forces de sécurité et qu'il avait informé l'ONU qu'il dépêcherait une force composée de militaires et de personnel de sécurité intérieure qui serait basée a Marjayoun. Le Gouvernement libanais a également déclaré qu'il envisagerait de déployer des forces armées dans tout le Sud- Liban après que le Secrétaire général ait confirmé le retrait israélien.

Le Secrétaire général a noté que le déploiement des forces armées constituait un élément essentiel pour le retour de l'autorité effective du Gouvernement dans la région. Ce déploiement devait être mené en coordination avec le redéploiement de l'UNIFIL dans sa zone d'opération.

Le 18 juin, le Conseil de sécurité a accueilli avec satisfaction le rapport du Secrétaire général et a approuvé le travail effectué par l'ONU. Le Conseil a, entre autres, appelé les parties intéressées à coopérer pleinement avec les Nations Unies et à faire preuve de la plus grande retenue. Il a également noté que l'ONU ne pouvait assumer les fonctions liées à l'ordre public, qui sont proprement de la responsabilité du Gouvernement libanais. Le Conseil a également salué les premières mesures prises par ce dernier et lui a demandé de déployer les forces armées libanaises dès que possible, avec le concours de la FINUL, dans le territoire libanais évacué par Israël.

Violations de la Ligne de retrait

Après avoir vérifié le retrait israélien, la FINUL a constaté un certain nombre de violations, à savoir que la barrière technique israélienne et des chemins de patrouille des Forces de défense israéliennes franchissaient la ligne de retrait en plusieurs endroits, empêchant le deploiement de la FINUL et des troupes libanaises dans les régions évacuées. Le Conseil de sécurité a été tenu informé de ces violations. De son côté, le Gouvernement libanais a déclaré qu'il n'accepterait le déploiement de la FINUL dans les zones desquelles les Forces de Défense israéliennes s'étaient retirées qu'une fois que des mesures auraient été prises pour mettre fin aux violations de la ligne de retrait par Israël.

Du 17 au 23 juin 2000, le Secrétaire général s'est rendu au Moyen-Orient où il a rencontré plusieurs dirigeants dont les représentants du gouvernement israélien et du gouvernement libanais. Le principal sujet de discussion a porté sur l'application de la résolution 425 (1978) du Conseil de sécurité. L'Envoyé spécial a continué les discussions lors de ses entretiens avec les autorités israéliennes et libanaises, du 6 au 14 juillet. .

Le Gouvernement israélien s'est engagé à mettre fin à toutes les violations israéliennes de la ligne de retrait à la fin juillet 2000.

Nouveaux Développements

La situation dans la zone d'opération de la FINUL est restée généralement calme. L'armée, la gendarmerie et la police libanaises ont établi dans la région des postes de contrôle afin de réguler les mouvements et de maintenir la loi et l'ordre. L'armée libanaise a récupéré les armes lourdes abandonnées par les Forces de défense israéliennes et les forces de facto. La FINUL a patrouillé dans la zone et a fourni, avec les autorités libanaises, une aide humanitaire (eau, soins médicaux et nourriture) aux familles nécessiteuses. La FINUL est également venue en aide aux anciens membres des forces de facto et à leurs familles qui avaient décidé de quitter Israël et de revenir au Liban.

La FINUL a organisé quotidiennement des patrouilles terrestres et aériennes le long de la ligne de retrait. Elle a examiné les éventuelles violations, des deux côtés de cette ligne, étant donné que de nombreuses régions n'étaient accessibles qu'à partir du côté israélien en raison de la présence de mines et de munitions non explosées du côté libanais. La FINUL a disposé d'une liaison permanente avec le chef des opérations des Forces de défense israéliennes et le Directeur de la sécurité générale libanaise, ainsi qu'avec la chaîne normale de commandement de chaque côté. Toute violation de la ligne de retrait a été immédiatement portée à l'attention de la partie concernée..

Dans son rapport au Conseil de sécurité daté du 20 juillet 2000, le Secrétaire général a souligné que le Sud-Liban avait connu de grands bouleversements. Les forces israéliennes se sont retirées, leurs auxiliaires libanais locaux ont été dispersés et, après plus de 20 ans, les armes se sont tues. Il a cependant mis en garde que malgré les progrès considérables qui ont été réalisés, la paix est loin de régner dans le secteur Israël-Liban et que les risques de graves incidents demeuraient. Il a ajouté qu'il fallait que les deux parties restent en contact étroit avec la FINUL et interviennent rapidement lorsqu'une violation ou un incident serait porté à leur attention.

Dans une lettre adressée au Secrétaire général le 11 juillet 2000, le Représentant permanent du Liban a transmis le souhait de son gouvernement que le Conseil de sécurité proroge le mandat de la FINUL pour une nouvelle période intérimaire de six mois, c'est-à-dire jusqu'au 31 janvier 2001. Dans son rapport du 20 juillet, le Secrétaire général a recommandé que le Conseil de sécurité accède à cette demande étant entendu que la Force serait dotée des moyens nécessaires pour se déployer dans toute sa zone d'opérations et y soit pleinement fonctionnelle et que les autorités libanaises renforceraient leur propre présence dans la zone, en déployant des contingents supplémentaires et des forces de sécurité internes. Le redéploiement de la FINUL devait être mené en étroite coordination avec les forces libanaises qui seraient déployées dans la même zone.

Le Secrétaire général a estimé qu'il y avait de bonnes chances pour que soient réalisés dans les mois suivants les objectifs énoncés dans la résolution 425 (1978) du Conseil de sécurité et pour que la FINUL achève les tâches qui lui avaient été initialement confiées. Il a fait part de son intention de faire rapport sur l'évolution de la situation au Conseil de sécurité à la fin du mois d'octobre.

Le Secrétaire général a également appelé à une augmentation de l'aide internationale au Liban, notant que le rattachement d'une zone qui a été coupée du reste du pays pendant de nombreuses années représentait un lourd fardeau pour le Liban et que l'élimination des mines et munitions non explosées constituerait une tâche considérable qui demanderait une assistance internationale. "J'encourage les Etats Membres à coopérer avec le Gouvernement libanais et avec les organismes et programmes des Nations Unies pour appuyer la reconstruction et le développement de la région, non seulement pour le bien de la région elle-même mais aussi pour contribuer à la stabilité dans cette partie du monde encore potentiellement instable".

Le 24 juillet, à la suite de son rapport du 20 juillet, le Secrétaire général a informé le Conseil de sécurité que les autorités israéliennes avaient mis fin à toutes les violations de la ligne de retrait. Le même jour, lors d'une réunion avec l'Envoyé spécial du Secrétaire général, le Président libanais Emile Lahoud et le Premier Ministre Selim el-Hoss ont donné leur assentiment au déploiement intégral de la FINUL. Le déploiement de la force aurait lieu le 26 juillet et devait être immédiatement suivi du déploiement de la force spéciale libanaise, y compris le personnel militaire et le personnel de sécurité interne.

Le 27 juillet, le Conseil de sécurité a décidé de proroger le mandat de la FINUL jusqu'au 31 janvier 2001. Le Conseil a adopté à l'unanimité la résolution 1310 (2000) et a demandé au Gouvernment libanais de s'assurer que son autorité et sa présence soient effectivement rétablies dans le Sud et, en particulier, de procéder dès que possible à un déploiement susbtantiel des Forces armées libanaises.

Le Conseil a également réaffirmé que le déploiement envisagé de la FINUL devait se faire en coordination avec le Gouvernement libanais et avec les Forces armées libanaises et a de nouveau souligné le mandat de la FINUL et les principes généraux la concernant tels qu'énoncés dans le rapport du Secrétaire général daté du 19 mars 1978 (S/1261), approuvé par la résolution 426 (1978).

Accueillant avec satisfaction la déclaration du Secrétaire général du 24 juillet 2000 selon laquelle, à cette date, le Gouvernement israélien avait mis fin à toutes les violations de la ligne de retrait, le Conseil a demandé aux parties de respecter cette ligne, de faire preuve de la plus grande retenue et de coopérer pleinement avec l'ONU et avec la FINUL.

Réaffirmant qu'il appuyait sans réserve l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance politique du Liban à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues, le Conseil a souligné l'importance et la nécessité de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, fondées sur toutes les résolutions pertinentes.

Renforcement de la FINUL

Dans son rapport du 22 mai, le Secrétaire général a présenté les moyens supplémentaires à prévoir pour que la FINUL puisse remplir son mandat conformément aux résolutions 425(1978) et 426(1978) après le retrait israélien. Il souligne que pour être en mesure de s'acquitter des responsabilités qui lui incombent à la lumière de la situation en matière de sécurité au Sud Liban et compte tenu du territoire supplémentaire qu'elle devra couvrir à la suite du retrait israélien, la FINUL aura besoin d'être renforcée. L'effectif total des soldats affectés aux tâches liées à la confirmation du retrait passerait donc de 4 513 à environ 5600. Une fois confirmé le retrait israélien, l'effectif de la FINUL serait porté au total à huit bataillons plus les unités d'appui appropriées, soit environ 7935 soldats.

Dans son rapport ultérieur, soumis au Conseil de sécurité le 20 juillet, le Secrétaire-général a indiqué que la première phase du renforcement de la FINUL était en cours: en juin sa capacité de déminage a été renforcée avec l'arrivée de deux unités en provenance de Suède et d'Ukraine. En outre, un bataillon ukrainien du génie composé de 600 hommes de tous grades devait arriver à la fin juillet. Les unités finlandaise, ghanéenne, irlandaise et népalaise ont été renforcées et Fidji et l'Inde ont également entrepris de renforcer leurs unités.

Dans le même temps, le Secrétaire-général a informé le Conseil qu'aucun pays n'avait fait encore savoir à l'ONU qu'il fournirait les bataillons d'infanterie supplémentaires
qui permettraient à la FINUL d'atteindre un haut degré d'autosuffisance et de se déployer dans la zone de mission en utilisant des matériels nationaux. En l'asbence de ces renforts, le commandant de la Force a élaboré, sur la base des ressources existantes et des renforts reçus, un plan de déploiement permettant d'assurer, par une combinaison de patrouilles mobiles, de postes de patrouilles et de poste d'observation temporaires, la présence de la FINUL dans la zone d'où se sont retirées les forces israéliennes.

Situation dans la région, de juillet à octobre 2000

De fin juillet à début octobre, la situation dans la zone d'opérations de la FINUL a été généralement calme, exception faite de nombreuses violations mineures de la ligne de retrait, dite Ligne Bleue. Un grave incident a eu lieu le 7 octobre. Dans le climat de tension qui règne dans les territoires occupés et Israël, quelques 500 Palestiniens et sympathisants se sont approchés de la ligne au sud de Marwahin pour manifester contre Israël. Alors que les manifestants esayaient de traverser la barrière faisant office de frontière avec Israël, des soldats israéliens ont ouvert le feu, tuant trois personnes et blessant une vingtaine d'autres. Depuis, les autorités libanaises ont empêché les Palestiniens de manifester à nouveau le long de la ligne. Plus tard à la même date, une grave violation du cessez-le-feu a été enregistrée lorsque le Hezbollah a lancé une attaque de l'autre côté de la Ligne bleue, à trois kilomètres environ au sud de Shaba, et enlevé trois soldats israéliens. Le 20 octobre, trois Palestiniens ont franchi la Ligne Bleue à l'est de Kafr Shuba et ont essayé d'enfoncer la barrière technique israélienne, qui se trouve à quelque distance de la ligne. Les forces israéliennes ont riposté par un feu nourri. L'un des trois Palestiniens a été tué; les autres ont réussi à s'échapper.

Le 9 août, le Gouvernement libanais a déployé une force de sécurité conjointe de 1000 personnes, composée de membres des forces de sécurité intérieures et de l'armée libanaise. La force a son quartier général à Marjayoun et Bint Jybayl et organise des patrouilles intensives, dressant parfois des barrages sur les routes. Les services de sécurité libanais ont établi une forte présence à Naqoura et la police libanaise a repris ses opérations dans les principaux villages. L'armée libanaise s'est déployée à la mi-septembre dans la région de Jezzine, d'où les forces de facto s'étaient retirées en janvier. .

Les administrateurs libanais, la police, des membres des forces de sécurité et de l'armée ont opéré dans l'ensemble de la région et ont intensifié leurs activités. Ils ont repris en main l'administration locale des villages et ont commencé à réintégrer les communications, l'infrastructure, les systèmes de santé et de protection sociale dans le reste du pays. A la fin du mois d'août, les habitants de la région anciennement contrôlée par Israël ont participé pour la première fois depuis 1972 à l'élection des membres du Parlement.

Néanmoins, près de la Ligne Bleue, les autorités ont, en fait, abandonné le contrôle au Hezbollah. Ses membres ont opéré en civil et n'étaient généralement pas armés. Ils ont surveillé la Ligne Bleue, maintenu l'ordre et, dans quelques villages, ils ont fourni des services sociaux, médicaux et éducatifs.

Le Gouvernement libanais a décidé que l'armée ne serait pas déployée à la frontière avec Israël et n'y jouerait pas le rôle de garde-frontière, aussi longtemps qu'il n'y aurait pas de paix globale avec ce pays. .

La FINUL a surveillé la région en organisant des patrouilles terrestres et aériennes et en établissant un réseau de postes d'observation. Elle s'est efforcée de faire cesser les violations en intervenant auprès de la partie intéressée, et n'a épargné aucun effort, en maintenant en permanence d'étroits contacts avec les deux parties, pour empêcher les frictions et limiter les incidents. Néanmoins la Force n'a pas été en mesure de persuader les autorités libanaises d'assumer pleinement leurs responsabilités le long de la Ligne Bleue.

A la fin du mois de juillet et au début du mois d'août, la FINUL s'est redéployée au sud jusqu'à Ligne Bleue. Le redéploiement s'est effectué sans heurt, les autorités libanaises les aidant à obtenir les terres et les locaux nécessaires à leurs nouvelles positions. Dans le même temps, afin de libérer les effectifs nécessaires pour le redéploiement, la FINUL a abandonné une zone de l'arrière qu'elle a remise aux autorités libanaises.

Le déminage et l'enlèvement des engins non explosés posait de gros problèmes, en particulier dans le contexte du redéploiement. La Finul a aussi participé aux activités de déminage humanitaire et mis sur pied un système de gestion de l'information concernant l'action anti-mines. A Tyr (Liban), une cellule régionale d'action anti-mines a été établies avec l'aide du service anti-mines de l'ONU; elle a coopéré étroitement avec le bureau national libanais de déminage.

Faisant état dans son rapport d'octobre 2000 de "progrès tangibles" concernant les efforts de l'administration libanaise pour rétablir les services publics dans la zone évacuée par Israël, le Secrétaire général a souligné la nécessité pour le Gouvernement libanais de prendre effectivement le contrôle de toute la zone évacuée par Israël et d'assumer pleinement ses responsabilités internationales, y compris en mettant fin aux dangereuses provocations qui ont continué à se produire sur la Ligne Bleue. Rappelant la série d' étapes prévue dans la résolution 425(1978) , il a noté qu'après les rétablissement de l'autorité effective du Gouvernement libanais, le Liban et Israël auront chacun la pleine responsabilité, conformément à leurs obligations internationales, d'éviter tous actes hostiles commis à partir de leurs territoire contre celui de leur voisin. " J'estime que l'heure est venue de créer la situation envisagée dans cette résolution", a écrit le Secrétaire général en référence à la résolution 425.

Réaffirmant le besoin pour le Gouvernement libanais de reprendre le contrôle de toute la zone évacuée par Israël, le Secrétaire général a mis en garde contre le risque que le Liban redevienne une zone de conflit et pas nécessairement la seule.

Le 14 novembre, les membres du Conseil de sécurité se sont réunis pour discuter de la situation au Sud-Liban. Dans une déclaration du Président transmise à la presse le même jour, le Conseil a demandé la cessation "des dangereuses violations" qui continuaient le long de la Ligne Bleue. Il a approuvé les conclusions du Secrétaire général selon lesquelles bien que des "progrès tangibles" aient été enregistrés quant à l'application de la résolution 425, il fallait "que le Gouvernement libanais prenne effectivement contrôle de toute la zone évacuée par Israël le printemps précédent et qu'il assume pleinement ses responsablitiés internationales".

Réduction des effectifs de la FINUL

Dans un nouveau rapport au Conseil de Sécurité le 22 janvier 2001, le Secrétaire général a présenté la situation dans la zone d'opérations, a formulé des suggestions en vue d'une reconfiguration de la force et a recommandé une nouvelle prorogation de son mandat pour une période six mois.

Selon le rapport, la situation dans la zone d'opérations de la FINUL est demeurée généralement stable, exception faite de nombreuses violations mineures de la Ligne Bleue. Ces violations étaient dues principalement à la construction par Israël d'une barrière technique le long de la Ligne, et au fait que des bergers libanais, voire des véhicules dans certains cas, l'ont franchie dans des endroits où la barrière israélienne est à quelque distance de la Ligne. Des incidents sporadiques se sont produits en certains points névralgiques et cinq violations graves de la ligne ont été commises.

Dans l'ensemble, la situation en matière de sécurité dans la zone d'opérations de la FINUL est demeurée statisfaisante et a marqué une nouvelle amélioration depuis octobre, souligne le rapport. Les résidents qui étaient partis pendant l'occupation israélienne ont continué de revenir dans la zone. En outre, les anciens membres des ex-forces de facto et leurs familles-soit environ 1600 personnes au total- sont rentrés au Liban.

Evoquant la reconfiguration de la présence de l'ONU au Sud-Liban, le Secrétaire général a indiqué que la FINUL avait mené à bien deux des trois parties de son mandat. Elle a confirmé le retrait des forces israéliennes et aidé, dans la mesure de ses moyens, les autorités libanaises à mesure qu'elles revenaient dans le secteur qu'Israël avait évacué. La FINUL a continué d'opérer en étroite coopération avec ces autorités et n'a plus exercé aucun contrôle sur la zone d'opérations. Le Gouvernement libanais n'a cependant pas pris la mesure de déployer son personnel jusqu'à la Ligne Bleue.

La FINUL s'est ensuite attachée à exécuter la dernière partie de son mandat: le rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. En attendant une paix globale, la FINUL a cherché à maintenir le cessez-le-feu le long de la Ligne Bleue en effectuant des patrouilles et en procédant à des observations depuis des positions fixes et en maintenant des relations étroites avec les parties, en vue de mettre fin aux violations et de prévenir l'escalade des incidents. Le Secrétaire général a estimé que l'ONU devrait continuer à jouer ce rôle pendant encore un certain temps.

Ces fonctions, écrit le Secrétaire général, sont celles d'une mission d'observation. Toutefois, etant donné la situation dans la région, il a indiqué qu'il hésitait à confier cette tâche uniquement à des observateurs non armés et a plutôt recommandé de mettre en oeuvre à la fois des fantassins armés et des observateurs non armés. Il a proposé deux battaillons d'infanterie, un groupe d'observateurs de l'ONUST et un soutien logistique.

Etant donné la tension dans la région, il convient de faire preuve de prudence, a souligné le Secrétaire-général. Si le Conseil de sécurité devait retenir la configuration proposée, il pourrait toutefois envisager de procéder par étapes. Il pourrait, dans un premier temps, redonner à la FINUL les effectifs dont elle disposait avant leur augmentation intervenue l'année précédente, c'est-à-dire environ 4500 personnes tous rangs confondus.

Le Secrétaire général a indiqué que le Liban avait demandé que le Conseil proroge le mandat de la FINUL pour une nouvelle période de six mois. A la lumière de la situation, le Secrétaire-général a recommandé au Conseil de sécurité de proroger le mandat jusqu'au 31 juillet 2001.

Le 30 janvier 2001, le Conseil de sécurité, par sa résolution 1337 (2001), décidé de proroger le mandat de la FINUL pour six mois. Il a également décidé de ramener les effectifs militaires de la FINUL au niveau opérationnel antérieur (4500 personnes tous rangs confondus) au 31 juillet 2001. Le Conseil a souscrit aux recommandations en vue d'une reconfiguration de la FINUL et a demandé au Secrétaire général de lui soumettre, avant le 30 avril 2001, un rapport détaillé sur les projets de reconfiguration de la FINUL ainsi que sur les tâches qui incomberaient à l'ONUST.

Dans cette même résolution, le Conseil a demandé au Gouvernement libanais de veiller au rétablissement de son autorité et de sa présence dans le sud et, en particulier, d'accélérer le déploiement des Forces armées libanaises et l'a engagé à veiller à ce que le calme règne dans tout le sud, y compris par la maîtrise de tous les points de contrôle. Le Conseil a condamné tous les actes de violence et s'est déclaré préoccupé par les graves violations de la ligne de retrait et a demandé instamment aux parties de mettre fin à ces actes et de respecter la sécurité du personnel de la FINUL. Le Conseil a, par ailleurs, réaffirmé son appui sans réserve à l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance politique du Liban à l'intérieur des ses frontières internationalement reconnues.

Reconfiguration de la FINUL

Comme requis, le 30 avril, le Secrétaire général a soumis ses recommandations au Conseil de sécurité pour la reconfiguration de la FINUL. Dans son rapport au Conseil,
Dans son rapport au Conseil, il note qu'en attendant une paix globale, la FINUL se concentrerait sur le maintien du cessez-le-feu le long de la Ligne Bleue en maintenant des relations étroites avec les parties en vue de mettre fin aux violations et d'empêcher une escalade. Etant donné la situation dans la région, le Secrétaire général a recommandé que la FINUL mène ses opérations à l'aide de fantassins armés et d'observateurs non armés.

Au 31 mars 2001, la Force se composait de 5700 soldats. La reconfiguration envisagée dans le rapport demandait que la plupart des troupes soient déployées dans des positions protégées près de la Ligne Bleue alors que le quartier général de la FINUL resterait situé à Naqoura et serait protégé par une unité de garde distincte. L'unité de déminage serait également conservée. Au terme de la reconfiguration, la Force serait composée de 2000 soldats tous rangs confondus fournis par la France, le Ghana, l'Inde, l'Italie, la Pologne et l'Ukraine.

Le Secrétaire général a proposé que les effectifs de la Force soient maintenue au niveau de 3600 personnes jusqu'en janvier 2002. Il a ajouté que s'il n'y avait pas d'évolution radicale de la situation dans la région, la reconfiguration pourrait être achevée fin juillet 2002.

Mandat de nouveau prorogé

Le Secrétaire général a de nouveau fait rapport au Conseil de sécurité le 20 juillet 2001. Selon le rapport, la situation durant la période de janvier à juillet 2001 a été généralement stable, exception faite de tensions persistantes et de violations de la Ligne Bleue dans le secteur des fermes de Chebaa. Des violations mineures ont continué d'être enregistrées sur le terrain, celles provenant du côté israélien étant dans une large mesure liées à la construction d'une barrière technique le long de la Ligne et celles provenant du côté libanais, à la traversée de la Ligne par des bergers, et de temps à autre, des véhicules.

Concernant les violations aériennes, le rapport indique que des avions israéliens ont violé la Ligne quasi quotidiennement, pénétrant en profondeur dans l'espace aérien libanais. Le rapport fait état d'autres violations y compris des manifestations du côté libanais, des échanges de tirs entre soldats israéliens et le Hezbollah et la destruction d'une position radar de l'armée syrienne dans la vallée de la Bekaa.

Toujours selon le rapport, le Gouvernement libanais a continué d'avoir pour position que, tant qu'il n'y aurait pas de paix globale avec Israël, les forces armées libanaises ne seraient pas déployées le long de la Ligne Bleue. Les secteurs longeant la Ligne Bleue étaient contrôlés par le Hezbollah, au moyen d'un réseau de positions mobiles et de plusieurs positions fixes. Dans certains cas, le Hezbollah assumait les fonctions de l'administration civile en dispensant des services sociaux, médicaux et éducatifs à la population. A plusieurs reprises, des membres du Hezbollah ont entravé la liberté de mouvement de la FINUL et fait obstacle à son redéploiement.

La FINUL a continué de concentrer ses opérations sur la Ligne Bleue et la zone adjacente, où elle s'est efforcée de maintenir le cessez-le-feu par des patrouilles, des activités d'observation à partir de positions fixes et de contacts étroits avec les parties. La mission a continué d'apporter assistance à la population civile sous forme de soins médicaux, de projets d'approvisionnement en eau, d'équipements et de services
à l'intention des écoles et des orphelinats et de fourniture de services sociaux aux nécessiteux. Le déminage et l'enlèvement des munitions non explosées dans le sud du Liban se sont intensifiées.

Le document reporte également une controverse ayant opposé les autorités israéliennes et l'ONU à propos d'une bande vidéo de la FINUL, tournée le 8 octobre 2000, montrant des véhicules qui ont peut-être été utilisés par le Hezbollah pour l'enlèvement de trois soldats israéliens le 7 octobre 2000 à travers la Ligne Bleue. Il a été proposé à Israël et au Liban de visionner la bande-où les identités des personnes non membres des Nations Unies seraient cachées- dans les locaux des Nations Unies. Une enquête interne sur la gestion de cette affaire a été ouverte.

Concernant la reconfiguration et le redéploiement de la FINUL, le rapport indique qu'au 1er août 2001, la FINUL compterait 4500 hommes provenant de Fidji, France, Ghana, Inde, Irlande, Italie, Népal, Pologne et Ukraine. Le départ des contingents irlandais et finlandais à l'automne ramènera à 3600 hommes environ les effectifs de la Force. La FINUL a bénéficié du soutien de 51 observateurs de l'Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST).

Le Secrétaire général a conclu que les événements dans la région illustraient les dangers inhérents à la situation et risquaient, par ailleurs, de menacer la stabilité de l'ensemble de la région et, par conséquent, qu'il était fondamental que toutes les parties concernées respectent la Ligne Bleue comme demandé par le Conseil de sécurité et s'abstiennent de toute action qui pourrait contribuer à déstabiliser la situation. Le Gouvernement libanais devrait prendre de nouvelles mesures, et notamment déployer l'armée, pour assurer le rétablissement de son autorité dans l'ensemble du sud du pays. Un effort plus énergique et concerté visant à fournir à nouveau les services essentiels à la population ainsi que la réinstallation de l'ensemble de l'administration locale devraient faire partie intégrante de ce processus.

Etant donné les conditions prévalant dans la région, le Secrétaire général a recommandé que le Conseil proroge le mandat de la FINUL jusqu'au 31 janvier 2002. Le 31 juillet, le Conseil a prorogé le mandat de la Force, tout en appelant à la poursuite de la reconfiguration de la FINUL au vu de l'évolution de la situation.

Dans sa résolution 1365 (2001), le Conseil demande au Secrétaire général de continuer de prendre les mesures nécessaires pour exécuter la reconfiguration et le redéploiement de la FINUL au vu de l'évolution de la situation sur le terrain et en consultation avec le Gouvernement libanais et les pays fournissant des contingents.

Le Conseil demande aux parties de respecter scrupuleusement la ligne de retrait, de faire preuve de la plus grande retenue et de coopérer pleinement avec l'ONU. Condamnant tous les actes de violence, le Conseil se déclare préoccupé par les graves violations de la ligne de retrait par voies aérienne, maritime et terrestre et demande instamment aux parties d'y mettre fin et de respecter la sécurité du personnel de la FINUL. Les parties doivent également faire en sorte que la FINUL ait toute la liberté de mouvement pour exécuter son mandat dans toute sa zone d'opérations.

Evoquant la question plus générale des efforts pour mettre fin à la violence dans la région le document souligne l'importance et la nécessité de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient fondée sur toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Par ailleurs, le Conseil a demandé au Gouvernement libanais de prendre davantage de mesures pour veiller à ce que son autorité soit effectivement rétablie dans tout le sud, notamment par le déploiement des forces armées libanaises et a encouragé le Gouvernement libanais à veiller à ce que le calme règne dans tout le sud.

Concernant le problème des mines, le Conseil a noté avec statisfaction la contribution que la FINUL continue d'apporter aux opérations de déminage et a souhaité que l'ONU continue d'offrir une assistance au Gouvernement libanais en matière d'action anti-mines. Le Conseil a également insisté sur "la nécessité de communiquer au Gouvernement libanais et à la FINUL toutes cartes et informations complémentaires au sujet de l'emplacement des mines".

Situation dans la zone, janvier-juillet 2005

Le Secrétaire général a soumis son dernier rapport le 20 juillet 2005. Celui-ci couvre les développements de la situation sur place depuis janvier 2005 et contient également des recommandations sur le mandat et les structures de la FINUL , sur la base de la mission d'évaluation menée par le Département des opérations de maintien de la paix (DPKO), au Liban, du 8 au 10 mai.

Selon le rapport, un calme fragile régnait dans la zone d'opérations de la FINUL pendant la majeure partie de la période considérée mais la situation était souvent tendue. Des violations de la Ligne bleue ont continué, le plus souvent sous la forme de violations répétées de l'espace aérien par des avions à réaction, des hélicoptères et des drones israéliens, aussi bien que des violations par voie terrestre du côté libanais, principalement par des bergers libanais. En mai s'est produit une escalade des hostilités, avec des échanges armés entre le Hezbollah et les FDI, et des tirs de roquettes par des éléments armés non identifiés. La situation s'est nettement détériorée le 29 juin, lorsque le Hezbollah et les FDI se sont engagés dans d'importants échanges de tirs dans la zone des fermes de Chebaa, qui ont fait un mort et quatre blessés parmi les soldats des FDI et deux morts parmi les combattants du Hezbollah.

Le Secrétaire général estime que les hostilités qui ont eu lieu en mai et le grave incident du 29 juin ont montré, une fois encore, que la situation demeurait instable, avec un risque de détérioration des conditions. Tant Israël que le Liban proclament régulièrement leur désir d'éviter des affrontements et la déstabilisation de la région. Le développement économique du sud est inextricablement lié à la paix et à la sécurité, poursuit le rapport. Le Secrétaire général appelle le Gouvernement, les donateurs internationaux, les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales à intensifier leurs efforts afin de permettre le relèvement et le développement économiques du sud Liban.

Le rapport indique également que depuis l'assassinat de l'ancien Premier Ministre Rafic Hariri, le 14 février, le Liban a traversé une période d'instabilité politique accrue, qui s'est traduite par d'importantes manifestations dans la capitale, la démission du Gouvernement, plusieurs attaques à la bombe dans divers quartiers de Beyrouth, l'assassinat du journaliste Samir Kassir et de l'homme politique George Hawi et, plus récemment, l'attaque du convoi du Ministre de la défense Elias Murr. Le retrait des forces syriennes du Liban à la fin du mois d'avril a permis la tenue d'élections parlementaires libres et régulières sur une période de quatre semaines en mai et en juin. Les forces armées libanaises doivent maintenant montrer qu'elles sont en mesure de maintenir efficacement la sécurité dans tout le pays, au moment où la taille de l'armée libanaise est en train d'être considérablement réduite.

En ce qui concerne l'évaluation menée par le DPKO, le Secrétaire général partage ses conclusions, soit que dans la situation politique et sécuritaire actuelle au sud du Liban, la FINUL a encore besoin de la combinaison d'une infanterie armée et d'observateurs non armés pour pouvoir s'acquitter des tâches qui lui sont confiées. Le niveau actuel des effectifs est nécessaire pour maintenir les positions critiques dans les zones d'opérations, qui permettent de surveiller la Ligne bleue et ses environs, et d'assurer une protection appropriée au personnel et des équipements de la FINUL et du Groupe des observateurs au Liban. Sans exception, les autorités libanaises et les diplomates confirment que, dans les conditions politiques et sécuritaires incertaines actuelles, la FINUL continue de jouer un rôle crucial en s'acquittant de son mandat conformément à la résolution 425 (1978) du Conseil.

Le Secrétaire général conclut que la situation au Liban et dans la région ne justifie pas une modification du mandat de la FINUL ou toute autre reconfiguration à ce stade. Il recommande que le Conseil de sécurité proroge son mandat jusqu'au 31 janvier 2006 sans modifier le niveau des effectifs et la composition de la Force.

En adoptant la résolution 1614 (2005) , le Conseil a ainsi prorogé le mandate de la FINUL et a demandé au Gouvernement libanais d'exercer « pleinement et effectivement son autorité exclusive » dans tout le sud, notamment en déployant un nombre suffisant de forces armées et de forces de sécurité, et « de contrôler et de monopoliser l'emploi de la force » sur l'ensemble de son territoire. Dans ce contexte, le Conseil s'est félicité de l'intention du Secrétaire général de s'entretenir avec le Gouvernement libanais des prochaines mesures à prendre pour se préparer à étendre son autorité dans le sud.  

Le Conseil a pris note du fait que le Secrétaire général juge que la situation ne justifie pas une modification du mandat de la FINUL ou sa reconfiguration à ce stade. Le Conseil a néanmoins exprimé son intention de revoir régulièrement le mandat et les structures de la FINUL.


Une nouvelle crise éclate

La crise a débuté lorsque, le 12 juillet 2006, le Hezbollah a lancé plusieurs roquettes depuis le territoire libanais par-dessus la ligne de retrait (Ligne bleue), vers des positions des Forces de défense israéliennes (FDI) près de la côte et dans la région de la ville israélienne de Zarit. Parallèlement, des combattants du Hezbollah ont franchi la Ligne bleue, pénétré en Israel et attaqué une patrouille des FDI. Ils ont capturé deux soldats des FDI, en ont tué trois et blessés deux autres. Les soldats faits prisonniers ont été ramenés au Liban.

Suite à cette attaque, un échange de tirs nourri a eu lieu par-delà la Ligne bleue entre le Hezbollah et les FDI. Cet affrontement s’est déroulé tout au long de la Ligne bleue, mais a été particulierement marqué dans les regions situées à I’ouest de Bint Jbai’l et dans la
région des fermes de Chebaa. Le Hezbollah a pris pour cible des positions des FDI
et des villes israéliennes au sud de la Ligne bleue et Israel a riposté par des attaques
terrestres, aériennes et maritimes. Outre les frappes aériennes contre des positions
du Hezbollah, les FDI ont pris pour cible de nombreuses routes et de nombreux
ponts situés dans le sud du Liban, aussi bien a I’intérieur qu’a I’extérieur de la zone d’operations de la FINUL.

Selon son rapport de juillet, couvrant la période entre le 21 janvier et le 18 juillet 2006, le Secrétaire général a fait remarquer que la situation dans la zone d’opérations de la FINUL est restée tendue et volatile, bien que généralement calme au cours de la plus grande partie de la période considérée. Mais le début des hostilitées le 12 janvier a "radicalement changé le contexte" dans lequelle opère la mission. "Dans le climat actuel, les conditions necessaires pour que les Nations Unies puissent assurer le maintien de la paix n’existent plus", a-t-il dit, en ajoutant que la Force n’est même pas en mesure d’accomplir des tâches aussi elementaires que le réapprovisionnement de ses positions ou la recherche et le sauvetage de son personnel. Cela étant, comme le mandat de la FINUL expire le 31 juillet, le Secrétaire général a recommandé au Conseil de sécurité de le proroger d’un mois, pour que le Conseil ait le temps d’envisager toutes les options possibles concernant les arrangements a venir au Sud-Liban.

Le Conseil a approuvé la recommendation du Secrétaire général, et par sa résolution 1697 datée du 31 juillet, a prorogé le mandat de la FINUL jusqu'au 31 aôut 2006. Le Conseil a aussi exprimé sa profonde préoccupation devant l’escalade des hostilités au Liban
et en Israël depuis le 12 juillet 2006, prié instamment toutes les parties intéressées de s’acquitter scrupuleusement de leur obligation de respecter la sécurité de la FINUL et des
autres fonctionnaires de l’ONU et d’éviter tout mode d’action qui pourrait mettre en
danger le personnel de l’ONU et leur a demandé de permettre à la Force de
réapprovisionner ses positions, de mener des opérations de recherche et de
sauvetage de son personnel et de prendre toutes autres mesures qu’elle jugerait
nécessaires pour assurer la sécurité de son personnel.

Le Conseil de sécurité appelle à la cessation des hostilités ; au renforcement de la FINUL et à la prorogation de son mandat

Pendant que la crise éclatait entre le Hezbollah et Israël, la FINUL a continué d'occuper toutes ses positions et a joué un rôle actif et constructif requis par son mandat. Malgré la violence continue, les Casques bleus de la FINUL on conduit des observations militiares, aidé dans les efforts d'aide humanitaire et offert de l'assistance médicale, tout cela sous haut risque. Les combats intenses aux mois de juillet et août ont blessé 16 employés des Nations Unies et causé la mort tragique de cinq autres.

Le 11 août 2006, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1701 (2006) aux termes de laquelle il lance un appel en faveur d'une cessation immédiate de toutes les attaques du Hezbollah et de toutes les offensives militaires d'Israël au Liban.

À Israël et au Liban, le Conseil a lancé un appel pour qu'ils appuient un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme fondés sur le strict respect par les deux parties de la Ligne bleue et l'adoption d'un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités.  Il s'agit notamment d'établir entre la Ligne bleue et le fleuve Litani, une zone d'exclusion de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux du Gouvernement libanais et des forces de la FINUL.

S'adressant au Conseil de sécurité, le Secrétaire général s'est félicité de l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution visant à mettre fin aux hostilités au Liban.  Mais il s'est déclaré profondément déçu que le Conseil n'ait pas pris cette décision plus tôt, convaincu que son sentiment était partagé par des centaines de millions de personnes à travers le monde.  M. Annan a pourtant rappelé qu'il avait demandé de manière répétée, comme tant d'autres, la cessation immédiate des hostilités pour le bien des populations civiles. 

Acceuillant positivement la décision du du Gouvernement libanais le Conseil a prorogé le mandat de la FINUL

Se félicitant de l'engagement pris par le Gouvernement libanais le 7 août de déployer 15 000 troupes au Libansud, le Conseil a décidé que les effectifs de la FINUL, dont le mandat est prorogé jusqu'au 31 août 2007, seront portés à un maximum de 15 000 hommes.  La Force sera chargée de contrôler la cessation des hostilités; d'accompagner et d'appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement; et de faciliter l'accès humanitaire aux populations civiles du Sud-Liban (cf. la séction Mandat).

Parmi les autres éléments avancés par le Conseil figurent l'application intégrale des dispositions pertinentes des Accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), qui exigent le désarmement de tous les groupes armés au Liban, afin que seul l'État libanais soit autorisé à détenir des armes et à exercer son autorité.  Le Conseil avance aussi comme élément l'exclusion de toute force étrangère présente au Liban sans le consentement de son Gouvernement et l'interdiction de toute vente ou fourniture d'armes et de matériels connexes.  Les États sont d'ailleurs appelés à prendre les mesures nécessaires pour empêcher la vente ou la fourniture à toute entité ou individu situé au Liban d'armes et de matériels connexes, à l'exclusion du Gouvernement libanais ou de la FINUL.

Le Conseil a aussi prié le Secrétaire général de lui rendre compte une semaine plus tard, puis à intervalles réguliers, de l'application de la présente résolution.


Préparé pour Internet par la Section du Site Internet des Nations Unies et la Section de la paix et de la sécurité du Département de l'information en coopération avec le Département des opérations de maintien de la paix.
Nations Unies 2006