Des véhicules militaires abandonnés

Message du Secrétaire général (2020)

Les conflits et l’environnement sont étroitement liés. Dans le monde entier, les ressources naturelles ont joué un rôle majeur dans pas moins de 40 % des conflits à l’intérieur des pays. La hausse des températures due aux changements climatiques menace maintenant d’amplifier encore les agressions et les tensions environnementales. Et, trop souvent, l’environnement fait partie des victimes de la guerre, que ce soit du fait d’actes délibérés de destruction ou de dommages collatéraux, ou bien parce que, pendant les conflits, les gouvernements n’assument pas leur rôle dans le contrôle et la gestion des ressources naturelles. 

Les perturbations climatiques et la dégradation de l’environnement ne sont pas la cause immédiate des conflits, mais peuvent exacerber les risques de conflit. Leurs effets combinés sapent les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la confiance dans les autorités publiques, la santé, l’éducation et l’égalité sociale. La dégradation des ressources naturelles et des écosystèmes s’ajoute aux défis que doivent relever les communautés déjà vulnérables à court et à long terme. Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée.

Les objectifs de développement durable de l’ONU reposent sur l’idée qu’il ne faut laisser personne de côté. Cependant, les conflits violents empêchent de nombreux pays d’aller de l’avant. Les États touchés par un conflit ont moins de chances de réaliser leurs objectifs de développement durable que les autres ; d’ici à 2030, plus de 80 % des populations les plus pauvres du monde pourraient être concentrées dans des pays fragiles touchés par un conflit et par la violence. 

Une meilleure gestion des ressources naturelles et des écosystèmes pourrait ouvrir la voie à la paix dans les sociétés déchirées par la guerre en aidant les pays en situation de crise à faire un pas de plus vers la réalisation des objectifs de développement durable. Non seulement les ressources naturelles sont nécessaires pour assurer la fourniture de nombreux services essentiels, comme l’eau ou l’électricité, mais elles peuvent également être une plate-forme pour l’établissement de la confiance et le partage des bénéfices entre des groupes divisés. 

Il faut pour cela que les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les institutions spécialisées collaborent. Il faut aussi renforcer les capacités et la résilience au niveau local ; exploiter les données et les technologies numériques pour l’analyse des risques et la gestion de la collaboration ; investir dans les femmes en tant qu’agentes de changement ; développer les échanges sur les plans juridique et de politique générale au sein d’un ensemble cohérent d’acteurs internationaux.

Alors que nous célébrons la Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé, environ une personne sur cinq vit dans une zone fragile touchée par un conflit ou par la violence. 

Si nous voulons atteindre les objectifs de développement durable, nous devons prendre d’urgence des mesures audacieuses afin de réduire les risques que la dégradation de l’environnement et les changements climatiques présentent pour les conflits et nous engager à protéger notre planète des effets débilitants de la guerre.
 

Si nous voulons atteindre les objectifs de développement durable, nous devons prendre d’urgence des mesures audacieuses afin de réduire les risques que la dégradation de l’environnement et les changements climatiques présentent pour les conflits et nous engager à protéger notre planète des effets débilitants de la guerre. »

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres