Les envois de fonds à la famille

On recensait, en 2018, 244 millions de migrants internationaux - personnes résidant dans un pays autre que leur pays de naissance - à travers le monde. Deux cent millions d'entre eux sont des migrants économiques qui ont envoyé plus d'un demi-billion de dollars à 800 millions de membres de leur famille dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Le total des envois de fonds représente plus de trois fois l'aide publique au développement (APD) et a largement dépassé de loin l'investissement étranger direct (IED).

Derrière ces chiffres, on trouve bien souvent, des envois de fonds individuels de 200 ou 300 USD que les migrants envoient régulièrement chez eux pour que leurs familles puissent acheter de la nourriture, payer leur logement et couvrir les dépenses nécessaires.

Il y a moins de 20 ans, les envois de fonds étaient littéralement inexpliqués et les contributions des travailleurs migrants restaient non reconnues, sauf par leur famille. Pour la communauté de développement, il a été progressivement constaté que les envois de fonds sont un outil potentiellement puissant. La documentation de l'ampleur et de la portée des envois de fonds a été essentielle à l'établissement de ce consensus.

Le rôle des envois de fonds dans la réalisation des ODD

Le Programme de développement durable à l'horizon 2030, adopté en septembre 2015, constitue un engagement mondial visant à éliminer la pauvreté et à parvenir au développement durable d'ici 2030, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. Ses 17 objectifs de développement durable (ODD) répondent aux principaux défis auxquels le monde est confronté aujourd'hui.

Parmi les objectifs mis en avant, l'objectif 10 s'engage, d'ici 2030, à réduire à moins de 3% les coûts de transaction des envois de fonds effectués par les migrants et éliminer les couloirs de transfert de fonds dont les coûts sont supérieurs à 5%. Les envois de fonds des migrants eux-mêmes contribuent aussi, directement et indirectement, à plusieurs ODD, comme indiqué dans le rapport sur les Objectifs de développement durable du Fonds international de développement agricole (FIDA)

La plupart des migrants occupent des emplois difficiles et souvent dangereux au bas de l'économie internationale, afin de soutenir ceux qui restent chez eux. Ils ont leurs propres objectifs spécifiques : réduction de la pauvreté, amélioration de la santé et de la nutrition, éducation, amélioration du logement et de l'assainissement, et renforcement de la résilience face à l'incertitude liée à l'épargne. Ils travaillent pour un avenir plus stable et durable, objectif que partage la communauté internationale.

La contribution essentielle des travailleurs migrants, par le biais des envois de fonds et des investissements, a également été reconnue dans le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières adopté en décembre 2018. Son objectif 20 appelle en effet des actions spécifiques pour maximiser l'impact des envois de fonds et inclut cette Journée internationale pour que la communauté mondiale s’engage.

Selon les estimations actuelles, 75% des envois de fonds sont destinés à répondre aux besoins immédiats, mais les 25% restants - plus de 100 milliards de dollars par an - sont disponibles à d'autres fins. Avec de meilleures possibilités d’épargne et d’options d’investissement, les familles de migrants seront plus en mesure de canaliser les envois de fonds pour répondre aux besoins à long terme et de pouvoir mieux vivre. Comme de nombreux travailleurs migrants finiront par rentrer chez eux, les aider à constituer des actifs est un objectif central de la politique de développement.