Plus d'une centaine de pays, d'organisations et d'entreprises participaient à ce dialogue, la première réunion de ce type en 40 ans.

Le chef de l’ONU a rappelé que près de 760 millions de personnes sont sans accès à l'électricité, que 2,6 milliards de personnes n'ont pas accès à des solutions de cuisson propres, et que la façon dont nous produisons et utilisons l'énergie est la principale cause de la crise climatique (les émissions dues à l'énergie représentent environ 75% des émissions totales de gaz à effet de serre).

La clé de cette crise, a-t-il déclaré, est une énergie propre et abordable pour tous : l'énergie solaire est la source d'énergie la moins chère dans la plupart des pays et le secteur des énergies renouvelables génère trois plus d'emplois que celui des combustibles fossiles.

« Les énergies solaire et éolienne sont les étoiles montantes de notre système énergétique. Durant la pandémie de Covid-19, ces sources d’énergie ont été les seules à continuer de se développer. Mais bien trop lentement, hélas. Nous sommes encore loin de pouvoir fournir à tous une énergie propre et abordable », a-t-il dit.

Quatre priorités

Sans cette énergie propre et abordable, des milliards de personnes seront condamnées à davantage de pauvreté tandis que les écosystèmes sur lesquels nous comptons tous s'effondrent, a-t-il averti. Il a appelé tous les pays - en particulier les principaux émetteurs d’émissions de gaz à effet de serre - à prendre des engagements en matière d'énergie propre, ainsi que les principaux acteurs du monde des affaires et de la finance.

Le chef de l'ONU a défini quatre priorités pour un avenir énergétique durable : réduire de moitié le nombre de personnes sans accès à l'électricité d'ici 2025 ; passer rapidement à des sources d'énergie propres ; parvenir à l'accès universel à l'énergie d'ici 2030 ; et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte dans la course à un avenir net zéro.

« Nous ne pouvons pas attendre encore 40 ans », a conclu M. Guterres. « L'ère de l'accès à l'énergie renouvelable et abordable pour tous doit commencer aujourd'hui ».

Engagements pris

Plusieurs engagements énergétiques ont été pris dans les mois qui ont précédé l'événement de vendredi. En juin dernier, une cinquantaine de ministres ont présenté des plans pour réduire les émissions et garantir que toutes les populations, en particulier celles des pays en développement, aient accès à une électricité durable.

Vendredi matin, plusieurs dirigeants mondiaux ont annoncé de nouveaux engagements énergétiques. Le Danemark s'est engagé à réduire de 70% ses émissions de CO2 d'ici 2030 (par rapport à 1990) et à produire toute son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici 2028. L'extraction de pétrole et de gaz prendra fin d'ici 2050 et, d'ici 2030, le pays dépensera au moins 500 millions de dollars en matière de financement climatique chaque année.

Le Malawi vise l'accès universel à une cuisine plus propre pour les ménages et les institutions, et prévoit d'éliminer progressivement les feux de cuisson ouverts d'ici 2030, avec deux millions de foyers plus propres d'ici 2025 et un investissement de plus de 596 millions de dollars.

Signe de la généralisation de l'acceptation de l'énergie propre, l'industrie automobile a accéléré ses projets pour passer à l'électrique et faire du moteur à combustion un élément du passé. Bon nombre des plus grands constructeurs automobiles ont désormais des équipes dans le championnat de course électrique de Formule E, le seul sport à être certifié zéro carbone net depuis sa création.

Accélérateur des Objectifs de développement durable

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Abdulla Shahid, a rappelé que l'énergie est essentielle au rétablissement du monde après la pandémie mondiale et aux efforts pour lutter contre le changement climatique.

« Si nous voulons nous remettre de cette pandémie et relancer la croissance socio-économique, il est essentiel de combler la fracture énergétique. Les communautés et les entreprises ont besoin d'un accès fiable à l'énergie pour garantir l'accès à la santé, à l'éducation, à l'emploi et aux moyens de subsistance », a-t-il dit.

Selon lui, l'accès à l'énergie est vraiment un « accélérateur des ODD » (Objectifs de développement durable), car les progrès sur cet ODD concernant l’énergie peuvent accélérer les progrès dans l'ensemble des 17 objectifs.

« Deuxièmement, il n'y a tout simplement pas de voie vers la neutralité carbone ou le maintien de l'augmentation de la température à 1,5 degré Celsius sans une transition large, mondiale et complète vers les énergies renouvelables », a-t-il ajouté. 

Source: ONU Info