Beaucoup de Casques bleus considèrent que les fausses informations menacent leur sécurité.

La communication stratégique concernant les opérations de maintien de la paix est un point fondamental, selon le Secrétaire général, pour qui le paysage dans lequel opèrent les soldats de la paix est devenu plus dangereux, les tensions géopolitiques mondiales se répercutant à l’échelon local. 

Les soldats de la paix sont confrontés à des terroristes, des criminels, des groupes armés et leurs alliés, dont beaucoup ont accès à de puissantes armes modernes et ont tout intérêt à perpétuer le chaos dans lequel ils prospèrent, a prévenu le chef de l'ONU.

Et « les armes brandies ne sont pas seulement des fusils et des explosifs : la désinformation et les discours de haine sont de plus en plus utilisés comme armes de guerre », a-t-il souligné. 

La MONUSCO cible de discours de haine

Le général Marcos De Sá Affonso Da Costa, Commandant de la Force de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a concédé que la Force n’était pas forcément bien perçue par une partie de la population et qu’elle était parfois prise pour cible par des discours de haine compromettant sa sécurité, y compris par des groupes armés.  

« Les fausses informations sur les réseaux sociaux sont difficiles à détecter », a-t-il ajouté devant le Conseil de sécurité.  

Une enquête récente a révélé que près de la moitié des Casques bleus considèraient que les fausses informations et la désinformation affectaient gravement l’exécution de leur mandat et menaçaient leur sécurité.  

Les Casques bleus au Mali victimes de désinformation sur WhatsApp 

Le Secrétaire général a cité, à titre d’exemple, le Mali, où une fausse lettre alléguant que les Casques bleus collaboraient avec des groupes armés a été publiée sur Facebook. Elle est devenue virale sur WhatsApp et a été reprise par les médias nationaux. Cette fausse lettre a attisé l’hostilité et le ressentiment à l’égard des soldats de la paix, rendant leur tâche vitale de protection des civils encore plus difficile.

Lorsqu’il avait prêté serment en 2016, António Guterres avait souligné la nécessité d’une réforme substantielle de «  la stratégie de communication  » de l’ONU, à travers la modernisation des outils et plates-formes pour atteindre les gens dans le monde entier.   

« La communication stratégique - crédible, précise et centrée sur l’humain - est l’un de nos meilleurs instruments, et le plus rentable, pour contrer la menace », a plaidé le Secrétaire général.  

Au-delà de la simple défense contre les mensonges nuisibles, une communication adaptée permet de renforcer la confiance et d’obtenir un soutien politique et public.  

Beaucoup d'opérations de paix touchées

Nombre d’opérations de maintien de la paix sont touchées par ces problèmes, a estimé pour sa part le général da Costa. Il a appelé à s’adapter en « communiquant directement avec les parties prenantes », en étant à l’écoute et en expliquant bien les les contours d’un mandat.

M. Guterres a présenté des actions concrètes prises pour améliorer la communication stratégique dans le maintien de la paix, dont le conseil et la formation aux missions, et la collaboration avec différents partenaires, « notamment les entreprises des technologies et des médias », ainsi que les États Membres, afin d’identifier et de mieux contrer la désinformation et les discours haineux.

« L’accès à l’information est un droit de l’homme », a rappelé le Secrétaire général. Dans les endroits où nos soldats de la paix opèrent, ce droit peut être une question de vie ou de mort, la différence entre la paix et la guerre, a-t-il prévenu.

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