10 décembre 2021

Le tourisme de montagne est l’une des principales forces économiques du Népal en raison des caractéristiques naturelles uniques du pays et de sa culture traditionnelle ancestrale enrichie par une population diversifiée ainsi que par les communautés ethniques de la région himalayenne. Il s’est considérablement développé grâce à l’implication accrue et la participation enthousiaste de la population locale qui cherche à assurer ses moyens de subsistance. Toutefois, les acteurs locaux des régions de montagne se sont retrouvés face à une crise environnementale.

Certains des pires problèmes qui touchent ces régions, notamment la fréquentation excessive, le bruit ainsi que la pollution due à l’accumulation de déchets, ont un impact direct sur les communautés locales. La circulation intense des visiteurs ainsi que l’augmentation de la consommation de produits importés génèrent des quantités considérables de déchets et d’ordures. Dans les régions de montagne éloignées, l’élimination des déchets est entravée par le manque de transports, d’installations de recyclage et de soutien organisationnel. 

Afin de préserver nos montagnes et de développer un tourisme durable, il est tout aussi important de gérer les ressources naturelles et humaines, de maximiser le nombre de visiteurs et de leur offrir des activités touristiques tout en minimisant les impacts négatifs sur les sites et en assurant des bénéfices pour les communautés locales.

« Les montagnes ont toujours joué un rôle majeur dans mon circuit de trail », indique Mira Rai, une coureuse de trail népalaise et adepte du skyrunning, qui a été nommée Ambassadrice de bonne volonté du Partenariat de la montagne par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture lors de la Journée internationale de la montagne, le 11 décembre 2020. « Mais elles jouent un rôle essentiel dans l’ensemble de notre système mondial. Sans ces belles montagnes et leur environnement, la vie n’existerait tout simplement pas. Mira Rai a également créé l’Initiative Mira Rai (MRI), une organisation non gouvernementale qui soutient les coureuses de trail népalaises et promeut le trail comme un sport d’aventure populaire dans le pays. L’Initiative gère des bourses d’études, telles que les programmes Exchange and Empower et Ek Paila Agadi, qui visent à améliorer la vie des jeunes Népalaises issues de milieux désavantagés et marginalisés grâce à l’entraînement sportif, l’éducation et le développement personnel et professionnel. Ces programmes préparent les filles aux professions liées au trekking et au tourisme d’aventure en leur offrant une formation de guide de trekking. 

Pour les coureurs de trail, la préservation des montagnes et des sentiers est importante; le changement climatique est important; les montagnes, la jungle et les communautés locales sont importantes. Un coureur de trail peut jouer un rôle significatif dans la préservation des montagnes et le tourisme durable, en particulier par la sensibilisation et le plaidoyer. Selon Mira Rai, « la pollution, le changement climatique ainsi que d’autres activités humaines ont mis en danger [les montagnes] et ceux qui en dépendent ». « Nous devons agir maintenant pour préserver nos montagnes et leurs écosystèmes et les protéger. Une nature en bonne santé nous rendra plus heureux et plus sains. »

Construire en mieux : Les régions de montagne et leurs populations dans l’ère post-COVID-19 

Le trekking est le moteur de l’économie népalaise, mais en raison de l’épidémie de COVID-19, trois saisons ont été annulées et une quatrième saison risque de connaître le même sort. Avec le manque de visiteurs et les restrictions de voyage pour faire face à l’urgence de la pandémie, la stabilité financière du secteur touristique et de l’économie du pays sont dans un état critique. Tous les hôtels sont fermés depuis un an et demi. Les communautés locales et le secteur des services, qui comprend les guides de trekking et les porteurs, en ont pâti. Toutefois, l’amour des gens pour les voyages, et le désir de vivre des expériences qu’ils n’ont pas pu faire pendant la pandémie, a permis à de nombreuses entreprises d’être plus solides dans les régions où les taux d’infection par la COVID-19 ont diminué.

Alors que les voyages reprennent, les visiteurs commencent à reconnaître la valeur du tourisme durable et se montrent prêts à adopter des pratiques plus écologiques et plus respectueuses de l’environnement et de la société.  Ils voyagent de manière responsable tout en contribuant au bien-être de la population locale en lui offrant des moyens de subsistance sans nuire à l’environnement naturel. Le tourisme durable est la voie à suivre dans l’ère post-pandémique, mais il est absolument nécessaire d’élaborer des politiques en matière de tourisme durable et de les mettre en œuvre de manière appropriée, ainsi que de lancer des initiatives pour promouvoir les principes de conservation auprès des touristes au Népal ainsi que dans d’autres régions montagneuses dans le monde.


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