MECHAI VIRAVAIDYA est Commissaire de la Commission de haut niveau de l'ONUSIDA sur la prévention du VIH ainsi que Fondateur et Président de Population & Community Development Association, à Bangkok, en Thaïlande.

Un relâchement de la vigilance

Depuis une trentaine d'années que le monde est confronté à l'épidémie du VIH/sida, des méthodes de prévention ont été scientifiquement prouvées et portées à la connaissance du public. Pourtant, selon la Commission de haut niveau sur la prévention du VIH créée par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), il y a au moins 7 000 nouvelles infections à HIV par jour, un chiffre alarmant qui indique que la sensibilisation sur le VIH/sida est une question encore trop négligée par les gouvernements, la société civile et le secteur privé. Un effort important a été fourni à l'échelle mondiale en matière de prévention du VIH lorsque la maladie a commencé à se propager rapidement dans les pays en développement au début des années 1990 mais, plus récemment, une quantité de fonds disproportionnée a été allouée au traitement plutôt qu'à la prévention. Il est évident que la prévention est la méthode la plus efficace pour ralentir la propagation de cette terrible maladie, mais les décideurs continuent de considérer la prévention comme un problème de santé, et non comme un problème de société.