Le Financement du développement

Troisième Conférence internationale sur le financement du développement

Compte tenu des changements survenus dans le contexte économique mondial depuis Monterrey et Doha et de la nécessité de renforcer le suivi du financement du développement visant à appuyer la mise en œuvre du Programme de développement pour l’après-2015, les représentants de gouvernements et d’autres parties prenantes ont assisté à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 13 au 16 juillet 2015, à la Troisième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD3) EN, tenue conformément à la résolution 68/279 de l'Assemblée générale PDF adoptée le 30 juin 2014.

Le Programme d'action d'Addis-Abeba issu de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement PDFprésente un cadre ambitieux visant à mobiliser toutes les sources de financement publiques, privées, nationales et internationales ainsi que les politiques publiques et les cadres de réglementation afin de favoriser un développement social et économique véritablement inclusif. Ce nouveau programme apporte son appui à la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 grâce à un ensemble de mesures et d’objectifs à atteindre, y compris dans des domaines particulièrement sensibles, à savoir :

  • la protection sociale et les services publics,
  • le développement des infrastructures,
  • la promotion des investissements,
  • la facilitation des technologies et
  • la coopération internationale en matière fiscale.

Processus préparatoire de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement

Le processus préparatoire intergouvernemental de la Conférence a été lancé en octobre 2014 et a pris la forme d’une série de sessions de fond informelles, des consultations à l’échelon régional et une session de rédaction.

Cette troisième Conférence internationale constitue une étape importante dans le processus de financement du développement, notamment en raison de l'appui décisif qu'elle apporte à la mise en œuvre du Programme de développement pour l’après-2015, adopté en septembre 2015 à New York.

Conformément aux résolutions 68/204 et 68/279 de l'Assemblée générale, elle vise essentiellement à:

  • examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha sur le financement du développement,
  • relancer le suivi du financement du développement et à s’attaquer aux nouveaux défis à relever, y compris dans le cadre des dernières actions multilatérales visant à promouvoir la coopération internationale en matière de développement et
  • veiller à ce que personne ne soit laissé de côté.

Le point de vue africain

Depuis Monterrey, les immenses défis en matière de développement auxquels les pays africains sont confrontés et la nécessité de renforcer l’appui international afin de répondre aux besoins particuliers de l’Afrique ont été clairement pris en compte dans le financement du développement. Dans la Déclaration de Doha, les États Membres ont reconnu que l’élimination de la pauvreté, spécialement en Afrique, constitue le plus important défi au monde. Ils se sont dès lors engagés à renforcer leurs contributions aux besoins particuliers du continent.

En mars 2015, les pays africains ont adopté un document intitulé « Le financement du développement - les perspectives de l'Afrique » PDF en anglais, qui récapitule leurs priorités en ce qui concerne les divers piliers du financement du développement, à savoir:

  • le financement public national et international,
  • l’investissement direct étranger et d’autres apports financiers,
  • le commerce,
  • la dette extérieure,
  • les problèmes systémiques,
  • la science, la technologie et l’innovation ainsi que le renforcement des capacités et
  • les activités d'observation et de suivi ainsi que la constitution de données.

Apport du Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique

Ayant pour mandat de mobiliser l’appui international en faveur du développement de l’Afrique, le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique s’est particulièrement attaché au financement, y compris pendant la phase préparatoire et le déroulement de la troisième Conférence internationale consacrée à cette question. Le Secrétaire général adjoint et Conseiller spécial pour l’Afrique, M. Maged Abdelaziz, était au nombre des orateurs de la première session de fond de la phase préparatoire qui s’est tenue du 10 au 12 novembre 2014. Il a insisté sur les changements majeurs enregistrés dans les secteurs de l'économie et du développement à l’échelon mondial depuis la Déclaration de Doha de 2008.

À cet égard, le Bureau du Conseiller spécial a également participé à toutes les réunions et consultations régionales pertinentes et contribué à l’élaboration des positions communes africaines sur des questions importantes relatives au financement pour le développement. Il en a été ainsi pour la Position africaine commune sur le programme de développement pour l'après-2015 PDF et le « financement du développement - les perspectives de l'Afrique ».

En sa qualité de membre de la délégation du Secrétaire général à la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, le Secrétaire général adjoint et Conseiller spécial pour l’Afrique, M. Maged Abdelaziz, a apporté son concours au Secrétaire général pour parvenir à un consensus entre États Membres sur le document final, lequel constitue le socle du programme de développement pour l’après-2015.

Dans le même esprit, le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique a coorganisé, en marge de la Conférence, une Réunion annexe de haut niveau sur l'utilisation des fonds de pension pour le financement du développement des infrastructures en Afrique.

Par ailleurs, la résolution 66/293 de l’Assemblée générale, qui a désigné le Bureau du Conseiller spécial pour exercer les fonctions de secrétariat du Mécanisme des Nations Unies chargé d’assurer le suivi des engagements pris en faveur du développement de l’Afrique, demande aux pays africains et à leurs partenaires de privilégier davantage la mise en œuvre des engagements multilatéraux en faveur du développement pris à l’occasion d’importants sommets et réunions de l'ONU portant sur des questions sociales, économiques et sujets connexes, y compris les conférences sur le financement du développement. Cet aspect financier a ainsi occupé la première place parmi les principaux thèmes traités dans le premier rapport biennal sur l’examen de la concrétisation des engagements pris en faveur du développement de l’Afrique (A/69/163).

Évolution

Avec l’adoption en l’an 2000 de la Déclaration du Millénaire PDF, dans laquelle les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont été définis, les dirigeants mondiaux se sont fermement engagés à tirer des millions de personnes de la pauvreté et à promouvoir le développement économique et social. C’est aussi dans ce document que la communauté internationale a affirmé sa volonté de faire du droit au développement une réalité pour tous et de mettre l’humanité toute entière à l’abri du besoin.

Pour réaliser cette vision inscrite dans la Déclaration, la Conférence internationale sur le financement du développement de 2002 a adopté le Monterrey Consensus PDF qui avait pour objet de promouvoir un partenariat mondial renforcé en matière de développement, afin que les actions nationales visant à éliminer la pauvreté bénéficient d'un appui international, en particulier dans les domaines suivants :

  • l’aide publique au développement,
  • le commerce,
  • l’allègement de la dette et
  • le renforcement des capacités.

Adoptée lors de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement chargée d’examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, la Déclaration de Doha de 2008 PDF a insisté sur la nécessité de maintenir les engagements en matière d'aide en dépit des aléas de la conjoncture économique mondiale. Elle a également réaffirmé la volonté d’éliminer la pauvreté, de parvenir à une croissance économique et à un développement durable, de réformer également la gouvernance financière internationale.