Contribution au débat de haut niveau du Conseil économique et social consacré à l'intégration

Contexte

Le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique participe et contribue depuis des années à l’ensemble des travaux du Conseil économique et social (ECOSOC). L’ECOSOC organise chaque année un « Débat de haut niveau consacré à l’intégration », conformément au document final de la Conférence de Rio+20 intitulé « L'avenir que nous voulons ». En effet, ce document confie à l’ECOSOC un  rôle moteur dans l’intégration des trois dimensions, économique, sociale et environnementale du développement durable.

La participation et contribution du Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique tirent parti de ses actions de mobilisation en faveur du programme de développement porteur de transformation établi par l’Union africaine. Le Bureau du Conseiller spécial a apporté son appui au débat consacré à l’intégration en prenant part aux sessions qui ont eu lieu depuis 2014.

Il s’est également associé à des organismes des Nations Unies pour mobiliser l’attention sur des questions relatives à l’Afrique dans le cadre d’action de l’ECOSOC pour la jeunesse et l’urbanisation et lors des délibérations sur le Programme de développement pour l’après-2015, le suivi de l’application du document final de la Conférence de Rio+20, l’Agenda 2063, la Journée de l’industrialisation de l’Afrique et sur l’Évaluation du relèvement après l’Ebola.

Le Rôle du Bureau du Conseiller spécial

Le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique a apporté son concours aux préparatifs techniques et pleinement pris part aux échanges du premier Débat de haut niveau de l'ECOSOC consacré à l’intégration organisé en 2014, sur le thème de l’« Urbanisation durable ». À cette occasion, il s’est associé à des organismes des Nations Unies pour mobiliser l'attention sur des questions relatives à l’Afrique dans le cadre d’action du Conseil économique et social pour la jeunesse et l’urbanisation.

Le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique a aussi participé aux préparatifs techniques et aux délibérations du Forum de la jeunesse qui s’est tenu à l’initiative de l’ECOSOC en 2015. Les interventions ont porté sur les moyens de développer autant que possible l’engagement des jeunes dans la période de transition entre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les objectifs de développement durables. Les résultats et recommandations ont enrichi le Débat de haut de niveau de l’ECOSOC consacré à l’intégration en 2015.  Le forum a aussi offert aux jeunes africains une plate-forme pour dialoguer avec les États Membres et d’autres parties prenantes de haut niveau sur la meilleure manière d’être pris en compte pour orienter le programme de transformation de l’Afrique, en s’inspirant du programme de développement pour l’après-2015 et de l’Agenda 2063 récemment adopté par l’Union africaine. Près de 500 jeunes représentants ont pris une part active aux discussions, apportant des idées et relevant les priorités absolues qui mériteront une vigilance accrue de la part des décideurs politiques lors du passage des OMD au programme de développement pour l’après-2015.

Le Bureau a été représenté à la session sur le « Travail en Afrique » du Débat consacré à l’intégration, le 31 mars 2015. Les participants ont discuté des mesures visant à développer des emplois dans les secteurs formels et informels, à investir dans les emplois verts et les métiers de la technologie.

Importance pour l’Afrique

Pour l’Afrique, les débats de l’ECOSOC ont revêtu une importance considérable car ils ont abordé des questions qui sont au cœur du programme porteur de transformation pour le continent.

Le premier Débat consacré à l’intégration, qui s’est tenu en 2014, a montré que l’urbanisation peut être utile pour intégrer les trois dimensions du développement durable. Il a été noté que, si le continent est très peu urbanisé avec à peine 40% de la population vivant dans des agglomérations, l’Afrique enregistre la plus forte croissance urbaine au monde. À cela s’ajoute l’articulation très particulière entre la ville et la campagne, des liens puissants à prendre en considération dans la transformation structurelle globale et veiller à ce que les actions de développement se concentrent sur les zones aussi bien urbaines que rurales.

Le Débat consacré à l’intégration de 2015 s’est penché sur la « réalisation du développement durable grâce à la création d'un emploi décent pour tous ». L’accent mis sur les politiques économiques nationales et internationales pour favoriser le développement durable et les possibilités d’un travail convenable est d'actualité, notamment pour l'Afrique, où le nombre d'emplois décents stagne tandis que le taux de chômage poursuit son ascension. 

Que la création d’emplois et le travail décent recueillent toute l’attention est particulièrement important pour les jeunes car 13% d’entre eux étaient au chômage en 2014, un nombre presque trois supérieur au pourcentage d’adultes sans emploi. Avec 200 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans, l’Afrique a la plus forte concentration de jeunes de la planète. Elle mérite de ce fait une attention spéciale. La création d’emplois doit par conséquent être accompagnée de mesures visant à garantir de meilleures rémunérations assorties d’améliorations en matière de sécurité, d’éducation, d’infrastructure et de technologie.

La transformation de l’économie informelle et la modernisation des économies rurales pour relancer la productivité et susciter de meilleurs emplois dans des conditions respectueuses de l’environnement éveillent également un grand intérêt. Ces aspects revêtent pour l’Afrique aussi une importance capitale, dès lors les secteurs informels représentent plus de 80% des économies du continent. À cet égard, les actions de mobilisation et le rôle de coordinateur du Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique sont appréciables. Le Bureau s’emploie en effet à mettre en avant les actions des entités du Système des Nations Unies, y compris de l’Organisation internationale du travail (OIT) dont les travaux portent sur ces questions cruciales.