Déclaration de fin d’année par le président de l’IPNUQA

Alvaro PDéclaration de fin d’année par M. Álvaro Pop Ac, Président de l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones
31 décembre 2016

Nous sommes arrivés à la fin de l’année et à l’expiration de mon mandat de président de l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones. Par conséquent, je tiens à exprimer ma gratitude à tous ceux avec qui j’ai eu l’occasion de travailler ces dernières années, et tout d’abord à mes frères et sœurs autochtones, qui sont la raison d’être de l’Instance Permanente. Je voudrais également remercier les États Membres, le système des Nations Unies et les organisations de la société civile qui ont appuyé nos travaux. Je tiens également à remercier les autres membres de l’Instance Permanente, dont le mandat se termine également, pour leur travail acharné.

En 2016, la quinzième session de l’Instance Permanente s’est tenue. Les peuples autochtones, les États Membres et les organismes, fonds et programmes des Nations Unies ont examiné les six domaines du mandat de l’Instance Permanente (développement économique et social, culture, environnement, éducation, santé et droits de l’homme).

Une attention particulière a été accordée au thème «Peuples autochtones: conflits, paix et résolution». Nous avons noté que des conflits ont commencé par l’exploitation minière, l’exploitation forestière, les industries du pétrole et du gaz, et l’utilisation et la préservation de l’eau. Nous avons unanimement appelé à la préservation de la vie des défenseurs autochtones des droits de l’homme afin qu’ils puissent mener leur travail à l’abri de représailles, du harcèlement, d’intimidation ou de violence. Les femmes autochtones ont fait entendre leur voix contre les abus et la violation de leurs droits humains.

Dans le cadre du suivi de la Conférence Mondiale sur les peuples autochtones tenue en 2014, le Secrétaire Général Ban Ki-moon, a lancé le Plan d’Action du Système des Nations Unies à l’ouverture de la session de l’Instance Permanente. Le Plan d’action fournit un outil puissant au système des Nations Unies, aux equipes de pays et aux coordonnateurs résidents pour aider les États Membres dans leurs dialogues et travailler avec les peuples autochtones pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.

Cette année, pour la première fois, dans le cadre de nos nouvelles méthodes de travail et pour donner l’occasion de se concentrer sur des questions précises et de trouver des solutions, les membres de l’Instance Permanente ont mené des dialogues interactifs et distincts avec les peuples autochtones, les États Membres et les organismes, fonds et programmes du système des Nations Unies et autres organes intergouvernementaux. Il y avait un soutien général pour les réunions à huis clos et la possibilité de disposer d’un espace pour aborder des questions importantes. Cette initiative sera poursuivie dans les prochaines sessions.

Une réunion d’experts internationaux sur les «langues autochtones: préservation et revitalisation» a également eu lieu en 2016. Les langues autochtones forment le socle de continuité pour la survie et le bien-être des cultures autochtones d’une génération à l’autre. L’Instance Permanente a recommandé que l’Assemblée Générale, d’ici 2020, proclame une Année Internationale des Langues Autochtones.

Nous sommes heureux que les États Membres aient répondu positivement à notre recommandation et que l’Assemblée Générale, dans sa résolution 71/178 du 19 décembre 2016, ait proclamé 2019 Année Internationale des Langues Autochtones pour attirer l’attention sur la perte critique de langues autochtones et sur l’urgence de préserver, de revitaliser et de promouvoir les langues autochtones et de prendre d’autres mesures urgentes aux niveaux national et international.

En outre, tout au long de l’année, une série de consultations ont été organisées sur la participation des peuples autochtones aux Nations Unies et elles se poursuivront au début de 2017. Le processus de renforcement de la participation des peuples autochtones aux Nations Unies devrait envisager la construction d’une feuille de route pour la reconnaissance des peuples autochtones comme observateurs permanents à l’avenir. Cette représentation doit faire en sorte que la voix équitable des peuples autochtones soit entendue dans tous les rassemblements, assemblées, forums, sommets et conférences mondiales organisés pour le bien-être de l’humanité.

Tout au long de l’année, d’importants événements mondiaux ont également eu lieu, comme la COP22 à Marrakech, qui a reconnu les besoins et les préoccupations des peuples autochtones dans le domaine du changement climatique et a lancé la mise en place d’une plate-forme de communautés locales et de peuples autochtones.

En outre, le début de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et des Objectifs de Développement Durable, présente une immense opportunité. Les objectifs du Millénaire pour le développement ne donnaient pas une visibilité à la situation des peuples autochtones; Cependant, l’Agenda 2030, qui met l’accent sur le fait de ne laisser personne derrière, est un outil puissant pour remédier aux énormes lacunes auxquelles les peuples autochtones sont encore confrontés.

Un monde inclusif pour les peuples autochtones signifie un monde qui respecte nos droits humains. En fait, certains projets qui peuvent être mis en œuvre dans le cadre de l’Agenda 2030, comme l’expansion des projets hydroélectriques sur nos terres et territoires ancestraux, comportent des risques de déplacement et peuvent avoir des effets négatifs sur les peuples autochtones. Toutefois, si la mise en œuvre de l’Agenda 2030 est pleinement conforme à la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, il y aura des consultations et le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones sera recherché. En ce qui concerne l’Agenda 2030, nous ne devons pas oublier qu’un monde inclusif pour les peuples autochtones signifie aussi un monde où les populations autochtones sont visibles dans les statistiques nationales.

La fin de l’année coïncide avec la fin du mandat de M. Ban Ki-moon en tant que Secrétaire Général des Nations Unies. Je le remercie pour tout son travail pendant ces années et surtout de son soutien à la Conférence Mondiale sur les peuples autochtones. Je voudrais également souhaiter la bienvenue à M. António Guterres, nouveau Secrétaire Général des Nations Unies, qui, j’en suis sûr, soutiendra les peuples autochtones dans leurs efforts pour la pleine application de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones . J’aimerais réitérer aux membres de l’Instance Permanente dont le mandat se termine aussi mes plus sincères remerciements et je suis certain que les nouveaux membres bénéficieront du soutien que nous avons reçu.

Je voudrais exprimer ma reconnaissance aux efforts des organismes qui ont progressé dans la mise en œuvre du Plan d’Action à l’Echelle du Système et mis en œuvre des politiques et des définitions pour assurer le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones, , La lutte contre la faim, le renforcement de la sécurité alimentaire et de la souveraineté, l’eau, la pêche et les droits fonciers.

Nous vivons un changement d’époque et une ère de changements. C’est un moment où la vision du monde des peuples autochtones apportera une contribution significative aux défis auxquels nous sommes confrontés pour renforcer la démocratie et l’éthique pour la production de richesses pour l’humanité. Leur humanisme et leur relation avec la nature seront des ressources qui nous permettront de mieux faire face aux défis de l’avenir.

Je vous souhaite le meilleur pour la nouvelle année.