Déclaration du Président de l’Instance Permanente à l’occasion du Premier Anniversaire du Processus de Paix au Mali

alvaro25 Juillet 2016 – Même dans les sociétés pacifiques, les peuples autochtones se trouvent souvent impliqués dans des situations qui dégénèrent en conflit principalement liées à leurs terres, territoires et ressources ou de leurs droits civils, politiques, culturels, sociaux et économiques. Les peuples autochtones experimentent de plus en plus des situations de conflits armés et de la militarisation sur leurs terres. Dans presque toutes les régions du monde, les peuples autochtones sont déplacées et sévèrement touchés par la violence résultante. De tels conflits dans les terres et territoires des peuples autochtones affectent fondamentalement la vie des femmes autochtones, de leurs familles et de leurs communautés en provoquant des violations de leurs droits humains, les déplacements de leurs terres ancestrales et de la vulnérabilité économique extrême.
L’Instance Permanente des Nations Unies sur les Questions Autochtones a discuté sur le theme «Les peuples autochtones: les Conflits, la Paix et la Résolution» au cours de sa dernière session, en Mai 2016, avec un groupe d’experts. L’insécurité persistante au Mali et son impact sur les peuples touaregs a été mis en évidence au cours de cette discussion. Dans son rapport, l’Instance Permanente prie instamment la communauté internationale à soutenir le processus de paix au Mali et de créer un comité de surveillance indépendant qui supervisera la mise en œuvre de l’accord de Paix du 20 Juin 2015, avec la participation effective et représentative des peuples touaregs conformément avec les articles 7 et 37 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples Autochtones (Rapport de IPQA à la Quinzième session E/2016/43-E/C.19/2016/11).
Une question soulevée a ete la lenteur actuelle de la mise en œuvre de l’Accord de Paix de Juin ainsi que des violations et atteintes graves aux droits humains. Dans la période considérée (19 mars-31 mai 2016), un total de 96 de ces cas ont été signalés, avec 131 victimes identifiées, dont 31 enfants. Le nombre de personnes déplacées est estimé à environ 52.000, dont 51 pour cent sont des enfants et 25 pour cent sont des femmes, tandis que près de 145.000 réfugiés maliens restent au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger (selon le dernier rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur la situation au Mali). Il est impératif qu’une solution durable et pacifique soit trouvée, et que cela porte sur les droits des peuples touaregs au Mali, afin de leur donner les moyens afin qu’ils soient socialement et économiquement indépendants de l’aide humanitaire internationale. Je fais écho donc des attentes du Secrétaire Général Ban Ki-moon que les parties signataires fassent tout leur possible pour assurer la mise en œuvre rapide et complète de l’Accord de Paix.
Il ne peut avoir aucune solution à tout conflit à moins que les peuples autochtones concernés soient des partenaires égaux dans le processus de paix. Nous devons donc continuer à faire respecter les droits énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones comme normes minimales pour la survie, la dignité et le bien-être des Peuples Autochtones du monde.

 

“Injustice quelque part est une menace pour la justice partout»
~ Martin Luther King Jr.