Actualités

Il faut des données plus solides pour contrer la rhétorique toxique sur les migrations internationales

Le Secrétaire général adjoint du DAES des Nations Unies, Thomas Gass, a appelé aujourd’hui au renforcement des données sur les migrations afin de mieux comprendre la contribution des migrants au développement social et économique.

“Ce n’est qu’en accordant une haute priorité à l’amélioration des données sur les migrations que les pays pourront élaborer des politiques fondées sur des données probantes (…) et changer la rhétorique toxique actuelle sur les migrations internationales”, a déclaré Gass lors d’une réunion visant à jeter les bases d’un pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Les contributions vastes et diverses que les migrants et la diaspora apportent au développement durable sont à l’honneur lors des consultations thématiques de l’Assemblée Générale cette semaine.

Selon la Révision des Perspectives de la Population Mondiale du DAES de l’ONU édition 2017, lancée le mois dernier, il y a eu un apport net moyen de 3,2 millions de migrants par an aux pays à revenu élevé entre 2010 et 2015.

En 2015, les migrants des pays en développement ont envoyé 432 milliards de dollars dans leur pays d’origine – plus de trois fois le montant que les pays riches ont décaissé comme aide publique au développement pour la même année.

Ces envois de fonds aident les familles des migrants à envoyer les enfants à l’école, à payer les soins médicaux, à épargner pour l’avenir et à lancer de nouvelles initiatives commerciales.

Les pays développés bénéficient également énormément des personnes en déplacement. En 2015, le nombre de migrants internationaux était d’environ 244 millions – les personnes vivant dans un pays autre que celui dans lequel ils sont nés – et près des trois quarts d’entre eux étaient en âge de travailler (177 millions). Les migrants apportent leurs compétences et leurs connaissances pour combler des lacunes sur le marché du travail des pays développés avec des populations vieillissantes.

En plus de stimuler l’économie, les migrants contribuent également à créer une société plus dynamique et innovante dans leurs pays d’accueil. Aux États-Unis, par exemple, près d’un quart des employés du secteur de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques sont nés à l’étranger.

Cependant, les données montrant la contribution des migrants dans les pays d’accueil font grandement défaut, si bien qu’il est difficile dans de nombreux pays de citer des exemples comme ceux-ci. Le manque de conscience qui en résulte permet aux rhétoriques xénophobes et racistes de s’implanter.

“Ce [manque de connaissance] doit être inversé afin que la politique soit fondée sur des preuves et non axée sur la perception. Les politiques répondant aux fausses perceptions renforcent la validité apparente de ces stéréotypes erronés et rendent le recours à des politiques appropriées beaucoup plus difficile “, a déclaré Louise Arbour, Représentante spéciale des Nations Unies pour les migrations internationales.

L’une des meilleures façons de lutter contre les fausses déclarations et accusations est de fournir une meilleure preuve des contributions positives des immigrants aux économies et aux sociétés d’accueil.

«Pour saisir l’opportunité unique offerte par le pacte mondial, le document final devrait inclure un “Plan d’action mondial pour les données sur les migrations”», a précisé Thomas Gass dans sa déclaration.

La consultation sur les contributions des migrants au développement durable, qui est la quatrième d’une série de six consultations thématiques tenues par l’Assemblée Générale cette année, se déroulera jusqu’à mardi. Le mercredi 26 juillet, le Président de l’Assemblée Générale convoquera la première audition multipartite sur le pacte migratoire, avec la société civile, le secteur privé et le milieu universitaire.

Vous pouvez suivre ces événements en direct sur webtv.un.org et rejoindre la conversation en utilisant #ForMigration.

Suivez-nous