Deux responsables de l’ONU appellent à réduire les inégalités dans et entre les pays
Lors d’une réunion spéciale du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) sur l’inégalité, deux hauts responsables de l’Organisation ont appelé à saisir l’opportunité offerte par la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 pour réaliser les réformes structurelles nécessaires à la réduction des inégalités dans et entre les pays.
« Les inégalités dans et entre les pays représentent un immense défi pour les efforts mondiaux de développement. De grandes disparités de revenu, de richesse, de pouvoir et d’opportunité pèsent sur nos efforts de progrès, tant au niveau international que national », a déclaré durant cette réunion le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson.
Dans ce contexte, le Vice-Secrétaire général s’est félicité de l’adoption en septembre dernier par les Etats membres du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des objectifs ambitieux qu’il contient.
« L’inégalité occupe une place importante dans les objectifs de développement durable [ODD]. Nous avons deux objectifs autonomes : l’objectif 5 sur l’égalité des sexes et l’objectif 10 sur la réduction des inégalités dans et entre les pays. Mais l’inégalité est aussi une question transverse qui imprègne pratiquement l’ensemble des 17 ODD et leurs cibles », a rappelé M. Eliasson.
Le Vice-Secrétaire général a déploré que, dans beaucoup trop de pays, les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les personnes âgées, les peuples autochtones et les minorités continuent d’être confrontés à l’exclusion de la vie sociale, économique et politique.
« Nous reconnaissons également que l’inégalité est un défi à relever aussi bien par les pays les moins avancés, que par les pays à revenu intermédiaire et développés : elle est universelle », a-t-il souligné, ajoutant que sur l’ensemble de ces pays, la moitié la plus pauvre de la population possède souvent moins de 10% de la richesse totale.
Pourtant, M. Eliasson a déclaré que les inégalités croissantes au sein des pays ne sont pas une fatalité et que des mesures politiques appropriées peuvent y remédier.
« Ces mesures vont de la restructuration de la dette à la relance budgétaire mesurée, toutes deux rendues plus faciles aujourd’hui pas des taux d’intérêt historiquement bas », a-t-il indiqué, tout en mentionnant également la promotion de l’égalité des chances, l’amélioration de la protection sociale et l’accès universel aux biens et services publics.
Le Vice-Secrétaire général a également insisté sur le défi que représentent les inégalités entre les pays, souvent favorisées par les flux financiers illicites, les manipulations financières, les fraudes fiscales et le manque d’harmonisation des codes fiscaux entre les pays.
« Tout cela a un effet négatif significatif sur les sociétés et les marchés. La crise financière et économique mondiale récente a mis en évidence l’impact dévastateur des défaillances du marché sur les inégalités », a déclaré M. Eliasson.
Le Vice-Secrétaire général a par conséquent appelé à accroitre, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, la coopération internationale pour le développement, afin de diriger les ressources publiques et privées là où les besoins sont les plus grands et les capacités sont les plus faibles.
Dans son discours d’ouverture de la réunion, le Président de l’ECOSOC, Oh Joon, a quant à lui déclaré qu’au cours des dernières décennies, les taux de pauvreté ont diminué dans toutes les régions du monde.
« Cependant, les chiffres montrent clairement que les écarts de revenu et de richesse n’ont cessé de se creuser dans le monde entier. Aujourd’hui, sept personnes sur 10 dans le monde vivent dans des pays où l’inégalité des revenus a augmenté, au point d’atteindre dans de nombreux cas son niveau le plus élevé en 30 ans », a déploré le Président de l’ECOSOC.
« Il est devenu un cliché de dire que les 1% les plus riches en sont venus à posséder plus de la moitié de la richesse totale du monde », a-t-il ajouté.
Selon M. Oh Joon, le fait que les écarts entre les riches et les pauvres se creusent en dépit même de l’amélioration globale des conditions de vies des plus pauvres, indique qu’il existe des problèmes structurels ne pouvant pas être réglés par les seuls efforts de réduction de la pauvreté.
Le Président de l’ECOSOC a ainsi appelé à prendre appui sur la mise en œuvre des ODD numéro 5 et 10 du Programme de développement durable à l’horizon 2030 pour s’attaquer à ces difficultés d’ordre structurel.
Source: Centre d’actualités de l’ONU
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