Actualités

Coopération fiscale, accès au numérique, gestion des ressources naturelles : les clés d’un après-Covid-19 durable

Les experts membres du Conseil consultatif de l’ONU pour les affaires économiques et sociales ont publié mercredi un rapport proposant des pistes pour mieux reconstruire le monde de l’après-Covid-19.

Les propositions de ces experts visent à conseiller sur la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030 tout en prenant compte la menace de possibles pandémies et leurs conséquences sur le plan économique et social.

Les auteurs de ce rapport suggèrent ainsi d’améliorer la coopération fiscale internationale, d’assurer un accès plus équitable aux avancées technologiques numériques, de gérer de façon durable les ressources naturelles mais aussi des approches « à valeur ajoutée » dans le commerce des marchandises.

Ils abordent les incertitudes auxquelles l’économie mondiale est confrontée, mettant dans une perspective historique les principales tendances économiques, et expliquent pourquoi une approche ajustée du développement économique est nécessaire. Les recommandations plaident également pour une attention accrue à l’environnement dans la poursuite du développement économique et social. Une attention particulière est accordée à la nécessité d’un financement durable et une plus grande attention à l’égalité.

« En pleine (crise de) Covid-19, la communauté mondiale se trouve dans une situation sans précédent. Des menaces parallèles liées à des crises sanitaires, économiques et sociales ont paralysé les pays et nous ont laissés dans l’impasse », a rappelé le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociale, Liu Zhenmin. « Les plus pauvres et les plus vulnérables sont touchés de manière disproportionnée, et les femmes et les enfants sont les plus touchés », a-t-il ajouté.

71 millions de personnes devraient retomber dans l’extrême pauvreté cette année

Au début du mois, le rapport de suivi annuel de l’ONU sur les progrès accomplis dans la réalisation des 17 ODD a montré que ce sont les personnes plus pauvres et les plus vulnérables du monde qui sont les plus durement touchées par les effets de la pandémie du Covid-19.

Selon les estimations, 71 millions de personnes devraient retomber dans l’extrême pauvreté en 2020 – ce qui correspondrait à la première augmentation de la pauvreté dans le monde depuis 1998.

En ce qui concerne les avancées technologiques numériques, les experts du Comité consultatif appellent à promouvoir activement la recherche et le développement, à investir dans les infrastructures et l’éducation, à introduire des pratiques réglementaires pour garantir que les arrangements organisationnels induits par les technologies génèrent des salaires décents et en hausse, en particulier pour les travailleurs disposant de bas revenus, et à améliorer l’égalité économique.

La question du numérique démontre l’éventail de décisions complexes auxquelles les décideurs sont confrontés dans leur quête d’une croissance soutenue et d’emplois décents via des transformations structurelles. « Le sujet ne pourrait pas être plus opportun et pertinent pour le monde post-Covid-19, qui sera certainement beaucoup plus numérique qu’auparavant », a dit M. Liu.

« Nous devons tous faire plus »

Les propositions faites par le Comité consultatif de l’ONU sont le fruit de deux années de réflexions et de travaux de leurs 17 membres qui sont principalement des universitaires et chercheurs en économie ainsi que des décideurs politiques. Le Comité compte notamment parmi ses membres les économistes américains de l’Université Columbia Jeffrey Sachs (qui travaille depuis plusieurs années sur les questions de développement durable avec l’ONU) et Joseph E. Stiglitz (lauréat du prix Nobel d’économie).

Lors de la présentation des propositions du Comité consultatif, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, a rappelé que les ODD demeurent le cadre convenu pour une relance post-Covid-19 qui accélère les progrès dans la lutte contre le changement climatique, la pauvreté et les inégalités entre les sexes tout en s’attaquant aux inégalités et aux fragilités qui ont été exposées ou exacerbées par la pandémie.

« Aucun pays n’ira vraiment de l’avant si nous laissons les gens derrière nous. Pour mieux récupérer ensemble, nous devons tous faire plus », a dit Mme Mohammed.

Source: ONU Info

Suivez-nous