RDC: vol inaugural du premier drone de surveillance de la MONUSCO

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, inspecte un drone de surveillance. Photo: MONUSCO/Sylvain Liechti

3 décembre 2013 – Les Nations Unies ont officiellement lancé mardi à Goma le tout premier aéronef non létal et sans pilote utilisé par une opération de maintien de la paix de l'ONU, en l'occurrence la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (RDC).

Fabriqué en Italie, le drone a décollé à 12h01, heure locale, depuis l'aéroport de la capitale provinciale du Nord-Kivu. Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a pris part à cette cérémonie, aux côtés notamment du Ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba.

« C'est une première dans l'histoire des Nations Unies qu'une telle technologie de pointe est utilisée dans le cadre d'une mission de maintien de la paix », s'est félicité M. Ladsous.

« L'ONU a besoin de ce genre d'outils pour mieux s'acquitter de son mandat », a-t-il ajouté. La MONUSCO est notamment chargée de la protection des civils congolais.

La RDC est en proie depuis de nombreuses années à des affrontements entre forces gouvernementales et divers groupes armés qui ont touché des millions de personnes, dont le Mouvement du 23 mars (M23), composée de mutins de l'armée congolaises (FARDC).

La MONUSCO a souvent souligné le défi qui consiste pour elle à s'acquitter de son mandat, compte-tenu de l'immensité de sa zone d'opération et la pénurie de ce que l'on appelle les « multiplicateurs de force », comme les hélicoptères de combat. Les drones permettront d'assurer une bien meilleure couverture, affirme la MONUSCO.

« Nous devrions être ainsi en mesure de combiner les informations recueillies en vol avec celles collectées sur le terrain par les personnels de la mission », a précisé le commandant de la Force de la MONUSCO, le Général Santos Cruz.

« On peut observer les mouvements des groupes armés, ceux des populations, et même visualiser les armes portées par des individus sur le terrain, y compris dans des zones boisées », a-t-il ajouté, décrivant des images qui pourraient être obtenues à trois kilomètres d'altitude.

Selon M. Ladsous, les drones pourraient déjà avoir un impact. Ainsi, la hausse récente des défections au sein du M23 pourrait être liée à un changement de perception de la situation dans l'est de la RDC, comme en témoigne le déploiement de ces drones.

« Comme toujours, il y a un aspect opérationnel et un aspect dissuasif », a-t-il ajouté.


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