Ban Ki-moon veut faire des villes les avant-postes de la lutte contre les changements climatiques

Nairobi, capitale du Kenya. Photo: ONU-Habitat/Nathan Kihara

21 novembre 2013 – Alors que plus la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain, tendance en pleine expansion, notamment en Afrique et en Asie, des villes viables et bien aménagées présentent de nombreux avantages, y compris pour les zones rurales, a plaidé jeudi le Secrétaire général de l'ONU à Varsovie.

« Nous sommes tous familiers des défis auxquels nous faisons face. Notre responsabilité commune est de les transformer en opportunités », a lancé Ban Ki-moon à l'adresse des participants à un panel organisé en marge de la Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s'achève demain.

« Les villes sont les moteurs du dynamisme et de la créativité. À bien des égards, elles sont le laboratoire expérimental de nos efforts de lutte contre les changements climatiques, du renforcement de notre résilience et de la réalisation plus rapide d'un développement équitable. »

« En modifiant la manière dont nous planifions nos villes, construisons nos maisons et faisons circuler nos marchandises, nous pouvons ouvrir la voie à un avenir faible en émissions de carbone qui profite aussi bien aux peuples du monde entier qu'à la planète elle-même», a poursuivi M. Ban, pour qui une planification urbaine intégrée – des ministères aux collectivités locales – est porteuse de réponses.

Le chef des Nations Unies a donc réitéré son appel de la veille aux États parties, qu'il avait encouragés à faire figurer les actions de lutte contre les changements climatiques en tête de leurs priorités politiques et budgétaires.

Pour maintenir cet élan, il a rappelé aux Etats membres l'importance de la tenue, en septembre prochain, à New York, d'un sommet sur le climat, qui réunira chefs d'Etat et de gouvernement et chefs de file de la société civile, du secteur privé, du monde la finance et de la communauté philanthropique. « J'exhorte tous ceux qui y participeront à annoncer des actions audacieuses », a lancé le Secrétaire général.

Parallèlement, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a rendu aujourd'hui public un rapport qui s'alarme de la dangerosité du protoxyde d'azote (N2O), un gaz dangereux souvent négligé et dont les émissions pourraient doubler d'ici à 2050. Les coauteurs du rapport affirment que le protoxyde d'azote est désormais le troisième gaz à effet de serre le plus nocif et celui qui appauvrit le plus la couche d'ozone à l'heure actuelle.

Si des quantités infimes de N2O sont présentes naturellement dans l'atmosphère, sa concentration est principalement d'origine anthropique. Mais le rapport conclut à la possibilité de faire baisser ses émissions, avec des impacts mesurables sur l'agriculture, l'industrie, la pêche, la gestion des déchets et les transports.

Au nombre de ses recommandations, il suggère de réduire les émissions d'azote générées par l'agriculture, notamment en mettant un frein à l'utilisation d'engrais azotés et de protéine animales. Le gaspillage alimentaire, que combat vigoureusement l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), est également une cause de la concentration élevée de NO2 dans l'atmosphère.

Par ailleurs, dans le secteur industriel, des gains importants peuvent être réalisés en limitant les émissions d'acides adipique et nitrique – responsables à eux seuls d'environ 5 % des émissions mondiales de protoxyde d'azote, relève le PNUE.


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