Crise syrienne: l'ONU décide d'harmoniser sa réponse sur le front du développement

4 novembre 2013 – De hauts responsables des Nations Unies ont convenu lundi de compléter les efforts humanitaires en cours en Syrie et les pays voisins pour les aider à surmonter l'impact de la crise et le ralentissement économique qu'elle a entraîné dans la région.

« Tout en continuant de fournir une aide humanitaire essentielle, nous devons répondre à des besoins de développement de manière à la fois complémentaire, simultanée et urgente », a expliqué la Présidente du Groupe régional de développement des Nations Unies, Sima Bahous.

« Nous devons préserver les gains actuels de développement et empêcher les revers potentiels et, parallèlement, appuyer la reprise et entretenir les capacités de développement pour que les populations prises en charge par leurs institutions locales puissent faire face à la crise actuelle et reconstruire leur vie », ajoute Mme Bahous, qui est également la Directrice du Bureau régional pour les États arabes au Programme de développement des Nations Unies (PNUD).

Les directeurs régionaux et les représentants de plus de 20 agences des Nations Unies, notamment le PNUD, sont réunis dans la capitale jordanienne Amman depuis samedi pour discuter des moyens d'harmoniser les réponses de l'ONU au conflit, qui a tué plus de 100.000 personnes et contraint des millions d'autres à fuir à l'intérieur de la Syrie et dans les pays voisins.

Près de 97% des réfugiés résident dans les pays limitrophes que sont le Liban – où ils sont près d'un million –, la Jordanie, l'Irak et la Turquie.

« La crise dans ces quatre pays a des retombées sur les plans économique et humain», souligne le PNUD.

Les secteurs-clés tels que l'investissement étranger, le tourisme et le commerce sont directement concernés, quoique à des niveaux divers, selon l'agence. La crise soulève également des inquiétudes quant aux risques accrus de tensions entre les réfugiés et les populations d'accueil.

La stratégie envisagée comporte trois volets principaux. Le premier, c'est d'appuyer les efforts des gouvernements pour fournir aux réfugiés un logement de qualité et des services connexes, comme l'eau potable et l'assainissement, et de réhabiliter et reconstruire l'infrastructure socioéconomique.

Les agences s'apprêtent également à renforcer les capacités techniques et managériales des administrations municipales, ce qui inclut, selon le PNUD, de promouvoir la coexistence pacifique au sein des communautés touchées par le conflit.

S'agissant des moyens de subsistance et des emplois durables, le plan mettra l'accent sur l'amélioration de l'accès aux marchés et aux services financiers, en stimulant les investissements productifs, en formulant des politiques en faveur des pauvres avec la participation du secteur privé.

Le Groupe régional de développement des Nations Unies a également accepté de soutenir le développement à l'intérieur même de la Syrie, en s'attaquant aux causes profondes du conflit et en rétablissant les services de base, si possible, dans les domaines relatifs à la paix, et fournir un appui aux activités de subsistance.

Les agences de l'ONU ont également étudié les moyens d'optimiser les partenariats et mécanismes de financement entre les autorités nationales et locales et les bailleurs de fonds pour soutenir la résilience.

« Aujourd'hui, nous avons pris un excellent départ pour un long voyage », a déclaré le Coordonnateur sous-régional de la stratégie de développement. « À partir d'aujourd'hui, nous retroussons nos manches. »

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