Conseil de sécurité : Prodi présente la stratégie « quatre par quatre » de l'ONU pour le Sahel

L'Envoyé spécial pour le Sahel, Romano Prodi, devant le Conseil de sécurité. PhotoONU/Devra Berkowitz

26 juin 2013 – L'Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Sahel, Romano Prodi, a présenté, mercredi, au Conseil de sécurité, la stratégie régionale intégrée des Nations Unies dans cette région afin d'aider les gouvernements des États concernés à maintenir la paix et la sécurité à long terme.

M. Prodi a ainsi fait état de sa vision « quatre par quatre » de la stratégie. Celle-ci, basée sur les quatre piliers de la gouvernance, de la sécurité, des besoins humanitaires et du développement, devrait être coordonnée par quatre séries d'acteurs : les gouvernements de la région, la communauté internationale, les peuples du Sahel et le système des Nations Unies.

« Cette stratégie 'quatre par quatre' devrait être le fondement d'une réponse collective aux défis de la région », a-t-il affirmé, tout en soulignant l'immensité des défis de la région.

« N'oubliez pas le Sahel, sinon vous aurez d'autres Mali », a prévenu M. Prodi, en lançant un appel à la communauté internationale afin qu'elle se montre « aussi généreuse avec le Sahel qu'elle l'a été avec le Mali ».

L'Envoyé spécial du Secrétaire général a souligné que la situation au Mali était « clairement ressentie par tous comme symptomatique de ce qui va se passer ailleurs au Sahel si une réponse rapide n'est pas trouvée aux défis de la région ».

« Un succès ou un échec du Mali aura une incidence sur l'ensemble du Sahel », mais l'attention portée à ce pays, « si elle est essentielle, ne doit pas se faire au détriment du reste de la région », a-t-il averti, en ajoutant : « En d'autres termes, s'il vous plaît, n'oubliez pas le Sahel et ses populations ! »

Le 5 juillet 2012, le Conseil de sécurité, par la résolution 2056 (2012), avait demandé au Secrétaire général d'élaborer et de mettre en œuvre, en consultation avec les organisations régionales, une stratégie intégrée de l'ONU pour le Sahel englobant la sécurité, la gouvernance, le développement, les droits de l'homme et la dimension humanitaire.

M. Prodi a indiqué que la stratégie s'attachait aux cinq pays du Sahel qui sont le plus dans le besoin, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Avec le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), l'accent sera mis sur les quatre autres pays, tout en coordonnant étroitement la stratégie avec la Mission.

M. Prodi a ensuite insisté sur la mobilisation des ressources, « prochaine phase critique », a-t-il estimé. Celle-ci « exigera une approche plus novatrice », avec un « mécanisme suffisamment souple pour recevoir toute forme d'aide en espèces ou en nature ».

Il a ainsi recommandé la mise en place d'un « Fonds d'action pour le Sahel » appelé à servir de « plateforme pour les ressources permettant de répondre aux besoins du Sahel » et qui sera « défini par les projets de développement régionaux ».

Enfin, M. Prodi a recommandé la création d'un Institut de recherche sur le Sahel, lequel serait financé par le Fonds d'action pour le Sahel. Basé dans la région, cet institut constituerait une structure administrative et de gestion légère et servirait de centre de formation dispensant une expertise locale pour les questions propres au Sahel.


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