La FAO rappelle qu'il ne peut y avoir d'«économie verte» sans «économie bleue»

Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, et le Ministre de l'agriculture du Mali, Baba Berthé. Photo: FAO/Kennedy Oryema

12 avril 2013 – Les efforts de lutte contre la faim et les conséquences du changement climatique dans les îles du Pacifique dépendront de la réussite du développement durable, y compris de l'utilisation rationnelle des océans et des pêcheries, a estimé vendredi le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), M. José Graziano da Silva.

« Il ne peut véritablement y avoir d'économie verte sans 'économie bleue', qui fasse du développement durable des océans et des ressources de la pêche une priorité », a indiqué M. Graziano da Silva à l'occasion de la 10ème Rencontre des ministres de l'Agriculture des États du Pacifique Sud-ouest, dans la capitale de Samoa.

« L'importance de la pêche et de l'aquaculture n'est pas à négliger. Ces activités assurent à plus de 3 milliards de personnes environ 15% de leur apport moyen en protéines animales. Elles représentent aussi plus de 200 millions d'emplois de par le monde. Pour autant, ces services vitaux ne doivent pas compromettre le rôle essentiel des océans dans la régulation du climat. Ceux-ci absorbent en effet plus de 25% du dioxyde de carbone relâché dans l'atmosphère par les activités humaines », a-t-il ajouté.

Le Pacifique Sud-ouest s'étend sur près de 15% du globe et comprend environ deux mille îles et atolls, particulièrement vulnérables aux tempêtes et aux inondations, aux pénuries d'eau et aux stress s'exerçant sur les pêcheries et les systèmes forestiers.

Le Directeur général a souligné que les problèmes particulièrement urgents liés au changement climatique auxquels sont confrontés les petits États insulaires en développement (PEID) et les zones côtières de faible altitude du Pacifique et du monde entier constituent une priorité de l'Organisation.

La FAO soutient notamment les pays insulaires du Pacifique à élargir et intensifier la mise en œuvre de normes internationales comme le Code de conduite pour une pêche responsable et ses outils connexes. L'agence onusienne travaille avec les pouvoirs publics et des partenaires à l'échelle nationale, régionale et internationale sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la gestion des pêcheries thonières et celle des zones situées au-delà des juridictions nationales.

M. da Silva a observé que la communauté internationale a progressé dans sa lutte contre la faim, mais qu'il reste beaucoup à faire pour améliorer la sécurité alimentaire et la qualité de la nutrition, ainsi que pour atteindre l'Objectif du Millénaire pour le développement qui consiste à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim, par rapport aux niveaux de 1990.

Les trois quarts des décès d'adultes dans le Pacifique s'expliquent par des maladies liées à la nutrition et au mode de vie. Il est donc important de s'attaquer aux questions nutritionnelles par des stratégies de nutrition intégrée, la diversification des régimes alimentaires et le recours aux cultures traditionnelles locales produites par les petits exploitants.

« Chaque région compte une série de végétaux qui ne font pas partie des produits de base alors qu'ils servaient auparavant à l'alimentation », a expliqué M. da Silva, citant l'exemple du pandanus dans le Pacifique. « Les recherches montrent que le pandanus présente une forte teneur en caroténoïdes, ce qui a protégé de nombreuses générations du manque de vitamine A. »

« Le soutien offert par la FAO doit être adapté aux besoins de développement et aux priorités locales définies dans des plans de développement durable », a noté M. da Silva, en précisant qu'il est important d'harmoniser ces derniers avec le cadre stratégique révisé de la FAO.


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