L'ONU commémore le souvenir de l'Holocauste

Chaque année, l'ONU rend hommage aux victimes de l'Holocauste.

10 février 2011 – « Mères et filles, grand-mères, sœurs et tantes, elles ont vu leur vie changer à tout jamais, leurs familles dispersées et leurs traditions anéanties. Malgré la discrimination, les privations, elles ont toujours résisté à leurs persécuteurs. Rendons hommage à ces femmes et à l'héritage qu'elles nous ont laissé », a déclaré jeudi Ban Ki-moon lors d'une cérémonie au siège de l'ONU en hommage aux victimes de l'Holocauste, et plus particulièrement aux femmes cette année.

La cérémonie aurait dû avoir lieu le 27 janvier à l'occasion de la Journée mondiale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, mais elle avait été reportée en raison de la fermeture du siège de l'ONU due à de fortes chutes de neige à New York.

Dédiée cette année aux femmes victimes de l'Holocauste, cette journée du souvenir a été l'occasion pour le Secrétaire général de l'ONU de rappeler que celles-ci ont « rejoint la résistance, sauvé ceux en danger, fait entrer clandestinement des vivres dans les ghettos et consenti de douloureux sacrifices pour garder leurs enfants en vie ».

« Leur courage continue de nous inspirer. Prenons l'engagement de créer un monde où de telles atrocités ne pourront jamais se reproduire », a-t-il insisté, avant de souligner les efforts déployés par l'ONU aujourd'hui pour renforcer le rôle des femmes dans la société et appuyer leur émancipation et leur autonomisation partout dans le monde.

La cérémonie s'est déroulée dans la salle de l'Assemblée générale de l'ONU, en présence du ministre israélien de la défense, Ehud Barak.

Le Président de l'Assemblée générale, Joseph Deiss, a insisté pour sa part sur le sentiment exprimé par les victimes de l'holocauste dans leurs témoignages. « Elles se sont senties abandonnées. La communauté internationale ne doit jamais plus être accusée d'une telle infamie », a-t-il déclaré devant les représentants des Etats membre, avant de mettre en garde contre le risque de voir la mémoire de cet évènement tragique disparaître avec ses derniers témoins directs.

« Le souvenir prend donc une signification particulière. Le souvenir est un rempart contre le déni. Mais le souvenir ne doit pas se substituer à la vigilance », a-t-il poursuivi, car « les forces de la haine, de la bigoterie, du racisme et des préjugés sont toujours en œuvre dans le monde ».

« Nous devons promouvoir une culture de la paix, de la tolérance et du respect. Nous devons nous dresser devant la folie des génocides qui se sont reproduits au cours de l'histoire. Nous devons soutenir les normes mises en place par l'ONU pour protéger les peuples et combattre l'impunité pour les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le nettoyage ethnique », a demandé pour conclure Joseph Deiss.

Dans un message rendu public le 27 janvier, la Haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, avait aussi estimé que la menace de génocide restait présente aujourd'hui.

« Le génocide est l'expression la plus ultime et la plus terrible de l'intolérance, de la xénophobie et du racisme », avait-elle souligné, souhaitant que cette commémoration de la mémoire des victimes de l'Holocauste rappelle au monde « l'importance d'agir plus résolument dès qu'apparaissent les premiers signes d'un climat favorable à un génocide ».

« Nous ne pourrons jamais compenser l'Holocauste, ou rendre justice à ses millions de victimes et leurs descendants, mais nous pouvons au moins faire en sorte que par le souvenir de leurs souffrances, la souffrance des autres soit atténuée, aujourd'hui et dans l'avenir », avait dit Navi Pillay.

Le 1er novembre 2005, par la résolution 60/7 intitulée « Mémoire de l'Holocauste », l'Assemblée générale de l'ONU a décidé que chaque année, le 27 janvier (date d'anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz), serait commémorée la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste.

Cette année, pour les célébrations de cette journée, le siège de l'ONU à New York accueille une exposition intitulée « La mémoire vive », qui présente les dessins d'une déportée du camp d'Auschwitz, Hélène Berr, morte en avril 1945.

Le programme complet des activités de l'ONU, au siège de New York et dans tout le reste du monde est disponible sur le site internet de cette Journée internationale : http://www.un.org/french/holocaustremembrance/2011/index.shtml


News Tracker: autres dépêches sur la question

Holocauste : l'ONU a le devoir de défendre les droits de l'homme, selon Ban Ki-moon

Coup de projecteur