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Sida : le nombre de décès augmente

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Sida : le nombre de décès augmente

Faute de médicaments, de médecins et de solidarité, l'Afrique compte ses morts
Afrique Renouveau: 
Une fillette sud-africaine de 9 ans se recueille avant de prendre ses médicaments antirétroviraux.  Photo: © Getty Images / Per-Anders Pettersson
Une fillette sud-africaine de 9 ans se recueille avant de prendre ses médicaments antirétroviraux. Photo: © Getty Images / Per-Anders Pettersson

La pandémie de VIH/sida a poursuivi sa progression mortelle en Afrique subsaharienne en 2003, tuant quelque 2,3 millions de personnes, en infectant 3 millions de plus et continuant à se propager dans presque tous les pays. Les programmes d'éducation et de prévention manquant cruellement de fonds, les médicaments n'étant accessibles qu'aux malades très riches ou très chanceux et les personnes infectées étant bien trop souvent exclues, l'Afrique et la communauté internationale n'ont réussi ni à arrêter la propagation de la maladie ni à atténuer les souffrances et ravages économiques et sociaux qu'elle cause.

Ces conclusions peu réjouissantes figurent dans un bilan de l'épidémie publié le 25 novembre par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). Ce rapport confirme que l'Afrique reste l'épicentre de la crise mondiale, avec près de 80 % des 3 millions de personnes mortes de la maladie dans le monde et plus de 60 % des 5 millions de nouveaux cas.


Une fillette sud-africaine de 9 ans se recueille avant de prendre ses médicaments antirétroviraux.

Photo: © Getty Images / Per-Anders Pettersson
 


 

Malgré les fonds supplémentaires alloués au VIH/sida et les mesures prises par de nombreux gouvernements, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Peter Piot, note que "à l'échelle mondiale, les efforts actuels restent totalement insuffisants face à une épidémie qui demeure incontrôlable". Face à la propagation rapide du virus en Europe de l'Est, en Asie du Sud et centrale ainsi que dans d'autres régions où les taux d'infection sont peu élevés, explique-t-il, les gouvernements de ces régions peuvent "soit prendre des mesures immédiates" afin d'endiguer la maladie "soit payer plus tard un lourd tribut -- comme l'Afrique doit le faire à présent" -- en vies humaines et en retards de développement.

Les femmes sont les plus durement touchées

Bien que les taux d'infection chez les adultes varient considérablement en Afrique, de moins de 1 % en Mauritanie à près de 40 % au Botswana et au Swaziland, l'Afrique australe reste de loin la région la plus touchée. Cette région ne compte que 2 % de la population mondiale mais 30 % au moins des infections par le VIH dans le monde. A présent, les femmes âgées de 15 à 24 ans représentent la majorité des nouveaux cas d'infection en Afrique et elles risquent deux fois plus que les jeunes hommes de contracter le virus.

La situation est plus encourageante en Ouganda où, grâce à des programmes d'éducation et de prévention menés avec acharnement, les taux d'infection à Kampala, la capitale, sont tombés à 8 %, contre 30 % il y a dix ans. En procédant de la même manière, le Sénégal a réussi à stabiliser son taux d'infection qui est de 1 % environ, encore que l'augmentation des taux d'infection parmi les travailleurs du sexe dans les zones urbaines incite à rester vigilant. La situation s'est également améliorée en Afrique australe, l'Afrique du Sud étant sur le point d'offrir -- tout comme le Botswana -- un traitement pour le VIH et le sida par le biais du système de santé publique -- y compris les médicaments antirétroviraux qui attaquent le virus même. Les taux d'infection en Zambie et au Malawi semblent s'être stabilisés -- encore qu'ils aient atteint des niveaux très inquiétants.

De nouveaux outils réduisent les estimations

Toutefois, l'ONUSIDA attire l'attention sur le fait que la stabilisation des taux d'infection en Afrique australe en particulier ne doit pas faire illusion -- car elle traduit non pas la réduction des cas d'infections mais l'augmentation du nombre de décès. En Zambie, par exemple, les nouveaux cas d'infection ont été aussi nombreux que les décès dus au sida en 2003, les taux d'infection restant donc constants alors que la maladie faisait des victimes parmi les personnes plus âgées.

Ce problème de statistiques est encore plus grave cette année en raison des nouvelles méthodes d'estimation de l'ONUSIDA et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Grâce à une meilleure collecte de données et à de meilleurs outils d'analyse, ces organisations ont pu revoir à la baisse leurs estimations des taux d'infection et des décès pour 2003 par rapport à leurs prévisions des années précédentes. Suivant cette nouvelle formule, le nombre total de personnes vivant avec le VIH/sida, évalué à 40 millions, représente en fait le point médian entre les estimations les plus basses, soit 34 millions et les plus élevées (46 millions). De même, le nombre de décès en Afrique pour 2003, qui a été fixé à 2,3 millions, est en fait une estimation à mi-chemin entre 2,2 et 2,4 millions. L'intervalle est bien plus réduit en ce qui concerne les décès, les registres de mortalité étant plus accessibles et fiables

On a l'impression, avec ces modifications, que l'épidémie mondiale s'est stabilisée ou même qu'elle a reculé au cours de l'année écoulée. Malheureusement, si les chiffres ont baissé, c'est uniquement parce que la collecte et l'analyse des données se font différemment. Le rapport fait valoir que, lorsque les chercheurs appliquent les nouvelles méthodes aux années précédentes, ils constatent que les taux d'infection et de mortalité n'ont cessé d'augmenter.

Plus de 20 ans après le diagnostic du premier cas de sida, "les retombées sociales et économiques les plus catastrophiques du sida restent à venir", a prévenu le Dr Piot. Selon lui, des initiatives comme celle que mène l'OMS afin de fournir des médicaments antirétroviraux à 3 millions de personnes d'ici à 2005, auxquelles s'ajoutent de plus grandes campagnes d'éducation et de prévention, la fin de la discrimination envers les personnes séropositives et un recours généralisé à un simple traitement de prévention de la transmission de la mère à l'enfant, contribueraient dans une large mesure à limiter les effets les plus graves de la maladie. Mais les 10 milliards de dollars nécessaires tous les ans à la lutte contre la maladie ne se sont toujours pas matérialisés. Avec les taux d'infection actuels, lutter efficacement contre la maladie dans le monde coûtera 15 milliards par an d'ici à 2007.

 

 
VIH/sida en Afrique et dans le monde (en millions)


 Dans 
le 
monde

 

 En 
Afrique

 Afrique 
(en %
du total)Nombre total d'infections par le VIH : 40

 

 26,6

 66,5Infections par le VIH en 2003 : 5

 

 3,2

 64Nombre de décès en 2003 : 3

 

 2,3

 76,6Pourcentage de la population infectée par le VIH : 1,1

 

 8

 

 Traitement antirétroviral

 Nécessitant un traitement Recevant un traitement Afrique subsaharienne :

 

 4,1 millions

 

 50 000

 Dans tous les pays en développement :

 

  6 millions

 

 300 000

 

Source : ONU Afrique Relance d'après des données de l'ONUSIDA et de l'OMS.

 

 

 

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