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Le Brésil s'acquitte de sa "dette" envers l'Afrique

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Le Brésil s'acquitte de sa "dette" envers l'Afrique

La visite du président en Afrique australe renforce les liens Sud-Sud
Afrique Renouveau: 
Le Président du Brésil, Luis Inácio Lula da Silva, à la fin de sa visite en Afrique avec le Président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki.  Photo: © Getty Images / AFP / Alexander Joe
Le Président du Brésil, Luis Inácio Lula da Silva, à la fin de sa visite en Afrique avec le Président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki. Photo: © Getty Images / AFP / Alexander Joe
Photo: © Getty Images / AFP / Alexander Joe

Invoquant une "obligation politique, morale et historique", le Président du Brésil, Luis Inácio Lula da Silva a fait, début novembre, une tournée d'une semaine dans cinq pays d'Afrique australe. Ce voyage, entrepris juste un an après son accession à la présidence, témoigne de la place que l'Afrique occupe dans la politique étrangère du Brésil à présent que M. da Silva est président.

Fort de l'appui politique que lui apportent les citoyens pauvres et marginalisés du Brésil, l'ancien dirigeant syndical a fait valoir que près de la moitié des 180 millions d'habitants que compte le Brésil sont des descendants directs d'Africains. Le Brésil, comme le rappelle souvent M. da Silva, compte la population noire la plus large au monde après le Nigéria.

En outre, a-t-il noté, au cours d'un banquet officiel au Mozambique, "c'est grâce au travail, à la sueur et au sang des Africains que la société brésilienne a vu le jour", grâce à ces millions d'esclaves qui ont été amenés au Brésil entre le XVIe siècle et le XIXe siècle. C'est pourquoi le Brésil "a une dette envers l'Afrique" -- une dette dont il compte s'acquitter en renforçant sa solidarité et sa coopération avec le continent.

 


Le Président du Brésil, Luis Inácio Lula da Silva, à la fin de sa visite en Afrique avec le Président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki.

Photo: © Getty Images / AFP / Alexander Joe


 

Concrètement, le Président du Brésil s'est engagé au Mozambique et en Namibie à appuyer la mise en place d'usines pharmaceutiques qui fabriqueront des médicaments génériques antirétroviraux permettant de prolonger la vie des personnes infectées par le VIH. Le Brésil a connu un certain succès dans ce domaine car il a réussi à réduire de moitié le taux de mortalité due au VIH/sida en produisant et en distribuant des médicaments génériques antirétroviraux fabriqués sur place. "C'est dans le domaine de la lutte contre l'épidémie de VIH/sida que notre coopération et notre solidarité sont le plus urgentes", a déclaré le Président da Silva en Namibie.

Projets et plans

En Angola, de nouveaux accords ont été signés concernant la santé, l'éducation et l'agriculture. En Namibie, le Brésil s'est engagé à former du personnel de la marine et de l'armée de l'air. Au Mozambique, il a signé des accords sur l'agriculture, l'alphabétisation, la santé et la technologie et annulé la dette de 20 millions de dollars que le pays lui devait. L'Afrique du Sud, qui a déjà passé de nombreux accords avec le Brésil, en a signé de nouveaux.

Les investissements et les échanges ont figuré en bonne place tout au long de la visite de M. da Silva. Ceci pourrait s'avérer particulièrement important pour l'Afrique étant donné que le Brésil est l'un des pays en développement dont l'économie est la plus forte. Par l'importance de son produit intérieur brut, il occupe la douzième place dans le monde. Bien que son commerce annuel avec l'Afrique se chiffre déjà à 5 milliards de dollars environ, il ne s'agit là que de 5 % de l'ensemble des échanges commerciaux du Brésil -- pourcentage qu'il est donc possible d'augmenter.

M. da Silva était accompagné de plus de 100 représentants du monde des affaires brésiliens pour cette visite. En Angola et dans l'Etat insulaire de São Tomé-et-Principe, ils se sont montrés particulièrement intéressés par l'industrie pétrolière. Maintenant que la paix règne en Angola, le pays compte doubler sa production de pétrole au cours des quatre prochaines années.

Toujours en Angola, des sociétés brésiliennes ont remporté des contrats pour un projet d'approvisionnement en eau d'un montant de 150 millions de dollars et envisagent d'investir dans les secteurs de la téléphonie cellulaire, des transports urbains et de la transformation du bois d'oeuvre.

Les sociétés brésiliennes s'intéressent aussi à diverses possibilités d'investissement dans la vallée du fleuve Zambezi (Mozambique) dont on espère beaucoup pour l'agriculture, l'élevage, la sylviculture et les industries extractives. Le géant brésilien de l'industrie minière, Companhia do Vale do Rio Doce, souhaite obtenir des accords en vue de remettre en état la mine de charbon de Moatize et le chemin de fer de Sena qui relie la mine au port de Beira. Ces projets sont évalués à 700 millions de dollars environ.

Le Sud devrait être "plus exigeant"

Au-delà des avantages immédiats que le Brésil et l'Afrique pourront tirer du renforcement de leurs liens mutuels, le voyage du Président da Silva a mis en évidence les efforts que les pays en développement les plus importants déploient afin de renforcer la solidarité à travers le Sud.

Il y a un an environ l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud ont mis en place une alliance tripartite qui s'intéresse notamment au commerce agricole mondial et à la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU. Les dirigeants de ces pays se réunissent fréquemment -- le Président de l'Afrique du Sud, Thabo Mbeki, s'est par exemple rendu en Inde en octobre et s'est entretenu à sept reprises avec le Président da Silva en 2003.

Par ailleurs, le Brésil a joué un rôle de premier plan dans la création du Groupe des 21 -- mis en place par les pays en développement lors des récents pourparlers de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun (Mexique), en septembre, et la visite en Afrique de M. da Silva avait en partie pour objet de promouvoir ce groupe. En agissant de concert, les pays en développement peuvent se faire mieux entendre dans les instances mondiales, a-t-il dit en Angola. "Les pays en développement doivent assumer un nouveau rôle et se montrer plus exigeants."

Il est également important que les pays du Sud accroissent leurs échanges, a-t-il ajouté. Il a donc demandé instamment au Mercosur, l'union douanière qui regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay de conclure les pourparlers sur la libéralisation du commerce avec l'Union douanière de l'Afrique australe et la Communauté de développement de l'Afrique australe.

Les initiatives de ce genre, a noté le Président Mbeki au cours de la visite de son homologue brésilien, vont dans le sens du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique. "Nous comptons sur le Brésil" a indiqué M. Mbeki, "pour être un partenaire important dans le processus de renouveau du continent africain."

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