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Les jeunes Africaines se mettent au codage

Août - Novembre 2019

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Les jeunes Africaines se mettent au codage

Avec plus de femmes technophiles, on pourrait combler plus facilement le fossé des inégalités de revenus
Afrique Renouveau: 
Software developers at Andela’s Nigeria headquarters in Lagos. Photo: Andela/Rotimi Okungbaye
Développeurs de logiciels au siège social d’Andela à Lagos ( Nigéria). Photo: Andela/Rotimi Okungbaye

l’Université  des Sciences et  Technologies Kwame Nkrumah, Angela Koranteng était une étudiante accomplie qui nourrissait  un rêve bien particulier . À une époque où les femmes étaient peu nombreuses à franchirles barrières à l’égalité de  genre dans des domaines à prédominance masculine, Mme Koranteng se passionnait pour  les sciences de la santé - mais plutôt que  de soigner des patients, elle voulait devenir ingénieure et construire des hôpitaux.

Après une série de cours en programmation informatique, génie civil et codage, Mme Koranteng est aujourd’hui titulaire d’un diplôme et possède le  titre  de codeuse africaine professionnelle.

Le codage permet de créer des logiciels, des applications et des sites Web. Votre navigateur, votre système d’exploitation, les applications sur votre téléphone, Facebook et les sites Web sont tous créés à l'aide de  codes. Le codage peut s’apprendre dans une université ou dans un camp d'entraînement. Les garçons étant  initiés aux questions  techniques dès  l’enfance alors  que les filles ne le sont pas, peu de jeunes femmes africaines s’imaginent faire carrière  dans l'ingénierie.

2,6billions de dollars Telles sont les prévisions 2017 de revenus  pour les produits et services de technologie de l'information dans le monde.

Au collège, « j’ai tout appris à partir de rien, alors que les garçons avaient  déjà des connaissances de base  », a déclaré Mme Koranteng à Afrique Renouveau lors d’un entretien . À cause de ce désavantage  « j’étais jugée moins intelligente  que  mes homologues masculins lorsque je participais en classe».

Même le père de Mme Koranteng n’était pas sûr que le codage soit la bonne voie pour elle. « Il ne savait pas que le codage deviendrait l’une des compétences les plus demandées dans toutes les industries », a-t-elle expliqué.

Ce n’est pas l’apanage des hommes

Aujourd’hui, Mme Koranteng travaille avec un groupe appelé STEMbees, une organisation à but non lucratif basée au Ghana, qu’elle a contribué à fonder et qui encadre les jeunes femmes dans les STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Mme Koranteng espère que les jeunes  filles seront plus nombreuses à travailler dans les STEM   afin de combler l'écart entre les sexes en informatique.

Malheureusement, la formation  STEM attire toujours moins d’étudiantes que la formation en enseignement,  en droit,  en médecine ou  en commerce.

Karen Spärck Jones, professeur d’informatique au laboratoire informatique de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, a dit un jour e « l’informatique est trop importante pour être laissée aux hommes ».

Mais même dans les pays les plus développés, les hommes dominent de manière disproportionnée dans le domaine de l'informatique . En 2013,  les États-Unis ne comptaient que  26 % de femmes parmi les  professionnels de l’informatique , soit nettement  moins qu'en 1990  (35 %)   et pratiquement autant qu'en 1960. Bien  que le pourcentage de femmes  ingénieurs  ait augmenté depuis 1990, les progrès ont été modestes, ce pourcentage étant passé de 9 % en 1990 à 12 % en 2013.

Selon une enquête réalisée en 2012 par le  ministère du Travail américain , 30 % des développeurs Web, 25 % des programmeurs, 37 % des administrateurs de bases de données, 20 % des développeurs de logiciels et un peu plus de 10 % des analystes en sécurité informatique aux États-Unis étaient des femmes. Les femmes occupaient également moins de 20 % des postes de directeurs de l’information dans les entreprises Fortune 250 et, parmi les entreprises de technologie Fortune 100, seules quatre femmes occupaient des postes à  responsabilité. Chez les géants de la technologie comme Google, plus de 70 % des techniciens  étaient des hommes.

Faute de données fiables, Mme Koranteng présume que la situation  est bien pire en Afrique qu'aux  États-Unis. Dans le très animé « Computer Village » de Lagos, au Nigria, ce sont surtout des jeunes hommes qui développent des applications ou se livrent à d’autres travaux d'informatique. C'est ce qu'a déclaré à Afrique Renouveau Caleb Ibhasabemon, qui surveille les tendances technologiques et envisage de démarrer une entreprise de vente de matériel informatique.

Bien que  l’usage  d’Internet ait progressé en Afrique au cours de la dernière décennie, moins de 10 % du continent a accès à Internet, selon un rapport publié en 2017 par Internet World Stats, une organisation qui surveille l'usage  mondial d'Internet. Il est certain que la faiblesse de la diffusion d'Internet sur le continent entravera les efforts déployés par  les Africains, les filles en particulier , pour  devenir des professionnels du codage.

Marian Tesfamichael, une jeune Ghanéenne qui travaille comme codeuse  à Toronto, au Canada, est l'une des rares femmes à avoir réussi . Elle a fait ses études de premier cycle en informatique et en mathématiques, et ses études supérieures en informatique. Elle est développeur Web et gestionnaire de données à l'Université de Toronto.

Selon Mme Tesfamichael,  il se peut que ses progrès dans le secteur aient été ralentis du fait de son sexe et de son ethnicité; la plupart des entreprises pour lesquelles elle a travaillé ne croyaient pas qu’elle pouvait être compétente. Cependant,  elle s’en sort bien actuellement.

Andela, une entreprise  de technologie basée à Lagos,  forme des équipes d’ingénieurs, y compris des codeurs, pour combler le déficit  technologique en Afrique. « Nous comptons près de 30 % de femmes sur plus de 600 développeurs basés à Lagos, Nairobi et Kampala », explique Christine Magee, directrice des communications chez Andela.     On peut aussi citer la réussite d'Ethel Cofie au Ghana. Le magazine économique  Forbes la classe parmi les  cinq femmes les plus influentes dans le domaine des  technologies de l'information sur le continent. Elle est la fondatrice et PDG d'EDEL Technology Consulting, une entreprise qui fournit des services informatiques et des logiciels aux entreprises.

Technologie et croissance du PIB

Mme Cofie a étudié l’informatique pendant la période d'engouement pour les dot-com (1995 à 2001) et a profité des  marchés émergents d’Afrique pour investir dans la technologie, selon des informations  de la BBC et de CNN. Pour promouvoir la diversité dans l’industrie de la programmation informatique, et notamment   « encourager les filles africaines à s’impliquer », elle a fondé Women in Tech Africa.

De nombreuses technophiles en herbe de l'ensemble du  continent considèrent Mme Cofie comme un modèle.

« La programmation informatique est l’une des compétences les plus demandées au monde », et les filles africaines doivent saisir cette opportunité, déclare Mme Cofie.

Des sentiments analogues  ont été exprimés au Forum économique mondial (World Economic Forum (WEF), un organisme à but non lucratif basé à Genève qui se réunit une fois par an et se dit attaché à la coopération entre les secteurs public et privé.

La technologie de l’information permet de créer de nouvelles entreprises notamment dans le domaine du marketing numérique, des sciences des données et des écosystèmes de paiement mobile. En 2017, les revenus provenant des produits et services de technologie de l'information  devraient atteindre 2,4 billions  de dollars, ce qui constitue une  hausse de 3,5 % par rapport à 2016, indique  International Data Corporation (IDC), qui fournit des renseignements  sur les marchés des technologies de l'information, des télécommunications et des technologies grand public . IDC ajoute que ce chiffre pourrait atteindre 2,6 billions  de dollars d’ici à 2020.

Les statistiques du WEF montrent également qu’une augmentation de 10 % de la pénétration du haut débit peut entraîner une augmentation de 1,4 % de la croissance du PIB dans les économies émergentes. Les chiffres de la croissance du PIB peuvent être observés  dans les pays qui adoptent les moyens de paiement mobile ou d'autres technologies qui facilitent les transactions financières, par exemple.

Des entreprises de haute technologie comme  Facebook et Google apportent un soutien technique et financier aux institutions qui créent des opportunités pour les filles africaines qui apprennent le codage.

AWELE Academy, un institut de leadership et de technologie basé à Lagos, est au nombre des écoles qui reçoivent  un soutien externe en raison des   efforts qu'il déploie  pour combler le fossé du codage en Afrique. Mais l'institut  ne peut accepter que 20 étudiants à la fois .

Les institutions de technologie s'efforcent  de faire mieux connaître aux filles  la programmation informatique en organisant  des conférences locales  aux cours desquelles celles-ci peuvent parler de leurs   perspectives de carrière avec les personnes qui leur servent de modèle.

Les partisans  de l’égalité des sexes ont bon espoir  que l’augmentation du nombre de  femmes codeuses permettra de combler l’écart des inégalités salariales entre les sexes en Afrique. Au cours des  prochaines années on pourrait  voir davantage de femmes africaines s'enthousiasmer pour le  codage, gagner des salaires décents et transformer les économies de leurs pays, prédit Mme Tesfamichael.   

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