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Un verre à moitié vide et plein à la fois

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Un verre à moitié vide et plein à la fois

OMD 4 : réduire la mortalité infantile
Kingsley Ighobor
Afrique Renouveau: 
Maternity ward at the King Edward VIII Hospital in Durban, South Africa. Photo: AMO/John Robinson
La section maternité à l’hôpital Edouard II de Durban, Afrique du Sud. Photo: AMO/John Robinson

Selon les objectifs du Millénaire pour le développement, la mortalité infantile, définie comme la probabilité de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire, devrait avoir été réduite de deux tiers mais l’Afrique n’a réussi qu’une réduction de 55 %. Certains y ont vu un verre à moitié plein tandis que d’autres un verre à moitié vide. Pour autant, les deux avis s’accordent, dans une certaine mesure.

Ceux qui considèrent le verre à moitié vide soutiennent que le continent n’a pas atteint la quatrième cible des OMD, et que le nombre de décès d’enfants était encore trop élevé. Avec actuellement 81 décès pour 1 000 naissances vivantes en Afrique, un enfant africain a sept fois plus de chances de mourir avant l’âge de cinq ans qu’un enfant d’une autre région du monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En Europe, par comparaison, le chiffre est de 11 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Sur les sept pays dans le monde enregistrant plus de 100 décès pour 1 000 naissances, la majorité se trouve en Afrique, notamment la Sierra Leone, la République démocratique du Congo, la Somalie et la République centrafricaine, selon le Rapport OMD 2015 : enseignements tirés de la mise en œuvre des OMD, corédigé par la Commission économique pour l’Afrique, l’Union africaine, la Banque africaine de développement et le Programme des Nations Unies pour le développement.

Au niveau mondial, sur les 6,6 millions d’enfants de moins de 5 ans décédés en 2012, quelque 3,2 millions se trouvaient en Afrique. Jusqu’à 16 000 enfants meurent chaque jour en Afrique, indique l’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance.

Si l’Afrique n’a pas atteint la cible des OMD pour 2015, elle fait toutefois d’importants progrès depuis 1990, signalent les experts. Cette année-là, l’Afrique a enregistré 146 décès pour 1 000 naissances vivantes. En fait, « sur 188 pays, 99 dont 43 situés en Afrique hors Afrique du Nord ont vu leur mortalité infantile décroître plus
rapidement entre 2000 et 2013 », indique le rapport conjoint sur les OMD.

Cette fois, l’Égypte, l’Éthiopie, la Tunisie, le Libéria et le Malawi ont atteint ou dépassé la cible des OMD, tandis que l’Algérie, l’Érythrée, la Libye, le Maroc et le Rwanda sont parvenus à réduire de 60 % ou plus la mortalité infantile. Au Botswana, Lesotho, Swaziland et Zimbabwe, toutefois, le taux de mortalité infantile a augmenté, principalement en raison du VIH/sida.

Les politiques mises en pratique, comme un traitement accessible, des façons novatrices de soigner les pauvres dans les zones rurales, combinées à un engagement politique, se sont avérées efficaces pour prévenir le décès des enfants. En Éthiopie, par exemple, 38 000 agents sanitaires ont été recrutés, formés et envoyés dans des régions isolées du pays pour traiter le paludisme, la malnutrition et la diarrhée, qui sont responsables de nombreux décès d’enfants. Le Malawi, un autre pays ayant atteint la cible, a efficacement lié les mères pauvres aux ressources maternelles. Ceci s’est traduit par une augmentation du taux de survie de l’enfant dans les deux pays.

Une politique nationale de services de santé abordables et de qualité, la sensibilisation du public à la nécessité d’un traitement précoce et des récompenses pour l’adoption d’un mode de vie sain auront un impact immédiat, selon les experts de l’OMS. Le rapport conjoint recommande une protection sociale sous la forme d’une assurance maladie pour les enfants des foyers très pauvres.

La mortalité néonatale, qui est la probabilité qu’un enfant meure dans le mois suivant sa naissance, demeure obstinément élevée en Afrique. Le rapport conjoint indique que dans bon nombre de pays africains « les taux de mortalité néonatale ont progressé lentement ou stagné », en particulier dans les zones rurales où il n’y a aucun service de santé.

La Sous-directrice de l’OMS Flavia Bustreo indique que les décès de nouveau-nés peuvent être évités s’il y a des « soins de qualité au moment de la naissance avec des mesures simples et accessibles comme le contact peau à peau précoce, l’allaitement au sein exclusivement et des soins supplémentaires pour les bébés de petite taille et les bébés malades ».

Dans l’ensemble, les progrès accomplis à ce jour devraient être poursuivis voire accélérés, indique Wu Hongbo, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales. Et d’ajouter que si le monde veut atteindre la cible relative à la mortalité infantile, il convient de redoubler d’efforts « dans les pays à forte mortalité de l’Afrique subsaharienne ».   

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