Peu de ressources pour les interventions

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Peu de ressources pour les interventions

OMD 5 : résultats mitigés concernant l’amélioration de la santé maternelle
Zipporah Musau
Afrique Renouveau: 
An expectant mother. Photo: AMO/ Nikki Rixon
Femme enceinte. Photo: AMO/ Nikki Rixon

L’Afrique a plus ou moins réussi à atteindre la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) mais l’amélioration de la santé maternelle s’est montrée la plus difficile à atteindre.

Le cinquième objectif pour le développement visait à réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2015.  En dépit de progrès modestes dans certains domaines, l’Afrique n’est pas à la hauteur des cibles fixées. Le continent compte toujours le plus grand nombre de décès maternels dans le monde.  En 2013, par exemple, 62 % des 289 000 décès maternels signalés dans le monde ont eu lieu en Afrique, d’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ainsi près de 800 femmes succombent chaque jour aux complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

 La mortalité maternelle en Afrique est généralement associée à trois types de retards dans le processus de l’accouchement : retard dans le recours aux soins médicaux, retard dans l’accès aux centres de santé, retard dans l’administration des soins, selon le Rapport OMD 2015 : enseignements tirés de la mise en œuvre des OMD. Le rapport, publié en septembre 2015, a été coédité par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), l’Union africaine (UA), la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). De simples mesures de santé comme des soins prénatals et des soins fournis par un personnel qualifié pendant et après l’accouchement pourraient permettre d’éviter ces décès.

Le recours à la contraception réduirait le nombre de grossesses non désirées, d’avortements risqués et de décès maternels. Ironiquement l’ampleur des besoins non satisfaits en matière de contraceptifs pour les femmes de 15 à 49 ans en Afrique est déconcertante. Le manque aigu de moyens de contraception qui en découle constitue un frein pour les femmes qui souhaitent empêcher ou retarder leur grossesse. L’accouchement des adolescentes a également représenté une source d’inquiétude, étant données ses conséquences néfastes sur les filles et leur enfant.

Outre ces difficultés, l’absence de données fiables et précises concernant la mortalité maternelle a compliqué davantage la réussite de cet OMD, puisqu’il était difficile de déterminer les interventions à privilégier ou de savoir si les interventions fonctionnaient.

Le chemin vers une maternité sans risques avec accès aux soins en matière de santé sexuelle et génésique en Afrique demeure long et difficile. Des cibles ont été ratées et des promesses non tenues concernant le financement pour la mise en œuvre des programmes convenus. Un an après le lancement des OMD en 2000, les chefs d’État et de gouvernement africains avaient  signé la Déclaration d’Abuja au Nigéria et s’étaient engagés à allouer au secteur de la santé au moins 15 % de leur budget annuel.

Une évaluation des progrès réalisés 10 ans après a révélé des résultats décevants l’OMS signalant que seuls trois pays étaient en voie d’atteindre les OMD en matière de santé tandis que 27 pays affichaient des progrès insuffisants, voire inexistants. Vingt-six pays ont augmenté leurs dépenses publiques consacrées à la santé, mais en 2010, seule la Tanzanie avait alloué le montant annoncé, soit 15 % au moins de son budget à la santé. En réalité, 11 pays ont réduit leurs dépenses publiques dédiées à la santé lors de cette période et dans neuf autres pays, les progrès sont au point mort.  

La première victime du manque de financement a été la santé maternelle. Depuis 2001, plusieurs initiatives et campagnes nationales et régionales ont été spécialement lancées pour soutenir les efforts africains visant à atteindre l’objectif en matière de santé maternelle. Parmi elles figure le Plan d’action de Maputo élaboré en 2006 par 48 pays africains pour garantir l’accès universel aux services complets de santé sexuelle et génésique sur le continent.  L’Union africaine avait lancé une grande campagne visant à accélérer la réduction de la mortalité maternelle et infantile, adoptée dans 40 des 53 États membres de l’UA. D’autres initiatives et campagnes nationales et régionales existent pour sauver la vie des mères en Afrique.

Ces efforts semblent porter leurs fruits. L’Afrique a réduit son taux de mortalité maternelle de 870 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 460 en 2013, soit une baisse de 47 %, toujours en deçà de la cible.

Quelques avancées

Entre 1990 et 2013, quatre pays africains, le Cap-Vert, la Guinée équatoriale, l’Érythrée et le Rwanda ont diminué leur taux de mortalité maternelle de plus de 75 %, d’après le rapport de la CEA.

Des pays comme l’Angola, l’Égypte, l’Éthiopie, le Maroc et le Mozambique ont également fait des efforts et réduit leur taux de 60 %. Les pays présentant une légère amélioration de moins de 10 % étaient la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe. Les pays affectés par des conflits comme le Burundi, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone et la Somalie ont rapporté des taux de mortalité maternelle excessivement élevés. 

Contre toute attente, l’île Maurice, généralement en tête des indicateurs économiques, a augmenté son taux de mortalité maternelle de 4,3 % (de 70 % en 1990 à 73 % en 2013), selon le rapport.   

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