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Afrique Renouveau: 

Nouvelle technologie mobile contre l’onchocercose

Par Pavithra Rao

À l’aide du populaire iPhone, des chercheurs de l’Université Stanford aux États-Unis ont créé un outil simple et bon marché permettant de diagnostiquer la cécité des rivières, une maladie tropicale causée par les larves du ver parasite d’une mouche infectée.

Un microscope, le CellScope Loa, simplement fixé à un iPhone, possède un compartiment permettant d’analyser une goutte de sang d’un patient. 

Chaque année, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 18 millions de personnes en Afrique et ailleurs dans le monde souffrent de la cécité des rivières après avoir été piquées par une mouche de type Simulium. Par une simple piqûre, une mouche infectée peut déposer des larves de ver parasite dans le sang. Une personne infectée peut souffrir d’une foule de problèmes cutanés et, dans le pire des cas, de cécité.

Selon l’OMS, la mouche du genre Simulium grouille généralement aux abords de rivières dans des zones reculées et peut transporter des larves de ver provoquant l’onchocercose. Cette maladie provoque à son tour des taches sur la peau qui peuvent s’apparenter à la peau rugueuse d’un lézard, ainsi que d’intenses démangeaisons presque insupportables lorsque les centaines de larves nichées dans la peau meurent.  

Cependant, le dommage le plus grave que peut causer l’onchocercose est le dommage au nerf optique, entraînant souvent une perte irréversible de la vue. Selon l’OMS, il s’agit de la deuxième cause infectieuse de cécité dans le monde. Il n’existe encore aucun vaccin contre la maladie et les personnes atteintes doivent prendre le médicament prescrit deux fois par an pendant 15 ans. Chaque année, le laboratoire pharmaceutique Merck, l’OMS et d’autres partenaires organisent un programme de dons dans le cadre duquel le médicament Mectizan est administré à des personnes souffrant de cécité des rivières. Des programmes similaires ont été menés en Éthiopie, au Nigéria, au Soudan et en Ouganda, entre autres pays, afin de guérir des millions de malades. 

Malheureusement, nombre de ces programmes ont récemment été interrompus parce que le médicament peut constituer un risque pour les malades souffrant de deux autres maladies parasitaires également causées par des insectes présents près de rivières et souvent confondues avec la cécité des rivières : la filariose lymphatique (aussi appelée éléphantiasis) et la loase, provoquée par le ver Loa loa. 

Bien que Mectizan tue les vers à l’origine des trois maladies, le médicament peut nuire aux malades ayant trop de vers Loa loa dans le sang en les éliminant tous à la fois, ce qui provoque une hémorragie cérébrale, selon l’OMS.  Le CellScope Loa a été créé pour éviter les risques d’erreur de diagnostic.

Les techniciens de laboratoire peuvent examiner les frottis de sang, puis identifier et compter manuellement les vers, un processus qui peut nécessiter plus d’une journée. Étant donné le nombre de patients à tester, la tâche est chronophage et souvent irréalisable. 

Une fois que le CellScope Loa (inventé par les chercheurs de l’Université Stanford Thomas Nutman et Dan Fletcher) est fixé à l’iPhone, son compartiment peut accueillir une goutte de sang d’un patient afin d’être examinée. Il est possible d’obtenir les résultats du test en moins de deux minutes et de déterminer le nombre de vers Loa loa dans l’échantillon grâce à la caméra intégrée de l’iPhone. On peut alors définir si le médicament contre la cécité des rivières doit être administré ou non au malade. 

Le microscope peut constituer un gain de temps précieux, et parce qu’il fonctionne avec une interface-guide, indiquant à l’utilisateur les mesures exactes à prendre, l’erreur humaine est réduite au minimum.

Les chercheurs testent actuellement les dispositifs et en créent environ 40 de plus. Jusqu’à maintenant, les résultats sont encourageants. Un premier test a été réalisé au Cameroun. Le deuxième lot de microscopes est testé en Afrique centrale.

Si les futurs essais du microscope pour smartphone continuent de produire des résultats précis, les diagnostics hors laboratoire ont peut-être un avenir, en particulier le diagnostic des maladies tropicales.  


De l’eau potable aux distributeurs automatiques

Par Eleni Mourdoukoutas

Un guichet automatique de banque (GAB), c’est la dernière technologie à laquelle s’attendaient les habitants du bidonville de Mathare de la capitale kényane, Nairobi. Encore moins un guichet distribuant de l’eau, et non de l’argent. Pourtant, ces distributeurs d’eau commencent à apparaître un peu partout dans la communauté, pour le plus grand plaisir des habitants. 

Les distributeurs d’eau à Mathare fonctionnent de la même manière que les GAB traditionnels. Les usagers utilisent des cartes à puce qu’ils peuvent facilement recharger au kiosque du quartier ou avec un téléphone portable, avant de simplement l’insérer dans la machine.

L’eau qui jaillit du robinet et remplit les jerricans des clients est jusqu’à 100 fois moins chère que celle des fournisseurs privés.  Vingt litres d’eau reviennent seulement à un demi-shilling kényan (moins d’un demi-cent de dollar américain) et l’eau est parfaitement propre et potable. Le partenariat public-privé qui a lancé l’initiative, entre l’entreprise Nairobi Water and Sewerage Company et la société d’ingénierie danoise Grundfos, est le premier de ce type en zone périurbaine. 

Le maintien de la sécurité est naturellement la principale difficulté pour le succès des distributeurs d’eau dans les implantations  informelles, une mission que ce programme a confiée à des groupes de jeunes appartenant à la communauté. Ils sont chargés d’assurer la sécurité des lieux à tout moment de la journée, afin de permettre aux habitants de retirer de l’eau à partir des quatre distributeurs actuellement installés. Dans des implantations  spontanées  comme celle de Mathare, les habitants peuvent rarement profiter des services proposés 24 heures sur 24 à cause de l’insécurité, mais grâce aux dispositions prises par la communauté pour sa propre sécurité, l’eau peut être retirée à tout moment du jour ou de la nuit. 

Ainsi, le système offre aux habitants une sécurité et une liberté accrues. « Il garantit le contrôle direct des habitants  des bidonvilles sur leur approvisionnement en eau », explique Phillip Gichuki, directeur général de Nairobi Water and Sewerage Company. En échange, ces groupes de gardes issus de la communauté reçoivent 40 % des 25 shillings kényans (près de 25 cents de dollars américains) collectés pour chaque mètre cube d’eau. 

Ces jeunes assurent également la propreté des points d’eau et empêchent les vandales de trafiquer les dispositifs dans une ville où le lavage illégal de véhicules fait rage. En l’absence de gardes, les principales conduites alimentant la ville en eau douce sont perforées pour détourner l’eau vers ces installations clandestines de lavage. Après leur utilisation, les conduites sont abandonnées, laissant l’eau se déverser jusqu’à épuisement des réserves. Ceci entraîne des pénuries d’eau généralisées à de nombreux endroits de la ville. 

Maintenant que les nouveaux distributeurs offrent une autre forme d’approvisionnement en eau facilement accessible, abordable, et sûre, ceux qui effectuaient des lavages illégaux ont été contraints de s’approvisionner aux robinets, au lieu de détruire de précieuses canalisations.

Concevoir le distributeur automatique d’eau n’a pas été sans difficultés. Le système est équipé d’un seul robinet où l’eau s’écoule à faible débit, ce qui entraîne de longues files d’attente. Selon les habitants, remplir un conteneur de 20 litres peut prendre jusqu’à 2 minutes. 

Grundfos, qui offre également une assistance technique, cherche à accroître la pression dans les robinets pour augmenter le débit : une mesure simple et peu coûteuse, d’après le directeur des partenariats internationaux de la société, Rasoul Mikkelsen.

L’un des principaux atouts de cette technologie dans une implantation comme Mathare est la capacité de contrôler les recettes collectées, une tâche depuis toujours difficile pour Nairobi Water and Sewerage Company.  L’installation d’un système interne ou aucun échange d’argent n’est effectué  permet de suivre les sommes perçues avec davantage de fiabilité, de transparence et d’efficacité.

Alors quel est la prochaine étape pour ce distributeur automatique d’eau ?

M. Gichuki indique que Nairobi Water and Sewerage Company a identifié à ce jour 611 nouveaux points où installer des distributeurs, et que l’entreprise prévoit à terme d’installer un distributeur tous les 100 mètres dans toute la ville, en particulier dans les bas quartiers. 

Des projets d’étendre   cette technologie    en Afrique sont également envisagés.  « De nombreux partenaires potentiels dans d’autres pays africains ont déjà fait preuve d’intérêt envers le projet », révèle M. Mikkelsen à Afrique Renouveau.  La société a déjà conclu des accords afin d’installer ces distributeurs automatiques d’eau au Burkina Faso, au Ghana, au Mali, au Niger et en Tanzanie.

« Finalement, le projet aura un impact immensément positif sur la santé.  C’est un système abordable qui fournit une eau durable et de bonne qualité », indique M. Mikkelsen.  

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